15/06/2012

Dynamique du provisoire

Le quotidien La Liberté, le TJ de la RST (11 juin 2012) annonçaient la vente de la Maison Sainte-Croix, Institut transformé au fil des années en Foyer pour les Sœurs âgées. La commune de Bulle en sera tantôt le propriétaire et nous y seront hébergées jusqu’en fin 2014.

Dix-huit Sœurs âgées de 103 ans à 68 ans quitteront la Maison mais pas nécessairement Bulle ni la Gruyère. Quelques-unes émigreront dans un autre canton pour rejoindre un autre groupe de Sœurs.

J’essaie de mettre le lien avec RST. Vous verrez la maison et le lieu d’où j’écris, au deuxième étage.

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Cette prise de vue (au TJ) est suivie immédiatement par la maison des Capucins à Saint Maurice (VS) qui, elle,  est convertie en couvent-hôtel.

Souvenirs personnels:

J’ai fait l’Ecole Normale dans cette maison, avec fougue, de 1943 à 1947 pour filer ensuite en Mission (comme on disait alors) et arriver au Cap de Bonne Espérance, alternativement le Cap des  Tempêtes. L’Afrique du Sud n’était pas mon choix, c’était celui des Supérieures. Je suis tombée en plein système d’Apartheid qui fut légalisé par le gouvernement en 1948. L’Eglise Catholique, et autres groupements, ont dû se couler – institutionnellement - dans ce moule sous peine d’expulsion.

Seule la lutte anti-apartheid pouvait, selon moi, donner un sens, à ma présence dans ce système que l’ONU avait déclaré « crime contre l’humanité ». La dignité humaine du peuple d’Afrique du sud, indépendamment de leur race était bafouée par les lois. Les pauvres comme les riches étaient malheureux, qui dans leurs gouttières, qui dans leurs maisons sécurisées.

En 1980, retour en Suisse, et je me rends compte de l’apartheid rampante dans mon pays d’origine. Un beau pays, la Suisse, un peuple attachant. Comme l’Afrique : un merveilleux pays, un peuple attachant. Mais, ici aussi, « seule la lutte « anti-apartheid » pouvait, selon moi, donner un sens, à ma présence dans mon pays natal.» Exemple:

Les lois contre les « étrangers » et les réfugiés, sont de plus en plus inhumaines. On « serre la vis ». De plus en plus. On n’arrête pas de serrer des vis, comme si les autorités politiques, croyant « guérir » les angoisses des helvètes « fiers, accueillants, nobles et courageux », par des lois iniques… dont l’application bafoue la dignité de tous sans distinction aucune. Peut-être est-il grand temps de s’indigner, et de le montrer pendant qu’il est temps et que nous ne sommes collectivement pas trop sclérosés dans un statut quo dégénérescent.

Et maintenant:

L’expérience de quitter la grande maison Sainte-Croix, de quitter la verte Gruyère peut-être, si déplaisant que cela est pour chaque sœur, pourrait renforcer notre empathie et solidarité active avec les migrants de partout ! Sans aucune comparaison possible !

 

22:42 Publié dans Général | Tags : bulle | Lien permanent | Commentaires (0)

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