18/02/2013

Prophètes à notre époque postmoderne

 

Nous ne pouvons pas dire que nous ne savons pas !

Dieu a créé l’être humain pour qu’il vive debout et pour cela il a besoin de nourriture, mais puisqu’il est un, avec et parmi les autres, le partage est donc la chose la plus naturelle au monde.

 Pourtant, la créature du Bon Dieu a une faille sérieuse : c’est l’EGO, de images.jpgl’individu d’abord et puis dans l’Histoire des hommes, l'EGO enflé des institutions, des clans, des groupes, des nations. Nous pourrions noircir des pages à raconter  les conséquences de cette faille et comment «  un petit reste du rêve originel du créateur » est resté caché au plus profond du cœur humain. Ce petit reste, c’est la conscience que: partager la terre, le travail, le pain c'est partager la vie.

 C’est une bataille entre ce fragment qui brûle comme la lampe du sanctuaire en chacun de nous et l’EGO individuel  et collectif qui tente de l’asphyxier, de le    tuer en lui faisant croire que le partage de la terre et des biens n’est qu’une utopie dangereusement marxisante et que, seul un système économique et financier conçu par les Maîtres voleurs de terres, faiseurs d’esclaves, bâtisseurs de banques, sont en fin de compte la volonté du Créateur. Ainsi la trahison du rêve de Dieu, pis, la faille devient cancéreuse et ses métastases mondialisées menacent notre espèce humaine et notre planète d’extinction.

Mais nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Les prophètes ont vu les désastres des EGO collectifs, ils l’ont dénoncé, ils ont donné les remèdes de conversion et de survie ! On a tué les prophètes.

 Enfin  Jésus, la créature sans faille, la lumière, le prophète de l’ère chrétienne, a vu les désastres des EGO religieux, cléricaux, politiques, économiques de son temps, il a dénoncé, annoncé, vécu la pratique de la conversion, les grands-prêtres l’ont tué de sang-froid.

 

11529-20051224120322-0112-fire-flamme.jpgLes Pères de l’Église ont vu, entendu, ils ont compris les désastres de l’ego impérial constantinien et romain. Ils sont ignorés ajourd'hui dans les prédications! Mais l’Esprit de Jésus n’est pas mort et la petite lampe brûle comme un soleil d’espérance tout au long de l’ère chrétienne chez les petites gens.

 

Et combien d’autres « prophètes » de notre ère moderne et post-moderne se sont donné corps et âme en accomplissant la Mission de Jésus : rendre à l’être humain sa dignité par le partage de la terre, du travail et du pain. Ce partage, c’est une Eucharistie authentique célébrée sans fastes liturgiques. Des prophètes émergent des sous-sols des systèmes de domination, ils s’assoient à la table des pauvres, des réfugiés en Syrie, au Mali, au Congo, ils écoutent la parole biblique, la parole de Dieu et comprennent qu’elle est une force qui les met debout dans un contexte de mort. Ils sont journalistes, ils sont les héros inconnus qui donnent les premiers et derniers soins aux blessés! Et qui témoignent s'ils ne sont pas abbatus d'abord!

 Actuellement, et particulièrement dans certains médias occidentaux (France Culture, Radio suisse romande, BBC) j’entends des prophètes prophétisant le non avenir de  notre monde à moins que… et comment ne pas sentir dans nos petits Egos  individuels trop souvent solitaires, privés de solidarité pour ne pas dire fraternité « chrétienne », un tout petit souffle d’espoir; la bougie flageolante en nos cœurs, s’allume et disperse les cendres des traditions  paralysantes.

 Ainsi une prise de conscience collective est en marche et je me laisse surprendre et jouir de ce j’écoute :

 Le 17 janvier 2013 :  Haute Définition : Manuela Salvi avec son invité: « Et si on changeait vraiment  tout ? » ou comment sortir de « La misère de la pensée économique ?» Paul Jorion, anthropologue et sociologue : «  Le pire est devant nous… l'inquiétude nous gagne… Mais pas très longtemps, car « le prophète de malheur » a des solutions : éviter d'appliquer les mêmes recettes éviter de relancer la croissance, stimuler la consommation, s’endetter davantage pour sauver les banques. C'est « suicidaire »,  avec au final un chômage en progression vertigineuse, une dette publique record et "un édifice toujours instable. »

  A lire :            Capitalisme: à quand la révolution? Entretien avec Paul Jorion (1/2)

 Capitalisme: fin de partie? Entretien avec Paul Jorion (2/2)

 

 3414657.jpgMerci à ce prophète à barbe blanche de vieux sage, Paul Jorion, il est convaincu de vivre l'Histoire avec un grand H. Avec une question qui l'occupe particulièrement: le capitalisme, son agonie et sa  refondation. Ce soir encore, nous avons pu voir et écouter Paul Jorion dans dans TTC - (Toutes Taxes Comprises: ce soir, dans TTC, l'interview de Paul Jorion anthropologue et économiste qui fut l'un des tout premiers à avoir annoncé le krach des subprimes. TTC, c'est sur RTSun, à 20:10. le 18.02.2013))

 Ces signes que les EGO collectifs redeviendront des gens solidaires. Les riches ne donneront plus de leur superflu, ils partageront leur nécessaire. La charité prendra son vrai nom : la justice, c’est-à-dire le partage de la terre, du travail et des fruits de la terre.

Commentaires

Bonjour Claire-Marie. Votre billet est si bon. Mais par où commencer si ce n'est par soi-même? On ne peut pas imposer l'ordre de Dieu car cet ordre-là est libre et vient de nos coeurs. Une nation vertueuse a bien plus la chance de voir prospérer son pain et sa paix. Mais la Vertu est si bien combattue par le vice pour obtenir le bon pain...celui qui paraît si attirant, si séducteur: une belle maison, une belle compagne, un mari riche, des voyages, des biens matériels qui nous charment, et des habits qui nous envoûtent comme dans un conte de fée... C'est si difficile de trouver la même justice pour tous et en tout lieu. Ce serait d'ailleurs si totalitaire, style communisme à la Staline...

En fait, notre chemin individuel et collectif dépend de notre chemin spirituel à la fois individuel et collectif. Si nous portons la foi d'un Dieu d'Amour et de Consolation, nous avons bien des chances de faire mieux les choses sur cette Terre. Si nous ne portons aucune foi, sauf celle d'une réussite individuel et égoïste, alors nous avons bien des chances de participer à la catastrophe générale prévue des prophètes... Question d'équilibre...Jésus n'a jamais été contre les riches ou contre les pauvres... Jésus a essayé de sensibiliser chacun et chacune à la notion de justice, d'amour, et de liberté des êtres humains. J'ai écrit quelques billets sur ce drame de l'amour en Afrique du Sud qui occupe tous les médias de la planète Terre. Il me semble intéressant de les lire et de les transmettre plus loin. Reeva était une demoiselle proche de Dieu avec des convictions fortes sur la justice et la non-violence.

très belle journée à vous, chère Claire-Marie.

Écrit par : pachakmac | 19/02/2013

Merci cher Pachakmac, le partage selon Jésus est une invitation, l'EGO enflé n'entend pas l'invitation,Jésus invite "si tu veux"... il respecte le temps nécessaire à une prise de conscience de chacun. Et puis d'essayer d'être conséquent. Tant qu'un pape s'habille de pourpre, a une garde soldatesque et vit au palais de son propre Etat, n'est-il pas en contradiction flagrante avec lui-même, avec Jésus dont il se dit être le "vicaire"?
"Le style communisme à la Staline..." est une domination tyranique qui n'est qu'une perversion de l'analyse sociale marxiste. (Histoire vivante!)L'appel de prophètes contemprains émerge (Paul Jorion)de la réalité économique mondiale, je crois. Merci à nos médias de leur donner la parole.
Au sujet de Pistorius, et de Riva Steenkamp! Elle voulait se lancer dans le militantisme actif contre les abus dont sont victimes des femmes en Afrique du Sud (et c'est une réalité!). Lui un athlète dont le succès dépend de la violence qu'il doit se faire à lui-même. Il y a eu des drames semblables dans des circonstances différentes et on est encore triste du sort de "noir désir" et d'autres drames dans les milieux du sport qui découlent d'un déclic, d'un moment de folie du à quoi??? D'une jalousie, d'une pulsion! D'ûne provocation?

Écrit par : cmj | 20/02/2013

Les commentaires sont fermés.