31/08/2012

Prière d’hommes et de femmes vieillissants

 

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Dieu de bonté, tu sais mieux que moi
que je vieillis de jour en jour
et qu’un beau jour je serai vieille (ou vieux) .

 Garde- moi bien de croire

que j’ai quelque chose à dire

 au sujet de tout et de rien.

 Délivre-moi de la passion
de me mêler des affaires des autres

 et du désir de les mettre en ordre

 Apprends-moi à être réfléchi mais pas soucieux,
prévenant mais pas dictateur.

 Conscient de ma vaste collection de sagesse

 je crois qu’il serait bien dommage de ne pas la transmettre

 mais tu comprends bien mon désir de sauvegarder

  pour moi quelques amis

 Protège- moi de la manie de comptabiliser des listes de détails sans fin.

 Accorde- moi  l’agilité de terminer ma course

 et de retomber sur mes pattes

 Apprends- moi à me taire
à propos de mes maladies et de mes douleurs.

 Elles s’aggravent de jour en jour

 et augmentent  l’envie de les décrire

 Je n'ose implorer le don

 de l’écoute joyeuse des maladies des autres,

  mais donne-moi la patience de les

 supporter avec  solidarité

 Enseigne-moi la sagesse merveilleuse
que je peux me tromperPermets que je reste aussi aimable et affectionnée que possible.  
Je ne veux être pas être un saint ou une sainte,

 vivre avec eux est bien difficile.

 Et c’est vrai qu’un vieux grognon (une vieille grogneuse)

 est l’œuvre royale du diable.

 Enseigne-moi la découverte des talents inattendus

 chez les autres

 et accorde-moi le don

 de les faire connaître autour de moi.

 (Theresa von Avila, 1515 bis 1582)

 

 

 

29/08/2012

Les sans-noms

« Derrière chaque chiffre se cache un homme »

 

Les grévistes tués à bout portant : 34 en plus de 10 hommes dont 2 policiers ; 78 blessés mis en état d’arrestation (à l’hôpital ? ce n’est pas précisé) ; et de 260 grévistes arrêtés après la fusillade. 8% des mineurs ont repris le travail.

 15000 tués en Syrie, des 100taines des milliers dans des conflits à basse intensité, des milliers tués sur les places de travail partout... dans tous les pays du monde. Des chiffres innombrables, anonymes… des chiffres seulement !

 Pour le grand public, les médias, la presse, des « inconnus ». C'est plus confortable. A la longue va-t-on peut-être ériger une statue à la mémoire des massacrés inconnus ?

 Derrière chaque chiffre se cache un homme, une femme, un enfant, une famille, une parenté, un village, une famille humaine.

 Les grévistes tués : pleurés par des veuves et des orphelins, des affamés, eux aussi sont des chiffres, des innombrables chiffres. Pas à Marikana seulement, mais à travers le monde, dans les sous-sols d’humanité ! Là où les pauvres sont innommables du fait qu’ils ne sont qu'une masse !

 Le Créateur, Dieu amour est loin de cette crasse comptabilité : Il proclame spécifiquement par la bouche du Prophète Isaïe : « Je t’appelle  par ton nom, tu es à moi. » 

 Dieu aujourd’hui est trahi : les systèmes qui doivent protéger la totalité, tuent sans vergogne l’individu sans nom car leur nombre est tel qu’ils forment une autre « totalité », celle des sans-noms !

 S’il y a un jour un jugement quelconque  pour une justice mise à jour : Les sans-noms ne seront-ils pas les juges de celles et ceux aux noms prestigieux assis sur des trônes, ou dans les bureaux protégés des patrons.

26/08/2012

La tuerie de Marikana, suite

 

La tuerie de Marikana, suite

 fenrir-detail.jpgIl y a le dessus et le dessous Le ciel en haut, la terre en bas. Etrange que Jésus ait eu l’audace d’unir les deux dans le « Notre Père » souhaitant que le bien commun règne sur la terre comme au ciel.

 Harmoniser, sinon unir le ciel et la terre fut le combat de sa vie. Il en est mort, littéralement  écartelé entre les deux extrêmes, d’où la +. Et lui au centre.

La Mission de Jésus s’accomplit par celles et ceux qui, conscient du dessus et du dessous, continue sa lutte.

 Qu’est-ce que ça change ?

 Dans le monde que l’on croît connaître aujourd’hui, il y a le dessous : les sous-sols d’humanité, par exemple les mines et les mineurs de tous les continents. Notre sous-sol regorge de richesse. Aussitôt repérée aussitôt désirée ! Regardez, c’est incroyable ! Il y aurait 25000  mines de par le monde dont 8000 en Chine (Mines expliquées)

 Combien de mineurs ?

 Le hic c’est que le minerai ne pousse pas comme une fleur. Quelle ingéniosité a permis à l’homme, non pas de le cueillir, mais de le déterrer et qu’il le veuille ou pas, il fallait p1100411.JPGpénétrer la terre, asservir le sous-sol l’exploiter, le dominer.

 Comment ? Le seul moyen reste le travail de l’homme : quelle est la population du sous-sol de par le monde ? Quels sont leurs conditions de travail, leurs salaires, leur vie de famille, leur vie sociale, culturelle, politique, leur santé, leurs assurances maladie et accidents, leur espérance de vie, leur vie intellectuelle et spirituelle ? Leur pain quotidien et leur pain eucharistique comme on dit ?

 Pour quoi et pour qui extraire la richesse du sous-sol ?

 

Qui est dessous ? Qui est dessus ?

  Comment faire pour dire, « Que le bien commun soit fait sur la terre comme au ciel ? »

 Marikana est un symptôme de l’état de santé de  l’exploitation  des mines aujourd’hui, dario-segovia-rojo-un-des-33-mineurs-pris-sous-terre.jpget de la rage effrénée des nouveaux dirigeants vers la richesse, donc le pouvoir !

 Dario Segovia Rojo, un des 33 mineurs pris sous terre

 Travailler la mort à ses côtés

 

 

 

 

 

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25/08/2012

Prier: le remède miracle?

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Prier : le remède miracle ?

 

 Quand nous étions jeunes, nos maîtres respectés,  nous ont appris à prier,  à l’école primaire et jusqu’au lycée catholique. « Il est judicieux de prier pour la bonne réussite d'un examen, disaient-ils; mais la prière  ne peut  remplacer l’étude. » Et cette vérité est constamment refoulée. 

 Nous en avons de nombreux exemples :

 - Nous prions pour la paix dans le monde; mais il est indécent de critiquer notre armée et nos exportations d'armes.

 - Nous prions pour les affamés du monde; mais cela ne nous empêche pas de faire le plein d’essence extraite de céréales qui manquent à des foules d’affamés.

 - Nous prions pour le rapprochement des peuples et des nations; mais nous poussons des cris dès que notre argent et notre développement économique sont menacés.

 - A l’eucharistie le prêtre prie : « Fais de l’Eglise un endroit de vérité et de liberté, de justice et de paix » ; alors que le Vatican refuse jusqu'à aujourd'hui de signer la Convention de droits de l'homme.

  Ici une version de la parabole du Bon samaritain:

 Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba entre les mains des brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s'en allèrent en le laissant à moitié mort.
Par hasard, un homme descendait par le même chemin, vit cet homme et continua sa route.
Un deuxième arriva à cet endroit et fit de même. Puis vint troisième, il descendit de son cheval, se tint debout  et, d’une voix claire dit à l’homme à moitié mort : Je vais prier pour toi…  

 La prière ne peut pas remplacer l’étude, ni l’écoute, ni le dialogue, ni le secours, ni la protestation.

 Les personnes qui ont spontanément recours  au « remède miracle » méritent ma considération bien que leur mépris des gens me fasse parfois peur.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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24/08/2012

Marikana: histoire inachevée

 

Marikana

 Afrique du Sud : Histoire inachevée


Prenez la plume
Chargez-là d’encre

Sans hésiter,
Faîtes feu de votre plume.

 

Le 21 mars 1960 : Massacre de Sharpeville

 Domination politique

 La police sud-africaine a ouvert le feu sur une foule de manifestants noirs qui participaient à un meeting politique contre une loi qui limitait et contrôlait leurs déplacements. Le nombre de morts dans la banlieue de Sharpeville ce jour-là a été évalué à 69.Les blessés, les veuves, les orphelins? Cela ne compte pas selon le "pouvoir"!

 J’étais là. Les Blancs, dans la zone où j’habitais, condamnaient non pas tant le massacre que la provocation des Noirs, assez stupides pour s'exposer! (sic) ! Les morts sont moins importants que la Loi et l’Ordre.

 

Le temps passe. Le 21 mars 1994, cette journée est célébrée comme la Journée des Droits humains. Le 21 mars est aussi la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale en mémoire de ce massacre. Merci, ce qui reste d'humain dans la société.

Et on prie pour se consoler de notre honte!

 

 Le 16 juin 1976 : Massacre à Soweto

 Politique de domination sociale et culturelle : éducation

 

A Soweto : La Police tire. La cible à ne pas manquer?  Les écoliers et les lycéens descendent dans la rue pour protester pacifiquement contre une nouvelle décision du gouvernement : l’obligation pour eux d’apprendre à l’école l’afrikaans, la langue des afrikaners, qui rendra impossible pour eux, les études universitaires. Les écoliers veulent rencontrer les autorités. L’autorité panique face au nombre. Et  les Forces de l'Ordre accourent! La Police et les militaires, oui, les militaires, tirent pour tuer! Dans le tas! Des enfants. qui s'enfuient, des centaines, y compris ceux de notre école primaire à Diepklook, Le jeune lycéen Mbuyisa Makubu, 18 ans porte dans ses bras le corps de Hector Petersen, 13 ans. Combien d'enfants abattus? 600 à 800 c'est selon, on aroundit les chiffres!

 J’étais là. Les Blancs, dans la zone où j’habitais, (à Johannesburg et au Cap) condamnaient, non pas tant le massacre des écoliers que la « stupide révolte des enfants de toute façon manipulés par des meneurs et des enseignants » !!!  http://www.avomm.com/16-Juin-1976-le-massacre-de-Soweto_a...

Et on prie pour se donner bonne conscience!

 

 Le 16 août 2012 : Massacre à Marikana

 Politique d’exploitation économique

 La mine de Marikana : La Police tire pour tuer ! Les mineurs, touchent en moyenne 4000 rands (467 francs) par mois, réclament 12’500 rands (1460 francs). « Le groupe minier zougois Xstrata (en Suisse comme  Glencore!) est lié à la mine sud-africaine de Marikana via ses parts dans le groupe sud-africain et britannique Lonmin. Xstrata possède depuis octobre 2008 environ 25% des actions de l'exploitant Lonmin, qui emploie 28'000 salariés à Marikana. Dans un premier temps, Xstrata nourrissait l'espoir de devenir le 3e plus gros producteur de platine au monde. Mais la crise financière mondiale a contrecarré les plans de sa direction. » (Selon Le Temps et l’ATS) http://www.letemps.ch/Page/Uuid/d194f7ae-ed36-11e1-b9c9-7...

 C’est dans cette mine à Marikana qu’on extrait le platine utilisé en bijouterie, dans les contacts électriques, dans les creusets et dans les fourneaux électriques à haute-température… http://fr.wikipedia.org/wiki/Platine

 http://www.aljazeera.com/programmes/insidestory/2012/08/2... La video Aljazeera Inside story est la meilleure analyse au sujet de Marika trouvée pour le moment.

Les médias ont rapporté le massacre de plus de 34 mineurs grévistes, y compris des policiers, en tout, dit-on 44 tués et 78 blessés. Il faut être naïf pour croire de telles données sur paroles.

Les journaux et médias sud-africains y compris le Weekly Mail and  Guardian  avec Micah Reddy (researcher and master's student at Oxford University, who has been researching labour relations on platinum mines) http://mg.co.za/article/2012-08-24-00-marikana-the-latest-chapter-in-a-long-saga

 Et  Daily Maverick avec Peter Alexander  se tourne vers les mineurs eux-mêmes pour vérifier autant que faire se peut, les bulletins de la police sud-africaine et le gouvernement Zuma. http://dailymaverick.co.za/article/2012-08-23-marikana-what-really-happened-we-may-never-know

 Dans Histoire Inavouées de l’Apartheid (Harmattan 1995), le chapitre 36, page 211, je raconte la visite que nous avons faite dans une mine d’or en Afrique du Sud. Je viens de le relire et je me retrouve aujourd’hui dans la mine de Marikana d’où ont émergés les mineurs pour clamer « Cela suffit » Enough is enough !¨

 Oui : «Au temps de l’apartheid, les noirs y étaient traités comme des objets. Aujourd’hui, les africains sont dressés les uns contre les autres pour savoir qui est le représentant légitime des travailleurs. Mais ce que signifie Marikana, c’est que la valeur de la vie humaine continue d’y être insignifiante… Beaucoup plus faible en tout cas que celle du platine… » En Suisse aussi bien sûr! 

On va peut-être prier, prier qui, pour qui, pour quoi?


 Ma réflexion : Il y a l’avant et le présent de Marikana. Si les nombreux syndicats renouent les liens, nous saurons que l’Union fait la force comme au temps de COSATU que représente si bien Patrick Craven ! La lutte pour un salaire décent pourra continuer. Mais si nous permettons au Patronat de diviser la base, nous resterons ou redeviendrons des esclaves. Nous disions dans les années 1970, 1980 : « Une injure a l’un est une injure à tous ! »

 Le plus grand défi restera – après les interminables deuils et les nécessaires analyses des causes radicales et macro-économiques des « Marikana à répétition » de reconnaître et de rejeter les pièges de la division et des intérêts particuliers !

 Zuma, ni les parlementaires nouveaux bourgeois qui suintent l’hypocrisie crasse ne sont immuables, La Constitution sud-africaine, une des meilleures au monde nous a-t-on répété, garantit les changements non violents possibles. (Chapter 5 - The President and National Executive ) Le Congrès National Africain ayant abandonné sa noble lutte est aujourd’hui en pleine phase de corruption ! Il ne suffit pas que l’ANC exclue Malema de ses rangs si ce dernier, comme on l’a vu à Marikana s’engage pour les grévistes… pour son profit « politique ».

 Lors de la cérémonie des morts, l'archevêque anglican du Cap, Thabo Makgoba, a prié  "Dieu, où étais-Tu lorsque nos enfants ont été tués ? Dieu, où étais-Tu lorsqu'on ne leur a pas payé les salaires qu'ils méritaient ?"

 La question reste ouverte ainsi que la réponse s’il réponse il y a ! A moins que cette petite phrase d’un Franciscain ne nous console : We must not push the river, we must just trust that we are really in the river, and God is the current….

 Nous ne pouvons pousser le courant d’eau; conscients que nous sommes au cœur de la rivière, nous pouvons faire confiance à Dieu… Il est le courrant

 

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17/08/2012

cherchez d'abord le royaume de Dieu

 

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(Mathieu 6 :33)

 

Lengagement de Jésus était entièrement motivé par sa foi et sa conviction : il va vers les plus nécessiteux, vers la femme courbée, vers les lépreux, vers l’aveugle  Bartimée, vers la femme malade d’une perte de sang depuis plus de 12  ans ; il va vers Levi, le collecteur d’impôts, lequel n’avait pas trouvé d’autre emploi, il va vers la Cananéenne, et vers l’homme gisant à moitié mort et abandonné par les brigands …

 

Cet engagement ouvert vis-à-vis de tout le monde était et est encore la caractéristique de tous ceux et toutes celles qui sont sur le chemin avec Jésus, Simon, André, Marie Madeleine, Jacques, Suzanne et tout autres personnes qui désiraient et désirent le suivre. C’est dans la rencontre avec les plus marginalisés et les méprisés par des gens pieux, que la rencontre décisive s’accomplit, la rencontre avec Dieu, avec la vie qui, seule, mérite le nom de Vie.

 

Ce vaste espace relègue au second plan tout le reste: la famille, la carrière, le statut social, la gouvernance, la nourriture, les vêtements, le temps… Une chose est importante : le royaume de Dieu, la Vie, l’homme à moitié mort abandonné au bord de la route, l’ancien chômeur Lévi, la femme courbée : Ceux-là et tous les autres, Jésus les cherche et les remet debout ! Cherchez d’abord le royaume de Dieu et tout le reste …

 

Jésus ne semble pas trop se soucier de tout le reste, on dirait même qu’il en sourit…

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie

Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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15/08/2012

Assumprion et Corminboeuf

 

Il est grand temps

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Une jolie petite église à l’orée du village de Corminboeuf non loin de Fribourg. Une statue de Marie attire le regard : l’enfant Jésus se tient debout sur les genoux de sa maman ; ses mains faibles tiennent le globe terrestre : la création inachevée et déjà en grand danger…

L’enfant nous regarde et son message est clair comme le cristal : « Notre planète bien-aimée souffre parce qu’on en prend pas soin. Elle est ravagée par les guerres, elle est grevée de particules fines, elle est polluée de CO2, d’émanations radio actives. Les créatures et la nature peinent à respirer…la pollution, les famines, les tsunamis, les tremblements de terre, les menaces nucléaires… le chaos paraît se rapprocher. Et seul, je suis impuissant ! » dit l’enfant de Corminboeuf. « Comprenez-moi : sans votre coopération active, je ne peux sauver ni la planète ni ses habitants. »

Dieu crie « Au secours ! »

C’est mettre à l’envers la prière du Psaume 40 :14 : « Seigneur, viens à mon aide, Seigneur à notre secours ! » Aujourd’hui comme hier (mais on a des oreilles qui n’entendent pas très bien) Dieu mendie notre travail de co-créatrices et de co-créateurs. Il appelle à l’aide. Il est en manque d’amis, de camarades engagés sur qui il peut compter pour travailler, dans l’urgence, avec lui…

L’écrivain, Heinrich Böll, aurait dit, dans le contexte d’un certain Vendredi Saint : « Le moment est venu de consoler Dieu ! »

Il ne suffit pas de prier « pour que Dieu règne glorieusement sur toute sa création ».

L’enfant de Corminboeuf nous redit qu’il est grand temps que nous prenions la responsabilité  de la Création dans nos mains, et ceci selon la volonté du Dieu Créateur lui-même.

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

Avec l'aimable permission de l'auteur

 

 

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12/08/2012

«Mon amour de sorcière»



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Etre pauvre, femme, célibataire, c’est être sur la liste des sorcières ?

Préliminaires :

Réhabilitée en 2009, elle a désormais une place à son nom, au Guintzet. La Catillon, accusée de sorcellerie et exécutée à Fribourg en 1731, est restée dans les mémoires pour avoir été la dernière... à suivre !

J'ai fait sa connaissance à Sorens dans une ferme de 200 ans. Et c'est une mémoire vive et vivante , tant Jean Winiger et ses acteurs la rendent présente , vraie et belle, la sorcière ensorceleuse ! Bravo, félicitations et merci pour ce trésor historique qui pourrait mener très loin une réflexion sur l'actualité !

Le décor ne pouvait être plus simple ce jeudi 9 août 2012: en plein air, sous un abri pour environ 90 spectateurs. Un chemin pierreux, de l’herbe, des arbrisseaux, c’est la nature dépouillée de tout artifice. C’est parfait.

Le soir tombe.  A peine un petit frisson car les yeux curieux, le cœur battant, j’attends Catillon. Ce n’est pas tous les jours qu’on est face à face avec une sorcière mal-aimée et que j’aime déjà… car elle a réellement vécu dans cet étrange et très pieux pays de Gruyère  verte et de son appendice Fribourg la super pieuse.

Catillon, (1663) nous dit-on, de son vrai nom Catherine Repond,  est la dernière sorcière  à avoir été brûlée en pays fribourgeois en 1731 .

La plus grande partie de ma vie vécue à l'autre bout du monde me paraît un peu comme la forêt qui me cachait l'arbre où se nichait mon enfance, et ombrage ma vieillesse. Je viens de découvrir Catillon sous l'arbre à palabre de la Gruyère.

 

J'ai voulu en savoir plus car, aujourd'hui encore, sorcière rime avec astuce mal intentionnée et apparentée au diable … oui aujourd’hui-même…

J'ai voulu en savoir plus et Internet m'a généreusement renseignée à ma grande surprise :  Catillon est « un Amour de sorcière » réhabilitation, serait-il donc impensable comme la Pucelle d’Orléan, elle fut un beau jour sinon canonisée, du moins béatifiée !

Je ne sais si c'est à l'Eglise ou à l'Etat, aux historiens, écrivains, artistes,  conteurs que Catillon doit sa réhabilitation. Il me faudra chercher longtemps pour y voir plus clair dans cette histoire à tant d’autres pareilles ! Jean Winigerd a ouvert la porte à l’exploration et à la découverte !

Avec une sincère gratitude envers la Ville de Fribourg et son bulletin d'information, No 267,  septembre 2010, je partage ce qui suit sur cette femme compatriote de mes consœurs et des femmes de Romandie

« Cette dernière précise que la répression fit alors entre 70 et 80% de victimes féminines coupables d’être pauvres, célibataires et… femmes

29.05.2012

 

D’où vient CATILLON ?

Catherine Repond  est née  à Villarvolard, en Gruyère, en 1663, fille de Sulpice-Noé et de Catherine Repond . Elle a été baptisée le 18 août. Sa vie, n’a rien d’un long fleuve tranquille, même près de la Sarine. Ce qu’elle a vécu , on l’apprend  par les interrogatoires plus qu’elle eut à subir, d’abord au château de Corbières, du 14 avril au 5 juillet, puis lors de séances de torture à Fribourg, du 13 juillet au 15 septembre 1731.

Cheminement

Qu’en est-il de son enfance, de l’éducation reçue à l’école, à l’église en famille et dans la société. A-t-elle joué avec d’autres enfants ? A-t-elle eu une vie sociale ? Des projets de vie ? Je ne trouve pas.

La question

Qu’a fait Catillon pour se retrouver entre les mains du bourreau? Des rumeurs entourent cette pauvre femme sans attaches, souvent en vadrouille, parfois hors des sentiers battus, essayant de survivre dans un environnement d’Ancien Régime, alors aussi superstitieux qu’impitoyable.

Enquête

Quatre témoins de Corbières rapportent que Catillon a la fâcheuse habitude de se rendre dans les alpages et d’y réclamer du lait. Plus grave, il n’est pas rare qu’elle le fasse le dimanche, à l’heure où elle devrait être à la messe. Lorsqu’on lui refuse l’aumône  elle voue aux gémonies l’alpage en affirmant que l’année suivante on n’en tirera aucun profit. Ces menaces lui attirent de solides inimitiés… surtout après qu’en 1726 par exemple le lait tourne, fromage et sérac sont gâtés, bien que l’armailli ait fait bénir le chaudron et tout le chalet par les capucins de Bulle. C’est une faute impardonnable dans une région où la production du gruyère atteint son apogée et que nombre de  «montagnes» appartiennent aux «Messieurs de Fribourg»!

Refuser la Charité

C’est l’époque où « refuser la charité aux pauvres » est punie par qui demande l’aumône.

Le bouc émissaire, c’est la sorcellerie qui apparaît après qu’un villageois opulent a chassé  une mendiante.  Suite de la sorcellerie : un ACCIDENT malencontreux,  le décès inexplicable d’un animal, la maladie d’un enfant –,

tous ces malheurs sont mis sur le dos de « la bossue » alias Catillon  jeteuse de sorts, à qui on a dénié tout geste de solidarité.

La sorcière

Catillon erre et, en 1730,   leurs Excellences ne manqueront pas la première occasion de s’en prendre à elle qui a osé mettre en cause un clerc. Elle va payer au prix fort son statut de femme isolée.

Le 14 avril 1731, le bailli de Corbières, Béat-Nicolas Montenach, dépositaire de l’autorité de l’Etat, convoque Catherine Repond  afin de s’assurer  de la blessure d’un pied de la Catillon et à qui faisait jaser les gens de la région.

Lors de l’audition, la femme retire sa chaussure et montre son pied gauche auquel manquent tous les orteils.

Répondant aux questions Catherine dit que quatre jours avant la Toussaint, elle est allée mendier son pain de l’autre côté du Gibloux. Une nuit, près de Villargiroud, où elle a trouvé refuge dans une grange, on lui a coupé les doigts afin de l’empêcher de rôder dans le canton pour faire usage « du droit du pauvre. »

Son calvaire

ne fait que commencer. La Catillon est interrogée six fois au château de Corbières, travaillée au corps, c’est le cas de le dire, par le bailli qui la fait torturer dès le troisième interrogatoire, le 13 juin 1731.

Méthodes

D’abord hissée à une «simple» corde, on lui attache aux jambes, à partir de la quatrième séance, des charges de plus en plus lourdes, jusqu’à un quintal lors de la sixième. Face à des traitements aussi inhumains, les inévitables aveux qu’on en tire sont ceux que le tribunal a décidé de recevoir.

Aveux

Elle avoue enfin avoir participé environ dix fois à des réunions nocturnes, dénommées «sectes» ou «chetta» en langage local, et avoir conclu un pacte avec le diable, auquel elle aurait même cédé.

Il faut plus d’aveux

Pour faire bon poids – 75 kg, sous ses pieds mutilés –, on lui extorque la participation à une cinquantaine de ces sabbats à la fribourgeoise et la dénonciation d’une foule de présumés complices.

Au bord du gouffre

Elle a failli mourir au sixième de ce que l’on n’ose même plu nommer interrogatoire, Les bourreaux et le tortionnaire  impute cette défaillance  – non pas à la violence physique exercée à son encontre, mais à Satan en personne qui asphyxie sa servante pour qu’elle cesse de dénoncer d’autres comparses.

Le bailli Montenach, d’une cruauté sans mesure va jusqu’à la limite et Catillon apparaît sous la forme d’une brebis galeuse, voire bel et bien sous les traits d’un bouc émissaire!

Elle en savait trop : Montenach, Justin Bouquet, affaires d’argent … corruption

Des membres du patriciat fribourgeois, accablent la Gruérienne des maux dont ils souffrent, des patriciennes

s’imaginant même être ensorcelées par la Catillon. Au lieu

d’être exécutée sur place, la voilà transférée dans la bien nommée Mauvaise-Tour à Fribourg, alors située à proximité de l’actuel Musée d’art et d’histoire.

Un nouveau procès

s’appuie sur pas moins de sept interrogatoires qui sont autant d’épreuves. La pauvre femme est torturée avec un luxe de raffinements.

Pendant qu’on y est, il est même question de sorcières volant... sur un balai.

Finalement, dans leur ‹grande mansuétude›, les autorités cantonales accordent à Catherine Repond la ‹faveur› d’être étranglée par le bourreau avant de se consumer sur le bûcher du Guintzet.

Mutation

La brebis galeuse transformée en «sorcière bien-aimée»,  son existence se poursuit à titre posthume dans l’imaginaire collectif. La fameuse Pierre-à-Catillon à Moléson sur Gruyères est devenue un lieu de mémoire, au même titre que la source d’eau vive du Gibloux. Catillon, qui a notamment donné son nom à une route de Villarlod.

« Le mardi 12 octobre prochain, (2010) les autorités et la population inaugureront la place Catherine-Repond sur les hauts de Fribourg, plus précisément au Guintzet1, aujourd’hui lieu de détente par excellence, autrefois emplacement des exécutions capitales avant 1798.

Réhabilitation tardive

Cette démarche officielle s’inscrit dans le cadre de la réhabilitation par notre société des personnes et autres minorités persécutées au fil du temps et qu’incarne l’étonnant et tragique parcours de la Catillon,

Venez donc à Sorens : Espace Aurore: spectacle théâtral Catillon, de Jean Winiger. Réservations au 079 529 35 14. Je-sa 20 h 30, di 19 h.

J'ai fait connaissance de la magnifique sorcière qui pourrait tout aussi bien être la fée ensorceleuse :

Catillon la mal aimée interprétée par  Salomé Zangerl

Bailli de Montenach interprété par Jean Winiger

Justin Bouquet interprété Renato Delnon

Thomas, domestique du bailli, interprété par Dany Walker

Jérôme Kuhn, le musicien

Julien Chavaz, metteur en scène.

Je vous souhaite le plaisir de ce spectacle !

* Merci au Journal La Gruyère pour la photo.

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11/08/2012

Mammon, notre dieu!

 

Mammon, notre Dieu

Le krach obligataire apre768;s la crise financie768;re.jpgDepuis le siècle dernier, de nombreux théologiens ont essayé d’approfondir leur réflexion sur Dieu. Il en résulte une prise de conscience nouvelle de ce qui nous préoccupe absolument.

Si nous nous posons la question : quelle est aujourd’hui notre plus grand tourment ? Nous nous tournons vers les médias, la Radio, la Télévision, Internet que nous écoutons, regardons, consultons X fois par jour, nous savons alors ce qui nous concerne absolument, ce qui nous agite et nous tient hors d’haleine … c’est Dieu : c’est-à-dire les Cours de Bourse, les milliards disparus, les billions indispensables au sauvetage et au renforcement des Places financières.

Le comportement des marchés libres, la main invisible du Dieu Mammon, nous choque : car c’est un comportement imprévisible, incompréhensible, mais nous devrions cependant admettre que chaque Dieu est imprédictible, que chaque religion à ses mystères sacrés et ses victimes correspondantes !

Par conséquent, il faut être prêt à tout donner pour Dieu, y compris ce qui paraît indispensable à notre survie : les acquis sociaux, la protection du climat, l’aide mondiale aux affamés et le développement des peuples … toutes ces choses ne sont certainement pas prioritaires aux yeux du Dieu Mammon. Cherchez d’abord le bon fonctionnement de la place financière et tout le reste vous sera donné par surcroît !

Il est possible que, ces derniers temps, ce type de foi traverse une crise mais cela aussi fait partie intégrante de la foi et de chaque religion. Mais le monde a toujours découvert, à travers les crises antérieures, et il en sera de même pour celle que nous traversons, qu’il suffit de laisser la main libre à Mammon et de se laisser guider inconditionnellement par cette main.

Il est temps, peut-être, de nous mettre à réfléchir sérieusement sur DIEU.

Hermann-Josef Venetz

Traduction: Claire-Marie Jeannotat

Avec l'aimable permission de l'auteur


 

15:32 Publié dans théologie | Tags : mammon | Lien permanent | Commentaires (0)

09/08/2012

NINO ET STEVE

 

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Quand on est tellement fier d’être Jurassien

C’est à cause de Nino des Buissonnets et de Steve ! Ils se sont fait plaisir. Ils ont bien chevauché, ils nous ont fait plaisir, c’est immense ce vrai coup de cœur, cheval et cavalier ne font qu’un, comme la clé et la serrure bien sûr. Et nous les Jurassiens, et moi itou, ne faisons qu’un, tour à tour cheval et cavalier ! Tour à tour vaincus, victorieux !

Pas de larmes  lorsque l'hymne national retentit : «Le bonheur n'a pas toujours besoin d'être accompagné de larmes», soulignait le premier champion olympique jurassien. Bien sûr, d’ailleurs, le bonheur sèche toutes les larmes.

Il avait pensé à « une médaille par équipe, mais pas en individuel ». Alors voilà que « l’individu est équipe ». J’aime cette solidarité intégrée qui permet toutes les victoires. Merci Nino et Merci Steve.

L’équipe : Steve  montre Nino et il faut l’applaudir, il court vers son père et il faut l’applaudir, il veut toutes et tous nous inclure dans sa lutte et sa victoire. Applaudissons-nous ! Avec insolence et bonheur !

On est tellement fier d’être jurassien qu’il  est permis et juste de mettre notre lumière au sommet comme un soleil furtif et éphémère…

Vive Nino et Steve et nous tous !

 

19:39 Publié dans Sports | Tags : nino | Lien permanent | Commentaires (0)

08/08/2012

Encore les enfants aujourd'hui

 

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A moins que vous ne deveniez comme de petits enfants (Matthieu chapitre 18, 3) http://www.labibleenligne.com/bible/matthieu-18.html


« A Homs, Hama, ainsi qu’à travers toute la Syrie, on tue quotidiennement des civils, on humilie et on torture des personnes. La culpabilité du régime est criante, ainsi que l’est notre silence. Nos larmes ne peuvent suffire si notre seul soutien consiste à regarder la télévision et à pleurer. Nos cœurs peuvent bien verser des larmes, mais le courage nous a bel et bien abandonné. » Tariq Ramadan

Non. Le courage ne nous a pas abandonnés, et nous faisons plus que « regarder la télévision et pleurer ». Faire « plus » c’est être conscient que « tout enfant est le mien », c’est approfondir  notre prise de conscience de l’intolérable souffrance des êtres humains, de la flore, de la faune de notre planète. C’est être conséquent… sans exiger des autres qu’ils soient comme nous. Les autres nous devancent peut-être de beaucoup sur cette route rocailleuse et c’est à nous de nous joindre à la longue marche vers la famille humaine.

Les enfants fragiles, libres, beaux. Leur innocence est la nôtre, leur regard et leur confiance spontanée sont nôtres, leur droit à la vie est nôtre. L’enfant que je fus est l’enfant que je suis et l’enfant que je fus est pleinement conscient des enfants souffrent de la famine structurelle partout dans le monde d’opulence, et qui meurent du SIDA négligé, et qui crient dans la violence des guerres rampantes en rendant leur âme au créateur et leur corps à la terre … sans un mot de haine. Car les enfants ne connaissent pas la haine et, prions nous tous, vous, moi,  afin que l’enfant que nous sommes n’aie jamais connu la haine, ni pratiquer la violence, ni l’hypocrisie, ni le mensonge.

L’enfant est naturellement courageux, « il ne connaît pas le danger » dit-on, soyons courageux, nous, même lorsque nous connaissons le danger de la route rocailleuse.

Aucun souffle de vie n’est perdu dans ce « Milieu Divin » (Teilhard de Chardin) qui est notre Milieu Divin même s’il ressemble à , et surtout peut-être, s’il est l’enfer. Car l’enfer disparaîtra de notre belle terre écorchée, ensanglantée. Et l’enfant que nous fûmes sera l’enfant que nous sommes : comme la fleur surgie plus dure et ferme sur le champ de bataille, émerveillée de voir le sens du chemin !!!

Non ! Notre seul soutien n’est pas la larme de pitié sur Alep, Damas, Bagdad, Genève et Beijing, c’est la force de Celui, en nous, qui a le dernier mot sur la mort. Jésus de Nazareth, à Antioche en Syrie ! Partout.

 

22:03 Publié dans Spiritualités | Tags : syrie | Lien permanent | Commentaires (0)

07/08/2012

Syrie : la solidarité concrète, c'est possible ?

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Nous lisons dans les journaux et regardons sur les écrans le martyre des victimes du conflit en Syrie. Les femmes, les enfants, les personnes âgées et handicapées  sont les plus vulnérables. Eux sont mutilés, traumatisés, ils meurent. Ce sont les victimes collatérales des jongleurs d’armes, de bombes en provenance des pays qui ont intérêts à les fabriquer pour les vendre…pour tuer, mutiler : femmes et enfants aussi ! Où est la racine du mal ?

Mais nous sommes conscients de faire partie de l’espèce humaine : la souffrance de l’un est la souffrance de tous. Nous voulons prendre parti, combattre l’injustice, nous nous sentons coupables dans notre apparente inertie forcée. J’ai appris au fil des années que la culpabilité est stérile, elle reflète notre orgueil et un certain pouvoir qui n’est pas complètement dissocié de celui de l’oppresseur. La révolution est un processus extrêmement long lorsque nous en faisons l’expérience à partir de la résilience des petits et des pauvres !

Moïse est un exemple très actuel. L’Hébreu, Moïse, confronté à la misère de ses frères Hébreux, Moïse  cède à la violence et au meurtre de l’Égyptien oppresseur… le lendemain il veut faire la paix entre deux Hébreux qui se querellent et ces derniers remettent Moïse à sa place ! Mais lisons plutôt Exode chapitre 2: 11-15 :

« En ce temps-là, Moïse, devenu grand, se rendit vers ses frères, et fut témoin de leurs pénibles travaux. Il vit un Égyptien qui frappait un Hébreu d'entre ses frères.
Il regarda de côté et d'autre, et, voyant qu'il n'y avait personne, il tua l'Égyptien, et le cacha dans le sable.

Il sortit le jour suivant ; et voici, deux Hébreux se querellaient. Il dit à celui qui avait tort : Pourquoi frappes-tu ton prochain ?

Et cet homme répondit : Qui t'a établi chef et juge sur nous ? Penses-tu me tuer, comme tu as tué l'Égyptien ? Moïse eut peur, et dit : Certainement la chose est connue.

Pharaon apprit ce qui s'était passé, et il cherchait à faire mourir Moïse. Mais Moïse s'enfuit de devant Pharaon, et il se retira dans le pays de Madian, où il s'arrêta près d'un puits. »

http://www.lirelabible.net/parcours/voir_ref.php?cle=592&imprimable=ok

Spectateurs de la violence, proche ou lointaine, nous prenons immédiatement parti pour les plus faibles, justement parce que, comme Moïse, nous sentons notre supériorité et notre pulsion nous pousse à arrêter le carnage et à organiser des « contre-attaques pacifiques » … solidaires, où est comment ?

Voici peut-être un exemple qui nous vient de Suède :

« La répression du pouvoir n’épargne pas les plus jeunes. Il y a un an déjà, le cas du

jeune Hamza, 13 ans, arrêté et torturé pendant des semaines avant de succomber

à ses blessures, était devenu un symbole pour les insurgés syriens. Des pratiques

dénoncées par l’ONG Human Rights Watch qui avait documenté en février une

douzaine de cas de détention et de torture de mineurs dans le pays. »


« Et pour sensibiliser l’opinion publique sur le sort des jeunes syriens, victimes

collatérales ou directes du conflit qui agite le pays, les initiatives se multiplient.

Une centaine d’écoliers suédois ont ainsi récemment participé à une flashmob

dans un centre commercial. Allongés au sol, comme les enfants syriens tués dans

les violences, ils ont contribué à lever des fonds pour le Haut Commissariat aux

réfugiés des Nations Unis qui prend en charge des jeunes syriens dans des camps

de réfugiés. »

 

 

22:14 Publié dans Spiritualités | Tags : syrie | Lien permanent | Commentaires (0)

04/08/2012

Un Coeur pour les Pauvres

 

 

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Jésus avait des amis riches : le collecteur d’impôts, Zachée chez qui il est allé manger, Lazare et ses sœurs qu’il chérissait, enfin il s’est laissé oindre en public avec du parfum précieux et cher. Cependant, Jésus ne restait pas indifférent face à la situation sociale du peuple et des individus. Il était là pour annoncer le royaume de Dieu, en pratique et, motivé par sa foi vivante, il invitait chacun à travailler avec lui ! Il savait qu’il était envoyé d’abord chez les plus pauvres. Sa perception aiguë de la réalité lui permettait de repérer le chômeur à la main desséchée, de voir la femme courbée par la souffrance, d’entendre les cris de l’aveugle Bartimée, de sentir le besoin de la femme qui perdait depuis douze ans, son sang, et qui tentait de toucher la lisière de son vêtement.

Afin d’accomplir sa Mission auprès des pauvres, Jésus était conscient d’être soutenu par le Dieu d’Israël qui, par la loi et les prophètes, prenait ouvertement le parti des veuves, des orphelins, des persécutés, des gens en faillite. Jésus aimait des laissés-pour compte, non pas qu’ils fussent moralement meilleurs que les autres, mais que son cœur battait pour eux.

Je ne sais pas où Luc à bien pu trouver le « malheur à vous les riches ! » Cette malédiction ne se trouve pas dans les trois autres évangiles.

Malheur à vous les riches ! – mais ceux-ci n’était moralement pas plus mauvais que les pauvres ! Le malheur menace les riches lorsque leurs possessions les empêchent de voir  la misère des affamés, ni la misère des chômeurs, ni le joug des demandeurs d’asile, ni le vide de celles et de ceux qui sont absents, ni les structures financières qui mènent à la ruine.

Prenons par exemple les moments de décisions, particulièrement et en premier lieu lorsqu’il s’agit de décisions politiques : si nous sommes conscients  de l’existence des pauvres qui nous entourent, si nous entendons leurs justes revendications, je suis convaincu que beaucoup de nos lois auraient un contenu tout autre …

et le Dieu de Jésus - et des pauvres – auraient Droit de cité ici.

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

Avec l’aimable permission de l’auteur


17:31 Publié dans théologie | Tags : pauvres | Lien permanent | Commentaires (0)

02/08/2012

Les mangeurs d’or ont leur ventre plein

 

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« Plus rien n'est stable... Le monde, celui de l'économie et de la finance notamment, est de venu imprévisible » et notre Présidente « nous conseille de nous serrer les coudes ». (Message du 1er août 2012 par Evelyn Widmer Schlumpf)

 

Ce que je traduis par « Solidarité sans frontière. » C'est une condition de survie, même en Europe, même en Suisse... car les « marchés » sont imprévisibles ! Et les conséquences sont étalées dans les médias !

 

C'est pourquoi je partage avec vous une chronique corsaire de Fabrizio Sabelli www.fabriziosabelli.it

(Avec ma reconnaissance et son aimable permission)

 

Les mangeurs d’or ont leur ventre plein

Cuma est une petite ville près de Naples. C’est là que vivait, il y a 2500 ans, une femme très puissante qui s’appelait Sibylle, connue comme la Sibilla Cumana, célébrissime prophétesse du paganisme romain. Il y a quelques jours, en prenant la posture d’un pèlerin païen, j’ai lui ai rendu visite. Puisque nous ne savons pas ce qui nous attend les prochains mois et les prochains années, je me suis dit que, peut être, cette femme/oracle, réputée pour ses capacités prophétiques, était encore là et qu’elle avait une petite idée sur l’avenir qui nous prépare cette crise du capitalisme financier. « Je t’attendais », m’a-t-elle dit dès mon entrée dans sa caverne. « Et je sais aussi ce que tu veux de moi. Dès lors, écoute-moi bien. Depuis que la société existe, nous, les prophètes, avons guidé le monde puisque les hommes au pouvoir nous ont toujours écoutés religieusement. Les deux derniers prophètes ont fait un excellent boulot. Ils s’appelaient Karl Marx et Adam Smith. Depuis, des milliers de faux prophètes les ont remplacés. Ils s’appellent gestionnaires de fortunes ou experts financiers à la solde d’une poignée de richissimes messieurs qui se font nommer « marchés ». Ceux nouveaux usurpateurs de ma profession prophétique ne s’occupent pas des vos lendemains.

 

L’avenir ne les concerne pas. Ils ne sont que des machines à prévoir ce qui se passe dans des fractions de secondes sur le marché des dettes. Ainsi, non seulement ils ne sont pas concernés par les effets du désastre qu’ils provoquent, mais, en prenant notre place, ils nous privent d’accomplir notre fonction millénaire : donner aux humains un peu de sens à leur existence. » « Alors, Sibylle, que va-t-il se passer ces prochains temps » je lui ai demandé. Du fond de la caverne j’entendis la voix rauque de l’Oracle proférer ces mots très sibyllins : « Les mangeurs d’or ont leur ventre plein. Demain, ils iront se reposer sur les plages d’Ulysse pour, ensuite, déféquer sur les cimetières où reposent les justes, avant que la légion des anges exterminateurs ne les balancent dans leurs enfers fiscaux. »

(Du 13 juillet 2012)

22:22 Publié dans Economie | Tags : finances | Lien permanent | Commentaires (1)