03/08/2011

RETOURNEMENT, il est grand temps

 

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La réalité et le sens de la vie

La déplorable médiocrité de la parole théologique aujourd’hui, nous pousse à rechercher le sens de la vie « hors les murs » (Paul de Tarse aux Hébreux, 13 : « Sortons donc pour aller à lui, hors du camp, en portant son opprobre.  Car nous n'avons point ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir... ») http://www.biblestudytools.com/lsg/hebreux/13.html.

La « spiritualité de la base » révèle la sève prophétique. Puisque les veines, qui permettraient à la sève de monter dans l’arbre, paraissent bouchées, la sève s’étend latéralement en  un réseau de vie communautaire élargi, consolidé au ras des pâquerettes où elle est née d’une graine enfouie dans la mort.

Combien de temps faudra-t-il à l’arbre institutionnel desséché et vaticanesque pour son « Retournement » à l'origine, c'est-à-dire aux racines racines ?

Je crois que le monde a la grande chance de prendre conscience de la gravité de la situation, grâce aux médias, aux souffrances des victimes, des marginalisés qui nous entourent, à leur comportement qui révèle leur angoisse, leur désarroi, leur désespoir…  La théologie, les sermons du dimanche pourraient capter ces symptômes et permettre à la Bonne Nouvelle (Basilea) d’émerger du chaos comme une humble flamme d’espérance (SPES) et de joie (GAUDIUM ! Il faudrait articuler la parole de Dieu à partir de l’expérience de vie du Peuple en errance aujourd’hui !!! Alors les fidèles pourraient dire « Parole du Seigneur » sans mauvaise conscience !

Aujoud'hui est le temps du Kairos, le moment de décision entre la « la Vie et la Mort » (Deutéronome 30:20), les événements, la souffrance de l'espèce humaine, le dépérissement de la faune et flore: aucune parole ne peut imaginer son degré de cruauté et d'inhumanité. Ces « Plaies d'Égypte » alias tsunamis, famines, tremblements de terre, guerres sans compter, et Oh! Abomination: le « veau d’or »  adoré des milliardaires, agonise sous l'œil consterné de Madame Lagarde!

La terre, notre seule maison, est en dépression profonde et elle pleure.  Jésus a daigné la visiter, l'habiter et la construire avec nous, avec ses mains et les nôtres. Jésus tour à tour aimé, harcelé, finalement jugé d'agitateur et crucifié! Comme « l'empereur » crucifie quiconque cherche et dit la vérité: journalistes, prophètes, théologiens de la libération, économistes, philosophes, hommes et femmes de science et d’humanité.  Le Pouvoir impérial pervers dédaigne les racines et la sève! Mais son trône tremble.

Notre dernière planche de salut, à nous, est un « printemps  planétaire",  nourri de d’un humanisme spirituel. Jésus attend de nous rassembler, sans contrainte, ni dogme, ni cri d’appel, simplement en permettant à l’amour originel qui nous habite malgré tout, de surgir et d’être cette sève !

Pourquoi laisser la sève mourir en nous ? Laissez Dieu être qui Il est : la sève!

Et si la nostalgie du mot Église nous rend triste, pas de problème :  nous pouvons ramener l'Église à son origine : là où deux ou trois se retrouvent et partagent: c’est la graine du royaume, « basilea » car « C’est ainsi qu’elle a commencé », cette église.

Pendant mes vacances j’ai trouvé dans une bibliothèque un livre très accessible que j'ai dévoré, un vrai « fortifiant »: « C’est ainsi que l'Église a commencé » par Hermann-Josef Venetz (traduit pas Jean-Pierre Bagot) au éditions du Cerf 1986. !!!

http://librairie-en-ligne.gibertjeune.fr/GIBERTJ/fr/BOOK/...

Je me sens réconfortée, en tant que simple « sœur », car je suis redevable à l'Église malgré sa misère et ses trahisons, car sa décrépitude m'a forcée à retrouver Jésus "hors des murs", l'Eglise d'avant le christianisme".

Le terme « basilea » ne me lâche pas dès les années soixante en Afrique du Sud! Nous partagions des signes d’espérance avec Albert Nolan, dans la clandestinité, oui car l’Institution ecclésiastique romaine ne condamnait pas officiellement l’apartheid !

En fait  notre réalité ressemblait fort à celle d’aujourd’hui au niveau mondial, donc en Suisse, donc à Bulle : une multiplicité d'apartheid banalisés! L’insécurité ambiante et les défis, on les dissout dans des cantiques pieux. Un avenir sans issu? « pour les autres » là-bas, quand à nous, on est « à l’abri » …pour l'instant. On attend et on a peur des caprices de notre franc CH! Je suis dans le lot des spectateurs tv!

On détourne notre regard de celui de Jésus, car "il pleure sur Jérusalem et sur nous".

Je retourne à l'écran! Qu'impliquerait un retournement collectif vers la sève et vers Jésus? En Afrique du Sud, cela impliquait l’impensable et l’impossible, c’est-à-dire : vivre avec, et partager la gouvernance, le pouvoir avec les Noirs ! Impensable ! Sauf pour les fous.

couv5578g_200.jpgEt pourtant c'est advenu! Mais l'urgence de ce retournement n’arrivait pas de la chair théologique jusqu’aux petites gens. Non ! La théologie du retournement était aussi médiocre qu’elle ne l’est aujourd’hui dans nos églises! C'est de la théologie contextuelle et libératrice dans les sous-sols proches de la sève qu'est venu le pénible retournement...qui n'est pas achevé!

D’où l’infinie « compassionis » de l’Esprit qui nous fortifiait quand nous étions à deux ou trois et plus – ou seul – dans quelque « prison » d'État ou d’Institution. De ce « basilea » est « Jésus avant le christianisme » , l'Évangile de la libération traduit de l’anglais par Jean-Marie Dumortier, très accessible dans nos librairies, paru d’abord en 1973. http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_...

xl6vrztp.jpgL’urgence ne permettait pas des études poussées qui auraient facilité aux sud-africains blancs la compréhension du « Basilea », la petite graine de moutarde. Les Blancs on d'autant plus de mérite qu'ils ont trouvé, en eux, la force du retournement! Si nous, les Blancs sud-africains avions eu accès aux recherches éclairant l'Eglise des débuts, nous aurions mieux compris et acceptés « Jésus avant le Christianisme » de Nolan. Je perçois Venets qui creuse le sillon et Nolan qui sème la graine de moutarde que nourrie de la sève.

Ces livres ne servent à rien si je ne me mets pas au travail de chercher la Vérité et de dire, malgré les conséquences, ce qui doit être dit, dans l'entourage quand c'est possible, et au-delà des frontières.

complément d'Albert :

« La théologie médiocre que nous entendons si souvent lors des

homélies dominicales et dans les classes de catéchisme n'a d'autre résultat que d'aggraver le

problème et de nous plonger davantage dans la crise. » (A.Nolan) 3


Albert Nolan

Johannesburg février 2004

http://www.dsiop.org/site/images/stories/Albert%20Nolan_fra.pdf

 

 


21:30 Publié dans Economie | Tags : retournement | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Excellent billet Soeur,
Il y a ceux qui écrivent les livres, ceux qui les lisent, le plus important est celui qui fait le livre...alors bon travail.

Bonne journée Soeur

Écrit par : 100blagues | 04/08/2011

Je viens de parcourir certains de vos nombreux billets, je suis en accord avec votre perception de ce monde entre inquiètudes mais également espoirs... Souhaitant juste que celles et ceux qui font force d'une si belle et indispensable hauteur de vue soient d'autant plus écoutés.
Vous remerciant pour ces précieux instants.

Écrit par : Didier | 05/08/2011

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