07/06/2011

L'Esprit dérange

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L'Esprit qui dérange

 

Introduction :

Je me souviens du lieu, quelque part auprès d’un petit ruisseau pierreux au Cap (Afrique du Sud). Nous étions un groupe mélangé (en terme de race, d’ethnie, de nationalité, de classe, de croyance) Une motivation commune nous rassemblait : c’était que chaque homme a droit à sa dignité d’homme. Ce que niait le système. Notre animateur était Albert Nolan, un frère dominicain, un grand et authentique théologien, et nous étions en train de réfléchir sur « Jésus avant le Christianisme » (Nolan (Albert) L'Evangile de la libération ) Et comme c’était son habitude, Albert s’inspirait des paroles de Grassroots, nous afin de construire son livre. Et tout d’un coup, Albert dit : « Ce qui est important, c’est l’Esprit de Jésus aujourd’hui ». J’avais suivi moult cours de théologie par correspondance, mais cette simple phrase fut un mûrissement, une révélation de ce qu’implique « Suivre Jésus dans le pays de l’Apartheid » selon Paul de Tarse qui résume ainsi: dans I Cor 13,11: « Quand j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je jugeais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; mais lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant. »

Réflexion :

Un enfant hérite de certains gestes spontanés de son père et de sa mère, par exemple ce petit hochement de tête rapide à l’annonce d’une nouvelle intéressante, un éclat de rire ou la manière de permettre aux larmes de couler en tournant le dos à tous.

En grandissant, l’adolescent, le jeune adulte aura les traits plus accentués de l’un des parents.  Plus tard encore, avec le passage des génération, on dira, « Oui, Paul avait l’esprit de son père, ou de sa mère, ou de ses aïeux ».  Cet  Esprit hérité n’a rien d’un copié-collé, c’est l’énergie qui poursuit  son déploiement, parfois en faisant preuve de fantaisie et d'imagination,  grâce à la courroie de transmission générationnelle.

Cet Esprit est toujours surprenant : Il nous propose  l’audace et l’humilité de prendre Jésus au sérieux, et c’est extrêmement ardu car, en Occident du moins, les Institutions craignent le Souffle « inattendu » de l’Esprit surtout quand il souffle des racines vers les sommets comme le dit le cher Isaïe (11 : 1-3)

 

« Un surgeon poussera de ses racines.
Sur lui reposera l’Esprit de Yahvé,
esprit de sagesse et d’intelligence,
esprit de conseil et de force,
esprit de connaissance et de crainte de Yahvé :
son inspiration est dans la crainte de Yahvé.
Il jugera, mais non sur l’apparence.

Il se prononcera, mais non sur le ouï-dire. »

 

Ce rejeton sorti de la source de Jesse, c’est le Verbe fait humain, tout homme, tous les hommes, IL respire, Il est le souffle de l’espèce humaine, le souffle de la Terre. « L’Esprit Saint est simplement l’Esprit de Jésus .»

(« Suivre Jésus aujourd’hui », Novalis Cerf, 2009, p 239 par Albert Nolan).

Jésus savait qu’il était bon qu’Il s’en aille afin de libérer ses apôtres et disciples de leur dépendance envers sa présence. Et de poursuivre sa Mission de libération, d'une manière collective et reponsable, partout dans le monde ! Il met sa confiance en nous en nous disant qu’il est bien davantage agissant en nous, sur les chantiers du monde, plutôt que « hors de nous » dans des temples et des cathédrales.  Les mots que rapporte le bien-aimé disciple Jean, (voir Jean 14 14-21, Jean 16 7-15) sont pleins d’une infinie tendresse. Oui on a pas honte de pleurer de reconnaissance en percevant dans le sens des mots, SA voix!

Il nous avertit pourtant que le « Monde n’aime pas la vérité » Et Jésus avait osé cette affirmation face à Pilate,  « Je suis la Vérité » (Jean 14 :6). On choisit le chemin de la lutte.

Annoncer la Bonne Nouvelle, cette Vérité incarnée, n’est pas une affaire de diplomatie, de doctrine, ni de dogme, c’est une Mission accomplie avec l’humble énergie de l’Esprit aujourd’hui par celles et ceux qui sont sans domicile fixe. Et qui cheminent, « faisant le Bien » (Actes 10:38). Faire le bien, selon la praxis de Jésus, consiste aussi à dénoncer les systèmes, à renverser les trônes, les pouvoirs, les dominations. Je n’invente pas, sa maman exultait le chant d’une combattante de la Liberté alors que son fils n’était pas encore né ! (Luc 1 : 46-55) Jésus a donc de qui tenir et personne ne m’en voudra de dire cela, car Il aimait sa mère, et Il nous aime. Et l’Esprit tressaille déjà dans son entourage, chez Elizabeth, et bien au-delà.

Je continuerai demain.

 

 

19:26 Publié dans Spiritualités | Tags : esprit | Lien permanent | Commentaires (0)

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