10/08/2010

Mon Dieu QU'AVONS-NOUS FAIT?

 

Le Japon : Hiroshima, la bombe, la renaissance.

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Hiroshima et Nagasaki

Mon Dieu, qu'avons-nous fait ?

Comment en est-on arrivé à faucher, l’espace d’un flash,  des centaines de milliers de  personnes à Hiroshima et Nagazaki ? En connaissance de causes ! Vraiment ?

Qui allait gagner cette guerre mondiale ? En l’absence de dialogue, c’est la force brute.

Imaginer un moyen : anéantir l’ennemi d’un seul coup au moyen d’une bombe. Einstein découvre l’incroyable équation entre matière et énergie : E = mc2. Une chance « pour un monde meilleur ». Selon son emploi lorsque « la solution finale est plus facile que le dialogue ! »

En fait, il s’agissait de l’Allemagne,  des USA et des autres. Les Japonais seront sacrifiés pour en finir. Si je ne détruis pas l’ennemi, je serai détruit par lui.

Il fallait devancer les Allemands et mettre au point l'arme nucléaire avant ceux-ci. En 1939, des scientifiques allemands réfugiés aux États-Unis, font pression sur Albert Einstein pour de signer une lettre à Franklin Roosevelt, président des États-Unis, visant à  le prévenir  des dangers de l'énergie nucléaire. http://mendeleiev.cyberscol.qc.ca/carrefour/rescol99/bombe-3.html

Face au danger potentiel d'une arme nucléaire allemande le président américain donna son accord. Le 16 décembre 1941, le "Projet Manhattan" fut lancé.  (Voir La petite histoire du projet Manhattan http://www.astrosurf.com/luxorion/histoire-manhattan-proj...)

Einstein prit la responsabilité totale des conséquences  possibles de « la plus grande erreur de sa vie ». Il ne participera pas au projet Manhattan et écrira une deuxième lettre à Roosevelt début 1945 pour le supplier de ne pas utiliser l'arme nucléaire. En vain !

Après la guerre et le carnage Einstein militera pour un désarmement atomique mondial, jusqu’à sa mort en 1955. Il confiera à Linus Pauling : « j’ai fait une grande erreur dans ma vie, quand j’ai signé cette lettre [de 1939] ».

«Le 30 juillet, la décision définitive est prise. "Nous n'avons plus le choix", reconnaît Truman. (Successeur de Roosevelt).

Il envoie ce mémo à Stimson : "Suggestions approuvées. Lâchez la bombe dès que vous serez prêts… » Le 6 août, à 8 h 15 minutes et 17 secondes : "Little Boy" est lâché sur Hiroshima par le B-29 "Enola Gay" du colonel Paul Tibbets (509ème escadrille de bombardiers). La ville est rayée de la carte, il y a 70 000 morts. Deux autres B-29 l'escortent, emportant les instruments scientifiques destinés à l'analyse de  l’explosion.

Le commandant de bord Paul Tibbets décida de baptiser le B-29 avec un nom unique, celui de sa mère (Enola Gay), pour placer l'avion et son équipage « sous une bonne étoile !!!» comme il le dira lors d'une interview.

Trois jours après, Bockscar, un autre B-29 piloté par le major Charles Sweeney, largua une bombe A au plutonium surnommée Fat Man sur Nagasaki.

Le Japon doit se résoudre à "accepter l'inacceptable". Les Américains ont accepté de laisser l'Empereur en place. Le 15 août, le Japon annonce officiellement qu'il capitule sans condition.

L'opinion publique américaine n'en a pas voulu à Harry Truman d'avoir ordonné la destruction atomique des villes japonaises. Bien au contraire. Les équipages des B-29 ont été traités en héros. De son vivant, Truman a été plus critiqué pour son programme social et ses projets de loi en faveur des noirs que pour l'utilisation de la bombe.

(En fait les USA voulaient aussi impressionner la Russie et quiconque deviendrait une menace !)

La moralité, en temps de guerre, c'est une question de statistiques.

En 1995, dans ses mémoires, l'amiral Leahy, chef d'état-major particulier des présidents Roosevelt puis Truman, expliquait :

"Les Japonais étaient déjà vaincus et prêts à se rendre. (...) L'utilisation à Hiroshima et à Nagasaki de cette arme barbare ne nous a pas aidés à remporter la guerre. (...) En étant le premier pays à utiliser la bombe atomique, nous avons adopté (...) la règle éthique des barbares."

Quant au général Eisenhower, il écrivait lui aussi dans ses Mémoires : "À ce moment précis [août 1945], le Japon cherchait le moyen de capituler en sauvant un peu la face. (...) Il n'était pas nécessaire de frapper avec cette chose horrible."

Comme quoi l'interprétation du passé a toujours constitué un champs de bataille idéologique.

Quant au général Eisenhower, devenu président des États-Unis de 1953 à 1961, il écrivait lui aussi dans ses Mémoires : "À ce moment précis [août 1945], le Japon cherchait le moyen de capituler en sauvant un peu la face. (...) Il n’était pas nécessaire de frapper avec cette chose horrible".

Nous nous résumerons en une phrase: la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. A. Camus

La souffrances des survivants:

·         L'envoyé spécial de notre RSR et TVS, notre journaliste Georges Baumgartner rencontre en 1995 Keiko Ogura, une survivante à l'explosion de la bombe atomique sur Hiroshima, le 6 août 1945. Ces rescapés sont appelés en japonais Hibakusha, soit littéralement «victimes de la bombe». Elle témoigne afin de transmettre le souvenir de cette expérience horrifiante.

En effet, des milliers de Japonais sont irradiés par les 2 bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki en août 1945. En plus des souffrances physiques, ils sont aussi rejetés par leurs concitoyens par peur d'une contagion.

 « Les États-Unis n'ont jamais accepté de présenter des excuses pour les quelque 210'000 morts, pour la plupart des civils innocents. »

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombardements_atomiques_de_Hiroshima_et_Nagasaki

http://aerostories.free.fr/hiroshima/page9.html

http://webduweb.free.fr/complot.htm

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Le Peace Memorial Park, le Musée de la Bombe, l'Hypocentre et le Memorial Hall.

(Ce billet est motivé par le désir de savoir un peu mieux ce que nous avons célébré le 6 et le 9 août 2010, claire-marie)

16:16 Publié dans Monde | Tags : bombe aromique | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Un monde "libre" acquis sur un final terrifiant peut-il être le monde auquel l'humanité aspire? Il y a parfois des destructions qui permettent la reconstruction d'un monde plus juste et moins imparfait. Ils en existe aussi qui ne sont que l'apothéose finale d'une barbarie générale et qui ouvre sur une autre conception d'un ordre social organisé pas franchement idyllique. Notre société actuelle est cannibale, outrancière, dévoreuse de matière première, égoïste, portée sur un individualisme sauvage qui cherche avantage sur avantage. Un autre style de barbarie qui peut déboucher sur la pire des catastrophe: déstabilisation générale du climat et guerres civiles ou militaires à venir pour rester en état de survie. Difficile de parler d'humanité et de philosophie humaniste dans ces conditions là. Notre monde existera-t-il encore dans une centaine d'année? On peut en douter tellement les difficultés nous surprennent, les catastrophes naturelles ou provoquées indirectement des mains de l'homme se multiplient ( les centrales nucléaires et les centres de retraitement sont de moins en moins à l'abri des catastrophes naturelles), les guerres couvent...et les armes nucléaires prolifèrent malgré les traités et l'ONU... Triste constat. Nos enfants devront se battre avec des conditions sans doute plus difficiles pour la survie. L'humanité devra radicalement changer d'esprit et d'actions pour réussir à sauver sa peau. Très bonne journée à vous, chère Soeur.

Écrit par : pachakmac | 10/08/2010

Cher Pachakmac, merci. Ce matin ou Journal de 07h30 l'invité était jacques Grinevald à l'adresse: http://www.rsr.ch/#/la-1ere/programmes/le-journal-du-matin/
Et il répondait à nos questions: L'Invité du Journal
Jacques Grinevald, professeur d'écologie globale et de développement soutenable à l'Institut des hautes étudies internationales et du développement (IHEID) à Genève, philosophe, historien du développement scientifique et technique. Voici la présentation de la RSR: "La question que l'Homme doit se poser, c'est celle de sa relation à la Terre". Jacques Grinevald appelle à la prise de conscience individuelle dans la lutte contre le réchauffement climatique et ses conséquences dévastatrices. Il ne croit pas au succès des négociations dans le cadre de l'ONU. Selon lui, les instances internationales ne sont plus adaptées à la réalité; elles seront incapables de donner une réponse commune et efficace aux problèmes posés par le réchauffement.
Ce philosophe pense que l'Homme ne réalise pas encore à quel point il fait partie du système naturel terrestre et à quel point il l'influence.
Il a évoqué Teilhard de Chardin et la nécessité d'une conscience profonde de notre lien à la terre d'une manière métaphysique.
Personellement: la méditation selon Thich Naht Hanh, le matin ou durant la journée parfois encourage (tout doucement) cette prise de conscience. J'aimerais pouvoir le faire en groupe.
claire-marie

Écrit par : cmj | 10/08/2010

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