08/09/2012

Pas de voie à sens unique

 

Pas de sens unique

 

Le mot « obéissance » signifie  percevoir et comprendre.

 Au cours des temps le mot obéir a peu à peu perdu sa signification première c’est-à-dire : L’obéissance est devenue un sens unique. On obéit aux autorités, les enfants obéissent à leurs parents, les sujet obéissent aux chefs, les soldats aux officiers, le peuple aux gouverneurs.

 Pourtant, il n’en est pas ainsi. Lorsque l’enfant rejette la nourriture qu’on lui donne, il ne désobéit pas mais son estomac ne la supporte pas, ou encore il souffre de certaines allergies. Aucun encouragement n’y fait, l’enfant ne peut pas et la maman va d’autant plus observer l’enfant et l’écouter attentivement.

 Ainsi lorsqu’une employée n’arrive pas à faire ce que le chef de section lui a ordonné de faire, on ne saurait dire qu’il s’agit d’abord d’un refus. Il se pourrait que le chef n’ait pas réalisé ce qu’implique l’exécution de son ordre, ni réfléchi aux conséquences pratiques pour ce qui concerne l’employée. Il aurait mieux fait de demander l’avis de l’employée sur les implications de la chose… Et l’écouter.

 Cela fut, et est toujours la grande erreur des chefs d’État contre qui la population se révolte aujourd’hui. Ils ont distribué des ordonnances, et des aménagements de toutes sortes  selon leurs points de vue et ce n’est que très rarement qu’ils ont prêté une oreille attentive à la réalité et aux besoins des gens. Écouter et comprendre est comme une rue à double sens. Cela repose sur la mutualité de directions opposées. Celles et ceux qui s’efforcent de vivre une bonne relation dans les différences le savent, et reconnaissent aussi que ce n’est pas automatique.

 Ce défi concerne aussi l’Église, peuple et hiérarchie ! Depuis bien quelques années, l’Église « d’en bas » – les fidèles – postule pour une mise à jour des structures de l’Institution ecclésiastique, par exemple l’accès des femmes à des postes officiels, une culture des droits des individus, la liberté de conscience. Il est assez tragique déjà qu’une  une « Église d’en bas » existe. Cette illogisme existe depuis que certaines personnes, des hommes en général s’adonne à une méthode de gouvernance qui descend d’en haut vers « en bas » sans avoir prêté la plus petite attention à la parole des « fidèles ». Les autorités commandent dans le vide.

 La reproche de désobéissance concerne donc les autorités ecclésiastiques qui négligent l’écoute et la compréhension du Peuple de Dieu, ses besoins, ses espérances.

 

Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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