11/03/2011

DE TOUTE URGENCE!

 

Solidarité avec l’Afrique du nord au lieu de souci électoraliste !

Le 16 mars, le Conseil national va discuter de la « crise » de l’Afrique du nord et de ses répercussions sur la Suisse dans le cadre d’un débat urgent. Bien des parlementaires ne semblent manifestement pas tant préoccupés par le bain de sang engendré par la guerre civile en marche en Libye et par les régimes despotiques et kleptocrates encore en place dans bien des pays arabes du Maroc en Arabie Saoudite que par le risque d’un afflux de réfugiés nord-africains en Suisse. La campagne électorale a commencé. Appartenant aussi bien à l’UDC et aux partis du centre bourgeois, des hommes et femmes politiques des partis établis ont déjà affirmé que les migrants d’origine des pays en crise qui viendront seront des « réfugiés économiques » qui n’ont rien à chercher en Europe ni, bien entendu, en Suisse. Voici quelques échantillons:

Madame Karin Keller Sutter, conseillère d’Etat et directrice de la police, PLR : « Les migrants sont des réfugiés économiques qui doivent être renvoyés immédiatement » ; 20min Online, 15.02.2011

Union démocratique du centre, UDC : « les autres partis veulent des frontières ouvertes. Nous voulons des frontières sûres » ; annonce dans la NZZ, 04.03.2011

Monsieur Ruedi Lustenberger, conseiller national PDC : « Les Tunisiens qui demandent l’asile en Suisse ne doivent désormais disposer que de moyens de droit limités. […] Le mieux serait de ne pas les laisser entrer du tout en Suisse », Zentralschweiz am Sonntag, 20.02.2011


Nous invitons donc toutes les personnes qui partagent notre opinion à refuser ce cynisme électoraliste et à signer notre appel public !

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De tout coeur, je transmets ce que je viens de recevoir de Solidarités sans frontière! C'est Urgent!

 

Appel public concernant le débat parlementaire urgent du 16 mars sur la situation dans l'Afrique du Nord

 

 

L’Afrique du Nord lutte pour la démocratie – La Suisse doit se montrer solidaire!

Appel public concernant le débat parlementaire urgent du 16 mars sur la situation dans l'Afrique du Nord

Mesdames et Messieurs les Députées et Députés au Parlement
Mesdames les Conseillères fédérales,
Messieurs les Conseillers fédéraux

Les fractions ont décidé de mener un débat urgent le 16 mars sur la crise en Afrique du Nord. Les personnes et organisations signataires de cette lettre souhaitent vous rappeler certains points:

Ces dernières semaines, des milliers de réfugiés ont fui la Libye vers la Tunisie et l’Égypte, et les populations locales les ont accueillis. Bien que ces populations soient elles-mêmes en proie à des troubles politiques et démunies, elles ont fait ce qu’elles ont pu pour venir en aide aux arrivants. Pendant ce temps, en Europe et en Suisse, on élabore des scénarios catastrophes parce que quelques Tunisiens ont traversé la Méditerranée. Des millions de francs doivent être débloqués, les gardes-frontières et même l’armée doivent être mobilisés pour empêcher les intrus d’entrer et pour les refouler.

> Ce comportement est honteux. L’Europe et la Suisse font preuve d’arrogance et d’égoïsme et d’une absence complète de solidarité vis-à-vis des gens qui se battent, au péril de leur vie pour la liberté, l’égalité, la démocratie. «Le Maghreb brûle», et il est de notre devoir le plus simple et évident de contribuer à éteindre le feu. C’est d’autant plus clair que nous avons nous-mêmes attisé le feu en soutenant pendant des années les dictatures de l’Afrique du Nord, comme l’affirme notamment une lettre de lectrice dans le Tagesanzeiger du 4.3.2011 qui dit: «Actuellement, ces gens sont menacés, ils ne sont pas menaçants» (Tages-Anzeiger, 4.3.2011).

On traite ces gens de «réfugiés économiques». On oublie d’ajouter que notre politique économique – qui veut des matières premières bon marché, des ventes record de biens de production et des vacances exotiques et pas chères – a beaucoup contribué à créer le chômage et la pauvreté dans ces pays. On oublie notre participation à l’absence de liberté politique et aux violations des droits de l’homme en exportant pendant des années nos armes vers les pays arabes.

> Les gens qui émigrent pour pouvoir survivre et assurer la survie de leurs familles ne sont pas des «réfugiés économiques», mais des réfugiés de la pauvreté. On leur refuse des droits fondamentaux et des droits de l’homme, en matière sociale, culturelle et économique. Le droit de mouvement est également un droit de l’homme et nous en usons sans même y penser.

On parle de droit à la révolution en évoquant les bouleversements des pays de l’Afrique du Nord. Il faut du temps pour intégrer des changements des relations politiques, économiques et civiles de cette ampleur.

> La Suisse ne peut se contenter d’affirmer solennellement son soutien aux forces démocratiques en Afrique du Nord. Elle doit, en même temps, commencer à recréer de nouvelles relations politiques et économiques avec ces pays. Il faut une politique économique permettant aux pays de l’Afrique du Nord de se développer en toute autonomie au lieu d’être encore et toujours subordonnée aux intérêts de la Suisse.

Nous, les personnes et organisations signataires, nous sommes indignés de la manière dont les politiciennes et politiciens, les membres des gouvernements et des partis se sont exprimés dans les médias sur les migrants du Maghreb.
Nous rejetons catégoriquement leurs appels à la répression. Enfin, nous refusons que ce problème brûlant soit instrumentalisé à des fins électorales.

«Des frontières sûres», cela n’existe pas.
Ce qui existe en revanche, c’est une manière sûre et solidaire de vivre ensemble! Pour ces raisons, nous exigeons des parlementaires cantonaux et fédéraux, du Conseil fédéral et des gouvernements cantonaux qu’ils:

- s’engagent pour une politique d’asile et de réfugiés ouverte et solidaire s’appuyant sur le respect des droits de l’homme au plan politique, social, économique et culturel;
- s’engagent en faveur d’une autre politique économique permettant une évolution vers l’indépendance des pays d’Afrique du Nord et la création de places de travail, et non pas favorisant d’abord les intérêts du libre-échange et de l’économie de l’occident;
- s’engagent à rembourser aux pays lésés les millions de francs détournés par les dictateurs et en confier l’usage à des institutions démocratiques élues;
- soutenir fermement ceux qui s’engagent pour la démocratie dans le sens que toutes et tous puissent contribuer à la vie politique, économique et civile.


 

09:14 Publié dans Monde | Tags : afrique nord | Lien permanent | Commentaires (0)

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