27/10/2012

Le christianisme est-il une chose passée?

 

27.10.2012

Le christianisme est-il une chose passée?

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Depuis des siècles déjà on parle, sous nos latitudes, de l’ère post-chrétienne : on en parle comme d’un phénomène religieux qui appartient au passé. Considéré dans la trajectoire temporelle, le christianisme est apparu au début du 1er millénaire pour disparaître peu à peu vers le 3ème millénaire.

 Quel impact a-t-il eu sur notre monde durant ce laps de temps? Il faut certainement souligner beaucoup de choses positives en même temps qu’il faut reconnaître de nombreux aspects négatifs. C’est ainsi qu’à l’approche de la fin du 2ème millénaire déjà, l’évêque de Rome et chef de l’Église catholique romaine, réfléchissait sur la meilleure manière, dont lui-même et donc l’Église, pourrait demander pardon pour tout le mal infligé au monde et à l’humanité durant les deux millénaires écoulés.

 Je ne veux pas dire que le christianisme, le mouvement tout entier, appartient au passé. Non: gerbe-musicale-vue-sur-miettesdetheo.jpgaussi longtemps que des gens raconteront l’histoire du Nazaréen ; non : aussi longtemps que des gens se rassembleront en mémoire de lui pour partager leur pain sec; non : aussi longtemps que des gens, par leur engagement solidaire, témoigneront de sa résurrection.

 

Il est possible que nous ne retrouverons plus le christianisme là où il s’expose avec une solennelle et pompeuse arrogance, mais là où les exploités et les marginalisés font l’expérience d’une justice communautaire.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-marie Jeannotat

Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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26/10/2012

Obama versus Romney

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Dans mon dernier billet : la dénaturation de la politique, j’ai évoqué le pouvoir politique actuel « dénaturé » : la campagne actuelle "Obama versus Romney" pourrait perçue, selon les médias disponibles, comme un combat visant à discréditer l’adversaire. Romney d’une part, se référant à Dieu alias succès, réussite du plus fort face à l’électorat, le peuple objet dont la responsabilité est remise entre les mains de l’Establishment, et d’autre part Obama se référant à Dieu fait homme, les humains: le peuple responsable et sujet de sa propre histoire avec l’aide d’un leader qui rend compte de son leadership.

 Inévitablement et ça crève les yeux : nous, acteurs et ou spectateurs de cette comédie humaine aux USA actuels, nous sommes en face :

 a)    Du Dieu Tout Puissant, incarné dans les capitaux, les armées.

 b)    Du Dieu incarné en l’homme, sa vie, sa terre, son travail, son histoire.

 Obama chargé de l’héritage empoisonné du régime insensé de Bush, les pieds dans cette bourbe et paroles-de-vie.jpgsa volonté, cœur et intelligence accrochées au fol espoir du Peuple, poursuit sa route avec celles et ceux qui luttent au quotidien pour la survie.

 Il y a des impatiences, des abandons, de celles et ceux qui changent de camp et mordent à l’appât du Dieu des Armées !

 Je contemple cette comédie trop humaine et je contemple l’Homme : Jésus de Nazareth, son Esprit brûlant en nous, notre Espérance qui nous étonne nous-mêmes et nous force d’aimer !

23/10/2012

Dénaturation de la politique

 

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Il est laborieux de vivre lorsque l’on est conscient de l’état de la planète et de la scandaleuse répartition des richesses dans le monde : et que ces inégalités structurées ont leurs racines dans la colonisation, le vol de la terre et des richesses du sous-sol, laissant aux « autochtones » l’herbe sèche pour vivre. Pour périr à long terme.

 Les luttes d’indépendances ont abouti à une indépendance factice,  les richesses restant  verrouillées dans les mains et le pouvoir des nouveaux maîtres : clones des anciens toujours présents dans les nouveaux régimes.

 Tel est l’état actuel de dénaturation de la politique qui dévie de son devoir de servir le PEUPLE subtilement asservi  mais ironiquement souverain ! C’est une démocratie manipulée.

 Dans un monde dit : civilisé et chrétien :  dénaturé des structures qui trahissent sa raison d’être : Jésus.

 Jésus pourtant « lumineusement » présent dans les fruits du péché des armes, du pouvoir et des finances… et de l’idéologie égocentrique flirtant dans ce qui flatte l’intelligence intéressée : les compromis ! La diplomatie avant l’engagement. C’est quasiment une conscience collective car pour se protéger du plus fort, il vaut mieux être avec !

 L’Église institution semble être un levier de cette diplomatie ambiguë, comme un figuier qui ne porte pas de fruits. Les pauvres deviennent plus pauvres et les riches plus riches protégés par le nucléaire dont ils veulent être les seuls possesseurs.

 Pourtant je crois que le printemps émerge de l’hiver comme Jésus sort des tombes avant et dès ce premier jour de Pâques et que c’est à nous de sortir de nos tombes « religieuses, dogmatiques, idéologiques, intéressées et fallacieusement protectrices » pour choisir la libération radicale hors des murs !

 J’ai mentionné dans mon blog il y a quelques jours Thomas Merton et sa pensée « Le Signe de Jonas », avant déjà, j’avais mentionné Albert Nolan et « Suivre Jésus aujourd’hui » et, les billets de Hermann Venetz.  Mais tout cela n’est rien si ce n’est pas enraciné dans la Parole de Dieu. Et la Parole de Dieu c’est un homme : Dieu fait homme qu’on nomme Jésus de Nazareth. Où le trouver ? Dans l’herbe sèche vide des richesses du sous-sol.  Dans la réalité concrète des fruits des systèmes :  partout sur la planète, chez nous aussi. Et cette réalité, les médias essayent de la montrer encore que la Presse écrite, indépendante, analytique est indispensable : il faut la soutenir et la promouvoir ! Elle est parfois la seule fenêtre sur « ce qui se passe », sur nous-mêmes !

 Et s’engager là où on est et là où on peut !

 

21/10/2012

Dieu n'est pas solitaire


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Fresque d'un banquet dans une tombe des catacombes des saints Marcellin et Pierre, Via Labicana, à Rome

  Dans la Bible hébraïque de notre tradition judéo-chrétienne, le mot « Dieu » est souvent un nom pluriel.

 Par exemple dans l’histoire de la  création Dieu dit  : « Créons l'homme à notreimage et à notreressemblance. » On croit entendre la voix d’une communauté qui invite les créatures à la rejoindre.

  Ce sont donc les hommes à l’image et à la ressemblance de Dieu qui doivent remplir leur Mission : Qu’ils règnent sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tous les animaux C’est-à-dire  régner avec et comme Dieu : donner la Vie et créer l’espace pour tout ce qui vit, il se soucie de tous. Un théologien le disait ainsi : Dieu souhaite que le monde et nous soyons des compagnons de son Amour

  Poursuivons la lecture de la Bible et notons : Dieu est toujours à la recherche de femmes et d’hommes  pour l’aider, pour lui donner la main en chemin. Il trouve Abraham ;  qui doit être une bénédiction pour le monde entier (Gn 12). Il trouve Moïse ; qui doit libérer son peuple. Dieu se présente lui-même : Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Et nous pourrions  poursuivre : Le Dieu de Sara et de Rebecca et d’Agar. Dieu prend le nom de personnes concrètes (Ex3). Car le Dieu de la Bible est un Dieu amicale, oui, un Dieu passionné et de tendresse.

 Au baptême de Jésus sur les rives du Jourdain, une voix venant du ciel dit : Tu es mon fils bien-aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances.

 On pourrait traduire ainsi : En toi, je vois mon compagnon d’Amour. C’est une voix de Joie et d’affection. Et Jésus n’est pas seul sur la rive ; il représente le peuple tout entier et l’entière humanité.

 La colombe joue un rôle important dans la scène du baptême. A l’époque elle était une messagère de Paix. Lorsque des gens s’aimaient, on voyait voltiger entre elles une colombe, elle roucoulait de joie et  d’amitié.

  Voilà ce que pourrait être le sens de la Trinité : Dieu veut être un Dieu des hommes et de toutes les créatures, un Dieu de relations. C’est la raison de la venue de Jésus, l’Emmanuel, Dieu-avec-nous.

 Le Dieu des relations amoureuses, c’est pourquoi l’Esprit est le Messager de l’Amour. Il désire être notre Dieu, ton Dieu et mon Dieu. Notre vis-à-vis. Un Dieu en recherche de gens aimants.

  Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l‘auteur

20/10/2012

Le signe de Jonas

 

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Jonas rejeté par le poisson
bas-relief de la cathédrale d'Amiens (France)

Ma réflexion

 Soixante ans en arrière, comme on dit, dans notre Mission « Little Flower secondary School » (au cœur du Township Selborne, Prétoria), j’étais alitée pour cause de « jaunisse » désagréable s’il en est. Une consœur enseignait à ma place. Le bruissement intense de la vie africaine de notre Blackspot bidonville m’était agréable et familier comme une musique de Ravel, arythmique, convulsive.

 Une sœur pousse le rideau de ma cellule, une tasse de thé dans une main, un livre dans l’autre, et un grand sourire aux lèvres, elle me dit : « You’ll like it. » Le thé irlandais avec juste un nuage de lait, dépasse le Fendant valaisan,  une petite conversation entre nous et elle me quitte. Je reste en compagnie de Thomas Merton, auteur du « Signe de Jonas »*.

 Notre situation sociale et politique : remous permanents du système d’apartheid (légalisé en 1948) : lois décrétées coups sur coups, arrestations, meurtres et tout ce qui constitue le régime et contamine la vie sociale dans ce monde d’injustice structurée, légalisée, oui, parfois « acceptée » par les Églises et, fatalement, subie par tous ! La lutte est inévitable, en vous et hors vous…  nous sommes solidaires et nous sommes jeunes au ras des pâquerettes !

 Épuisée par ce virus , je languis pour la paix, le calme, le pain partagé qui nourrit  le courage des pauvres. Comme au temps de Jésus et de ses compagnons.

Comme aujourd’hui, ici. Je me sens hors système…  avec la présence surprise de Thomas Merton dans ce précieux bouquin. Dès les premières lignes du livre « Signe de Jonas » je me sens comprise : soutenue, en bonne compagnie. Le ventre du poisson : fable, mythe ou symbole, c’est le trou noir mais pas statique, il avance parmi les vagues déchaînées et reflète l’état des lieux.

 Mais je ne suis pas seule dans ce sous-marin dodu. Car, comme toi qui jette un coup d’œil sur ces lignes, nous sommes, chacun de nous, habités par tous les humains dès l’origine et jusqu’à l’achèvement. Nous sommes habités par la réalité, belle, bonne et effroyablement cruelle et inhumaine : celle du bidonville, celle de la Syrie, celle des banques et des scandales… et les autres.

 Est-ce la raison de notre agitation : le désir brûlant  d’une autre réalité de liberté, de paix et de bonheur.

 C’est le Kairos, un moment de décision: ou je choisis la réalité de désintégration, ou je choisis la réalité en état de création permanente. Il faut être conséquent…

 La lutte ne peut être vaine. Je suis, nous sommes en processus d’enfantement (Rm 8,28) sans connaître le visage de l’être muté, enfanté comme la surprise de Pâques, prisonnière trop longtemps d’une cave ecclésiastique, ou d’un giron subaquatique !

 Ma réflexion et le souvenir de Thomas Merton sont pour moi une mini résurrection et je sais que le printemps du moyen Orient continue de fleurir, et nul n’arrêtera sa floraison sur toute la terre et dans tous les cœurs.

 

« Dieu est sa propre loi et sa liberté est la loi de toutes choses. C’est pourquoi les étoiles le servent librement ; le soleil se lève avec un chant d’allégresse, et la lune, pure, douce et silencieuse, se couche sans plainte.

 

Chacune des vagues de la mer est libre. Chaque rivière proclame son $(KGrHqJHJDgE9dcbeS+hBPciLiyvZw~~60_35.JPGindépendance. Les arbres libres ne possèdent rien, ni ne sont possédés par rien, et relèvent leurs têtes feuillues avec un calme joyeux. Il n’en est pas deux semblables, il n’y a pas deux feuilles pareilles sur le même arbre, ni deux cellules identiques dans la même feuille. Les arbres croissent à leur gré ; et toutes choses font ce qu’elles font pour le plaisir de Dieu. Dieu est grand ; sa libéralité, sa sagesse et sa miséricorde se réjouissent de sa liberté infinie. Il n’a nul besoin de garder les oiseaux en cage. Il laisse l’herbe pousser où elle veut."

 

Thomas MERTON, Le signe de Jonas. (et moi)

 

 

 

13/10/2012

« Elle doit prêcher, elle ne doit pas faire de la politique »

 Un politicien zurichois a quitté l’Église. Interviewé, il affirme pourtant «  être un chrétien convaincu ». Il donne une raison, parmi d’autres, de sa sortie de l’Église : le fait que l’Église s’engage trop « en faveur de gens qui ne rapportent rien de productif au pays. » Étant donné que l’Église s’engage, par exemple, pour les Sans-papier et contre l’initiative visant à expulser les étrangers, démontre qu’elle prend politiquement position.  « Elle doit prêcher et ne doit pas faire de politique. »

 Cette affirmation que l’on entend assez souvent « chez des gens vraiment  très chrétiens » me donne l’occasion d’une observation et d’une question.

 D’abord l’observation : dans le contexte social et politique de son temps, l’attitude de Jésus et ses relations ne sont ni neutres ni naïves.

 Déjà au début de sa vie active, lors de son premier grand sermon, il déclare que Dieu l’a envoyé annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, libérer les prisonniers, venir au secours des opprimés et proclamer l’année de grâce du Seigneur et remettre à toutes et à tous ses dettes ( Luc 4).

 Les pauvres étaient la priorité absolue pour Jésus.C’est précisément cette priorité qui marque Jésus du sceau de sa Mission. Dans l’épisode du Buisson ardent, Dieu ne se révèle pas à Moïse en tant que « Très Haut », au contraire il est le Dieu qui a vu la misère de son peuple en Égypte et qui a entendu sa clameur sous l’oppression et qui ne pouvait pas rester indifférent ! C’est pourquoi Il a envoyé Moïse libérer les opprimés. (Ex. 3) Depuis toujours, Dieu s’engage en premier pour les pauvres et les opprimés.

 Et je me pose la question : sur quoi Jésus aurait-il dû prêcher et sur quoi l’Église devrait-elle prêcher aujourd’hui sinon sur le plus ancien message de Dieu : que tous, hommes et femmes, soient libérés de la pauvreté et de l’oppression.

 Quiconque cherche à éliminer la politique du message chrétien méprise les pauvres et la volonté de Dieu.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

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12/10/2012

Rendez le ciel aux oiseaux

 alouette.des.champs.redu.1g.jpgJe me souviens de mon retour en Suisse après 4 mois passés en Afrique du Sud. En Europe, la guerre des Balkans ravageait les populations. Nous discutions de cette guerre et ce qui choquait le plus, était la décision de l’OTAN de frappes aériennes. Bombarder les Serbes pour motif humanitaire.

Nos journaux sud-africains condamnaient ces attaques aériennes bien que la télévision BBC affirma que les civils allaient être épargnés.

Des « clusters bombs » des « smart bombs », bref ce n’était pas des fleurs qui tombaient sur les populations albanaises, serbes. Grossièrement scandaleux était la guerre en soi, était-elle inévitables et « justifiée » ( !!!) mais pire encore: pour s’épargner, les Forces militaires de l’OTAN, ne voulaient pas d’une guerre face à face, mais tuaient « du ciel vers la terre » alors que les terriens étaient incapables de se défendre.

 http://www.geopoliticalmonitor.com/breaking-yugoslavia-936/

 http://www.iacenter.org/bosnia/yugdemo2.htm

 http://www.chomsky.info/interviews/19990416.htm

 Quelques sources revisitées ci-dessus.

monticole.bleu.jogo.0p.jpg De retour en Suisse, je lus et j’entendis le contraire : l’OTAN faisait bien ! Je me souviens que l’on fit mention de cette guerre dans ma communauté et qu’on prenait l’intervention de l’OTAN pour une action humanitaire. Quand j’ai invoqué et condamné la méthode criminelle en invoquant l’Afrique Australe d’où je rentrais: Personne ne comprit et personne ne voulut argumenter. Personne. La raison de l'Occident capitaliste est toujours la plus forte!

 Depuis, les invasions des soit-disant pays voyous et les tueries depuis « le ciel » sont quasiment routine. Des "opérations chirugicale" dit-on. En boucle! 

Le dilemme de la révolution en Syrie m’a fait revenir aux Balkans bien qu’en Syrie le crime atteint son paroxysme. NATO ou pas NATO: on massacre, on se réunit en urgence dans des lieux hautement sécurisés ? On tergiverse, on hésite alors que coule le sang des innocents par leur propre gouvernement, lequel possède avions, bombes en plus du pire: les armes chimiques !

 L’excellent reportage de notre journaliste Sébastien Faure parle de la possibilité d’une zone d’exclusion aérienne. 

 Jacques Bérès, chirurgien de guerre et cofondateur de Médecins sans frontières, en mission à Alep, plaidait pour « la mise en place d'une zone d'interdiction aérienne, une urgence absolue face au nombre croissant de victimes de bombardements aériens. »

François Heisbourg : "Militairement, c’est relativement facile et pas très compliqué. Faire une zone d’exclusion partielle est quelque chose qui est faisable, à petite échelle, à des fins humanitaires, le long de la frontière. Par exemple, sur 20 kilomètres le long de la frontière turque, vous prévenez le gouvernement syrien qu’aucune activité aérienne militaire de la Syrie ne sera acceptée. Ensuite, les Syriens mettent au défi ou ne mettent pas au défi." » 

rossignol.philomele.jogo.0p.jpg Assis devant l'écran: nous nous pâmons devant un Grippen dans le beau ciel suisse : pensons-nous à quoi cela peut servir ? Quelle intelligente pâmoison!

 Ma prière aux hommes de bonne volonté : Rendez le ciel aux oiseaux si vous voulez sauver la terre et ses habitants ! Et regardez, regardez jusqu’au bout le reportage de Sébatien Fauire: 

« L’enfant, le père, l’oiseau protégé dans sa cage, la mère morte sous une bombe et maison en ruine »

Que l’oiseau s’envole dans un ciel qui lui revient de droit, un ciel désinfecté d’engins monstrueux ! Rendez le ciel aux oiseaux et Rendez la terre aux enfants et à celles et ceux qui leur ressemblent !

 

 


06/10/2012

Œcuménisme équitable

 Les candidats se présentant pour occuper un poste images.jpgpolitique  vacant étaient d’accord entre eux de mener une campagne équitable impliquant des débats publics.

 Leurs discours devaient porter uniquement sur des problèmes politiques, en présenter les avantages et, en aucun cas dénigrer l’adversaire. Les personnes concernées acceptaient cette manière de faire. Chacun et chacune a maîtrisé son dossier à fond et nul n’avait besoin de fouiller dans les antécédents des contreparties. Tous pouvaient se concentrer sur leurs propres priorités et qualités et s’en réjouir.

 La campagne électorale n’en était de toute façon pas plus léthargique ; au contraire.  Après le verdict des urnes, il y avait des perdants – c’était à prévoir – mais ils n’avaient pas été blessés. Les uns et les autres pouvaient se regarder dans les yeux et se donner la main.

 Je souhaite qu’il en soit ainsi pour ce qui concerne les organes directeurs de l’Église catholique romaine. Bien sûr que l’Église doit présenter son profil – mais sans pour cela ignorer les autres. Bien sûr que l’Église doit démontrer ses bons côtés – mais sans pour cela mettre les autres à l’ombre ou même dans l’obscurité. Bien sûr que l’Église doit attirer l’attention sur les nombreuses valeurs qu’elle possède – mais sans pour cela montrer qu’elle compense les manques des autres. Aucune Église n’a besoin de se profiler au détriment des autres.

 L’Histoire nous l’apprend : Dès les débuts de la proclamation du christianisme, combien de fois « les Juifs » et les « Païens », n’ont-ils pas dû subir leur rôle de vilains, afin que Jésus en sorte plus glorieux. Cette pratique négative porte en soi le germe de l’antisémitisme. Jésus n’a nul besoin d’une telle manière de faire pour se révéler !

 Les Évangiles nous disent que Jésus considérait les pécheurs, les pécheresses, les collecteurs d’impôts, les soit disant païens comme ses frères et ses sœurs sans leur reprocher leurs déficiences. Est-il trop demander à son Église qu’Elle soit Sœur des autres communautés chrétiennes et religieuses, sans leur rappeler « qu’objectivement elles se trouvent dans une situation de grave indigence » ? 

 Plus nous découvrirons, reconnaîtrons et ferons connaître les valeurs et les richesses des autres, plus nous pourrons nous réjouir des nôtres – et vice-versa.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction: Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l‘auteur

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04/10/2012

Le débat présidentiel Romney versus Obama à Denver (Colorado) et François d’Assise

 Quand je visite les blogs, je m’instruis, je m’éduque et il arrive que mon opinion soit ou confortée ou influencée sur un sujet, par exemple en politique, en économie.  En plus certains blogs reflètent comme un kaléidoscope la pensée, le vécu des gens de notre planète. Les différents points de vue (Weltanschauung) parfois partagés et débattus ressemblent parfois à une Conférence de Presse selon ce qui se passe ! Et souvent aussi, la volonté de nous faire apprécier davantage la démocratie et la nature, comme Saint François d'Assise.

 Par exemple aujourd’hui après le débat Obama versus Romney, selon moi, davantage un « show » qu’un échange intelligent  centré sur les besoins et les réalités du peuple américain. Un combat plutôt qu’un débat et, pour ce qui concerne Romney, la rage du Pouvoir forçant Obama à la défense. Pendant le spectacle, Twitter twitt : « ça gazouille », mais rien de plus. C’est quasiment vide du souci humain : le pain quotidien. Le TJ de 19h30, s’accorde pour faire sentir qu’apparemment,  Obama ne pèse pas lourd dans la balance d’une opinion à court terme et des conséquences à moyen terme.

 Plusieurs journaux suisses et étrangers remarquent et déplorent que « le changement climatique est le grand oublié du premier débat entre les deux candidats à la présidence US. Un sondage Ipsos réalisé dans treize pays témoigne pourtant de l’acuité du problème pour les populations. »

« En général, les populations craignent inondations, hausse des températures, sécheresses, mauvaises récoltes, propagation de maladies. Mais aussi les conflits pour l'accès à l'eau ou la nourriture. »

 Coïncidence heureuse, aujourd’hui, le 4 octobre, c’est la fête de François d’Assise, lui, dépouillé de toute ambition, tressaille de bonheur humain face à la nature, aux animaux, aux humains. « La Création forme une grande famille, une sorte de fraternité universelle. Tous les humains sont invités à s’aimer mutuellement, à se respecter et avant tout à aimer et respecter notre mère la Terre, notre sœur la Lune, notre frère le Soleil... »

 A long terme, François d’Assise, donne la clé de l’action politique si nous avons à cœur de prolonger quelque peu l’existence de notre espèce humaine et de notre habitat. La Terre.

 Icône de la rencontre entre saint François d’Assise et le sultan Al-Kamil, en 1219 en Egypte.05_C1_EG_assise..jpg

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03/10/2012

Quand Jésus paraît impossible à vivre avec... !

 

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 Ce matin, l’ évangile suivant a été lu dans les églises et la conclusion est selon l’habitude : « Paroles du Seigneur » du prêtre et les fidèles répondent : « Nous rendons grâce à Dieu ».

 Voici :

 Chemin faisant, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. »
Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête. »

  Il dit à un autre : « Suis-moi. » L'homme répondit : « Permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père. »
Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu. »

 Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d'abord faire mes adieux aux gens de ma maison. »
Jésus lui répondit : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu. » (Lc 9,57-62)

 (Le prêtre dit : parole du Seigneur ! Et la réponse : nous rendons grâce à Dieu!)

 Des années durant, j’ai écouté ce texte dur et les commentaires gênés et gênants. Alors que je me disais : Pas d'accord ! Je cherche ce qu'il en est!Enfin il me semble y voir plus clair : Le Fils de l’Homme - c’est lui qui se nomme ainsi - s’est identifié avec

 a)   les sans domicile fixes, les migrants, les vagabonds plus mal en point que les renards et les oiseaux du ciel, le chemin d’un engagement chrétien, de quelque nature que ce soit, ce chemin mène à la lutte avec les pauvres pour trouver un toit, une cave une crèche. Leur voix était la sienne. Pas celle des prêcheurs !

 b)     Jésus, sur la route aux milles pièges vers Jérusalem, était-il excédé par la question du deuxième candidat ? Il lâche alors ces mots choquants : « Laisse les morts enterrer les morts ». Mais il est aussi identifié avec tous ceux et celles séparés des leurs, soit qu’ils fuient à la recherche d’un refuge, soit qu’ils luttent avec eux sur la route vers l’inconnu. Et suivre Jésus. c’est le trouver en route. Il n’en reste pas moins vrai qu’ensevelir les morts est « une œuvre de miséricorde corporelle » selon la Bible et le catéchisme catholique. (voir ci-dessous)

 c)      Encore un mot fort de Jésus au troisième candidat: « Regarder en arrière », combien d’exemples de chrétiens et de chrétiennes quittant le toit familial sans dire au revoir pour une cause qui dépasse les liens fraternels ! Une fois engagés, une fois, « La main mise à la charrue » aller de l'avant, ne signifie pas bifurquer ou encore revenir à la case de départ ! Hors des murs ! Jésus a sué des gouttes de sang alors qu’il avait peur d’avancer! Comme cela arrive à tout un chacun.

 En lisant certains textes, je dis à Jésus que je ne suis pas toujours d’accord, que ça ne colle pas à ce qui est humain, Lui qui se nommait le Fils de l’homme, ça ne colle pas à ce que notre espèce humaine vit aujourd’hui ! Je crois que certains prédicateurs seraient davantage appréciés aujourd’hui, s'ils disaient simplement : « Je ne sais pas ! Cherchons ensemble ! »

  Ajout : LES 7 OEUVRES DE MISÉRICORDE CORPORELLE

·  Nourrir les affamés

·  Abreuver les assoiffés

·  Vêtir les personnes nues

·  Accueillir les étrangers et les gens dans le besoin

   Visiter les malades

   Annoncer la bonne nouvelle aux prisonniers et aux captifs

 ·  Enterrer les morts (Catéchisme catholique pages 7 et 8)) 

  « À l'origine des religions, il y a le culte des morts » Frederic Lenoir

01/10/2012

En direct

 Ésaïe 52.7. Combien sont beaux sur les montagnes les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui annonce la paix, qui apporte des nouvelles de bonheur, qui annonce le salut, qui dit à Sion, Ton Dieu règne!

 Le règne de la guerre ou le règne de la Paix?

 Lequel des deux règnes motive notre engagement, passionnément, collectivement?

 La guerre en direct

 La radio, la télévision, les journaux, nous sommes spectateurs d’un monde en guerre en direct, inutile de retransmettre le spectacle sur mon blog : le sang des innocents, les ruines, la souffrance feraient fuir le lecteur… et si j’étais l’enfant qui joue au cerceau alors que la bombe tombe, et si j’étais la femme enceinte trop lourde vie pour fuir la mort, et si j’étais le père fou de douleurs car la maison n’existe plus, ni l’eau ni le pain, et si j’étais… et si nous étions, pour de vrai les torturés et les tortionnaires? Et si nous étions les soldats et les chefs suprêmes?

 

La paix en direct

 Et si on faisait la paix en directe et que les média le montrent, et si nous étions des faiseurs de paix en directe et que les médias retransmettent notre travail avec autant d’empressement que les semeurs de mort?

 Et que nous répondions à la question : quelle est la cause fondamentale de la guerre?

 Et que nous répondions : quelle est la motivation fondamentale des faiseurs paix?

 

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Dans les années d'après guerre, un enfant traumatisé était considéré comme foutu se souvient

 

Boris Cirulnik