05/04/2010

TERREBLANCHE

 

 

000_Par3157677_0.jpgVentersdorp en Afrique du Sud

Eugène Terreblanche assassiné hier à sa ferme.

Assassiné chez lui vraisemblablement suite à une dispute avec 2 domestiques africains qu'il n'aurait pas payé. On sait que c'est le vendredi que les ouvriers recevoivent  leur maigre salaire en cash. Ce jour de paye n'est souvent pas respecté par les patrons et ce n'est pas la première fois que la patience des ouvriers est mise à rude épreuve d'autant plus que leurs familles dépendent de cet argent pour le pain de la semaine qui vient.


Ce serait la raison de la dispute, de la perte de patience des domestiques, qui se seraient jetés sur le patron avec les outils qui se trouvaient sous la main.


Je dis pitié pour les domestiques assassins et pour Terreblanche assassiné, lui qui a vécu avec la haine de la race noire au coeur. Et qui n'hésitait pas à les ruer de coups!

C'est parce que j'ai vu cet homme de près que je me sens obligée de relater l'incident suivant survenu à l'Université de Prétoria en 1979.

Une rencontre avait été organisée pour les enseignants pour une mise au point au sujet de la commémoration, le 16 décembre, de la bataille de Blood River où les Zoulous furent décimés. Un Historien et Théologien afrikaner avait achevé et publié son travail. Le 16 décembre devrait être une occasion de revoir ce qui s'était vraiment passé à Blood River, de dialoguer avec les étudiants africains noirs et blancs sur l'héritage commun à toutes les races et ethnies du pays.

Mandela était encore en prison mais des efforts multiples comme celui du Professeur Floors van Jaarsveld faisaient espérer un avenir libéré du terrorisme blanc. Que cette rencontre eut lieu à l'Université de Prétoria et que le conférencier fut un intellectuel Afrikaner était un signe d'ouverture jamais encore vécu!


Je me rendis à cette conférence et je m'en souvien comme si c'était hier. Le professeur van Jaarsveld parlait comme le pédagogue qu'il était. Nous prenions des notes. Une demi-heure, plus ou moins et la porte latérale est violemment ouverte, une file d'hommes tout de noir vêtus marchent au pas militaire jusqu'à la table du professeur Van Jaarsveld encore occupé à parler, nous étions paralysés, pas de Securitas! Les intrus étaient armés. Ils s'emparent de Jaarsveld, lui versent du goudron liquide sur la tête, le visage et tout le corps en même temps qu'ils dispersent des sacs de plumes blanches sur lui et à travers l'aula. Les premières rangées de pupitres sont saccagées, le reste du goudron est versé par terre.

Une harangue en hissant le drapeau du mouvement AWB (Akrikaanse Weerstand Beweging) 200px-Three_sevens.svg.pngavertissant le public du danger du Swart Gevaar, le danger noir. Or des amis africains noirs étaient dans l'audience à nos côtés.

La Police appelée est extrêmement lente, On se précipite pour s'ocupper de la victime à même le sol, râle. Les terroristes hissent le drapeau afrikaner, sortent, la main levée. Style nazi. Eugène Terreblanche en tête! La haine incarnée.

Van Jaarsveld est gravement brûlé au visage et aux mains. Un médecin, une ambulance.

Il fallut du temps pour qu'agisse la police. En fait je ne suis pas sûre qu'il y ait eu des arrestations!

Terreblanche a organisé plusieurs attentats et agressions de ce genre et pire! Il fut condamné, relâché. Il demeura jusqu'à ce samedi pascal, le symbole de la haine envers les Non-Blancs.

Mandela et le nouveau gouvernement l'ont laissé en paix, il pouvait vivre sa vie dans sa ferme à Ventersdorp exploitant les domestiques noirs à volonté!

Ce meurtre nous attriste mais pas sa disparition. Il n'a jamais imploré le pardon, nous ne pouvons que lui pardonner collectivement. Que Dieu ait son âme.


http://www.tdg.ch/depeches/monde/afrique-sud-leader-extreme-droite-terreblanche-tue-ferme-police

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20100404.FAP7712/mort-d-eugene-terreblanche-un-membre-de-l-awb-parle-de-declaration-de-guerre-le-president-zuma-appelle-au-calme.html


 

01:31 Publié dans Afrique | Tags : meurtre | Lien permanent | Commentaires (9)

Commentaires

Eugène Terreblanche défendait son pays et l'identité blanche.

Quant aux noirs, qui ont travaillé librement pour lui en sachant que leur patron était le leader de l'AWB, mouvement raciste par excellence, doit-on les prendre pour des idiots ou des masochistes ?

Écrit par : CD.M | 05/04/2010

Il me semble que c'est très à la mode d'implorer le pardon, de qui, des gens qui ont souffert, des pays, des religions, des prisonniers pour rien dans certains pays, des exploités de tous genres, personnellement je n'y crois pas, ces excuses collectives ou non que l'on présentent parce que l'on est pris la main dans le sac, contraints et forcés ne sont que poudre aux yeux, quand au pardon de Dieu, nul ne l'apprendra avant sa propre mort, le reste n'est que paroles inutiles pour le confort moral des personnes qui les prononcent.

Écrit par : Graindesel | 05/04/2010

Merci des deux commentaires
@ Graindesel, le repentir, pardon, réconciliation comme la Commission TRC (Truth and Reconciliation Commission) s'est efforcée de le faire durant au moins deux années, est très difficile et très complexe. Le but: la réconciliation (et non l'oubli du passé) n'a que partiellement réussi et ce fut parfois superficiel! Eugène Terreblanche en est un exemple.

@CD.M, je ne sais que dire, mais c'est certain que nombreux sont ceux/celles, hommes et femmes, noirs et blancs, (en Suisse aussi) ne peuvent pas toujours choisir librement leur gagne-pain.

Écrit par : cmj | 05/04/2010

De touten feçon ce n'est pas moi qui vais pleurer ce sale rassiste, Un terre'blanche est mort, liquider ces lieutenants et ses sbires en même temps. Vive une planête saine.

Écrit par : Alex Berthoud | 06/04/2010

@Alex Berthoud : Que choisissez-vous, la peste, le choléra, le tsunami, tremblement de terre, l'arme atomique, chimique, heureusement qu'il y a peu de gens dans votre style, sinon bonjour les dégats...

Écrit par : Graindesel | 07/04/2010

"Que Dieu aie son ame" ??

Un nazi, qui dit haïre les noirs, mais qui les employe, car moins cher ne mérite aucun pardon.
Ce type est un monstre. Sa disparition est une petite délivrance pour l'Afrique entière.
Honte a lui, indulgence pour les ouvriers.

Écrit par : Hervé | 08/04/2010

Si l'on ne peut pas souhaiter la mort d'une personne, l'on peut tout de même se dire qu'avec moins de personnes dans le style de Terreblanche, la planète ne sera que meilleure.

Comment en effet considérer que chaque être humain a la même valeur, lorsque certains prônent la destruction d'autres races et cultures sous des prétextes plus que discutables ?

Écrit par : Warren Smith | 08/04/2010

@CD.M
Il défendait son pays et son identité blanche contre quoi exactement? Personne ne lui niait ces deux choses et cela ne lui donnait pas le droit, ni le devoir, de persécuter ses concitoyens. Qu'il l'ait voulu ou non, ceux-ci sont en majorité de race noire et sont chez eux. Or il me semble que ce ne sont pas leurs droits qu'il défendait. La violence de sa mort est à l'image de la manière dont il a choisi de mener sa vie.

Écrit par : missmina | 08/04/2010

Mais oui, Yann, au lieu d'être "un à côté d'eux, on devrait être avec". Mais la vie m'a appris "qu'être avec", en communauté par exemple demande aussi que ce "être avec" soit basé sur l'acceptation des libertés mutuellement respectées des uns et des autres. L'engagement pour construire un bien commun pour une survie commune se fait par le dialogue conversationnel. Mais on pourrait reparler de ça. (je dois vous quitter en vitesse.Bonne journée cm)

Écrit par : cmj | 09/04/2010

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