20/02/2013

Casaldaliga

 

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Nous avions, dans l’Afrique australe traumatisée par l’Apartheid,  le privilège de vivre côte  à côte, mains dans la main parfois, avec des prophètes, hommes et femmes. Nous savions que l’époque et les circonstances étaient au KAIROS.  Prendre parti pour la justice ou renoncer à notre dignité humaine !

 Rentrée en Suisse, j’ai trouvé un autre monde – superbement organisé et géré - qui désirait des témoignages d’ailleurs. Ce qui advint fut que : si le témoignage révélait les pauvres dans le besoin, la misère, l’ignorance avec force images, cela touchait les cœurs, les bourses se déliaient pour des « projets ».  Si le témoignage révélait la prise de conscience des exploités, leur révolte, leurs questions quant aux causes de l’injustice, le but de notre lutte,  la méfiance l’hostilité devenaient tangibles.

 Dans la proportion où m’évitaient certaines œuvres caritatives, d’autres groupes  m’invitaient. Une association m’offrit un job à Fribourg et là j’ai rencontré Chica et Bernard qui m’ont parlé de Pedro Casaldaliga et de son amour total pour les paysans et pour les pauvres. Ainsi je trouvais la source de notre théologie contextuelle en Afrique australe, dans la théologie de la libération en Amérique latine principalement. Le vécu de « missionnaire » de Pedro Casaldaliga inspirait les pauvres et les exploités à se rassembler autour de la Parole de Dieu, c’est-à-dire, le lieu où l’on partage la vie à la lumière, à la chaleur de notre Créateur.  Ce lieu de la Parole grandit et mûrit et devient une communauté faite de gens « de tous les jours » à l’image des premières communautés chrétiennes avec un leader, un des leurs !

 Casaldaliga a vécu dans une minuscule maison comme celles des paysans, il avait deux lits pliant, un pour lui et un autre pour un passant sans domicile fixe. Sa porte n'était jamais fermée. Sa communauté, les pauvres, étaient ses gardes de corps. Il était le sel dans la soupe qui « n'a pas perdu sa saveur! » Il n'est pas resté dans une salière dorée et ornée.

 Mais la hiérarchie catholique n'aime pas trop ce genre de proximité des misérables. Elle craint les innombrables petites communautés de base qui se mettent debout en Amérique Latine et ailleurs, elle fustige les théologiens de la Libération qui les encouragent. Casadaliga fut convoqué, en 1986, à la Congrégation de la Foi, autrefois le Saint-Office, pour y subir un procès. Il fut interrogé par les cardinaux Ratzinger et Gantin.  Il ne fut ni condamné ni encouragé, on connaît le style ! Il put retourner dans son diocèse. Là, malade, souffrant de la maladie Parkinson, il passe les dernières années de sa vie

 C’est un fait. Romero, Camara, Leonardo Boff et tant d’autres le savent. « Mais le disciple n’est pas au-dessus du Maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. » (Mt 10 :24) C’est bien ainsi.

 La résistance et la résilience des paysans autour de l’invincible « pasteur » a porté des fruits puisque La Justice brésilienne a statué récemment que les colons devaient partir et que les terres être rendues aux paysans. Ce qui, selon La Croix-Monde provoque la rage des colons menacent la Vie de l’évêque que le Gouvernement brésilien veut protéger.

 Des prophètes postmodernes sont parmi nous, parfois rejetés des leurs, mais aimés des petites gens ou de celles et ceux qui ont tant envie d’avoir jusqu’au bout du chemin, leur courage. Soyons solidaires avec eux tous.

 Je m’excuse de la piètre présentation de Pedro Casaldaliga, mais si j’ai pu éveiller un espoir que Jésus est très concerné et actif aujourd’hui, je serai contente. « Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple … a souffert hors de la porte. Sortons donc hors du camp pour aller à Lui, en portant Son opprobre. » (Saint Paul aux Hébreux 13 :12,13)

  La Bogosphère de la Tribune de Genève nous offre de nombreuses et précieuses  informations sur Monseigneur Pedro Casaldaliga.

 En remerciant sincèrement Bernard Comoli :

 dom pedro casaldáliga - Le blog de Bernard Comoli - Tribune de ...

 bcomoli.blog.tdg.ch/tag/dom+pedro+casaldáliga

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