31/01/2013

Les Colombes de la Paix et le Vatican, 27.01.2013 !

 

Réflexion affectueuse et quelque peu amusée sur les colombes désobéissantes

« Habemus Problème ! »

 

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"Le gentil goéland attaque la colombe sous le regard du pape!"

 

L’agence de presse catholique pour les pays asiatiques (ucanews) rapporte  un petit coup de cœur à la clôture de l’Angélus récitée par Benoît XVI dimanche passé, le 27 janvier 2013.

 

Comme de coutume le dernier dimanche de janvier, le pape conclut cette prière en lâchant une colombe de la Paix survoler les quelques milliers de personnes rassemblées sur la Place Saint Pierre et bien-au-delà. C’est en souvenir de la shoah, d’une part, et un appel à l’espérance d’autre part. 

 Mais Benoît XVI semble avoir des problèmes d’obéissance avec les oiseaux qu’il envoie annoncer la Bonne Nouvelle au monde entier.

 Voyez 2012 : Elle est « libérée », la colombe par un enfant mais elle reviendra, une autre sera lâchée et elle reviendra, têtue…

 Voyez 2012 : Elle est « libérée », la colombe par un enfant mais elle reviendra, une autre sera lâchée et elle reviendra, têtue…

 2011, 2010 ... Elles sont lâchées, les deux colombes mais elles reviendront, têtues…Elles refusent de s'envoler...

Et puis en 2013, c’est Jonathan le Goéland qui a l’audace de s’attaquer à la colombe. Les gardes suisses l’ont –ils arrêté, le goéland ? On ne sait pas.

 


 

Grave désobéissance envers le souverain pontife de la part des colombes  au passé biblique d’annonceur de terre à venir, de Paix. Mais qu'en est-il au fond, est-ce un vrai problème?

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Mais voyons la Genèse 8, 6-13

 La relation entre le corbeau, la colombe et Noé responsables de tous ses réfugiés dans son arche. L'espérance d'une Assise sur le Mont Ararat.

 Mais voici que Huffingtonpost se mêle de l'affaire à sa manière et cela diminue  le péàché de la déobéissance de ces aimables oiseaux ! Voyez plutôt:

Huffington post

 

 

 

 Ma prière pour le vénéré Pape Benoît XVI,  dépouillé de sainteté mais vrai Père est celle qui suit (et de tout cœur) afin que les colombes prennent plaisir à voler et à s'envoler ... !

 Libérez les cœurs et les intelligences liés par la doctrine et les dogmes.

Libérez les sans voix et donnez-leur la parole.

 Libérez les femmes de leur servitude et rendez leur la dignité de Marie pour chanter son Magnificat.

 Libérez les couples brisés de culpabilité imposée : invitez Jésus a pénétrer leur cœur et leur esprit

 Libérez le Vatican de tout ce qui ressemble à des armes, des soldats, des gardes pontificaux et rendez votre « Casa » accessible sans contrôle préalable.

 Libérez l’Eglise « peuple de Dieu » et joignez vous à sa longue marche à travers les déserts.

 Libérez les petites gens de la peur de seigneurs, des trônes et des dominations comme le fit celui dont vous êtes le Vicaire.

 Alors les colombes viendront à vous  avec un rameau d’olivier au bec ! Elles seront la Bonne Nouvelle pour le Peuple de Dieu, l’Eglise en route.

 

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28/01/2013

Jésus ou les pauvres ? Priorité

 Inconciliable : à moins d’un laborieux dialogue !

Un théologien aurait donné une conférence à des religieuses et, il aurait dit : « Il faut d’abord être enraciné en Jésus afin de pouvoir aimer le prochain. » En tant que théologien, cet homme doit être « crédible ». Pourquoi argumenter sa parole ? Mais in dialogue sera utile afin d'élargir et d'un peu mieux comprendre le sens de cette phrase.

C'est pourquoi, j’aurais tant aimé approfondir cette ineptie, qui a des relents de « Messire Dieu premier servi » de la Pucelle d’Orléans. Dans le groupe restreint où je me trouvais, l’audace de prise de parti, de solidarité n’étaient pas de mise.

Je suis restée avec ma question face à la lumière de la Bonne Nouvelle. Jésus doit se sentir frustré, si c’est possible, et assurément malheureux qu’on l’élimine des pauvres, des malheureux, des prisonniers, des exploités, des mis au banc des accusés, auxquels il s’est formellement identifié : « Ce que vous avez fait au plus petit, c’est à moi que vous l’avez fait. » Pourquoi un théologien amputerait-il Jésus de son corps ?  Parole en l’air ?

Et donc j’ai poursuivi une réflexion nocturne sous le regard de Jésus au désert :

0.jpgL’apôtre Jean, dit-on, a écrit : « Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu » et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut aimer Dieu, qu’il ne voit pas. » (1ère lettre de saint Jean chap. v.20)

Saint Jean a une parole enracinée dans la réalité socio économique actuelle. Et Saint Mathieu va même plus loin : ces gens sans connaissance de Jésus, sans Foi chrétienne confessée, ces non pratiquants, ces excommuniés, ces hors les murs MAIS épris de compassion, et revêtus de miséricorde, ce sont ces gens-là qui construisent le royaume de Dieu, sans recours à des liturgies préparées à l’avance … ni tambour ni trompette, simplement en pleine conscience de notre humanité commune ! Quelle surprise lorsqu’ils ils entendront Jésus répondre à leur question : « Mais quand t’avons-nous nourri, désaltéré, habillé, visité, guéri, logé, aimé… »  Jésus solennellement s’exclame : « … Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait cela à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » Ah ! Qu’ils seront nombreux, ces athées, ces « non pratiquants » ces soi-disant « marxistes », ces « excommuniés », ces « hors les murs.»

En 2013, faut-il donc forcer Jésus à attendre jusqu’à la fin du monde pour lui permettre de récupérer son humanité ? Sa réelle présence est dérangeante à la porte des pauvres, dans les sous-sols des immeubles, dans celles et ceux « qui ne sont pas comme nous » bien plus dérangeante et, oui défiantes, que dans les hosties adorées.

Et le grand et courageux prophète Jérémie de prophétisait : «  … Il jugeait la cause du pauvre et de l'indigent, Et il fut heureux. N'est-ce le christ au désertpas là me connaître?  (Jérémie 22 :16). Pourquoi le chercher ailleurs ? La Parole du prophète est la parole de Dieu et la Parole faite homme, n’est-elle pas Jésus ? Menschwerdung Gottes !

Oui, notre EGO de sœurs, y compris l’EGO des frères et sœurs, l’EGO des  « croyants et pratiquants », cet EGO grandiloquent croule si l’on prend notre réalité sociale au sérieux à la lumière de l’Évangile et de l’Esprit vivant de Jésus.

En date du 30.01.13, j'ai légèrement retouché le premier paragraphe de ce texte, qui ne correspondait pas exactement à ce qui m'avait été rapporté, et je m'en excuse. Claire-Marie

26/01/2013

Ici, Confession de foi - là, Amour

 

Il y a déjà ce conflit dans le Nouveau Testament. Au nom de la

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profession de foi, des gens qui n’y adhèrent pas sont exclus des communautés. Seuls en font partie celles et ceux qui sont d’accord avec le contenu de la profession de foi. Quiconque ne peut ou ne veut pas accepter cette profession de foi doit en tirer les conséquences et quitter la communauté. C’est logique et nul ne peut s’y opposer. Celle ou celui qui ne confesse pas le Messie Jésus ne doit pas se dire chrétienne ou chrétien. C’est ainsi que la profession de foi a toujours un caractère d’exclusion.

 Aussi « logique » que cette chose paraisse être, elle cache néanmoins un douloureux paradoxe dès qu’il s’agit d’une communauté chrétienne. La profession de foi du Messie Jésus confesse expressément que nul ne peut être exclu de son amour ;  le comportement  de Jésus, ses miracles et ses innombrables paraboles en témoignent. D’autre part, celles et ceux qui ne se réfèrent qu’à l’amour seul courent le risque d’oublier l’homme,  Jésus de Nazareth qui rassemble et unit la communauté.

 Il semble que ce paradoxe ou cette tension ne disparaîtra pas – même avec un amour plus grand, même avec une Confession de foi plus exigeante. Ce qui paraît indiquer que ce n’est pas à nous de bâtir une communauté ecclésiale. Dieu est plus grand qu’une  Confession de foi et il est plus grand que l’amour humain et aussi plus grand que n’importe quelle communauté chrétienne.

 Confronté à l’alternative (laquelle peut-être n’existe pas) entre Confession de foi ou amour prioritaire, qu’on me pardonne si je préfère l’amour. Selon ce que je ressens, c’est au nom de la Confession de foi que tant de sang a coulé durant des décennies (les guerres de religions, les croisades, l’inquisition, les sorcières brûlées au bûcher), autant d’êtres humains maltraités (interdiction de parole, interdiction de publications, excommunications, violences spirituelles, conversions forcées).

 Il arrive que je me pose la question : Jésus ne renoncerait-il pas à la Confession de foi afin que davantage de gens aient  la vie…

 

 Hermann-Josef Venetz

Traduction: Claire-Marie Jeannotat

Avec l'aimable permission de l'auteur

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24/01/2013

Le Mali: pour mieux comprendre

 Lorsque j’étais en Afrique du Sud durant la lutte de libération de la domination blanche, et que je recevais des coupures de journaux d’Europe, de Suisse, de France notamment, nous étions d’abord stupéfaits des infos à notre sujet : biaisés, voir tordus. Il faut dire que la Suisse soutenait financièrement le système d’apartheid. En suisse comme sur place en Afsud, les Églises restaient bouches cousues. Les groupes engagés pour la justice étaient stigmatisés d’emblée : Nous étions des terroristes, des marxistes, des athées. Toute personne vivant en solidarité avec les dominés et les exploités était contre la « Loi et l’Ordre » ! Contre le gouvernement raciste, contre la hiérarchie ecclésiastique raciste, contre l’establishment censé protéger le dernier bastion de la civilisation chrétienne occidentale. Et « Nelson Mandela retiré de la liste noire américaine du terrorisme »

 

DSC_0590.JPGEt les Djihadistes terroristes au Mali par exemple ? Là où ce grand homme a dit : «Tout est lié. Tout est vivant. Tout est interdépendant. C’est pourquoi chaque action a une répercussion qui lui est propre sur l’ordre universel. » Amadou Hampâté Bâ.

(à gauche mini baobab du Mali)

L’armée française entreprend l’opération Serval : quelques milliers de Français d’abord,  puis des soldats Africains de pays voisins soutiennent les soldats français et… maliens. Pas de transparence, pas de journalistes indépendants et c’est dès lors facile d’accuser les Africains « de nombreuses exactions et des exécutions sommaires. »

 Pour y voir plus clair je scrute la presse anglo-saxonne, moins dépendante des agences de presse, et Internet pour essayer de voir « à qui profite cette guerre ? ». Ensuite, que disent les Maliens eux-mêmes, les femmes, les intellectuels, les étudiants ? ! Que disent les chrétiens, les musulmans et tous les autres ? C’est bien moins simple que ce que peuvent écrire nos Quotidiens car ils n’ont pas d’envoyés spéciaux sur place.

 Cependant l’excellente émission INFRAROUGE du 22 janvier 2013 donne un éclairage précieux des enjeux a) qui ont conduit à cette guerre, et b) des enjeux actuels. Avec la question :

 

 Quelle est la vraie cause de l’intervention française ? La Peur de l’avancée islamiste ? Les intérêts économiques ? Ou encore l’étrange « démocratie » à la sauce européenne, une pure lubie occidentale !

 Mais écoutons notre RTS et son invité de la rédaction 23 janvier 2013

 "Des narco Djihadistes" (Gabriel Galice, Vice président de l'Institut international de recherches pour la paix)

 

Et plus en profondeur: le philosophe Michel Cornu dit sa pensée à Manuela Salvi dans Haute définition de dimanche passé :

 

Je cite:  « Il faut resituer la guerre dans un ensemble plus large et savoir pourquoi il y a un terrorisme. Quelle bonne réponse ? Les terroristes de hier sont devenus les chefs d’États d’aujourd’hui. »

 « Est-ce qu’on ne se bat pas pour une idée qu’on se fait de la démocratie ou une idée qu’on se fait de la volonté divine ! Qu’est-ce qui pousse les gens à devenir Djihadiste. Pourquoi y a-t-il des extrémistes ? Conditions politiques économiques, morales aussi qui poussent les gens à faire la guerre ou à se révolter ! Une guerre « soit-disant nécessaire » devrait être accompagnée politiquement et socialement … » Hollande a-t-il pensée à cela ?

 La Prière du Peuple de bonne volonté : Paix à l’Afrique et au monde !

22/01/2013

Porte-toi bien, chère vieille consœur !

 

images (15).jpgAujourd’hui, nous avons célébré les funérailles d’une consœur de 104 ans à Bulle. C’était une belle et pieuse cérémonie. Une brève histoire de la vie de la Sœur avait été publiée dans le journal « La Gruyère »

 La liturgie - avec un chant en patois gruyérien - s’est déroulée selon la tradition et le prêtre a assuré que l’heureuse défunte était maintenant dans le face à face éternel avec le Seigneur qu’elle avait servi et aimé toutes ces longues années. Son éternité serait un concert sans fin de louanges avec tous les anges du ciel.

 Deux idées ont traversé ma tête :

 a)    Sera-t-elle surprise que la face de son Seigneur n’est autre que le miroir de tous les pauvres, les mendiants venant chercher un peu de nourriture, ou un vêtement chaud en hiver, le sourire des petites gens qu’elle aura visités à l’hôpital, dans les prisons fribourgeoises. Quelle rencontre ! Quel accueil et quel sourire de bienvenue de la part de son Seigneur !

 b)    Je me suis dit que notre Abba créateur, doit être bien occupé, jour et nuit, à accueillir ses créatures mortes hier, aujourd’hui, mortes de faim, de froid, sous les balles, dans la violence mortifère de notre société, ou mortes de vieillesses et d'usure. La Sœur, comme toutes celles et tous ceux qui ont la chance de funérailles religieuses, seront UN avec tous ! Dans une même « liturgie existentielle! » Oui, car « L’existence est un don et un don n’existe qu’en étant partagé » (Michel Cornu).

 Quel beau mystère que ce court passage sur terre et comme le dit mon ami Albert Nolan « L’œuvre de Dieu paraît parfois très lente. Peut-être est-ce parce que nous n’apprécions pas toujours l’immensité de ce dans quoi nous sommes impliqués. Mais justement parce qu’il s’agit de l’œuvre de Dieu, l’avenir est assuré. Il y a de l’espoir pour l’univers et pour chacun de nous comme individu. Quand je mourrai, mon ego (idem pour l’ego d’une sœur, d’un prêtre, de tout un chacun), mon faux-moi sera détruit une fois pour toutes mais mon être véritable continuera pour toujours en Dieu, l’ETRE même de l’univers. » (A. Nolan Suivre Jésus aujourd’hui, Cerf Novalis 2009, p. 241)

Hamba Khahle ! Porte-toi bien, chère vieille Soeur !

21/01/2013

La guerre et les hommes de bonne volonté

 

La Syrie, le Mali, la France et les hommes de bonne volonté

 Jésus fut aussi donc recensé à Bethléem où ses parents avaient dû se rendre sur ordre des autorités impériales romaines – dans le royaume vassal d’Hérode – en Judée.  Il n'y avait pas de Paix. C’est ainsi qu' à la naissance d’un enfant, les gens simples et pauvres se disaient : La paix reviendra quand il y aura des hommes de bonne volonté au pays.

 Où sont passés les hommes de bonne volonté ? Y en a-t-il jamais eu ? Y en a-t-il aujourd’hui ? Dans toute la région ?

 La corruption fondamentale en Suisse y compris :

 la fabrication et le commerce des armes


 

Ce réfugié angolais me disait en 1986, à SOS Asile Jura où je travaillais : « Tant qu’il y a des armes dans un pays, il faut bien s’en servir !» Était-il naïf ou plutôt froidement logique ?

 Le printemps arabe a débuté pacifiquement, en Egypte par exemple, en Tunisie, en Libye. Mais le pouvoir a peur de mouvements pacifiques. Le pouvoir a son armée et ses armes « il faut bien qu'il s'en serve ! » Y a-t-il des hommes de bonne volonté qui détiennent le pouvoir ?

 En Syrie, les premiers rassemblements sont restés longtemps pacifiques. Où sont les femmes et les hommes de bonne volonté chez celles et ceux qui détiennent le pouvoir.

 Et puis, le petit peuple de Syrie agonisant est « dépassé » dans les média par l’étrange histoire qui se déroule actuellement au Mali. En plein cœur du Sahara, 12 millions de Maliens environ dont presque la moitié ont moins de 15 ans . 85% des maliens sont musulmans et environ 5% chrétiens.

 Mais pourquoi apparemment abandonner la Syrie à son sort pour s’occuper du Mali ? Où est l'urgence ? Où est la priorité ? Qu’est-ce qui est fondamentalement en jeu dans cette étrange manière de faire des Occidentaux et des Français en particulier ?

 Colonisé par la France, le pays est indépendant et membre de l’Organisation des Nations Unies dès septembres 1960 avec une apparence de démocratie. Que signifie « démocratie » dans le contexte d’intérêts particuliers à l’intérieur et encore plus à l’extérieur d’un pays ? Quels sont les intérêts du petit peuple souffrant de sécheresses et les intérêts des repus ?

 D’où vient la hâte de François Hollande de « faire la guerre » a une ancienne colonie. Il l’a dit : C’est à la demande de autorités maliennes paraît-il. A-t-il discuté, raisonné ? Quels efforts diplomatiques, quelles rencontres à l’intérieur comme à l’extérieur des pays respectifs ? François Hollande  a-t-il consulté la France avant d’envoyer là-bas des militaires ?

 Le Maliens eux-mêmes paraissent moins fébriles de partir en guerre contre leurs frères Touaregs et autres. Les Africains sont conscients du fait « terroriste. »  Comme Bush en Afghanistan et en Irak, Hollande s’implique pour ainsi dire à la légère, dans des conflits régionaux, c'est alors «qu' une guérilla régionale entre des factions divisées » est mutée en guerre entrela France… et le Mali !  

 Est-ce si simple que ça ? N’est-ce pas plutôt la peur de l’Islam ? La grande peur de la France et de l’Occident : l’avancée de l’Islam motiverait cette guerre ? Mais   est-ce avec la voix des armes que les Hommes de bonne volonté, mentionnés sous l’Empire romain à la naissance de Jésus feront la Paix entre  l’Orient et l’Occident ?

 À lire et à écouter :

  H.J.Venetz, théologien, 17/11/2012, La Guerre est un péché

 Michel Cornu, philosophe Rts 20/01/2013,

 « La guerre traverse toute l'histoire de l'humanité. Mais "aucune guerre n'est juste" affirme Michel Cornu, peut-être y-a-t-il des guerres "nécessaires" »

 

22:09 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (0)

19/01/2013

Le grand souhait de Jésus

images (14).jpg Que les gens soient entièrement guéris

 Jésus n’a jamais désiré être vu comme « faiseur de miracles » : sa préoccupation était la venue du royaume de Dieu. Et c’est pour cela qu’il a sans cesse œuvré à la guérison et l’intégrité des gens – ou comme le dit la Bible – que les gens soient « debout ». Et ceci concerne aussi la communauté.

  Jésus n'était pas fixé sur la maladie qu'il s'agit de guérir à tout prix ; il n’était pas fixé sur l'individu qui mendie la guérison.  La première guérison – selon le premier Évangile - fut celle d’un possédé - par les pouvoirs, les contraintes, les règlements, les étroitesses entre autres choses.  L'homme ne pouvait  être simplement lui-même; il devait danser selon la musique des autres. Ainsi l’homme n’est pas entier, ni lui-même.

 Jésus veut libérer les hommes, pour les responsabiliser, car c’est ainsi seulement qu’ils construiront une communauté parce qu’ils seront aptes à aimer. La venue de Dieu dans la société, c’est cela.

 L’apôtre Marc raconte l’histoire d’une femme courbée qui, depuis douze ans, souffrait d’une perte de sang. Ce n’était pas d’abord cette hémorragie qui la blessait profondément, ce n’était pas sa maladie physique, mais c’était le fait d’être mise à part et exclue de la société, précisément à cause de son infirmité. Elle n’avait pas le droit d’être une personne à part entière ! Et Marc continue son récit en précisant que la guérison était due au fait que la femme avait touché le vêtement de Jésus. Mais Jésus voulait plutôt ignorer ce geste : il ne voulait pas être une « machine à guérison » et il ne voulait pas que la femme fut réduite à un « objet de guérison ». Il voulait voir cette femme et lui faire face, il voulait lui adresser la parole afin qu’elle-même s’exprime librement dans sa communauté de vie ! (Mc 5 : 25-34).

 Un autre épisode nous fait voir Jésus et la fille de Jaïre. Selon Jaïre, elle est morte. Jésus n’a pas peur de se laisser toucher par les gens, comme la femme malade ni de toucher  une morte : Il la prit par la main et lui dit : Lève-toi ! Confronté à la vie ou à la mort, Jésus ne connaît pas de tabous. Seule compte la présence immédiate et  ce qui est  quasiment impensable : Il dit à ces gens ahuris de donner à manger à la jeune fille.

 On ne peut imaginer un enseignement plus authentique  qui encourage l’autonomie d’une personne et la construction d’une communauté. (Mc 5 : 35-43).

Hermann-Josef Venetz

Traduction: Claire-Marie Jeannotat

Avec l'aimable permission de l'auteur

 

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15/01/2013

Symbiose: praxis et prière

 

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Chaque jour je m’efforce de lire « l’évangile du jour »  et si l’on permettait à la lumière du message de Jésus d’éclairer l’actualité, et de trouver au meilleur de nous-mêmes, ce que nous devons faire si nous prétendons être chrétiens, ferions-nous, ferais-je ce que ma foi en l’homme, donc en Dieu, demande de moi ? De nous ?

 Prier aux intentions du pape selon l’ordre chronologique prévus au Vatican dès mi-décembre 2011 déjà pour être dans les paroisses dès janvier 2013 ? Pourquoi pas ? Mais qu’en est-il de l’action qui répond construit le royaume de Dieu au quotidien, sachant que c’est l’action qui vérifie la prière et la foi !

 Et comment agir et prier sans analyser ce qui se passe, par exemple, le savon bio du CHUV qu’il faut jeter, ou les meurtres à répétition et en cercles concentriques, ou les policiers en rapport de force perdant avec  les agresseurs 4897032100022_l_f_l_1.jpgde toutes natures , ou celles et ceux  qui, solidaires des exploités, soutiennent  «  l’Initiative Minder » contre la corruption institutionnalisée et tout cela, chez nous d’abord avant de jeter la pierre aux autres ! Si la prière au quotidien n’était déjà que la sueur de notre réflexion, de notre recherche de participation sans intérêts particuliers de langue, de parti politique, de religion, de race, participation à ce qui se fait au niveau économique, politique, ecclésial etc. par d’autres qui ne prient pas, n’y aurait-il pas une symbiose heureuse et prégnante d’active d’espérance ?

 Prier autrement : vais-je rechercher ce que cela signifie dans les multiples sites inaccessibles à beaucoup, dans des études théologiques, dans les supplications ou admonitions des autorités religieuses ? Pourquoi pas, mais il y a, à la portée de tous l’Évangile au quotidien et l’Homme de Nazareth dont la vie vérifie la foi, c’est-à-dire  le travail et la lutte pour la pain quotidien, le bien commun prioritaire et basique  pour tous, concrètement. A égalité. Fruit de la terre, du travail des humains, du pain brisée et partagé… c’est ringard ? Mathieu 6, 7 dit « …  Ne répétez pas sans fin les mêmes choses comme les païens: ils s’imaginent que Dieu les exaucera s’ils parlent beaucoup. » En fait, ne rabâchez pas le « Notre Père » si vous ne le mettez pas en pratique.

12/01/2013

Les mains levées

 

images.jpgL’image de Moïse, les bras levés au ciel, nous est familière depuis les leçons bibliques à l’école. Israël devait organiser la lutte contre l’armée lourdement équipée d’Amalek. Josué fut nommé chef de l’Armée. Moïse avait autre chose à faire. Il monta sur la montagne et tint ses mains élevées vers le ciel. Il est écrit dans la Bible : Lorsque Moïse tenait ses mains levées, Israël l'emportait, et quand il les laissait retomber, Amalek l'emportait. Comme les mains de Moïse s'alourdissaient, Aaron et Hur prirent une pierre et la mirent sous lui. Il s'assit dessus tandis qu'Aaron et Hur lui soutenaient les mains, l'un d'un côté, l'autre de l'autre. Ainsi ses mains restèrent-elles fermes jusqu'au coucher du soleil. Josué défit Amalek… (Ex 17)

 L’histoire veut nous montrer le pouvoir de la prière  obstinée – telle est l’interprétation du Catéchisme. Et c'est bien. Est-ce néanmoins la totalité de l’enseignement de cette narration où il ne semble pas de prime abord être question de prière ?  Ce n’est qu’à la conclusion de la narration que Dieu entre en scène lorsqu’il demande à Moïse d’écrire cela dans le livre, pour que le souvenir reste.

  La narration s'inscrit dans la ligne d’autres récits de l’Ancien Testament qui veut mettre en lumière que le monopole du pouvoir n’appartient pas aux peuples, ni aux Seigneurs, ni aux Rois ni même à de saints personnages comme Moïse. Dieu seul a le monopole du pouvoir – et c’est le message que nous pouvons percevoir.

 Et c’est aussi la raison pour laquelle le Dieu de l’Ancien Testament paraît, de temps à autre, si sanguinaire et violent. C’est comme si Dieu voulait dire : je préfère paraître sanguinaire et violent à vos yeux si cela peut vous détourner de la violence et des meurtres. La guerre ne doit jamais devenir un moyen. Et lorsque nous réalisons qu’il n’en va pas autrement, c’est alors le moment pour les autorités de lever leurs bras (désarmés) vers le ciel. Et nous devons encourager leur démarche.

 Avant de demander une intervention armée de l’ONU, de l’UE ou de l’OTAN dans des régions en guerre, en Syrie et ailleurs, et d’applaudir de telles interventions, il faudrait d’abord réfléchir sur la justesse d’une telle décision qui revient à dépouiller Dieu du monopole du pouvoir – jamais encore une intervention armée ne fut une bonne expérience ! – et nous poser la question si nous avons assez  longtemps tenu nos mains élevées vers le ciel.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

11/01/2013

La braise couve sous la cendre

 

braises.jpgRéflexion : quelque chose se passe. Était-ce cette annonce de fin du monde le 21 décembre 2012, laquelle après tout ne paraissait pas si insensée ? Étrange ambiance au delà des mers et des frontières, des famines sahéliennes, du Mali, de la Syrie en sang et de notre angoisse quant à notre armement et nos sapins plastiques étoilés !

 Était-ce la crise mondiale

 Était-ce les catastrophes récurrentes à des intervalles toujours plus resserrés?

 Était-ce les tueries sauvages qui resurgissent là où ne les attend pas ?

 

J’aimerais découvrir et écrire le contraire de ces signes des temps on ne peut plus directes et clairs.

 Par exemple :

 Participer à la construction d’un monde nouveau :

 Agir pour sauver la Planète : écocivisme

 Redistribuer les richesses au lieu de remplir les banques

 Halte au commerce des armes à feux : Amnesty International  

 

Et puis la splendide émission Babylon à la notre radio suisse romande :

 Une prise de conscience communautaire

 avec Dominique Bourg qui nous parle de sobriété volontaire.
Tout à la fois titre d'un ouvrage collectif paru aux éditions Labor et Fides et piste possible pour un après de notre système de pensée et de production actuel.

 

  • Sobriété volontaire - en quête de nouveaux modes de vie, Dominique Bourg, éditions Labor et Fides

 avec Christian Arnsperger qui nous fait part, en direct, de sa réflexion concernant des systèmes post-capitalistes autant nécessaires que difficiles à penser.

 

  • Éthique de l'existence post-capitaliste, Christian Arnsperger, éditions du Cerf

 Je ressens un prise de conscience personnelle et surtout collective et communautaire approfondie en cette période - fin 2012 et début 2013 –.

 Je remarque un élément qui revient constamment dans les interviews, les exposés : c'est la spiritualité. Mais oui ! La spiritualité préserve notre dignité humaine et nous rend capables de confronter la réalité résultant de l’EGO, centré et replié sur SOI dans le système capitaliste mortel que domine Mammon et qui nous déruit.

 La prise de conscience de notre être spirituel et biologique nous permet un regard froid et lucide sur la réalité en même que l'espérance s'éveille afin de participer activement à la mutation en cours ! C’est une chance.

 Comme l’écrit Albert Nolan (Suivre Jésus aujourd’hui) « Nous pouvons voir le doigt de Dieu dans les signes des temps… il est à l’œuvre dans les changements structurels et dans la mondialisation pour la justice … il est à l’œuvre dans la voix des marginalisés et des opprimés, des victimes de la violence. »

 Mais il est impératif pour nous, dans les média, dans notre agir civique, politique, économique, d’aller au-delà des « soins infirmiers  et de panser les blessures et les fractures. » Si nous acceptons de nous réveiller, c’est la guérison qui nous est offerte. Et avec Albert je conclus en citant Thomas Berry (rip) un théologien/ecoterrien : « La transition entre une période de dévastation de la terre par les hommes et une période où les hommes seraient présents à la planète d’une manière bénéfique pour elle et pour eux, c’est l’affaire non seulement de la communauté humaine, mais de la planète terre tout entière. Plus même que de la terre, c’est le grand travail de l’univers lui-même .» (in Suivre Jésus aujourd’hui, page 238)

 Et Albert de mettre le point final : « Si nous n’arrivons pas à coopérer, l’EGO pourrait l’emporter et notre espèce pourrait s’éteindre, avec bien d’autres. Mais le reste de l’univers, lui, continuera d’exister, et la créativité sans limite de Dieu mènera l’Univers à des hauteurs encore plus grandes, mais sans nous, comme espèce. »

 Et je me permets d’ajouter « J’en prends pour témoin contre vous le ciel et la terre, j’ai mis devant toi la vie et la mort, bénédiction et la malédiction choisis la vie, afin que tu vives toi et ta postérité." (Deutéronome 30 :19)

07/01/2013

Jésus au quotidien

 

Une grande église pleine pour l'événement : intronisation d'une autorité ma foi images (6).jpgbien sympathique.

 

Des places réservées pour les membres hiérarchiques, helvètes ou étrangers

 

pour les autorités du canton, politiques, économiques, sociales, culturelles

 

pour les dignitaires de toutes sortes et leurs épouses ou époux

 

pour les supérieures, responsables et j’en oublie.

 

Des places non réservées pour les fidèles et qui se dépêchaient d’arriver.

 

J’étais au fond de l’édifice à droite en entrant, bien assise et j’écoutais.

 

L'intronisation aurait lieu selon les règles avec l’orgue, le chœur, l’orchestre et les solistes.  Un beau spectacle, une belle audition et une acoustique parfaite. Tout était prévu, sauf l'imprévisible. Pas grand chose au fond dans une cité de cette envergure !

 

jesus a nazareth.gifIl s'agit soudain d'une faible agitation venant de l’avant de l’aile droite du sanctuaire : Un homme titubant légèrement descendait la nef latérale tout en psalmodiant plaintivement les désespoirs et les espérances de gens comme lui, un habitué des escaliers d’un temple tout proche où son chien rachitique aux poils denses et drus somnolait dans l’attente de son maître et ami.

 

Ce n'était qu'une très légère onde sismique mais elle importunait le déroulement de l’événement liturgique préparé avec tant de soin... un peu d'énervement ... alors j’entendis un murmure sur un téléphone portable qui fit apparaître de je ne sais où des officiers de police qui empoignent par le bras l’importun et l’emmène vers la sortie en passant juste à mes côtés. Mes yeux rivés sur l’homme et, croyez-le ou pas, nos regards se croisèrent et j’ai reconnu Yeshuah jeté hors du temple par les « trônes et les dominations ». C’est du vécu.

 

Était-ce une illusion ?

 

06/01/2013

Noël pour les petits oiseaux

 

Le 15 décembre, 2012 j’envoyais à  tous ce petit message en souhaitant que la Nativité engendre vie nouvelle et an nouveau, autrement. En suivant l’impossible étoile que chante si bien Johnny Halliday !

Aujourd’hui, l’étoile dit-on a guidé trois sages vers un enfant qui sera nommé Yeshuah. Jésus ! J’ai fêté ce « souvenir » de l'aventure des mages avec les diaconesses de Saint Loup. Aujourd’hui 6 janvier 2013, mes consœurs me ramènent en Gruyère où tout est vert dans une atmosphère de printemps prématuré.

 

Semeur-293x300.jpgMais Saint Loup me poursuit : les liturgies catholiques et réformées ne s’opposent pas : elle convergent, c’est le moins qu’on puisse dire. Pourtant, ce qui est tombé en moi comme une semence de vérité me fortifie et me réjouit : c'est le témoignage dans l'homélie du pasteur. En surfant quelque peu je retrouve cette parabole dont l'esprit est bien celui de « Jésus aujourd'hui ».

 

Noël pour les petits oiseaux.

 

Cliquez, ouvrez et voyez :

 A la fin du culte, dimanche dernier, une fête de Noël dans la communauté que j’ai visitée, une mendiante est venue vers moi. Je la connaissais et elle aussi m’a reconnu. Elle m’a dit, en touchant sa poitrine, qu’elle devait se faire opérer le lendemain d’un cancer. Etait-ce vrai ou un truc pour m’attendrir ? Je lui ai proposé de prier pour elle, ce qu’elle a accepté. Puis elle m’a demandé de l’argent. Je lui ai donné quelques piécettes. Comme elle en voulait plus, je l’ai embrassée.

 Dix minutes plus tard, elle est revenue vers moi pour me demander si elle pouvait manger avec la communauté. Je lui ai dit de demander à un des responsables, car je n’étais qu’un invité. Cela m’a fait mal au cœur qu’il refuse et lui demande de partir. J’aurais voulu dire à cet homme qu’à Noël tout est possible. J’aurais voulu courir vers cette pauvre femme pour lui donner encore quelque argent pour son repas. Mais elle avait disparu. J’avais l’impression que c’était Jésus qu’on chassait… Jésus venu nous visiter jusque dans le chœur de l’Eglise.

 Le soir venu, je suis tombé sur ce que Thomas de Celano, le premier biographe de François d’Assise, a écrit sur l’attitude de François à Noël :« François désirait que les pauvres et les mendiants soient régalés ce jour-là par les riches, et que les bœufs et les ânes reçoivent une ration supplémentaire d’avoine et de foin. Si je voyais l’Empereur, disait-il, je le supplierais de publier un édit ordonnant à tous ceux qui le peuvent de semer du grain sur les routes en ce jour de fête, pour le régal des petits oiseaux et surtout de nos sœurs les alouettes ».

 La naissance de Jésus nous appelle à la générosité. A la sortie je vais lancer des graines pour les oiseaux. Oui, semons du grain pour nos sœurs les chouettes et nos frères les hiboux !

 

Avec toute ma reconnaissance envers Martin Hoegger, pasteur et témoin.