07/07/2012

Plaidoyer pour l'insolence

av_03g.jpgDans son Évangile, Luc présente, par deux fois, des exemples  de personnages insolents.

La première fois, il s’agit d’un homme qui vient réveiller son ami en pleine nuit pour lui demander du pain. Bien sûr que l’ami, tiré de son profond sommeil aurait volontiers envoyé aux pives l’importun ! Malgré tout, il sort du lit pour lui donner ce dont il a besoin. Ce n’est pas l’amitié qui le fit sortir du lit, mais l’insolence de celui qui le réveillait en pleine nuit (Luc 11, 5-8).

La deuxième fois, il s’agit d‘une veuve qui avait des désagréments avec les proches de son mari défunt. Elle chercha un juge pour qu’il l’aide mais celui-ci, un fonctionnaire sans-pitié, renvoya la femme. Mais elle revint plusieurs fois sans se décourager. Ce juge qui ne craignait ni Dieu ni diable  s’est dit : « Je veux m’occuper de cette femme avant qu’elle ne revienne encore une fois et ne me casse la figure.» (Luc 18,1-8)

Jésus est profondément convaincu que, lorsque nous venons à lui avec nos besoins, et que ces besoins sont conformes avec ceux pour  lesquels il s’est toujours engagé avec passion et avec un amour inconditionnel, il ne nous laisse pas tomber… Nous sommes  solidaires avec les nécessiteux, les privés de droits, les déportés, les étrangers. Notre prière et nos actions persévérant…au risque de l’insolence, font  à la longue, pencher la balance en faveur de la justice  pour tous.

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

Avec l’aimable permission de l’auteur

 

17:46 Publié dans théologie | Tags : faim | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Ma Soeur,

Aujourd'hui l'insolence ne paye plus.
Ceux qui sont importunés par l'insolence traitent les gêneurs de quérulents. Ce nom qualifie une personne se CROYANT sans cesse victime de préjudices.
Aujourd'hui, dans l'esprit de politiciens, d'éclésiastiques, de capitaines d'industrie, tous les nécessiteux, les privés de droits, les déportés, les étrangers, le "Luppenproletariat", ne sont, trop souvent, considérés que comme des quérulents. Ils ne font qu'imaginer être des victimes. Selon eux, la justice serait déjà par trop en leur faveur!

D'accord, la balance penche, elle penche même dangereusement, mais toujours du mauvais côté.

Écrit par : Baptiste Kapp | 07/07/2012

L'insolence a beaucoup de synonymes par exemple: arrogance, audace, effronterie, hardiesse, impertinence. Le terme original est "Unverschämtheit"
(voir ce texte en cliquant à droite de la page sur Katuturadeutsch. La traduction correcte aurait été "sans-gêne" (qui a aussi des synonymes: impertinence, effronterie...)
Mais le plus important est le terme quérulent. Oui, une personne peut arriver à se CROIRE victime de préjudices. Et il faut être conscient que en voulant défendre les Droits humains (dans des réalités concrètes) on ne tombe dans cette maladie. Les politiciens, ecclésiastiques, capitaines d'industrie, à partir de leurs échelons respectifs, peuvent (et ils le font parfois) voir le "lumpenproletariate" comme des névrosés atteints de quérelence. "On a déjà fait assez pour eux!". Il m'arrive de aussi de penser que malgré l'exemple de Jésus (voir "Jésus avant le Christianisme" dont j'ai déjà parlé, A Nolan 1972), malgré les multiples efforts de solidarité, que la balance penche du mauvais côté. Il faudrait être aveugle et ne pas lire "les signes des temps" pour contester l'évidence!
Mais, pour Hermann Venetz, et pour moi, ( pour ce qui concerne ce billet) et pour beaucoup d'autres, face à la réalité socio économique mondiale, une espérance sans illusion nous aide à maintenir le cap vers la construction d'une monde qui peut et doit être différent. Pour moi, je trouve le sens de ma vie en persévérant dans cette solidarité.
Pour en revenir au texte de Saint Luc (11:5-13 et 18: 1-8): celui qui va réveiller son ami à minuit a réellement faim. Il ne se CROIT pas victime d'injustice. La veuve (à l'époche de Jésus, les femmes et particulièrement les veuves, sont quasiment un "non-personnes". Je trouve son courage étonnant et je trouve aussi que l'avocat, après sa première réaction, a agi professionnellement et correctement.
Merci de votre commentaire.
claire-marie

Écrit par : cmj | 07/07/2012

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