27/04/2010

LEADERSHIP

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Leadership

 

« Le monde est en manque de leadership ». J’ai lu, et tout récemment entendu cette remarque concernant l'Église et ses ramifications, les ordres, congrégations, mouvements religieux. « C’est comme du bois mort qui flotte à la dérive » (sic).

 

Manque de leadership dans le monde politique, le monde du travail, de l’économie, de la culture et de la religion. On pare aux urgences. Le long terme est au-delà des  nuages.

 

J’entends souvent : « Il faut profiter ». Profiter de ce qui reste de temps, de « choses », de vie. « Nous disparaîtrons avant que disparaisse la planète, et une autre espèce humaine naîtra de nos cendres » ! S’engager dans une réflexion constructive est périlleux, tant les protagonistes semblent fixés sur l’inévitable. Je veux dire la NON-VIE. La mort douce.

 

Il me semble que les personnes les plus positives sont encore celles qui luttent pour leur survie au cœur des catastrophes naturelles, des guerres, du terrorisme des « trônes et des dominations ». Les ouvriers, les paysans, les poètes, les écrivains, les handicapés, celles et ceux qui informent le public sur les événements du monde quitte à se faire assassiner lorsque la vérité éclaire l’illusion des mensonges systémiques !

 

Après avoir joui d'une généreuse semaine de réflexion, de prière,  je suis confrontée à la question : « Comment partager « l’espérance qui est en nous et dont il faut rendre compte » (Première lettre de Pierre 3, 15) dans ce chassé-croisé de peurs de tout et de rien, de recherche effrénée de sécurités? Une larme coule sur Haïti, alors que l'attention se fixe la Grèce en manque d'Euros. Comment partager l'espérance concrètement?

 

C’est l’espérance qui motive cette note pour mon blog sur la carence de leadership aujourd’hui. Les relations existent mais sans réseaux de solidarité qui nous rassembleraient en un mouvement. Nous sommes des millions de gens de bonne volonté dispersées qui avons besoin de leadership pour se rencontrer en avançant vers un avenir commun. Et j'aimerais partgaer mon espérance renouvelée en la foi en tous les hommes. Et en l'esprit d'un leader.

 

Au lieu de plancher sur la signification de ce mot anglais intraduisible « leadership », je présente simplement une personne: Nelson Mandela.

La question lui fut posée : « Durant vos 27 années de prison, avez-vous jamais pensé être président ? » La réponse : « En prison, mes camarades m’ont toujours appelé comme ça, Président ! »(*)

 

Richard Stengel a écrit récemment « Mandela’s way : fifteen lessons on Life, Love and Courage », j'y trouve la sagesse et la substance d’un vrai leader dans les 15 conseils donnés, que j'ai traduits et fortement raccourcis :

 

1. Sache que le courage n’exclut pas la peur. Ne permets pas à la peur de te dominer. Dans les affaires quotidiennes, fais comme si tu n’avais pas peur.

2. Le calme aide les gens à agir avec justice. Réfléchis, analyse, puis parle et agis.

3. Sois devant, debout : il faut qu'on te voie aux commandes qui font avancer la justice et la paix.

4. Sois derrière et au milieu : « empower », fortifie les membres du mouvement. Sois au milieu d’eux et que « la pensée du pasteur soit la résonnance de celle des moutons » (Sr Gemma)

5. Que ton apparence et ton comportement soient dignes et respectueux ! Ouverts et à l’écoute.

6. Que ton but soit clair ! Les Droits humains pour tous, sans considération de race, de classe, de sexe.

7. Vois ce qui est bon dans l’autre. Crois en la vérité de l’autre jusqu’à preuve du contraire.

8. Connais l’ennemi. Apprends sa langue, détecte ses faiblesses, partage ses intérêts (voir le film Invictus).

9. Reste proche de tes rivaux. Garde contact. Les factions sont ainsi évitées.

10. Sois capable de dire NON s’il le faut, afin d’être fidèle au but à atteindre.

11. Ne sois pas naïf. Considère le long terme. Vois le fils rouge de l’Histoire à construire. Ne cherche pas d’abord à changer les choses proches de toi. Dépasses les frontières.

12. L’Amour fait la différence. Un révolutionnaire sait aimer.

13. Se retirer est un élément important du leadership. Le pouvoir n’est pas le but. Le but est la construction d’une société démocratique et où la justice règne.

14. Accepte les contradictions et tes limites. Sois compatissant envers celles et ceux qui se mettent au travers de ton chemin.

15. Finalement, fais du jardinage. Là, fais pousser de belles fleurs, mais avant tout, cultive ta paix intérieure.

 

http://ncronline.org/blogs/road-peace/mandelas-way

www.randomhouse.com.gif

 

(Lire le texte original au blog anglais)

 

À bientôt

21:44 Publié dans Solidarité | Tags : mandela | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Bonsoir chère Claire-Marie. La multiplication des conflits d'intérêts empêche l'avènement de vrais leaders capables de faire avancer le monde vers des zones un peu moins dangereuses. Même le Président Obama est confronté à un manque de leadership. Trop de personnes s'opposent à des projets collectifs qui semblent porteurs. Nous naviguons à vue avec le risque permanent de heurter l'iceberg. Un monde global ne sera jamais un monde tranquille. Il faut désormais apprendre à vivre avec l'intranquillité. Bonne soirée. Content de vous relire.

Écrit par : pachakmac | 27/04/2010

Trés heureux de vous lire de nouveau, et vous remercie pour ce billet qui est vraiment d'actualité, de vérité et d'espoir merci et bonne journée.

Écrit par : 100blagues | 28/04/2010

@ 100 blagues: grand merci, nous parlions de vous hier après-midi avec une amie commune en faisant un petit jass avec les Soeurs! amitié cm

Écrit par : cmj | 28/04/2010

cher pachakmac, merci: vous complétez le billet. Vivre avec "l'intranquillité et l'insécurité" cela fait partie d'une vie en mouvement je crois. Et une espèce de paix demeure en nous, c'est un peu comme l'eau tranquille et les vagues.c.m.

Écrit par : cmj | 28/04/2010

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