21/07/2012

en dernier instance

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En dernière instance

 

La parabole du « jugement dernier » (Matthieu 25 : 31-46) nous rappelle que nous tous, devrons apparaître une fois en dernière instance. Dès le début, le juge de cette ultime session est appelé : Fils de l’Homme et Roi. D’emblée, un Roi suscite en nous l’image de majesté, trône, splendeur.

Qu’on se détrompe ! Le discours royal nous révèle bientôt qu’il s’agit d’une majesté tout autre, qui comprend la foule des affamés, des étrangers, des prisonniers, des réfugiés, des misérables.

 

Déjà nous sommes sur la défensive et nous protestons : « Ce n’est pas à vous autres que nous avons pensé. Devant ce tribunal de dernière Instance, Le juge doit être Le Roi ! » Mais la voix de « Sa Majesté » répond : « Il n’y a aucune autre Instance, aucune autre Majesté sinon celle des affamés, des étrangers, des prisonniers, des réfugiés, des écartelé, des misérables ; car ce que vous leur avez fait, c’est à moi que vous l’avez fait, et ce que vous ne leur avez pas fait, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. »

 

Pour ce qui nous concerne : nous aimerions cependant nous situer nous-mêmes dans le contexte de ce « Jugement dernier ». Nous ne nous laisserons pas déstabiliser  par les affamés ni par les étrangers. Cette fois-ci, Dieu ne doit plus pouvoir s’exprimer en tant que juge de Dernière Instance. Nos reproches sont clairs et nets : « Dieu ! Où étais-tu donc dans les camps de Auschwitz et à Nagasaki ? Où étais-tu quand le Tsunami a englouti des milliers d’êtres humains ?

Ou étais-tu lorsque les terres tremblaient et que les inondations ravageaient sans pitié les demeures et les champs ? Et que les gens mourraient de faim ? Quelle raison as-tu de te laisser nommer le Tout-Puissant ? »

 

Encore une fois nous ferons face à une Majesté tout autre : un écartelé vif. Son signe de royauté ? Une couronne d’épines ! Car il n’est pas « Tout-puissant ». Non. Il est solidaire des écorchés vifs, des affamés, des étrangers.

 

Peut-être, nous contemple-t-il en silence. Et peut-être l’entendons-nous dire, dans un murmure : « Et toi ? Où es-tu donc ? »

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction: Claire-Marie Jeannotat

Avec l’aimable permission de l‘auteur

 

18:04 Publié dans théologie | Tags : jugement | Lien permanent | Commentaires (0)

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