30/06/2012

Il ne doit pas en être ainsi parmi vous

 

 

 

 

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Il ne doit pas en être ainsi parmi vous !

Mc 10:43

Des structures claires sont nécessaires aux gens qui vivent  en communauté. Les structures  comprennent des gens qui seront en haut et d'autres qui seront en bas. Bien sûr qu'il est agréable  d'être en haut et d'avoir les autres en dessous de soi. A peine Jésus avait-il constitué un groupe de disciples - femmes et hommes  - que ceux-ci se disputaient entre eux pour savoir lequel d'entre eux serait le premier.

Jésus réagit ainsi: « les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Mc 10:43-Il ne doit pas en être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, "Vous savez que ceux qu'on regarde comme les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il ne doit pas en être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur "

Jésus a poursuivi ce renversement. Il s’inscrivait ainsi  dans la solide tradition des prophètes et des prophétesses du Dieu d’Israël, qui d’une part "renverse les puissants de leur trône, renvoie les riches les mains vides, et d’autre part, « relève les opprimés et donne à manger à ceux qui ont faim" (Luc 2 :51-53).

C’est ainsi que Jésus perçoit la « Hiérarchie » ou l’ordre social sacré.

Les disciples auraient désiré donner à Jésus la fonction de chef.  Mais Jésus n’est pas allé dans cette direction. Il dit : "Je suis parmi vous comme celui qui sert" (Luc : 22-27). Et lorsque Jésus concrétise ce qu’il venait de dire en leur lavant les pieds, Pierre proteste avec force !

Si l’on suit l’exemple de Jésus, on ne distingue plus ce qui est en haut et ce qui est en bas. Excepté Pierre, le chef du groupe, qui voyait disparaître son illusion.

Hermann Josef  Venetz

 

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29/06/2012

FOI, FOOT, FRIC

 

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Le Foot est un sport pour tous. A la maison, à l’ombre des grands tilleuls et sur la « bosse », nous avons joué au ballon, dans les années trente !

Le dimanche après-midi, papa écoutait la radio et, avant tout,  le reportage de « Squibbs » ! Papa jouait au foot sur sa chaise ! Nous étions tous un peu « sportifs », aux travaux de la ferme pour tous, aux jeux de quilles après la Messe pour les hommes, une danse timide au Café de la Poste pour les filles. Puis le ballon et le foot sans cadre ni règle : un vrai jeu !  Oh ! Les coups de tête et les coups de pied pimentaient le match ! Les « corners » étaient ronds et les filets étaient sans frontière !

Yves, le benjamin de la famille semblait être né pour shooter, skier, courir. Ecolier, il a shooté le ballon primitif de la maison avec les copains, les copines sur le terrain de  notre modeste ferme jurassienne. Puis Il skiait vers l’école, l’hiver, sur des lattes fabriquées dans des douves de  tonneau.

Il avait la flamme sportive au cœur ! Il est devenu le sportif que l’on connaît. Taper du ballon, étudier, rêver, quitter le nid. La Vie n’est pas « un long fleuve tranquille » dans les années trente encore moins!

« La terre est un ballon, la vie un marathon ».  Yves écrit cela, à la page 21 de son dernier livre « Sport où est ta victoire ? » (Editions Baudelaire 2009). Yves a été, et reste,  marathonien, passionné, mais en courant il veut faire courir les autres avec sa plume, avec son exemple, avec ses contacts !  Je suis fière de lui car, je sais, si Yves a couru, et s’il est même arrivé à gagner Morat- Fribourg, seuls la passion et le bonheur de courir le motivaient. Pas l’argent, la Foi en lui-même et en ce qui nous dépasse !

A Macolin d’abord et ensuite partout il se trouvait, il s’est battu pour « le sport pour tous ». Un vrai jeu!  Des décennies durant,  il a suivi, avec le regard critique du journaliste sportif,  l’athlétisme sous toutes ses formes pour « le Matin ».

Pourquoi écrire ce beau souvenir durant les championnats d’Europe de Foot 2012 ?  C’est pour me réconcilier avec le tonnerre de brouhaha à 15 mètres de ma fenêtre, Rue du Marché à Bulle. Un Restaurant a eu l’idée d’installer un écran géant en plein air et les spectateurs de « boire » le show comme ils boivent un verre ! L’air est saturé d’émotion populaire, les décrescendos succèdent aux crescendos, des hurlements d’espoir, de désespoir, des soupirs de déconvenue pour éclater un coup de tonnerre émotionnel quand le ballon s’engouffre au filet sous l’œil pitoyable du pauvre gardien ! …ainsi jusqu’après les prolongations, la victoire et la rage des klaxons ou quelques larmes c’est selon ! Il en sera ainsi jusqu’à dimanche soir. Merci.

J’évoque Yves : (page 81 du livre cité plus haut) …  « Peu à peu, le sport présente les signes avant-coureurs de la décadence et de l’effritement : cupidité, outrecuidance, tricherie, lassitude…Les enlacements manquent de vérité après le but marqué ; le poing levé est moins un signe d’exubérance qu’un geste de vengeance ; la médaille brandie à bout de bras un défi politique…l’apparence de la haute moralité ne parvient pas à voiler la réalité des objectifs publicitaires et commerciaux poursuivis… » Juste un peu de ventilation !

Pessimiste, mon frère ? Non, il aime trop le sport pour tous pour ne pas le critiquer avec une espèce de tendresse. Et il revient à LA motivation : "Préserver la joie là où elle existe encore, redécouvrir la nature et le sens du mouvement, réapprendre à écouter son corps, à jouer pour le plaisir et pour que la jeunesse reste une affaire de cœur !"

(à lire aussi Le supplément très sportif de Vigousse No 112)

 

22:17 Publié dans Sports | Tags : foot | Lien permanent | Commentaires (0)

23/06/2012

Pardonner

 

Que voulons-nous de plus ?

 

pardonner2.jpgJésus a enseigné à ses amis une prière, qui est probablement le point le plus essentiel de la tradition chrétienne: le Notre Père.

 

Il commence ainsi: Abba, cher Père...

 

Et, un peu plus loin: Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons ceux qui nous ont offensés.

 

Ce qui me fascine toujours chez Jésus, c’est sa manière directe, confiante, immédiate d’être en relation avec Dieu. Et ce qui me fascine davantage encore, c’est qu’il encourage les siens à faire de même envers le Père du ciel, c’est-à-dire : il leur dit de s’adresser à lui directement, en pleine confiance et sans nécessairement passer par un intermédiaire. On peut donc joindre Dieu directement : Abba, Père bien-aimé pardonne-nous nos fautes et nous pouvons être sûrs que nos fautes sont pardonnées.

En même temps, nous aussi, pouvons aussi avoir la bonne  volonté de pardonner les gens qui ont fauté contre nous et,  inversement, nous pouvons donc espérer obtenir leur pardon si nous le leur demandons. En fait, il s’agit simplement d’une confiance mutuelle et fraternelle.

Si nous désirons confesser nos péchés à un prêtre, alors faisons-le ; on peut supposer que nos péchés seront pardonnés. Mais sans pour cela être déliés du devoir de pardonner nous-mêmes les fautes de notre  prochain envers nous.

Soyons reconnaissants! Nous devons avoir confiance que notre Dieu, notre Abba nous pardonne si nous le lui demandons. Et nous pouvons aussi offrir ce pardon à notre prochain, proche ou lointain.

Que voulons-nous de plus ?

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie

Avec l’aimable permission de l’auteur

 

 

14:56 Publié dans théologie | Tags : pardon | Lien permanent | Commentaires (2)

22/06/2012

La présence de Dieu

Vous êtes-vous déjà trouvé, seul, ou à deux, totalement vulnérable dans une réalité de violence sans aucun moyen de défense sinon la conscience d'exister encore? Et vous l'avez "échappé belle".

Qu'est-ce qui vous vient en tête? Dieu, maman, des amis proches ou lointains?

Vous êtes paralysés mais vous ne désespérez même pas. Vous êtes un objet. Votre ennemi, c'est le gardien du système, les murs de séparation, les chiens, les armes, pire, un trou. C'est la famine, la sécheresse.

Ces mots ont un visage humain, un nom propre, un titre, un pouvoir, un pouvoir religieux aussi.

Je ne pense pas à dire: "Je te pardonne!" L'abîme relationnel est sa force en même temps qu'il est ma faiblesse. Dans l'absence de Dieu.

0c9d95008f08549477f50d8db73b2954.jpgSi la chance est avec vous, il arrive qu’un "passant", un Samaritain, un étranger s'arrête et se mette lui-même en danger. Pour moi. Allez savoir pourquoi ? Pour moi. Nous sommes alors deux. Trois peut-être. Un groupe, un mouvement.

Le rapport de force change... Ce n'est pas au hasard, ni à Dieu que vous devez votre salut, votre sauvetage. C'est au passant, à l'étranger, au Samaritain. Il n'est pas question d'avoir confiance, il est question de SA présence! Et de la relation réelle et physique avec lui!

C'est, je pense, dans cette présence, qu'agit et que se révèle l'AMOUR (Dieu). Que je survive ou que je meure! Que j'en sois consciente ou pas.

 

16:32 Publié dans Spiritualités | Tags : dieu | Lien permanent | Commentaires (0)

17/06/2012

Des mots dans le sable

 

 

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Jésus a écrit dans le sable quelques signes et les dominateurs s'en vont et la femme dominée, reste-là ! Qu'a-t-il écrit, le Verbe fait humain ? Des écrivains érudits cherchent à décrypter ces signes enfouis dans le sable de Palestine, en vain.

 

La belle main de Jésus dessinait peut-être une étoile, un cœur, un oiseau, un lys des champs, un regard d'enfant, de femme. Jésus, comme toujours, présent entre le bien et le mal, entre le fort et le faible, entre la domination et les dominés.

 

Aujourd'hui-même en Syrie la présence des enfants est (par force perverse) un bouclier humain entre la barbarie de deux « pouvoirs » sans pitié.

 

En Égypte ce soir, le peuple courageux de Trarir Square de janvier 2011, est pris en tenaille entre l'ombre rampante d' Hosni Moubarak et l'ambition politique des Frères musulmans.

 

En Grèce, le peuple, fier et bon vivant, avec sa misère trop longtemps dissimulée, le peuple des « misérables » ceux qui ne survivent que grâce à la soupe populaire, ce soir, les « misérables, à la merci de leaders politiques doutant de leur propre certitude, paraissent être la zone tampon entre la zone Euro et la zone hors les murs. Comprenne qui pourra ! (A voir l'excellent « drachme à l’œil » de Mise au point ce soir)

 

Faire ce soir le tour du monde dans un moment de prière et chercher ce que Jésus écrit dans le sable mouvant de notre histoire, sa présence entre les dominants et les dominés, les exploitants et les exploités, les trônes, les armées et les esclaves...

Qu'est-ce qu'il écrit aujourd'hui ?

Sans oublier la Suisse, où nous avons voté :

Et la majorité a dit trois fois NON

 

  1. Assurance maladie,

  2. Traités internationaux,

  3. Promotion de l’accès à la propriété.

 

Pourquoi ? Comme on l'a entendu et c'est l'écho de ce que nous ressentons tous ou presque: ras-le-bol du serrement de vis, ras-le-bol de faire confiance au jargon politique.

 

Penser à notre chance sans être solidaire des autres, c'est être chrétien, ça ? Ce n'est simplement pas être humain.

 

 

 

23:46 Publié dans Politique | Tags : votations | Lien permanent | Commentaires (1)

16/06/2012

Des cendres ou du feu?

 

Des cendres ou du feu ?

 

En tant que "bon catholique" je me réfère non seulement à la Bible, mais aussi à la tradition. Est-ce vraiment sage de faire ainsi ?

 

Le compositeur Gustav Mahler aurait apostrophé les adeptes du Théâtre en ces mots: « Ce que vous nommez tradition n’est qu’indifférence et négligence. »

 

Pour le philosophe polonais Stanislaw Brzozowski, le fait de s’accrocher continuellement à la tradition n’est qu’une forme de paresse intellectuelle.

 

Cela peut paraître exagéré; il n’en reste pas moins que le retour continuel aux  traditions  fussent-elles politiques, religieuses/ecclésiastiques, sociales, sont plutôt des prétextes pour ne pas toucher au statut quo et éviter ainsi la confrontation aux problèmes des remises en cause.

 

Quelques exemples :

 

le célibat obligatoire des prêtres

l’exclusion explicite des femmes dans les organes de leadership de l'Eglise,

retour aux Messes en latin

les institutions religieuses sclérosées

 

Les exemples abondent, conséquences d’une tradition statique.

 

Ces traditions-là et beaucoup d’autres, basées sur la réflexion abstraite et livresque, s’épargnent la tâche laborieuse des arguments, pour se complaire dans l’illusoire sécurité de son confort et de sa paresse intellectuelle.

 

Il est urgent de relever les défis de notre temps et de répondre de toutes nos forces aux besoins des gens. Immédiatement.

 

Gustav Mahler cité plus haut, est l’écho d’une autre compréhension de la tradition remontant vraisemblablement à Thomas Moore : « La tradition ne consiste pas à préserver la cendre, elle consiste à transmettre le feu! » – une parole que le pape Jean XXIII avait fait sienne.

 

Et si nos traditions religieuses n’étaient que des cendriers dorés ?

Constamment, je regrette le feu – en moi-même aussi.

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction: Claire-Marie Jeannotat

Avec l'aimable permission de l'auteur

 

13:15 Publié dans théologie | Tags : traditions | Lien permanent | Commentaires (1)

15/06/2012

Dynamique du provisoire

Le quotidien La Liberté, le TJ de la RST (11 juin 2012) annonçaient la vente de la Maison Sainte-Croix, Institut transformé au fil des années en Foyer pour les Sœurs âgées. La commune de Bulle en sera tantôt le propriétaire et nous y seront hébergées jusqu’en fin 2014.

Dix-huit Sœurs âgées de 103 ans à 68 ans quitteront la Maison mais pas nécessairement Bulle ni la Gruyère. Quelques-unes émigreront dans un autre canton pour rejoindre un autre groupe de Sœurs.

J’essaie de mettre le lien avec RST. Vous verrez la maison et le lieu d’où j’écris, au deuxième étage.

n!

 

Cette prise de vue (au TJ) est suivie immédiatement par la maison des Capucins à Saint Maurice (VS) qui, elle,  est convertie en couvent-hôtel.

Souvenirs personnels:

J’ai fait l’Ecole Normale dans cette maison, avec fougue, de 1943 à 1947 pour filer ensuite en Mission (comme on disait alors) et arriver au Cap de Bonne Espérance, alternativement le Cap des  Tempêtes. L’Afrique du Sud n’était pas mon choix, c’était celui des Supérieures. Je suis tombée en plein système d’Apartheid qui fut légalisé par le gouvernement en 1948. L’Eglise Catholique, et autres groupements, ont dû se couler – institutionnellement - dans ce moule sous peine d’expulsion.

Seule la lutte anti-apartheid pouvait, selon moi, donner un sens, à ma présence dans ce système que l’ONU avait déclaré « crime contre l’humanité ». La dignité humaine du peuple d’Afrique du sud, indépendamment de leur race était bafouée par les lois. Les pauvres comme les riches étaient malheureux, qui dans leurs gouttières, qui dans leurs maisons sécurisées.

En 1980, retour en Suisse, et je me rends compte de l’apartheid rampante dans mon pays d’origine. Un beau pays, la Suisse, un peuple attachant. Comme l’Afrique : un merveilleux pays, un peuple attachant. Mais, ici aussi, « seule la lutte « anti-apartheid » pouvait, selon moi, donner un sens, à ma présence dans mon pays natal.» Exemple:

Les lois contre les « étrangers » et les réfugiés, sont de plus en plus inhumaines. On « serre la vis ». De plus en plus. On n’arrête pas de serrer des vis, comme si les autorités politiques, croyant « guérir » les angoisses des helvètes « fiers, accueillants, nobles et courageux », par des lois iniques… dont l’application bafoue la dignité de tous sans distinction aucune. Peut-être est-il grand temps de s’indigner, et de le montrer pendant qu’il est temps et que nous ne sommes collectivement pas trop sclérosés dans un statut quo dégénérescent.

Et maintenant:

L’expérience de quitter la grande maison Sainte-Croix, de quitter la verte Gruyère peut-être, si déplaisant que cela est pour chaque sœur, pourrait renforcer notre empathie et solidarité active avec les migrants de partout ! Sans aucune comparaison possible !

 

22:42 Publié dans Général | Tags : bulle | Lien permanent | Commentaires (0)

13/06/2012

L'enfant que je fus

 

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Prendre conscience de l’enfant que je fus

N’est-ce pas prendre conscience de l’enfant que je suis ?

L’enfant que je fus : que traverse l’énergie cosmique qui me lie à l’univers

L’enfant que je suis : une particule étoilée du cosmos dans le cœur de Dieu

Fait homme, l’enfant qu’il fut, c’est

Jésus

Nous aussi, nous tous : adultes

Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, maintenant que je suis adulte, je parle… (Paul aux Corinthiens 13 :11)… Oh ! J’aimerais avoir une discussion musclée avec Paul sur la route de Damas ! Car il était trop adulte, le fougueux Paul de Tarse !

Penser, parler, agir comme un adulte, indépendamment du genre, de la religion,  de la race…

Politiciens qui gouvernez les peuples et qui parfois tuez les enfants, comme en Syrie, comme en Érythrée, comme en Chine, comme en Europe, vous qui les méprisez,  les agressez,  les exploitez :

Ouvrez les yeux face à l’enfant que vous fûtes et qui rougit de honte face à l’adulte que vous êtes …

Financiers,  traders qui n’avez  jamais appris à partager le capital qui vous est confié :

Prenez conscience de l’enfant que vous fûtes partageant sa tirelire et que votre rapine affame,  par millions,  il a honte de vous…

Princes, empereurs, autorités religieuses, civiles, militaires de tout bord, assis sur vos trônes, férule en main comme les romains d’antan

Prenez conscience de l’enfant que vous fûtes et qui recherche en vain son innocence…

Je prie d’être aujourd’hui l’enfant que je fus jadis, c’est tout simplement la condition sine qua non pour « entrer dans le royaume des cieux ».

Mais Rainer Maria Rilke conclut ma méditation

« Les enfants sont toujours comme l'enfant que vous fûtes: tristes et heureux; et si vous pensez à votre enfance, vous revivez parmi eux, parmi les enfants secrets. Les grandes personnes ne sont rien, leur dignité ne répond à rien. »

 

 

21:56 Publié dans Solidarité | Tags : enfants | Lien permanent | Commentaires (3)

09/06/2012

Les Messagers méconnus

 

Les Messagers méconnus

(Isaïe 52: 7 et Isaïe 53 :8)

En Israël comme ailleurs certainement, il y avait prophètes et prophètes. Les uns étaient des fonctionnaires bien payés, ils étaient les porte-parole des puissants, des chargées d’affaires et des relations publiques, des publicitaires. Mais d’autres prophètes étaient appelés par Dieu. Souvent ils répondaient à contre-cœur à l’appel de Dieu. Souvent aussi, ces prophètes-là étaient et sont fréquemment des prophètes de malheurs, parce qu’ils étaient envoyés pour rendre les gens attentif aux conséquences de leurs méchanceté. Généralement ils étaient réduits au silence, emprisonnés, tués, et ils le sont encore aujourd’hui.

Cependant, vers la fin de l’exil de Babylone dans les années 50 du 6ème siècle avant Jésus-Christ, un prophète arriva sur la place publique et il était différent des autres car, c’était l’envoyé de l’Innommable, il ne venait pas annoncer le malheur mais la paix. Un vrai messager de bonnes nouvelles.

Il proclamait la venue de Dieu, l’imminente libération du peuple et son retour tant attendu vers la Terre Promise. Bien sûr, beaucoup d’exilés, qui enduraient depuis longtemps leur dure réalité politique et sociale, ne pouvaient percevoir des signes de salut et de paix dans les paroles du prophète. On peut les comprendre. Nous-mêmes, n’envisageons pas volontiers des changements radicaux alors que nous sommes en train de « faire avec », de nous adapter et de jouir du statut quo !

Mais le prophète insiste :

Dieu peut quelque chose de tout nouveau, il ne veut pas vous clouer à votre passé, il est tout autre que vous ne pensez.

Tout fut inutile. Pour les sceptiques raisonnables, le temps était inopportun. Ils assassiné le messager de la Bonne Nouvelle.

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie

Avec l’aimable permission de l’auteur

 

10:31 Publié dans théologie | Tags : isaïe | Lien permanent | Commentaires (0)

06/06/2012

Fête-Dieu

« La Fête-Dieu fut instituée officiellement le 8 septembre 1264 par le pape Urbain IV. Cette fête commémore la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l'Eucharistie, c'est-à-dire sous les espèces (apparences sensibles) du pain et du vin consacrés au cours du sacrifice eucharistique (Messe) »

 

Voici ce que j'ai écrit en 2009 au sujet de cette fête  à Bulle et à Savièse où Micheline Calmy-Rey était de la partie. Lisez si le cœur vous en dit :

http://clairemarie.blog.24heures.ch/archive/2009/06/10/fete-dieu.html

 

Et voici ce que j'avais écrit le 23.05. 2008 :

 

La Fête Dieu, la fête du Bon Dieu donc, cela fait partie d’une tradition: le prêtre, quand il est là, promène Dieu sécurisé dans une monstrance dorée - un peu comme le pape dans sa pape-mobile – il le promène dans les rues, il est accompagné de petites filles qui jettent des fleurs, des fanfares qui jouent… à Fribourg, sans oser l’affirmer, je crois bien que les autorités militaires sont de la partie. Au Jura, pas!

Dans les zones protestantes non fériées donc, les gens travaillent et le Bon Dieu se promène incognito dans les salopettes des ouvriers et les tabliers des caissières de la Migros. Heureusement qu’il est vaste comme l’Univers notre Créateur adoré. Mais le voir fêté d’une manière un petit peu exclusive quand même ne me gêne pas trop. Au contraire, il connaît l’art de souffler où Il veut, de s’évader, Abba.


Aujourd'hui 6 juin 2012, veille de la Fête-Dieu.

Les temps changent rapidement et bien malheureux sommes-nous si nous restions « immuables » dans notre monde si beau et mortellement malade !

Pour ma part, plus je me rapproche des « petites gens », des grassroots, plus je change et, au-delà et à travers de cette fête populaire de Dieu, je vois beaucoup moins le « corpus christi » que le peuple de Dieu sans aucune frontière. Comme Il l'a affirmé dans Matthieu (25:31-40). http://www.interbible.org/interBible/decouverte/groupes/2006/grb_060404.htm


« J'étais nu et vous m'avez vêtu » Jésus a affirmé : lui et moi sommes UN. Moi c'est LUI. LUI devant lequel il est beaucoup pénible de se prosterné que devant « la présence de Corpus Christi ».


Quelle présence ! Durant la Procession demain à Bulle, alors qu'aura retentit le canon, les fanfares, les chœurs, alors qu'avancera respectueusement la procession des fidèles accompagnant le dais et, dessous : l'ecclésiastique portant l'ostensoir et l'hostie consacrée... (et tout ça est très digne et très beau)


j'essaierai – et je ne serai pas la seule - d'être en solidarité avec la présence de Jésus chez les SDF : Sans Domicile Fixe , les Sans Papiers ; chez les NEM, Non Entrée en Matière, chez les demandeurs d'asile qu'on qualifie rapidement de « criminels », trop souvent sans jugement et sans bénéfice du doute ; chez les assoiffés de justice en Afrique, au Darfour, chez les massacrés en Syrie et bien au-delà ; chez ces hommes et ces femmes qui ne sont que des chiffres, des statistiques, des menaces pour le redressement de l'économie mondiale, à moins d'obéir aux commandes « d'austérité ». Et cela concerne aussi la pauvreté rampante et cachée en Suisse : nos concitoyens. Et j'essaierai d'être « conséquente » !

Je pense que la Fête-Dieu, sans cette prise de conscience du scandale de l'injustice dans notre monde, sans la mentionner, sans la nommer, sans la volonté de s'engager, serait un affront à notre Créateur fait homme en Jésus.


 

05/06/2012

Voter est un privilège

 

 

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Voter : un droit et un devoir civiques

C'est vrai que le langage politique dépasse parfois l'entendement des gens de tous les jours, qu'ils soient issus d'une culture ou de contextes différents. Nous tous sommes néanmoins « gouvernés » par des politiciens élus qui eux n'ont souvent que leur jargon pour s'exprimer ! Et nous écoutons et lisons d'une manière que se veut critique !

D'où mon billet « OUI/NON » de hier soir au sujet de la votation du 17 juin sur les réseaux de la santé et plus... Au TJ pour celles et ceux qui l'ont entendu, le splash montrant la réponse de Pierre-Yves Maillard sur l'épargne prônée par Berset était exactement le même qu'à Infrarouge traitant du même sujet il y a peu de temps : « Je n'y crois pas une seconde ». Ce qu'Isabelle Moret avait aussitôt relevé ironiquement à la face de Maillard embarrassé en revenant aux affirmations de Berset !!! On fait feu de tout bois pour mettre les bâtons dans les roues de l'adversaire!

Et qu'en est-il du malade ?

J'ai pensé à Jésus « Que votre parole soit oui pour oui et non pour non ; ce qu’on y ajoute vient du malin » (Mat. 5)

Visitant mes amis bloggers, je trouve le billet lumineux de Barbie Darkside au sujet du langage « politiquement correcte .» Deux citations que je lui emprunte avec reconnaissance :

  • «La parole a été donnée à l'homme pour cacher sa pensée» (Stendhal)

  • « La perversion de la cité commence par la fraude des mots » (Platon)

http://barbiedarkside.blog.24heures.ch/archive/2012/05/31/50019dc0138b47d7fed356172389e066.html

Une lecture, une écoute critiques des média nous aidera peut-être à remplir notre devoir civique en connaissance de cause. Aussi le 17 juin 2012.

 

22:14 Publié dans Politique | Tags : santé | Lien permanent | Commentaires (1)

04/06/2012

oui non

Malheureux politiciens: l'apprentissage de retourner sa veste sans vergogne

La collégialité: faut-il renoncer, trahir ce qu'on avait dit en tant que Sénateur,  membre d'un parti politique qui a permis l'élection au Conseil fédéral?

Alors le simple citoyen qui ira voter le 17 juin: comment s'y retrouve-t-il?

 

22:36 Publié dans Général | Tags : ambiguité | Lien permanent | Commentaires (2)

02/06/2012

La mauvaise réputation de Dieu

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La mauvaise réputation de Dieu

 

A peine le mot « Dieu »“ est-il prononcé que nous rentrons la tête dans  les épaules. Les dix commandements que nous ne n'obéissons pas toujours à la lettre, sont implacablement liés à Dieu. Notre mauvaise conscience nous montre Jésus crucifié pour nos péchés et c’est  comme un reproche qui nous ronge l'âme et nous menace de la solution finale: « l'enfer ». Terminé.

Une chose encore ternit la « bonne réputation de Dieu »: S'Il est comme on le dit « tout-puissant“  Il est par conséquent responsable de tout le mal qui se fait dans le monde, non pas qu'Il en soit la cause, mais Il ne s'y oppose pas en dépit de sa « toute puissance ». Nous devons cependant reconnaître et assumer nous-mêmes, personnellement et collectivement, la responsabilité pour l'impardonnable misère des guerres, des famines, des foules de réfugiés... Mais Dieu devait-il ainsi créer des êtres humains qui se blessent mutuellement, qui se font la guerre et qui s’entre tuent?

Et l'argument de la « liberté »? Se massacrer les uns les autres, est-ce  un attribut de la « liberté » ? D'accord, nous avons la liberté de ne pas le faire. Mais, est-ce vraiment ça: la liberté?

Nous pouvons examiner le problème dans tous les sens, dans tous les cas Dieu est perdant ! Il est tout-puissant, donc Il porte finalement la responsabilité...  à moins d'être irresponsable! Mais qui veut d'un Dieu irresponsable?

Lorsque nous parlons de Dieu avec les mêmes catégories mentales que lorsqu'il s'agit de la Présidente de la Confédération, ou de la dernière éclipse de soleil ou de la crise financière, notre laborieuse réflexion nous mène inévitablement au cul- de-sac.

Dieu n'est pas un objet dont nous pouvons discuter selon nos catégories mentales comme s' Il était notre possession ! Et nous ne sommes pas des objets que Dieu posséderait et administrerait à sa guise à coup de récompenses et de punitions. Nous pouvons et devons oublier ce Dieu là, d'abord parce que nous nous sentons mieux sans lui et ensuite parce qu'il n'existe pas.

Le Dieu en qui nous croyons n'est pas ce Dieu dont le regard critique nous scrute à distance, au contraire Il est à chaque instant plus proche de nous que nous ne sommes de nous-mêmes. Il est le Dieu dont le nom est Tendresse comme l'exprime le texte biblique (1 Corinthiens 13).

 

« La charité est patiente, elle est pleine de bonté; elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal, elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. La charité ne périt jamais. »

 

Ainsi est Dieu : la Charité inconditionnelle  –  ou encore, pourquoi hésiterions-nous à dire, pour une fois : la Tendresse maternelle qui cherche des hommes et des femmes dont les cœurs brûlent en harmonie avec elle.

A tout le moins nous ne saurions lui en faire reproche.

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

Avec l'aimable permission de l'auteur

 

15:57 Publié dans théologie | Tags : dieu | Lien permanent | Commentaires (2)