10/03/2010

SANS PAPIERS

Quand vivre dans une société soit disant chrétienne devient gênant et

quand la foi en Dieu et en l’homme doit retrouver un sens

http://www.sans-papiers.ch/

 

sans-papiers.jpg

 

Remplir un bulletin de vote une, deux, trois fois par année, c’est un privilège suisse et j’en profite avec une espèce de gourmandise car, en Afrique du Sud, rien de tel jusqu’en 1994 !

C’est parce que nous assumons notre responsabilité de citoyen/citoyenne que nous votons. Mais est-ce qu'une loi votée est toujours pour le bien commun? Et si la loi est injuste, faut-il obéir? Et si elle est, de plus, inhumainement appliquée comme l'étaient les lois de l'apartheid, le choix n'existe plus. Il faut s'engager pour la justice commune en défendant les victimes de la loi et en luttant contre ceux qu'elle sert à protéger, et qui par conséquent, ont le pouvoir de l'appliquer! Dur dilemme et choix risqué!

 

Les Sans-papiers chez nous

 

  • Infra rouge : formation des Sans papier

 

Le 24 septembre 2006, à une majorité de 68%, le peuple suisse accepte une Loi  visant à « préserver la tradition humanitaire de la Suisse et à lutter résolument contre les abus dans les domaines de l’asile et des étrangers ».

 

  • Quelle tradition humanitaire ?  Pour quels résultats ?

  • Résolument contre: conséquence: chasse aux abus des demandeurs d’asile et des étrangers.

 

Ma question : quelle marge entre la tradition humanitaire et la chasse sans pitié aux "abuseurs" ? ». Toute personne « Sans papiers » arrêtée, peut lire écrit sur le visage du policier ces mots: « Tu es un "abuseur", prouve que tu ne l’es pas !» Tu es une jeune équatorienne, belle et pleine d'espoir en la vie? Tu es un africain à l'accent du Canton de Vaud? Tu n'as pas de papiers? Pas de chance! C'est la loi! Vous n'êtes pas des nôtres!!!

Que nous dit notre conscience?

Mais voilà que Lausanne, Genève font les démarches nécessaires afin de permettre aux jeunes étrangers « sans papiers » de profiter d’une formation à la fin de leur scolarité et de recevoir une formation qui donnera un sens au jours qui passent et, qui sait, un instrument de gagne-pain pour l'avenir ici ou dans leur pays natal.

Hier soir, Infrarouge (http://infrarouge.tsr.ch/) animé par Esther Mamarbachi, productrice responsable, s’est penché sur ce nouveau « problème » face à la loi. Trois principaux protagonistes, parmi d'autres, étant:

Un jeune Sans papiers, par prudence sans visage, sans nom

Daniel Brélaz, syndic de Lausanne, conseiller national, Les Verts, VD avec visage et nom

Yves Nidegger, conseiller national, UDC, GE, avec visage et nom

Vous l'avez peut-être écouté: ce n’était pas un dialogue de sourds, mais c’était encore moins un débat entre personnes qui essaient de trouver une solution à un problème commun ! Et c’est typique de la tournure que prennent les émissions Infrarouge à la TSR. Ainsi que les échanges entre politiciens à la RSR et à la TSR! Débattre pour faire avancer la pensée et les idées est vraiment un art bien difficile lorsqu'on croit devoir défendre bec et ongles des intérêts de groupe, de parti.

D’une part ceux qui soutiennent l’initiative qui permettrait la formation des jeunes Sans-papiers: M. Brélaz poliment, intelligemment, exposaient ses arguments et convictions en faveur de cette formation tout en discutant avec les autorités cantonales et fédérales.

D’autre part les opposants dont M. Nidegger avançaient leurs raisons contre cette initiative invoquant la Loi à respecter, avec un minimum d’exceptions possible, être conscient du danger de voir venir davantage d’étrangers. Et surtout: toute la constellation économique clignote rouge vif!

Ce qui faisait rougir de honte le téléspectateur était le mépris, la virulence des propos pour l’opinion des autres! Que ressentaient  les jeunes Sans-papiers  dont un jeune homme et deux jeunes filles, et les étrangers à l’écoute de l’émission ?

 

Ma question : cette he-elle pas à la « Tradition humanitaire de notre pays » également acceptée par le souverain en 2006 !? ureuse initiative ne correspond

Oui, il est vraiment gênant de vivre dans une société aux valeurs soit disant chrétiennes, de rester passif devant un spectacle niant les valeurs qui honorent notre pays. Est-ce réel? On est gêné.

soutien-aus-sans-papiers.jpg
A plus de 100 reprises, l’Ancien Testament ordonne de protéger les étrangers. La formule récurrente « l’étranger, la veuve et l’orphelin» montre que pour Dieu, les étrangers révèlent son visage.

Puis dans le Nouveau Testament, Matthieu 25 : 35- 36 : «  J’ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli; j'étais nu, et vous m'avez vêtu; j'étais malade, et vous m'avez rendu visite; j'étais en prison, et vous êtes venus vers moi. "

Jésus s'identifie aux étrangers. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est LUI.

 

21:26 Publié dans Spiritualités | Tags : infrarouge | Lien permanent | Commentaires (9)

Commentaires

Je crois ma soeur que vous n'avez pas très bien comprit le problème, il y a des milliers de jeunes qui ne trouvent pas de places d'apprentissages, alors pour quelle raison ferrait on de la discrimination positive, ça n'a pas de sens!

c'est faire le jeu de l'extrême droite!

On est en train de monter les gens les uns contre les autres, et tout ça va finir dans le sang!

Écrit par : dominiquedegoumois | 11/03/2010

Bonsoir, chère Claire-Marie. Il est fort tard dans la nuit, et je vous lis. L'égoïsme tue l'amour pour notre Prochain. Peur de manquer, peur de se faire étouffer, peur de se faire voler, peur de perdre notre identité. Toutes ces peurs empêchent les humains de s'apprécier en tant qu'êtres humains faisant partie de la même communauté de destin. Que faire si ce n'est faire confiance à Dieu dans notre vie au risque d'être jeté au bord de la route par la vie? Oui, c'est cela notre existence. Soit on la prend à bras le corps avec tout le bonheur de partir vers l'inconnu en acceptant de nouveaux défis pas forcément évidents pour nous, soit on refuse tout en bloc, on se recroqueville sur nos acquis, et nous mourrons à l'humain en préférant nos biens matériels. Le combat est rude. Mais il vaut la peine de le vivre dans la confiance de Dieu et de son Amour.

Écrit par : pachakmac | 11/03/2010

@ Dominique Degoumois, oui, beaucoup de jeunes suisses peinent à trouver une place d'apprentissage, ou s'ils sont qualifiés, même au niveau universitaire, un emploi! Et pour ces derniers, j'en connais qui ne sont pas acceptés pour des travaux manuels parce que leur dit-on, "ils sont trop qualifiés".
Mais les quelques centaines de sans papiers des cantons de Vaud et de Genève qui auraient la possibilité d'être formés, d'être occupés donc de ne pas trainer dans les rues, est-ce que cela est au détriment des Suisses? Les jeunes sans emploi, suisses, français, africains, équatoriens avec ou sans papiers, se rencontrent dans les rues: ils ont en commun l'oisiveté forcée. Des efforts sont faits pour "inventer" des nouvelles formes d'emplois avec ou sans formation dans un premier temps. Mais vous avez raison, la discrimation positive est une injustice, je crois.

Écrit par : cmj | 11/03/2010

cher Pachakmac, merci. La roue du système qui accumule l'argent tourne et nous mène (mondialement) où nous nous trouvons. La crise comme on dit ici. Analyser les causes de ce qui était inévitable, voir et croire qu'un autre monde est possible et en "inventer les moyens", c'est peut-être accepter, comme vous dites, "l'inconnu les nouveaux défis pas forcément évidents". Hier Hard Talk à la BBC questionnait Jeffrey Sachs, un économiste, pas nécessairement populaire dans les rencontres "des pouvoirs en place", mais engagé. Voici l'adresse: http://news.bbc.co.uk/2/hi/programmes/hardtalk/default.stm. Mais c'est malheureusement en anglais.
Relever les défis - du partage évidemment - constructivement, nous mènent plus loin que de garder nos têtes dans le sable, je crois. Et vous?

Écrit par : cmj | 11/03/2010

"Mais les quelques centaines de sans papiers des cantons de Vaud et de Genève qui auraient la possibilité d'être formés, d'être occupés donc de ne pas trainer dans les rues, est-ce que cela est au détriment des Suisses?"

Ben oui, puisque les quelques centaires de sans papiers des cantons de Vaud et de Genève en formation, occuperaient des places d'apprentissage qui seraient, ipso facto, refusées à de jeunes Suisses avec papiers. C'est à la fois arithmétique et lapalicien.

Écrit par : Scipion | 11/03/2010

Ma Soeur, on peut être touché par la problématique de ces jeunes nés et scolarisés ici, mais sans papiers et dans une impasse absurde. On peut aussi craindre que leur régularisation soit perçue comme un signe d'un Etat faillible et un encouragement à d'autres personnes à venir en Suisse travailler et inscrire leurs enfants à l'école. Ces soucis sont légitimes.

Bien que revendiquant une tradition humanitaire, la Suisse n'a pas vocation à recueillir toute les jeunesses de la planète. Comment et où mettre une limite?

Écrit par : J-Ph | 11/03/2010

Coming up
Z Day ce weekend http://zday2010.org/

à suivre les idées émanant de ce groupe
www.thezeitgeistmovement.com/

Amitiés, AM

Écrit par : Anne-Marie | 11/03/2010

Bonsoir à toutes et à tous,

A propos de la soi-disant "discrimination positive" que constituerait l'accès à l'apprentissage pour un enfant (définition légale : tout être humain de moins de 18 ans) sans papiers.

Actuellement les enfants sans papiers ne peuvent pas obtenir de contrat d'apprentissage car celui-ci est un contrat de travail en raison de l'existence d'un salaire. Or le contrat de travail nécessite de disposer d'un permis de séjour. Les sans-papiers peuvent pas contre poursuivre leur scolarité à l'école post-obligatoire.

Les enfants sans-papiers sont donc victime d'une discrimination négative puisqu'en raison de leur statut, la formation professionnelle duale leur est interdite. Cette discrimination négative est contraire à la Convention relative aux droits de l’enfant (signée et ratifiée par la Suisse) qui stipule en son article 28 :

"1. Les Etats parties reconnaissent le droit de l'enfant à l'éducation, et en particulier, en vue d'assurer l'exercice de ce droit progressivement et sur la base de l'égalité des chances :
b) Ils encouragent l'organisation de différentes formes d'enseignement secondaire, tant général que professionnel, les rendent ouvertes et accessibles à tout enfant, et prennent des mesures appropriées, telles que l'instauration de la gratuité de l'enseignement et l'offre d'une aide financière en cas de besoin;"

La Ville de Lausanne, en souhaitant ouvrir l'accès à la formation professionnelle aux enfants sans papiers, c'est-à-dire en les laissant se présenter aux procédures de sélection et d'embauche comme n'importe quel enfant, ne pratique donc pas de "discrimination positive", mais au contraire répare la discrimination négative qui les frappe.

Notons enfin qu’il n’est pas question de favoriser les sans-papiers au détriments des autres enfants, ni d’instaurer des quotas d’apprentis sans-papiers dans l’Administration communale lausannoise. Que cela soi bien clair.

Écrit par : Alain Hubler | 11/03/2010

Merci, M. Hubler pour votre explication de "discrimination positive" et de discrimination négative". Dans le commentaire à Dominique Degoumois, j'ai dit: "la discrimination positive est une injustice, je crois". J'aurais dû vérifier le sens des deux termes.

Mon erreur vient de l'anglais "Affirmative Action" qui a été pratiquée en Afrique du Sud sous notre gouvernement depuis 1994. Cela avait été pratiqué aux États-Unis et la motivation était d'éliminer les injustices dues à la race, la religion, la nationalité etc etc.
Avec les années, on a constaté que les personnes qui avaient bénéficié de "l'Affirmative Action" n'étaient pas qualifiées pour la fonction qu'elles devaient remplir, ceci aussi bien dans l'enseignement qu'en politique qu'en églises et dans d'autres domaines. Baisse de niveau.
Nous avons aussi observé "qu'Affirmative Action" pouvait favoriser des amis, des parents, des membres d'un clan. Mais le travail n'était pas satisfaisant. Le salaire bon, les résultats pauvres.
Avec les expériences et le temps, "Affirmative Action" disparaît peu à peu en Afrique du Sud, les Dirigeants Africains lentement s'en rendent compte, car la communauté nationale, internationale, attend des résultats.

Il n'empêche que la "discrimination négative", dans le sens où vous venez de l'expliquer (je n'avais jamais entendu ce terme ni l'équivalent en anglais) faisait partie du système d'apartheid d'avant 1994, et les blessures restent. Comme elle resteront chez les jeunes Sans-papiers si on refuse de reconnaître leur droit à une formation "selon l'Article 28 de la Convention de Genève".
Merci encore.
claire marie

Écrit par : cmj | 11/03/2010

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