29/03/2011

DULCIE SEPTEMBER

 

 

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Pour vous Dulcie

 

Le 29 mars 1988, Dulcie September était assassinée en plein Paris. Son bureau de travail au 4ème étage du 28 rue des Petites Ecuries, Paris-10ème, était le lieu de  rencontre de nombreux amis, membres et sympathisants de l’ANC /Congrès National Africain. Dulcie était la représentante de l’ANC pour les régions francophones de l’Europe. Elle avait de maigres  moyens pour son travail d’information, de relations, d’actions. Son travail était d’autant plus ardu que les pays francophones étaient très lents à prendre conscience de la tragédie qui se vivait en Afrique du Sud ! Pire pour ce qui concerne la Suisse. Ce pays a soutenu le système d’Apartheid d’une façon honteuse et avec une hypocrisie infecte ! Les banques et les finances avaient priorité sur les sanctions et autres actions nécessaires au changement de régime.

Dulcie avait une analyse aigue des réalités. Elle n’avait pas la langue de bois, ce qui irritait les autorités économiques, politique et tenait la Police secrète franco helvétique en alerte. Mais oui. L’Affaire des Fiches a révélé ce que nous savions déjà !

Je me souviens avoir fait des traductions pour Dulcie. C’était mon amie. Nous nous sentions sœurs. Elle souffrait de l’éloignement d’avec son peuple. "Elle avait été emprisonnée, puis bannie (mesure d’isolement intérieur) en 1963 par le gouvernement de Prétoria avant de prendre le chemin de l’Exil ! » (24 Heures 30 mars 1988). Elle pleurait ses amis et ses proches abattus lors d’émeutes dans son beau pays, et le mien par adoption : images.jpgl’Afrique du Sud ! Je l’avais rencontrée à Zurich, à Genève puis par chance et pas mal d’efforts, elle fut enfin invitée au Jura, Delémont, par L’Association Jurassienne de Solidarité avec les Peuples du Tiers Monde (ASTM). Nous avons mangé ensemble. Et nous avons eu une rencontre vibrante, jusque tard dans la nuit du 7 au 8 septembre 1987. Je faisais l’interprète avec un vrai bonheur et grande satisfaction car elle disait « ma pensée », quasiment mon vécu en Afrique du Sud ! J’ai encore la précieuse cassette enregistrée du débat musclé de la soirée entre nos camarades jurassiens et Dulcie September. C'était un noble combat.

Six mois plus tard, Dulcie était morte. Elle s'était sentie menacée et avait demandé la protection que le gouvernement français n’avait pas jugé nécessaire de lui accorder.

Ce 29 mars 1988, elle reçoit cinq balles d'un "22 long riffle" en pleine tête, alors qu'elle ouvrait la porte du bureau de l'ANC, le courrier à la main.  Selon la Presse : « Personne n'a rien entendu. Seul M. De Crepy (agent commercial) a vu aux environs de 09H45 deux hommes (blancs) d'environ 40 ans, descendant l'escalier et quittant le bâtiment. » L’encre a coulé dans les journaux francophones, j’ai fait un dossier de plusieurs articles qui « parlottent » un peu dans tous les sens : les escadrons de la mort du gouvernement sud africains, même redoutés comme des fantômes, chez les missionnaires militants anti apartheid en Suisse romande ; les autorités françaises coupables de négligence, le parti communiste cherchant trop tard à récupérer Dulcie dans son intérêt propre, et l’enquête qui traîne et traîne : aujourd’hui  « L'affaire Dulcie September n'a pas été résolue par la justice française. Elle a abouti à un non-lieu. » Selon « Le Post » d’aujourd’hui : « L'identité de ses assassins est un secret de polichinelle… » C'est vrai, "devant la Commission "Vérité et Réconciliation", en avril 1988,le chef des esquadrons de la mort a affirmé que l'assassinat de September était l'oeuvre du Bureau ce Coopération (CCB) de l'armée sud-africaine!"

Je ne vous oublie pas, chère Dulcie, et dans les ténèbres images (32).jpgd’aujourd’hui, vous restez cette petite lumière d’espérance qui ne peut s’éteindre. Merci !

 

"Robert Denard, 78 ans, est mort, de vieillesse, le 14 octobre 2007.  Robert, dit « Bob », Denard, célébrissime mercenaire français, protagoniste pendant trente ans de plusieurs coups d’Etat en Afrique et dans l’archipel des Comores. Sa disparition estompe un peu plus les esquisses de vérité sur la mort de Dulcie September, représentante de l’African National Congress (ANC) en France et citoyenne arcueillaise, assassinée par balles le 29 mars 1988 à Paris.
Car Denard savait tout. Très probablement. Il savait tout des basses œuvres commises par son bras droit, Jean-Paul Guerrier, alias Capitaine Siam, en fuite depuis 1999 et identifié dès 1998 par un ancien responsable de la police secrète sud-africaine comme l’un des deux assassins. Ainsi, le temps passe, les gens disparaissent, les dossiers se referment.
"

http://www.grioo.com/ar,assassinat_de_dulcie_september_affaire_classee,13505.html

http://www.liberation.fr/societe/0101327184-des-mercenair...

http://www.pressafrique.com/m394.html

http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:9E4H...

22:51 Publié dans Politique | Tags : dulcie | Lien permanent | Commentaires (0)

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