14/02/2011

Le fusil à la maison

 

4467721,300.jpgLes armes à feu

le 13 février 2011:

Les Suisses ont décidé à 56,3% de garder leur fusil à la maison (Photo Keystone)

Il y a longtemps, notre père avait, réduit au fond de l’armoire, un fusil de chasse pour la saison ouverte. Etait-ce son fusil de soldat? Je ne sais pas. Notre modeste ferme jurassienne a la chance d’avoir une forêt et les lièvres s’y promenaient pour finir parfois dans notre assiette. Papa gardait quelques cartouches dans un tiroir. Il « chargeait le fusil » avant de partir à la chasse avec d’autres chasseurs des fermes voisines.

Mais nous ne ressentions ni appréhension ni culpabilité d’avoir cette arme à la maison. Elle servait simplement à ce petit plus d’alimentation pour la famille.

Je ne sais pas si ce fusil de chasse était le même que celui qu’il avait durant la mobilisation à Altorf. D’ailleurs, à l’armée, papa était cuistot et s’occupait de la fanfare.

Lorsque, dès 1939, des coups de canon retentissaient de l’autre côté de la frontière (notre ferme est à 5 kilomètres de la France) et que des cousins français arrivaient chez nous angoissés, affamés, nous avons réalisation l’horreur de l’instrument qui tue : fusils, carabines, canons et les bombardiers, les pistolets !  Et aujourd’hui ?

Mais écoutez cette brève info de la TSR, le 23 mai 2005

http://www.tsr.ch/video/info/journal-19h30/125140-le-fabr...

C’est très clair. Les armes que nous fabriquons pour assurer la sécurité sillonnent le monde, sème la mort, la terreur. Et nous ne sommes  pas les seuls fabricants d’armes, c’est un « marché mondial qui rapporte gros comme on dit » C’est la phase terminale d’un cancer généralisé.

 

Dès note enfance les maîtres d’école nous faisaient chanter :

« Armons-nous armons-nous armons-nous… » jusqu’à hier soir (Oui, le 13 février 2011) à la salle de spectacle du CO à Bulle, c’était au répertoire de « La chanson du Pays de Gruyère ». Ce fut applaudi.

Mais il y a pire : C’est Roulez Tambours

pour couvrir la frontière,
Aux bords du Rhin, guidez-nous au combat!
Battez gaîment une marche guerrière,
Dans nos cantons, chaque enfant naît soldat!

C’était à l’école primaire de Montenol (JU) en les années 1930 ! C’était faire de nous tous, petits helvètes des « terroristes en herbe ». Avant de faire la première communion et de psalmodier : « Jésus doux et humble de cœur… » Quasiment sans transition.

Les armes en Afrique du Sud : L’apanage des Maîtres Blancs et interdits aux Noirs.

Là j’ai vu le délire des armes, que ce soit aux débarcadères du Cap ou de Port Elisabeth, que ce soit au poing de la Police et/ou des soldats, que ce soit dans les Institutions (oui jusque dans les maisons religieuses) que ce soit dans les écoles et dans les Maisons privées. Un chauffeur africain m’avait emmenée une après-midi visiter une école de Mission; la situation était tendue, je me sentais mal à l’aise sur mon siège à l’avant. Nous fûmes arrêtés en chemin par une patrouille de contrôle (blanche). On nous dévisage, on nous dit de passer. Le chauffeur noir me regarde et rit : « Sister, the rifle is under your seat ! » (Le fulsil est sous votre siège). La Police ne s’est pas méfiée, je crois, j’étais blanche !

Il y avait une telle prolifération d’armes à feu que les gens les égaraient et celle-ci étaient ramassées par les Africains chanceux. Au paroxysme de la tension, les Blancs disaient : « Shoot to kill ! » (tirez pour tuer), et les Noirs hurlaient « One Boer, one Bullet ! »

Grâce à Mandela, nous avons réalisé que le pain et l’eau sont plus précieux à la vie images (1).jpgque les armes. Mais nul n’est désintoxiqué à ce jour ! La violence semble enracinée au coeur de l'être humain, et elle ne se manifeste pas avec les armes seulement!

Ni en Afrique du Sud, ni au Congo, ni en Suisse où l’on vient de voter afin de conserver « à la maison s’il vous plaît » et non sur le champs de bataille, le fusil tant aimé, fantoche et mortifère! On ne construira pas la famille humaine avec les armes à portée de main, la violence en tête et la peur au ventre!

Solution?


15:32 Publié dans Politique | Tags : violence | Lien permanent | Commentaires (8)

Commentaires

@Soeur Claire Marie,permettez une information allant à l'encontre de la votre ,en effet en 1950 nous chantions au pied de la statue des Rangiers le fameux chant patriotique ,roulez Tambours et aucun de notre génération n'est devenu terroriste non beaucoup sont devenus scouts c'était un chant qui encourageait à aider son prochain ,nous étions la génération Guisan et notre devoir sauver tous ceux qui n'avaient pu l'être avant et ce jusqu'en 1973,ce que nos anciens trop fatigués n'avaient pas accompli,leurs enfants ou petits enfants s'empressèrent de relever les défis restés en attente
bien à vous et bonne soirée

Écrit par : lovsmeralda | 14/02/2011

je me permets de rajouter ceci sans qu'un adulte ait eu à intervenir nous enfants avions compris qu'il était essentiel surtout quand on connait l'histoire suisse de protéger tous les enfants atteints de lourds handicaps psychiques et qui étaient nombreux dans la commune,comme mûs tous par l'instinct de protection,ceci ne fut jamais révélé,mais nous étions à leur coté si par hasard l'un d'eux sortait s'amuser dans la rue sans surveillance

Écrit par : lovsmeralda | 14/02/2011

Cher Lovsmeralda, merci de vos deux commentaires, de l'évocation de 1973 (Je n'étais pas en Suisse à cette époque-là et ça a du être encourageant.
bien à vous

Écrit par : cmj | 14/02/2011

@cmj,en effet et le plus surprenant fut mon travail dans un hopital avec des soeurs catholiques à leur contact,je m'enrichis d'une expérience exaltante ,elles travaillaient en riant savaient plaisanter ,leur approche du patient a transformé ma vision du futur,je n'avais que 18 ans,mais quel grand bonheur ressenti et je leur dois beaucoup ,leur souvenir reste et restera jusqu'à la fin de mes jours,qui j'espère ne viennent pas trop vite,car j'ai encore beaucoup d'aide à apporter mais comme dirait cette grand maman partie ,inch allah
bien à vous et bonne soirée

Écrit par : lovsmeralda | 14/02/2011

Oui, Lovsmeralda, avec la Grand-maman partie, je dis "inch allah.
Les expériences de vie de la population avec des "Sœurs" dans des institutions hospitalières, éducatives, caritatives de toutes sortes, sont diverses. J'ai l'intention, si j'arrive encore d'analyser (un peu) des expériences heureuses et constructives, ou malheureuses et destructives avec des personne "religieuses". Les antécédents, les séquelles. Et la nécessaire prise de conscience que nous sommes tous UN dans un avenir commun.
amitiés
claire marie

Écrit par : cmj | 15/02/2011

@cmj,ne trouvez vous pas un air de ressemblance avec l'ambiance qui devait régner au temps ou les premiers chrétiens fuyaient les romains et leur envie de tuer tous les nouveaux nés garçons?nous sommes à nouveau dans le prêtoir de l'Avant Pâques ,réglements de comptes,interdits en tous genres tandis que le peuple carnavalesque se défoule dans des sambas antéchristiques,pauvres humains préférant résoudre les problèmes des autres pour fuir les leurs,mais n'était-ce pas le but de Cain et Abel?que de lentilles jetées au pourceaux alors qu'il aurait suffit à beaucoup de courir s'en acheter afin de voir mieux et plus loin avant d'agir et réfléchir ensuite/élevée darbyste,j'en ai gardé les principes c'est à dire Dieu le dimanche ,la semaine on travaille et ensuite on s'amuse,mais l'humain était toujours respecté,la pauvreté combattue souvent à nos propres détriments,car sauver l'être qui devait grandir en chacun de nous se devait et c'était une obligation apprendre le sens et la valeurs des personnes âgées en premier un peu comme en amazonie ou tout enfant se doit d'aider une personne âgée...
amitié et bonne fin de journée

Écrit par : lovsmeralda | 15/02/2011

Bonsoir soeur Claire-Marie

La solution...Faire comme votre grand-père le laisser au placard sans munitions!

Que je sache vous n'êtes pas devenue Cow-boy sur les pente du Jura pour autant?

Bien à vous et à bientôt, Amitiés.

Écrit par : Pierre NOËL | 16/02/2011

pour Lovsmeralda, merci "respecter l'humain,combattre les structures qui créent la pauvreté"...
pour Pierre Noël, merci. Je n'ai pas eu la chance de connaître mes grand-pères. Mais je pense que nous ne pouvons pas rester indifférents à la violence institutionnelle qui "fabrique"... et cette prise de conscience populaire au Moyen en Orient du droit à la dignité est un signe positif.

Écrit par : cmj | 16/02/2011

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