28/04/2010

LEADERSHIP

 

Fotolia_870357_S1.jpg

Un leader ne naît pas à sa naissance, il le devient !

 

Ma première expérience de leadership fut dans notre ferme jurassienne à quelques kilomètres de la France, la patrie de notre maman.  Papa était né en 1880 et maman en 1888. Ils formaient un couple et une équipe avec leurs huit enfants nés en époque de guerre et d’après guerre. Étrange, la pauvreté régnait dans la région, mais je ne me suis jamais sentie pauvre ! Au contraire, un de mes premiers souvenirs fut la remarque qu’un visiteur fit à Papa sous les 2 tilleuls géants : « On devrait vous taxer pour l’air pur que vous respirez ! » Le citadin avait un regard soucieux, mes parents un regard paisiblement clair ! Papa ne dit rien. Quand je lui demandai ce que le visiteur avait dit, Papa me dit : « Dis merci au Bon Dieu pour l’air pur et les tilleuls ». J’avais six ou sept ans et j’étais la cinquième de la fratrie. Une famille à qui je pense avec la nostalgie de l’enfance qui idéalise tout. Quitte à mûrir sous les coups de ma croissance.

Le mot « leadership » n’existait pas encore. On disait peut-être « guide » proche du guidon d’un vélo ! Mais j’en apprenais le sens par leadership.jpgla peine que prenaient les parents afin de nous responsabiliser les uns envers les autres en prenant soin des plus faibles, envers les vieillards de l’hospice leur jour libre, envers la jument et la vache qui mettaient bas le poulain et le veau, en soignant les lapins, en donnant du grain aux poules, en étant attentifs au comportement des animaux de la ferme, en pompant l’eau du puits pour leur breuvage et pour nos lessives. On se sentait responsable de la terre, du grand jardin, des champs.

 

Prendre conscience de l’impulsion de vie dans le vécu quotidien des saisons, colorées de pleurs, de malheurs et de bonheurs, les nôtres et ceux des autres, c’était comme la flamme fragile d’une bougie !  Oh ! Il fallait être responsable envers les passants frontaliers de l’époque et de la région. « Attention de ne pas suivre un inconnu et de ne pas parler avec n’importe qui ! » Lorsque les parents étaient aux champs et qu’on gardait la maison.

 

Les visites étaient nombreuses jusque tard dans la soirée quand des chasseurs aimaient raconter leurs histoires de chasse et discuter d’affaires politiques : entre Berne et le Jura, et surtout du sort des gens au-delà de la frontière, souvent de la parenté et des amis, de la région du Doubs, de Belfort, de l’Alsace martyre disait maman, de l’Allemagne, de l’Autriche et au-delà. J’entendais très rarement parler d’argent. Le pain quotidien, c’était de l’or. L’esprit fataliste n’existait pas chez mes parents, un « monde meilleur se faisait ». A travers les guerres, après les guerres on verrait peut-être un vrai Leader surgir ici et là… Conrad Adenauer et Charles de Gaule ! Maman vibrait, Papa réfléchissait. Les deux avaient des idées politiques contrastées et vivement discutées, entre eux deux et avec les passants et visiteurs.

J’essayais de tout comprendre sans jamais prendre la parole jusqu’au jour béni où je pus lire les livres d’école et tout ce qui me tombait sous la main y compris les feuilletons du Quotidien « Le Pays » et les Francs-propos d’Henri  Schaller ! Les parents d’abord, avec le vieil oncle Émile et la vieille tante Louise, puis les enfants s’arrachaient les feuilles, lisaient, se les repassaient, chacun son tour, avant de les replier, d’en faire des petits carrés de papier de toilette, des petits bateaux et des avions !

 

Oui, c’est dans cette grande chambre et sous les tilleuls que j’ai rêvé de pays lointains ;  nous avions vu des cavaliers sénégalais de l’armée française galoper sur la route bordée d’une haie et j’ai vu la couleur de leur peau.

 

La vie bouge, rien n’est statique, et le monde se construit, toujours plus beau et meilleur. Je croyais ferme au Bien, au Beau, au Bon ! Et quand on croit, on met la main à la pâte ! Quelle audace, cet idéal hérité de nos ancêtres. Pour construire un monde parfait ! Oh ! Je me souviens des désillusions et des colères durant les crises d’adolescence où tout allait trop lentement alors qu’on se projette dans l’avenir sans trop de réflexion et qu’on apprend la patience du temps qui passe et la nécessité de gagner son pain à la sueur de son front !

 

Il me semble que c’était l’apprentissage d’un certain type de « leadership » à partir de la pratique des aînés, des leaders. Pour mes parents, les leaders politiques étaient le sujet de leurs vigoureuses discussions ! Bien avant l’apparition de la radio. Mais quelle ouverture sur le monde nous apportait ce Telefunken !

 

Papa et maman n’étaient pas des « meneurs d’hommes » ils ne faisaient pas de Politique mais étaient politisés. Ils éveillaient ce qui se cache de meilleur dans chaque personne ! Merci à eux !

 

Ma conclusion toute personnelle : une personne nommée à un poste, Katutura1.gifen politique, en sport, en économie, en finance, en religion n’est pas automatiquement un leader ! Tout au plus est-il un bon fonctionnaire et c’est déjà beaucoup.

Un Leader ne naît pas à sa naissance ! Je pense que « Born to lead » est un leurre. L’apprentissage se fait parfois en prison comme notre Mandela ! Lui,  un vrai Leader. Et s’il s’en va, son esprit nous anime.

 

22:19 Publié dans Solidarité | Tags : leadership | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Bonsoir Yann, il y a longtemps, "le plus grand bien pour le plus grand nombre" me paraissait le fruit d'une lutte pour la justice économique et sociale. Logiquement. Mais les structures du système capitaliste étaient verrouillées et les exemples du Mozambique, de l'Angola, de la Zambie, pire, du Zimbabwe et même en Afrique du Sud, dont j'ai pu être proche de leurs indépendances successives, m'ont montré que l'égoïsme humain, et collectif oublie la solidarité aussitôt que le nouveaux "leader" ont le Pouvoir. Constater ce fait nous attriste et on pourrait dire: à quoi bon? Mais l'Esprit de Jésus et l'Amour inconditionnel de notre Créateur sont une force intérieur je crois. En vous, en moi en tant de personnes. Jésus, aujourd'hui comme hier, "pleure sur Jérusalem" et il dit aussi "Je suis toujours avec vous". Nous sommes les uns avec les autres.
Ce soir, j'ai voulu écouter à la BBC le 3ème et dernier débat télévisé des trois candidats dont l'un sera élu Premier Ministre britannique dans sept jours. Cela m'a impressionnée car on pouvait sentir qu'ils avaient presque peut de la tâche qui les attendait dans la réalité présente!
L'un des trois serait-il un Leader prêt à se donner entièrement au service des gens du pays? Je ne crois pas, mais je crois qu'ils désirent être de bons intendants responsables du bien de tous. Ils l'ont répété.
merci et amicalement
claire-marie

Écrit par : cmj | 29/04/2010

Bonjour. Donne un leader à ton âme et multiplie son oeuvre. Ne lui demande pas d'être ton maître mais au contraire accepte-le comme ton serviteur. Ne t'oblige pas à lui apporter à manger mais demande-lui de te faire encore à manger. Ne te prosterne pas devant lui mais montre-toi d'égal à égal. Ainsi tu découvriras le leader de ton coeur et tu pourras le suivre sur le chemin avec confiance et en conscience. Tu apporteras ta pierre à la cathédrale et te réjouiras que la cathédrale s'élève patiemment malgré les bombes tout autour, malgré les crimes tout autour, malgré la misère tout autour. Car soudain tout ceux-ci verront la cathédrale voudrons alors aussi participer à sa construction. Car personne n'est condamné à disparaître sans jamais avoir fait le Bien dans sa vie. Bonne journée à tous.

Écrit par : pachakmac | 30/04/2010

Les commentaires sont fermés.