28/01/2013

Jésus ou les pauvres ? Priorité

 Inconciliable : à moins d’un laborieux dialogue !

Un théologien aurait donné une conférence à des religieuses et, il aurait dit : « Il faut d’abord être enraciné en Jésus afin de pouvoir aimer le prochain. » En tant que théologien, cet homme doit être « crédible ». Pourquoi argumenter sa parole ? Mais in dialogue sera utile afin d'élargir et d'un peu mieux comprendre le sens de cette phrase.

C'est pourquoi, j’aurais tant aimé approfondir cette ineptie, qui a des relents de « Messire Dieu premier servi » de la Pucelle d’Orléans. Dans le groupe restreint où je me trouvais, l’audace de prise de parti, de solidarité n’étaient pas de mise.

Je suis restée avec ma question face à la lumière de la Bonne Nouvelle. Jésus doit se sentir frustré, si c’est possible, et assurément malheureux qu’on l’élimine des pauvres, des malheureux, des prisonniers, des exploités, des mis au banc des accusés, auxquels il s’est formellement identifié : « Ce que vous avez fait au plus petit, c’est à moi que vous l’avez fait. » Pourquoi un théologien amputerait-il Jésus de son corps ?  Parole en l’air ?

Et donc j’ai poursuivi une réflexion nocturne sous le regard de Jésus au désert :

0.jpgL’apôtre Jean, dit-on, a écrit : « Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu » et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut aimer Dieu, qu’il ne voit pas. » (1ère lettre de saint Jean chap. v.20)

Saint Jean a une parole enracinée dans la réalité socio économique actuelle. Et Saint Mathieu va même plus loin : ces gens sans connaissance de Jésus, sans Foi chrétienne confessée, ces non pratiquants, ces excommuniés, ces hors les murs MAIS épris de compassion, et revêtus de miséricorde, ce sont ces gens-là qui construisent le royaume de Dieu, sans recours à des liturgies préparées à l’avance … ni tambour ni trompette, simplement en pleine conscience de notre humanité commune ! Quelle surprise lorsqu’ils ils entendront Jésus répondre à leur question : « Mais quand t’avons-nous nourri, désaltéré, habillé, visité, guéri, logé, aimé… »  Jésus solennellement s’exclame : « … Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait cela à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » Ah ! Qu’ils seront nombreux, ces athées, ces « non pratiquants » ces soi-disant « marxistes », ces « excommuniés », ces « hors les murs.»

En 2013, faut-il donc forcer Jésus à attendre jusqu’à la fin du monde pour lui permettre de récupérer son humanité ? Sa réelle présence est dérangeante à la porte des pauvres, dans les sous-sols des immeubles, dans celles et ceux « qui ne sont pas comme nous » bien plus dérangeante et, oui défiantes, que dans les hosties adorées.

Et le grand et courageux prophète Jérémie de prophétisait : «  … Il jugeait la cause du pauvre et de l'indigent, Et il fut heureux. N'est-ce le christ au désertpas là me connaître?  (Jérémie 22 :16). Pourquoi le chercher ailleurs ? La Parole du prophète est la parole de Dieu et la Parole faite homme, n’est-elle pas Jésus ? Menschwerdung Gottes !

Oui, notre EGO de sœurs, y compris l’EGO des frères et sœurs, l’EGO des  « croyants et pratiquants », cet EGO grandiloquent croule si l’on prend notre réalité sociale au sérieux à la lumière de l’Évangile et de l’Esprit vivant de Jésus.

En date du 30.01.13, j'ai légèrement retouché le premier paragraphe de ce texte, qui ne correspondait pas exactement à ce qui m'avait été rapporté, et je m'en excuse. Claire-Marie

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