06/12/2012

O COMMERCE ADMIRABLE

 

La nativitéflower1.jpg

 Les précieux souvenirs de la nativité des années de mon enfance au Jura sont aussi simples et dépouillés de marchandises que l’étaient les pauvres et les sans-abris de Palestine.

 Les souvenirs d’Afrique du Sud sont intéressants : dans l’hémisphère sud, la chaleur faisait fondre les bougies et les cierges, les étoiles scintillaient de tendresse, et la reine de la nuit attendait une présence. La nôtre sans doute.

 Une amie, novice  Irlandaise, et moi  faisions une petite promenade  jusque qu’à une maisonnette, en brique et sans fenêtre : c’était la morgue africaine où, à cause de la chaleur, le cadavre ne reposait qu’une seule nuit. La chapelle était vide en cette veillée de Noël et nous nous sommes assises sur un banc, le dos au mur. Juste à côté d’un buisson de deux mètres de hauteur environ et qui répandait une indéfinissable senteur.

 C’était ma première veillée natale en Afrique australe et Aìne me dit : « Let’s rest Claire-Marie, something’s happening. »

 Et le silence partagé était le plus doux partage. Une légère, timide vibration  et mon amie murmure : « Just look ! » L’ardent regard de l’attente : du silence dans lequel naissent les grandes choses,  la fleur déployait sa beauté, une corolle de pétales limpides, elle montrait sa beauté jusqu’au cœur rosé de son être… Aìne souffle : « The Queen of the night ! » J’étais partagée entre la fascination et l’adoration de la beauté d’avant la création.

 

888545.jpgMais ce n’était qu’un prélude : la timide vibration provenait d’abeilles qui, comme nous deux, attendaient ce moment : l’ouverture : les abeilles pénétrèrent respectueusement la Reine de la Nuit qui les accueillit et les nourrit et fit l’amour avec elles jusqu’à la craintive aurore : ayant tout donné, elle mourut dans le silence d’une vie accomplie. Une seule nuit d’amour.

 Aujourd’hui, je dis : Non, Noël doit cesser d’être une saison commerciale, financée, exploitée, maintenue en vogue par un déploiement inouï de campagnes publicitaires. Les marchés de Noël artisanaux, soit, mais les ventes de Noël jusqu’au seuil de locaux religieux, NON ! On ne vend pas Noël. Les cadeaux ne sont rien à moins que nous, soyons, les uns pour les autres des cadeaux vivants !

 Il ne faut pas enterrer Dieu fait homme sous les cendres de traditions immuables parce que rentables ! Il faut dire : Assez du commerce malsain de cadeaux vendus au profit de n’importe quoi !

 Permettons à Dieu de se faire homme en nous dans le silence et le dépouillement d’une Reine de la nuit.

 

O Admirabile Commercium

 value="http://www.youtube.com/v/o_ZoAUg8Qd4?version=3&hl=fr_FR">O commerce admirable entre Dieu et nous : il se fait homme !(O admirabile commercium, antiphon in mode 6 (Liber Usualis No. 4 ...)


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