29/09/2012

« La cruche d’huile ne se videra pas » (1 Rois 17 : 14 –16)

 

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 Alberto Strozzi

La sécheresse était interminable et la veuve et son fils souffraient de la faim ; ils étaient en train de ramasser du bois lors qu’arriva le prophète Élie, envoyé par Dieu, et pria la veuve d’aller lui chercher un peu d’eau dans un vase. Comme elle s’en allait chercher l’eau, Élie l’appela de nouveau et lui dit :

 « Apporte-moi, je te prie, un morceau de pain. »  « Cela n’est pas possible », répondit la femme. « Le peu d’huile dans la cruche et la poignée de farine dans le pot ne suffira même pas pour mon fils et moi. Nous irons à la maison avec le bois que nous ramasserons, je préparerai une bouchée pour nous deux, nous mangerons, après quoi, nous mourrons. »

« Fais comme tu as dit. Seulement, prépare-moi d'abord avec cela un petit gâteau, et tu me l'apporteras; tu en feras ensuite pour toi et pour ton fils. L’Éternel dit : 

 La farine qui est dans le pot ne manquera point et l'huile qui est dans la cruche ne diminuera point… »

 La femme fit ce qu’Élie lui avait demandé. Ainsi, elle et son fils eurent de quoi se nourrir pour longtemps.

 Et la leçon de cette histoire ?

 Si tu désires non seulement survivre, mais vraiment faire quelque chose de ta vie et jouir de ce qu’elle t’apporte, alors ne t’y prends pas en versant de temps en temps dans le panier à quêtes quelques sous superflus. Jette un regard sur ce que tu possèdes et engage-toi. Tu vaux mieux que tes ressources et tu vaux bien plus que tu ne crois ! Tu peux, toi-même, être Pain de Vie pour le monde. Pour longtemps. Parole de l’Éternel.

 Hermann-Josef  Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

Avec l’aimable permission de l’auteur

 

 

 

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26/09/2012

islamophobie et caricature

 

images.jpgUn débat, me semble-t-il est l’échange d’idées et d’opinions sur un sujet comme, par exemple, sur le film inflammatoire  islamophobe à Benghazi et sur la caricature de Mahomet dans Charly Hebdo. Hier soir, les protagonistes débattaient de cet épineux incident sur le plateau d’ Infrarouge

 

Encore une fois les débattants  ressemblaient à des combattants et la courageuse journaliste avait peine à avoir un peu d’ordre, pour ne pas dire de politesse entre ceux qui prônaient la liberté d’expression et ceux qui essayaient d’expliquer le ressenti des musulmans en Suisse. C'était à qui parlerait le plus fort et le plus vite qu'importe le contenu ! Qu’en pensaient les spectatrices et les spectateurs ?

 

Sur ce sujet inter religieux, mon ami, le Frère Yves de la communauté de Charles de Foucauld (le Frère Yves est décédé) partageait avec moi de notre désir de rapprochement vrai, vécu des Chrétiens, des Musulmans, des Athées. Ce que Yves a fait en Algérie, ce que j’ai fait (bien que marginalement) en Afrique australe.

 

Pourquoi ce désir lancinant du rapprochement, du vivre ensemble dans des libertés mutuellement respectées ? Parce que nous habitons la même planète, parce que nous avons une humanité et une âme commune et parce que nous avons un avenir commun... ou pas d'avenir du tout. Pas au moyen de « débat-combat » me disait Yves, mais par la convivialité ! Cela prend du temps et de la réflexion en petits groupes pour arriver à cette conclusion et cela prend une vie pour la concrétiser.

 

Exemple : les Blancs pro apartheid criaient : plutôt « Massada » que de vivre avec - et non à côté - des Africains.  Jusqu’à qu’un sage clame : « Vivons ensemble si nous ne voulons pas mourir en ensemble ».  Mandela, De Klerk  et le peuple des deux bords relevèrent le défi : le résultat n’est pas le paradis, mais c’est mieux que l’enfer.

 

Aujourd’hui, en dépit des provocations à répétition, nous pourrions, et cela se fait déjà, promouvoir la convivialité des différences tellement riches et construire – hors murs et hors structures si nécessaires – des zones de paix sans frontières. Parce que, comme vient de me rappeler une amie journaliste et je la cite :

 

 « Toutes ces polémiques autour des films, caricatures ou autres me semblent si vaines. Je pense qu'il s'agit avant tout de stupides provocations et que chacun de son côté (chrétien, musulman, athée) joue à qui aura la palme de l'intolérance. Et en tant que journaliste, je ne crois pas que la liberté d'expression soit mise en danger par un peu de retenue et de respect envers les croyances d'autrui. » (c’est moi qui souligne)

 

22/09/2012

Ils s'en vont

 

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Automne 1989. Par milliers, les gens de la République Démocratique Allemande descendaient dans les rues, l’évasion humaine formait une marée irréversible.

 C’est alors que des émissions politiques et culturelles variées furent diffusées à la Télévision et à la Radio.  Un des intervenants, Stefan Heym, écrivain bien connu, interrogé sur les raisons qui poussaient les gens, particulièrement les jeunes,  à quitter la RDA répondit : « Des années durant, ils  avaient été éduqués dans l'esprit du socialisme. Dès la petite enfance on leur avait fait comprendre que rien de mieux, rien de plus vrai ne pourrait remplacer le régime en place en RDA. »  La réponse de Heyms me fit réfléchir.  Cela voulait dire que  la raison profonde de quitter le pays se trouve dans le golfe ( ?) qui sépare l'idéal de la réalité.

En effet : la Démocratie sonne comme une plaisanterie aussi longtemps que,  au niveau communal ou de l’emploi pas même une apparence de participation et de cogestion n’ est en jeu. Ainsi, le terme Peuple sonne comme une indignité, si l’on considère qu’il n’a pas le droit  de hausser la voix sauf lors de démonstrations contraignantes ou d’élections manipulées ?  A la longue aucune personne ne peut supporter cette hypocrisie politique débilitante.  Alors, soit  le citoyen devient amorphe, soit il monte  aux barricades ou quitte le pays.

Ces observations de Stefan Heym me firent réfléchir à cause de certaines parallèles évidentes dans l’Institution ecclésiastique. Par exemple de plus en plus de personnes quittent discrètement l’Église. Ils sont toujours disposés à payer les impôts du culte et à recevoir certains services comme le baptême, le mariage et l’enterrement. Mais l’engagement s’arrête là.

 

Il n’est pas facile de définir les raisons de cette « émigration silencieuse ».  Et certains cercles religieux jugent ces départs d’une manière superficielle et impardonnable. Par exemple  en mettant la faute sur les gens vraisemblablement  influencés par le matérialisme ou le sécularisme.  Peut-être, devrions-nous  examiner le golfe qui sépare l'idéal de la réalité et nous demander si l’abondance de mots suffit à le surmonter. Dans l’Église surtout on parle volontiers de Peuple, du Peuple de Dieu. Mais si l’on demande quels sont les Droits de ce peuple, nous restons perplexes. En fait, les Droits, dans le vrai sens du mot, n’appartiennent qu’à certaines couches et niveaux du système ecclésiastique.

On parle beaucoup de communauté et d’autonomie, de conseillers  et même d’élections, les gens ont même le droit de discuter  mais en aucun cas d’une prise de pouvoir décisionnelle.

On parle aussi beaucoup d’égalité des Droits, et on parle volontiers de frères et de sœurs et d’une Église famille. Mais dans la pratique, les Frères seuls, ont la parole pendant que les Sœurs remplissent les bancs de l’église, fleurissent les autels, jouent de l’orgue et, exceptionnellement présentent les textes déterminés à l’avance par les Frères.

Ainsi les changements dans les États de l’Est nous apprennent quelque chose d’important : nous pouvons répéter à satiété les paroles choisies, embellies, et prêcher solennellement les idéaux prescrits, mais nous devons savoir qu’aussi longtemps que ces idéaux ne touchent pas concrètement l’épaisseur de la réalité vécue, tout l'effort n’est pas seulement vain, il est même contre-productif. Les gens – les ouvriers, les jeunes, les femmes – continuerons de quitter l’Église en nombre croissant. Que cela fasse du bruit ou que cela se passe dans le silence ne change rien à l’affaire.

Hermann-Josef Venetz

Traduction : claire-Marie Jeannotat

Avec l’aimable permission de l’auteur

20/09/2012

Quid Pro Qquo

 

 400_F_10047968_7cfi7bosrdmJktQjt8A9nONQtYzIjOog.jpg«Les livraisons d'armes à la Syrie sont un "grave péché", Benoît XVI à Beyrouth en septembre 2012

 "L'importation d'armes doit cesser une fois pour toutes. Car sans importation d'armes la guerre ne pourrait continuer", a-t-il déclaré aux journalistes dans l'avion, le 14 avril dans l’avion de son pèlerinage, selon le Figaro.

 Importer des armes : on sait où les trouver, il s’agit d’argent !  Importer la Paix : où la trouvons-nous ? Sinon dans l’Esprit de Jésus ressuscité « qui n’avait pas où reposer sa tête » Mt 8 :19-22.

Nous sommes au 21ème siècle : on oublie Jésus, le fondateur du Christianisme, lorsqu’on habite le Palais du Vatican ! Sous la garde vigilante de soldats suisses. Passons !

 Lors d’un forum sur le marché illicite des armes, le délégué du Vatican auprès de l’ONU déclare : «Les armes nécessitent une « réglementation particulière » impliquant un engagement de la part de tous les membres de la communauté internationale, des États et des ONG et des religions ».

 Pourquoi ne pas conclure : « Mettons fin à la fabrication et aux marchés des armes. » Le Saint Père au Moyen Orient, assumant «  l’autorité morale » de Vicaire du Christ plutôt que la diplomatie politique de Chef souverain de l’État du Vatican, aurait été applaudi.Peut-être.

 Mais Benoît XVI était embarrassé, car  « toutes les forces de sécurité étaient mobilisées pour la visite de Benoît XVI.  Des agents des services de sécurité italiens étaient arrivés d'Italie pour coordonner les mesures prises. Hélicoptères mobilisés, stationnements et routes interdites et les transports des voyageurs contrôlés se faisaient par bus et non par services publiques.

 Dès lors que les armes protégeaient Benoît XVI, il était impossible qu’il dise ce qu’il souhaitait. Et nous sommes tous prisonniers/prisonnières de cette impossible ambiguïté, davantage encore lorsque nous lisons l’Évangile.

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 N’empêche que les débats publics sur l’industrie des armes restent inexistants ! Alors que les guerres actuelles tuent les civils… A 50 kilomètres de Beyrouth les militaires bombardent des civils, mais aussi les structures et infrastructures vitales pour les populations … et pas en Syrie seulement. On en arrive à armer les civils et à les soumettre à une formation de base pour se défendre: aux USA et ailleurs.

 Mais les autorités religieuses en Orient, (Liban inclus) ont leur propre autorité circonstanciée morale et il n’est pas sûr qu’elles répètent - tout en la respectant - l’injonction de l’évêque de Rome en ce qui concerne l’arrêt de l’importation d’armes.

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18/09/2012

Tabou: l’argent ?

 Dans ce pays, un pasteur peut prêcher sur pratiquement tout, mais il doit s’abstenir de prêcher sur l’argent francais-et-argent.jpget la richesse car ce sujet pourrait déstabiliser les fidèles.

 Certes je peux dire, d’une manière générale : »L’argent ne fait pas le bonheur » et je peux aussi ajouter : « La Suisse est un pays les plus riches.»  

 Mais si l’on demande à quelqu’un s’il est riche, il considère cette question comme scandaleuse, justement parce que cela ne regarde personne. Et cherchant à déjouer la question, il dit : « Moi, riche ? Simplement parce j’ai un bon salaire, une pension décente et que je peux me payer quelques extra ? Je connais des gens qui gagnent le double de ce que je gagne et qui conduisent une voiture beaucoup plus chère que la mienne et qui, en outre, possèdent une villa sur la Côte d’Azur. »

 Et je me dis que s’il y a des riches dans notre soit disant riche Suisse, on peut les compter sur les doigts d’une main et ceux-ci, sans exception, portent - comme ils disent  - une énorme responsabilité…

 Personne ne veut être riche et personne ne veut parler d’argent. C’est vrai qu’on n’est pas obligé de le faire. Il suffit que nous partagions le peu que nous possédons, avec celles et ceux qui, chez nous, n’arrivent jamais à joindre les deux bouts à la fin de chaque mois,  et  au-delà de nos frontières, de partager avec celles et ceux, qui jour après jour, voient leurs enfants mourir de faim.

En plus, nous pourrions ainsi améliorer notre qualité de vie.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

  Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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17/09/2012

Visite du Pape au Liban (septembre 2012)

 

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Du 14 septembre à aujourd’hui, j’ai suivi la visite de Benoît XVI au Moyen Orient. Ma question est : comment discerner, rencontrer Jésus dans cet événement : le Vicaire du Christ, pèlerin de la paix, dans la région d’origine de la Chrétienté.

 J’ai épluché la presse, de tendances différentes, et la question reste : qui est le chef du Vatican et qui est le Pape pèlerin au Liban ?

 La chronique de Xavier Berg  est claire et je résume : quel message attendent les chrétiens d’Alep, de Homs, de Damas et des régions du Liban où déborde le conflit syrien ? Juste 2 minutes d’écoute. 

 Quel est le contexte de vie de Benoît XVI, vicaire du Christ, voyez plutôt et notez ce que dit André Kolly en toute bonne foi : le chef du Vatican est Jésus, et voyez comment Kolly et moi avec lui, sommes gênés par ce qui suit :

 Cette gêne me poursuit au long du « pèlerinage » de Benoît au Liban reçu comme le chef de l’État du Vatican - ce que Jésus n’est pas – alors que, lui, affirme être pèlerin de Paix.  Ce que personne ne conteste,  bien que l’ambiguïté reste impénétrable quand on lit les rapports des média à commencer par la Presse Vaticane !

 

Frederico Lombardi, porte-parole du Vatican: « Mais le pape ne vient pas dans la région en puissant chef politique. »

 Une telle mise en garde était-elle nécessaire ? Elle n’est pas inutile pour celles et ceux qui ne connaissent pas les rouages raffinés des termes politico, religieux, canoniques qui justifient et lient l’empire de Constantin et celui des papes dès 318,  et qu’on pourrait confondre le « Pontifex maximums » avec le « Souverain Pontife. » Ceci dit en réponse à Lombardi qui par ailleurs « se félicite de la participation des musulmans » au pèlerinage du Pontife et Pèlerin. Le bilan très positif, dit-il,  des journées historiques. Un voyage magnifique… et son message semble avoir été bien compris. »

 On le souhaite de tout cœur !

 Mais qu’en ressentent et qu’en diraient les petites gens lorsque le pape dit :

 « Il s’agit de pardonner avant qu’on demande pardon… de dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d'accepter les excuses sans les rechercher… dire non à la vengeance" dans un acte de "conversion particulièrement exigeante. »

  Alors qu’agonisent les enfants, les hommes, les femmes en Syrie, et dans certaines zones du Liban, en Palestine et au-delà, les pauvres, sans protection, ni vitres blindées, ni police ni même un ami,  Jésus murmure : « Père pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » en même temps qu’il dit : « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » L’injonction est superflue : Jésus meurt aujourd’hui comme jadis. C’est un Golgotha politico, économique et terriblement humain qui fait tache d’huile sur notre planète.

 Les paroles de Benoìt XVI qu’il faut applaudir et mettre en pratique :  «Les livraisons d'armes à la Syrie étaient un "grave pêché".

 Est-il permis de compléter : la fabrication d’armes est un péché grave ! S’il n’y a pas d’armes, on ne sera pas tenté d’en vendre.

 «  De vos socs de charrue forgez des épées, et de vos serpes des lances!

 Que le faible dise: ‘Je suis fort!’ »

 Ils forgeront leurs épées en socs de charrue; et leurs lances en faucilles. Une nation ne lèvera plus l'épée contre l'autre, et l'on n'apprendra plus la guerre.
Ésaïe 2:4

 Et la conclusion de ce difficile billet : Recevant du pape le texte de l’exhortation apostolique « Ecclesia in Medio-Oriente », Mgr Louis Sako, évêque de Kirkouk (Irak) lui a dit : « Avec vous commence le printemps de l’Église au Moyen-Orient ! ». « Je l’espère ! » lui a répondu Benoît XVI.

 

Et j’espère qu’un vrai PRINTEMPS arrive pour l’Église catholique en Suisseet hors ses étroites frontières, qu’on permette à la sève de monter des racines et de revivifier les sommets desséchés.

 Les Prémices du Printemps : Un jubilé pour l'anniversaire de Vatican II

 L’Église catholique de Suisse organise un Jubilé national pour les 50 ans de l'ouverture du Concile Vatican II (11 octobre 1962), annonce un communiqué de la Conférence des évêques.

 Pour commémorer « ce Concile dont les impulsions et les réformes revêtent une importance décisive pour le présent et l’avenir de l’Église », plus de 220 délégués de tous les diocèses sont invités à une journée du Jubilé à Berne, le 11 octobre 2012.

 

Pour qui parle anglais :

 http://ncronline.org/news/vatican/pope-lifts-other-face-middle-east-lebanon

 John L. Allen Jr Catholic National Reporter followed, in the spot, and reported comprehensively the chief event of the Pope’s trip to Libanon.

 Katutura English in my blog, has the main texts cm.

 

13/09/2012

Compassion et Action

 

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Les termes « Doite » et « Gauche » date de l'époque des États Généraux en France.

Aujourd'hui ces mêmes termes servent de base pour indiquer les tendances politiques

 Les gens ordinaire étaient assis à gauche et les nobles et le clergé étaient assis à droite (Qu'est-ce que le clergé faisait à Droite?)

 

 On voit déjà la tendance bien que Jésus se fut clairement identifié avec les étrangers et les pauvres.

 Et ces deux mouvements se retrouvent dans l’Histoire car la Classe Moyenne est plutôt récente.

 Tout au long de notre Histoire humaine, nous constatons que la grande majorité des gens est pauvre comme au temps de Jésus.

 Cependant les auteurs de livres et les autorités d’Institutions sont quasiment toujours issus de la Droite ! Les textes de l’Histoire ainsi que son interprétation sont l’apanage des gagnants, donc de la Droite, exception faite de la révélation unique de la Bible.

 

La Bible est une Histoire alternative du vécu des opprimés, des dominés, despauvres rassemblés en la personne du bouc émissaire : Jésus lui-même. Il n’acessé de faire tous les efforts possibles afin de réunir les deux côtés, le dedans etle dehors ! Mais il a été tué par ceux et celles coincés dans le cercle privilégié du Dedans.

 

 

 Richard Rohr (ma traduction)

 

 

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11/09/2012

« Classe politique »

 

Pas de Politique d'asile émotionnelle

 On a beau savoir que, derrière les nuages les plus noirs, le soleil brille

 On a beau savoir que la graine qui meurt dans la terre vivra au centuple

 On a beau savoir que la mer polluée a sa source pure au sommet

 On a beau savoir que les animaux, les hommes, les plantes forment une unique Création

 On a beau croire que le paradis est au bout de l’enfer qui est obscurité, oppression, pollution, fragmentation

 À moins de percer les ténèbres, de vaincre les dominations, de purifier la souillure des eaux et d’unir ce qui reste à unir de notre nature écorchée

 A moins de regarder  les yeux dans les yeux l’enfer monétaire et de le combattre

 L’enfer militaire et de s’en défaire

 L’enfer de l’égocentrisme de groupes, de régions, de nations, de partis politiques et religieux…

 A moins de prendre conscience de la réalité pourrie, du syndrome de la peur collective

 A moins de respecter l'étranger, cet autre Moi

 A moins d’entrer en conversion du cœur, du corps et de l’esprit, nous resterons captifs de l’enfer qui sera notre tombe collective sans paradis au bout.

 Si nous sommes reçus au « paradis » comme nous recevons les étrangers chez nous, qu'est-ce qui nous attend ?

 

Je pensais à cela hier soir en regardant 4199724.image.jpg« Classe politique »

 Les étrangers, réfugiés, mille raisons de les mettre à la porte : ce sont des profiteurs! Comment les encourager à partir? on commence par leur faire sentir la faim : une aide d’urgence pour l’étranger : ça suffit. Leur faire sentir les murs, les barrières, les cages, les abris… c’est sous terre… Il faut protéger les écoliers de tout contact avec les demandeurs d'asile!...

Les déserteurs d’Érythrée : Niet ! On a un tel respect de l’armée suisse et de notre ministre de la Défense qu’il n’en peut être autrement en Érythrée ! Faut pas croire ce qu’ils racontent, c’est connu, ils viennent ici parce qu’il y fait bon ! Le téléspectateurs ont-ils une idée du régime actuel en Erythrée? J'ai écouté, à Lausanne, ce que des femmes érythréennes me racontaient...

 Et les protagonistes des deux bords qui défendent l’idéologie de leurs partis. Une femme, Ada Mara, parle comme une politicienne engagée pour plus de justice dans des systèmes de flagrante injustice.  Elle parle moins de chiffres ni de nombres, elles parle d’êtres humains comme vous et moi. Non que les délégués des autres partis soient nuls : ils fonctionnent, on durait que le cœur a abandonné la cage thoracique !  "La politique émotionnelle n'est pas de la bonne politique, pour un pays qui s'honore d'être un État de droit".

 On sait bien qu'il y a des étrangers malhonnêtes et des étranges honnêtes comme il y a des Suisses honnêtes et des Suisses malhonnêtes

 On sait bien que le territoire suisse est exigu  et bien peuplé

 On sait bien que nombre de  laïcs, et des religieuses, religieux accueillent humainement les étrangers, nouent des relations fraternelles

 Ce qu’on sait moins bien l’ayant entendu à l’église, au temple, à la synagogue, à la mosquée et l’ayant trop vite oublié c’est :  

 « … Délivrez l'opprimé des mains de l'oppresseur ; ne maltraitez pas l'étranger, l'orphelin et la veuve … N'est-ce pas là me connaître … ? » (Jérémie 22,3, 16) C’est une connaissance pratique et tangible ! La seule valable !

  Nous ne serons pas jugés sur notre foi, nos pratiques et nos prières, mais sur l'amour partagé sans frontières.

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08/09/2012

Pas de voie à sens unique

 

Pas de sens unique

 

Le mot « obéissance » signifie  percevoir et comprendre.

 Au cours des temps le mot obéir a peu à peu perdu sa signification première c’est-à-dire : L’obéissance est devenue un sens unique. On obéit aux autorités, les enfants obéissent à leurs parents, les sujet obéissent aux chefs, les soldats aux officiers, le peuple aux gouverneurs.

 Pourtant, il n’en est pas ainsi. Lorsque l’enfant rejette la nourriture qu’on lui donne, il ne désobéit pas mais son estomac ne la supporte pas, ou encore il souffre de certaines allergies. Aucun encouragement n’y fait, l’enfant ne peut pas et la maman va d’autant plus observer l’enfant et l’écouter attentivement.

 Ainsi lorsqu’une employée n’arrive pas à faire ce que le chef de section lui a ordonné de faire, on ne saurait dire qu’il s’agit d’abord d’un refus. Il se pourrait que le chef n’ait pas réalisé ce qu’implique l’exécution de son ordre, ni réfléchi aux conséquences pratiques pour ce qui concerne l’employée. Il aurait mieux fait de demander l’avis de l’employée sur les implications de la chose… Et l’écouter.

 Cela fut, et est toujours la grande erreur des chefs d’État contre qui la population se révolte aujourd’hui. Ils ont distribué des ordonnances, et des aménagements de toutes sortes  selon leurs points de vue et ce n’est que très rarement qu’ils ont prêté une oreille attentive à la réalité et aux besoins des gens. Écouter et comprendre est comme une rue à double sens. Cela repose sur la mutualité de directions opposées. Celles et ceux qui s’efforcent de vivre une bonne relation dans les différences le savent, et reconnaissent aussi que ce n’est pas automatique.

 Ce défi concerne aussi l’Église, peuple et hiérarchie ! Depuis bien quelques années, l’Église « d’en bas » – les fidèles – postule pour une mise à jour des structures de l’Institution ecclésiastique, par exemple l’accès des femmes à des postes officiels, une culture des droits des individus, la liberté de conscience. Il est assez tragique déjà qu’une  une « Église d’en bas » existe. Cette illogisme existe depuis que certaines personnes, des hommes en général s’adonne à une méthode de gouvernance qui descend d’en haut vers « en bas » sans avoir prêté la plus petite attention à la parole des « fidèles ». Les autorités commandent dans le vide.

 La reproche de désobéissance concerne donc les autorités ecclésiastiques qui négligent l’écoute et la compréhension du Peuple de Dieu, ses besoins, ses espérances.

 

Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

07/09/2012

Carlo Maria Martini évêque de Milan

 

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Il s’est éteint le 31 août dernier, comme la flamme qu’il était se perd dans l'infini. Sa lumière demeure moins à cause de sa place dans la hiérarchie, ou de son érudition – peut-être même malgré ces incidences – Carlo Maria était et reste la flamme et la lumière surgies des  cendres d'une tradition sclérosée, et dont nous avons besoin. Puisse la Hiérarchie accueillir cette lumière ! L’Église qui pourrait être un signe de la famille de Dieu est froide, aveugle et sourde. Accueillir la parole prophétique pourrait guérir cette Institution. Comment ça ? A la suite de Jésus, Martini témoigne :

 

Carlo Maria Martini est un homme des racines simplement parce qu’il est homme avant d’être clerc. Un avec les humains, la nature, il pouvait être un avec notre créateur - et nous savons que l'Esprit, comme la sève monte des racines – il est un avec Dieu fait homme : Jésus de Nazareth d’où rien d’extraordinaire ne saurait venir disait Nathanaël (Jean1,45,46).

 

Martini, un jésuite s’est engagé dans la société afin d’aider les petites gens à trouver un sens à leur vie quotidienne. Lui, trouve le sens de la vie, de la souffrance et de la mort dans les Écritures, l’Évangile qu’il étudie durant des dizaines d’années, théologie, exégèse et je ne sais tout quoi, pour en revenir au modeste évangile qui raconte les paraboles et le témoignage de l’homme de Nazareth et avancer avec lui au cœur du peuple de Dieu. Sans frontières.

 

Mais Jésus nous a averti : « … Le serviteur n’est pas plus haut que son maître … « (Mathieu 10 : 24-33)  Carlo Maria Martini, coincé dans le système ecclésiastique, ne s’y est pas complu, avec sa plume, sa parole, ses actions avant tout, il y a fit des fissures pour laisser passer la lumière et la vie. L’institution a tenté de l’encapsuler, jusqu’à le « faire » cardinal s’il vous plaît et le travestir en « prince de l’Église » alors qu’il était comme vous et moi un mendiant de justice pour tous - y compris au sein de l’Institution Catholique que Vatican II sortit des cendres avec le bon Jean XXIII. Il y a 50 ans de cela.

 

Je crois que Carlo Martini, à la « veille de sa mort » comme Jésus le fit agonisant, pouvait dire « J’ai fait un rêve mais je cesse de rêver et je prie et je dis la vérité dans la confusion ecclésiastique actuelle ... comme je l'ai fait durant ma vie pastorale.» Pas simple ni facile d'annoncer la Bonne Nouvelle et, parfois, il faut : «Sortir vers Lui hors du camp et porter sa honte… » (Héb. 13:13. 4.1)

 

Et l’Église, ce signe de la famille de Dieu en construction, n’est-elle le camp replié sur lui-même, un mini État jouant, lorsque c’est opportun, sur l’ambivalence « État du Vatican et Église catholique ». On ne peut pas annoncer la Bonne Nouvelle aux Pauvres à partir de l’équivoque obscure d’intérêts opposés, car les pauvres ne s’y trompent pas.

 

Avec Carlo Maria Martini et avec la multitude, l’immense famille silencieuse du royaume,  nous sommes collectivement conscients d'enfanter jour après jour, le rêve de Jésus et de Carlo Maria Martini SJ à qui je rends hommage ( Rm 8, 28).

 

 Ma réflexion : je crois qu’il est bon de prendre à cœur les paroles de images.jpgMartini confiées à son confrère jésuite Allemand Georg Sporschill.  En résumé :

 

·        Oui, l’Église Institution a plus besoin d’audace que de diplomatie.

 

·        Oui, l’Église Institution doit urgemment coller son oreille aux racines et entendre l’immense désire d’un printemps mondial …

 

·        Oui, l’Église a plus que  200 ans de retard , elle a 2000 ans de retard : que ferait, que dirait Jésus aujourd’hui, au cœur du monde ?

 

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01/09/2012

Écoutez!

 

 Écoutez!

 «Ce peuple m'honore des lèvres ...

 

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Dans l’Église catholique,  trois textes bibliques sont prescrits pour la liturgie du dimanche, 2 septembre 2012. Il y aura une lecture du Deutéronome, une de l’Épître de Jacques et la troisième de l’Évangile de Marc où Jésus cite le prophète Isaïe dans son sermon. Le thème central des trois textes est : Écoutez!

 

 Dans notre zèle pour la prière, Écouter est totalement absent, ou presque.  Et  nous empilons des tas de mots dans les oreilles du Bon Dieu et pire encore, il connaît depuis longtemps la teneur de ces péroraisons :

 - Que beaucoup de gens meurent de faim,

 - Que la paix est si lente à venir,

 - Que les biens de ce monde sont mal partagés,

 - Que nous avons trop peu de prêtres.


  ... Mais leur cœur est loin de moi »

 Je suppose que l’avalanche de mots nous coûte moins que des actions et nos prières  sont tellement fortes et belles, que nous n’écoutions plus les implorations que Dieu nous adresse d’une manière douce mais claire. Il dit à peu près ceci :

 - agissez donc afin que cesse la faim dans le monde,

 - engagez- vous pour le juste partage des biens que vous avez en  abondance,

 - cessez d’exporter des armes,

 - engagez-vous pour le respect des Droits humains  – aussi dans l’Église.

 

 Jacques précise dans sa Lettre :

 

Écoutez la Parole, mais ne vous contentez pas de l'écouter : ce serait vous faire illusion.

 La religion parfaite et authentique consiste en ce que :

 Nous nous soucions de la veuve et de l’orphelin dans le besoin

 Nous rejetons toute méchanceté et corruption. 

 Nous ne pouvons pas ré-déléguer ces demandes à Dieu ; c’est à nous de nous engager.

 Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

Les commentaires sont toujours appréciés lorsqu'ils sont en relation avec le sujet du billet publié. Un commentaire (dont l'auteur n'est pas identifié) suggère que "je copie des textes coups sur coups", vraisemblablement en ce qui concerne la réflexion dominicale du dimanche dont l'auteur est, à ma demande, le thélogien Hermann Josef Venetz, je traduis en français le texte original et le publie, avec permission de l'auteur. Le texte original se trouve dans Katutura Deutsch qui se trouve à droite sur la page d'accueil de mon blog.

http://clairemarie.blog.24heures.ch/archive/2011/09/17/en-lutte-avec-dieu.html

En ouvrant ce lien du 17.09.11 vous trouvez le premier billet de Hermann Venetz. C'est une collaboration précieuse et j'en suis infiniment reconnaissante, ainsi que de nombreux lecteurs.

Pour cette mise au point:

Claire-Marie Jeannotat

16:05 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (5)