30/01/2010

Tony Blair s'explique

 

La Commission d'enquête Chilco

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Ce 29 janvier 2010, Blair répondait aux questions de la Commission d'enquête Chilcot au sujet de la guerre en Irak et de son rôle et de celui des USA dans cette invasion. C’était hier. J’ai passé 6 longues heures à regarder cette émission à la BBC, jusqu’au vertige, lorsque Tony Blair déclare en guise de conclusion : « Responsability, yes, regret, NO. » Une voix à l'arrière clame : « Menteur, Assassin ! » Etouffée aussitôt par Chilcot. Au dehors la colère gronde.

Durant l'échange, les membres de la Commission avaient l’air de « lamb ducks » (impuissants) à qui Blair faisait la leçon ! Seule Mme la baronne Usha Prashar pose quelques questions pertinentes. Les autres membres et Blair semblaient être des « gentlemen » du même bord. Jusqu’à gratifier Blair de « Vous avez parfaitement raison » par deux fois ! Jusqu’à s’attendrir lorsque Blair s’attarde sur la mortalité diminuée de bébés irakiens à l'heure qu'il est. Blair assure que le monde est meilleur aujourd’hui qu’il ne l’était hier. Bref, le résumé de la TSR est bon :

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&chan...

Blair a ponctué ses phrases par « It's clear, it's very very clear! » C'est clair, c'est tout-à-fait clair. Une bonne cinquantaine de fois!

Il dévie, Blair et déplore l’impossibilité d’avancer dans le dossier Israël Palestine, sans mentionner des arsenaux d'armes des deux côtés du mur! La faute aux Palestiniens sans doute ! Plus clairement il insinue que l’Iran , selon lui est, plus que jamais, un des pays voyous…avec lesquels les relations diplomatiques sont illusoires. On a l'impression de percevoir ce qu’il ne dit pas: c'est pour quand, l'invasion de l'Iran?

On revient en 2002 lors de la visite de Blair au Ranch de Bush et de leur soit disant accord de partir ensemble en guerre. Oui, il a promis « sinon avec, du moins avec » son ami Bush de la nécessité de décider de l’invasion imminente ! C'est très clair, Bush a compris "exactement ce qu'il devait comprendre, à savoir que si on en venait à l'action militaire parce qu'il n'y avait aucun moyen de régler ça diplomatiquement, nous serions avec lui". Dès lors, l’opinion publique, ce n’est plus leur affaire ! La légalité, ce n’est pas leur affaire.

« Les armes de destruction massive inexistantes et l’Irak qui n’était pas impliquée dans le 9/11 » c'est déterminant! Il le faut! Blair dira aux Irakiens, « Tu as des WMD (Weapons of massive destruction), prouve que tu n'en as pas! » Exactement la manière de faire des fonctionnaires de l'office fédéral des Étrangers à Berne pour le renvois des demandeurs d'asile: « Tu es un menteur, prouve que tu ne l'es pas! »

Pour Blair, idem: personne, même les experts ne le convaincront qu'il n'y a pas de WMD en Irak. Il faut qu'il y en aie. Ses collaborateurs au gouvernement qui cherchent à le dissuader : ce n’est pas l’affaire de Blair, ni celle de Bush qui lui, est sous les ailes de ses vautours  que l’on connaît! Les deux dictateurs en sont à un point de non retour "no matter what!"

Pas si facile cette guerre pourtant! Blair le reconnaît quasi dit naïvement cette fois : « Ils avaient pensé que l’invasion, le copié coller d’une démocratie express à Bagdad » se ferait en un tour de main, comme prévu. Après les attaques aériennes, la résistance terrestre fut une surprise. Un choc peut-être! Al Quaeda  fut une surprise! C’était pas prévu ! Il faut combattre.

La violence devient bestiale et débouche sur « l’horreur sans fin d’Abou Ghraïb »

http://www.vox-populi.net/article.php3?id_article=246

Blair dit qu’il fut choqué et en colère par « l'incident »car « cela nuirait à la cause » (sic). Quelle cause ? Et les torturés et les tortionnaires ? Pas un mot sur eux.

Oui, bredouille Blair, il n’avait pas anticipé « les risques », ni même une éventuelle résistance! Mais il n’a jamais dit : « J’aurais dû ».  Et Blair d'accuser les autres: « Si quelqu'un était venu à moi et m'avait dit que ce n'était pas sûr en raison du manque de préparation militaire, je l'aurais 1398596441.jpgsérieusement pris en considération. Mais ils ne sont pas venus. »

Vers 17h15, heure suisse, la fin de l'interview avec une dernière offre de Chilcot à Blair: « Aimeriez ajouter quelque chose ? » Blair répond : « No. ».

Il sort. Les parents de soldats morts prennent conscience de l'affront que Blair vient de faire à leurs fils abattus, mutilés ou pour toujours psychologiquement affectés! Une des mères présentes dit: « Il est parti avec un rictus, il ne nous a pas regardé, il a refusé de nous parler, c'est typique de l'homme! » Et Blair a complètement ignoré les victimes irakiennes, civiles, militaires, les oeuvres d'Art rasées. En est-il conscient? Il y pense chaque jour a-t-il dit.

Lire l'excellent dossier du Monde Diplomatique 2003, Ignatio Ramonet et en particulier:

«  Ivres de pouvoir, M. Bush et son entourage ont trompé les citoyens américains et l’opinion publique mondiale. Leurs mensonges constituent, selon le professeur Paul Krugman, « le pire scandale de l’histoire politique des Etats-Unis, pire que le Watergate, pire que l’Irangate (19) ».

« Je préférerais mourir plutôt que proférer une inexactitude. »
GEORGE WASHINGTON.

 

The New York Times, 3 juin 2003.

 

 

 

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27/01/2010

DAVOS 2010

 

 

Davos:

images.jpg« Un fait divers » selon Europe 1 du 26 janvier

« Le chef de la police du canton helvétique des Grisons, responsable de la sécurité au Forum économique mondial de Davos, a été retrouvé mort mardi dans son hôtel de Davos et il semble s'agir d'un suicide, selon un communiqué de la police. Markus Reinhardt dirigeait la police cantonale depuis 1984. » Un mort, un fait divers!

 

Mais tout est sécurisé et on espère que tous les acteurs du Forum de Davos rentreront chez eux sain et sauf. Sauf un, le plus important : celui chargé du système de sécurité qui disparaît la veille à Davos même !

 

Les médias l’annonce, on sent l’embarras à la radio, à la télévision, les journaux reprennent pour la plupart le communiqué de ATS. Selon Europe 1, c’est un « fait divers ». Un « quick read » est publié par la BBC DAVOS NEWS.

Mais aujourd’hui, à peine un chuchotement au sujet de cette tragédie.

Et pourtant c’est un mort. Une famille, des amis, des connaissances le pleurent sans doute.

Peut qu’au discours d’ouverture du Forum, les autorités ont dit une prière : « Que Markus Reinhardt repose en paix ! » Peut-être qu’avant la prise de parole de la présidente du gouvernement suisse et du président du gouvernement

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français, ont-ils conjointement proposé une minute de silence pour cet homme et une parole de condoléances à sa famille. Je ne sais pas. Les médias n’en ont pas parlé ! Peut-être que cela ne se fait pas, ce n’était pas prévu. Ce qui est prévu est « Business as usual !»

 

 

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25/01/2010

LE PAIN ET LE CAPITAL

 

PAIN ET CAPITAL
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Il faut des journées d’étude, d’écoute, de partage, de réflexion, de prière pour arriver à saisir un peu la valeur du pain. La constante préoccupation de Jésus fut le pain, jusqu’à dire : « Je suis le pain de VIE » (Jean 6 : 35) et « Je suis la Vie » (Jean 11.25)

http://pagesperso-orange.fr/erfauxerre/050529jesuislepaindevie.htm

L’antithèse du Capital !

Le mot Capital me fait penser à une montagne de sous, de billets, d’or. Un peu comme le veau d’or au Mont Sinaï, qui a mis Moïse en furie ! Aujourd’hui, cette accumulation de sous, de billets, d’or est soigneusement sécurisée dans d’immenses palais qu’on nomme des banques. Avant de partir pour l’Afrique en 1947, je n’avais jamais mis les pieds dans une banque. Dans les townships, ou dans la brousse zambienne, il n’y avait pas trace de banque. Les supérieures nommées pour l’économat, s’occupaient de nos besoins personnels et de ceux de la Mission. La population et les ouvriers/ouvrières des townships et/ou des Missions recevaient leur maigre salaire cash et inventaient toutes sortes d’astuces pour ne pas se le faire voler !  Pas d’accumulation possible !

 

Comme mes parents jurassiens qui gardaient le prix d’une vache bien réduit dans un tiroir d'un meuble à clé, le secrétaire.  Ils n’avaient pas de compte en banque. Rien à faire avec une banque jusqu’au jour où, le grand cœur de papa l’amena à signer une caution, une dizaine de millier de francs qu’il dut payer pour celui qui lui avait demandé sa signature. C’est la première fois que nos parents durent se rendre dans une banque pour emprunter l’argent à débourser pour celui qui avait été naïvement cautionné. Payer la dette et rembourser la banque prit une dizaine d’années. Là j’ai commencé à comprendre que l’argent peut être accumulé, usurpé, volé. Et que cela fait beaucoup souffrir.

C’est en Afrique du sud, dans les années soixante que j’ai pris conscience, grâce à mes étudiants, de la perversité des systèmes qui accumulent un immense Capital avec l’argent des ouvriers exploités, la plupart des Noirs. Le Capital était sécurisé dans des temples nommés Nedbank, Barclays Bank, Lisbon Bank, Standard Bank, et d’autres encore.

Enfin des exercices d’analyses socio économiques ardus, à l’école du soir,  nous firent comprendre, à ma consœur et à moi, que la pauvreté ne résulte pas de la paresse, que ce n’est ni accidentel, ni évitable, mais que c’est pensé, structuré, verrouillé par des architectes sans visage, en vue de la construction d’un pouvoir, en l’occurrence de la race blanche.

Mandela est venu. Le verrouillage, quasi immuable du système, aujourd’hui mondialisé fait que les banques dûment gonflées se fissurent de toutes parts, que ses fonctionnaires paniquent, que le chômage « accumule » les « sans travail » (Arbeitslos), donc les « sans pain ». « La vie de l’idole est la mort du pauvre » (E.D). Est-il possible que si l’idole s’effondre, les pauvres ressuscitent à une solidarité nouvelle ?

Et naturellement ceci m’amène à ce mystère de Jésus (mais est-ce un mystère ?) qui « rompit et partagea le Pain et dit : "Prenez et mangez !" Comme il avait sommé ses disciples à « partager eux-mêmes le pain à ceux qui avaient faim : les pauvres. »

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Révolte en Egypte lors de la hausse du prix du Pain!

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24/01/2010

24 janvier méditation

 

 

 

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Méditation

 

24 janvier 2010

 

Aujourd’hui, dans toutes les églises, le texte suivant sera lu et, peut-être, commenté. C’est Luc qui écrit à son ami Théophile, quel beau nom ! Saint Luc parle d’événements passés, déjà racontés par des témoins oculaires. Luc, pour son ami Théophile, s’y prend autrement : il s’informe soigneusement de tout, depuis le début, et assaie d’en faire « un exposé suivi ». Voici un extrait qui nous concerne directement :

 

Le jour du sabbat, Jésus, comme d’habitude,  se rend à la Synagogue de Nazareth, où il avait grandi, où il ést connu et aimé. Il se lève pour faire la lecture du jour : Il ouvre le livre du prophète Isaïe et trouve ce passage :


« L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction.

Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,

annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres,

aux aveugles qu'ils verront la lumière,

apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur ».


Jésus referme le livre, le rend au servant, et s'assied. Assis, il n’avait pas l’intention de prêcher, le message était lumineux. Mais les gens connaissaient bien sa compassion pour eux, pour ses voisins, pour tous sans exception ! Jésus n’est qu’un simple charpentier, mais son comportement, son regard,  réconfortent les gens qu’il rencontre en chemin !

Beaucoup, beaucoup sont pauvres, prisonniers, aveugles, dans leur pays sous domination romaine. Mais Jésus est ici, et on attend quelque chose de Lui, « qui est des nôtres ». L’attente, le désir d’un mot d’encouragement brûlent dans le regard des pauvres. Tous.

 

Alors Jésus n’y tient plus : il se met à leur dire :

« Cette parole de l'Écriture, (Isaïe) que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »

 

L’orthodoxie devient orthopraxis ! Enfin ! Plus de mots répétés, mais des paroles vérifiées « qui prennent VIE » comme le pain qui donne VIE à la messe, dans la pratique et c’est la pratique qui justifie ces mots,  la messe et les célébrations!

 

La pratique ? elle ne peut pas être plus claire :

annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres

aux aveugles qu'ils verront la lumière

apporter aux opprimés la libération

 

Aujourd’hui comme au temps de Jésus, ces paroles prennent un sens dans l’accomplissement, dans le concret de la réalité vécue :

la domination des autorités romaines et religieuses,

les lois et les enseignements qui aveuglent les gens

les systèmes d’exploitation et d’oppression

 

Jésus, seul, aujourd’hui comme en son temps, apporte, et accomplit :

La libération

La lumière

La justice

 

Il en meurt et je commence à saisir l’inimaginable force de sa  résurrection, de son Esprit aujourd’hui : Non « la mort ne peut avoir le dernier mot » (H.V.)

Il y a bien des manières d’accomplir le message d’Isaïe. Il s’accomplit de bien des manières. Je voudrais essayer de les découvrir, de les accomplir, oui,  autour de moi, et au-delà, jusqu’au bout du monde

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,1-4.4,14-21. http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR

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22/01/2010

PAIN DE VIE QUOTIDIEN


2. Le pain Eucharistique

Les hommes           le Pain             la nature

 

Le lien entre ces trois éléments, c’est le TRAVAIL !

La nature s’offre à l’homme faiseur de Pain !

Ce pain est détruit, mangé, consommé afin de donner la Vie à la Vie ! Je cite Enrique Dussel : « Sans terre et sans travail, il n’y a pas de pain. Sans pain il n’y a pas d’Eucharistie (messe).

 

Mais, qu’est-ce que le « pain » ? Ce pain est une création humaine, il continue la création…ce pain est le fruit de ce qui est plus digne que le pain lui-même : c’est le travail. « Les gens du temple comme les gens hors du temple travaillent. »

 

Sans travail, sans pain, il n’y a pas de sacrifice ni d’Eucharistie. On fait du pain parce qu’on a besoin de manger. On mange parce qu’on a faim. Manger, c’est donc dire Non à la famine et à la mort, c’est donner la Vie à la Vie. Jésus a dit « Je suis le Pain de Vie » (Jn 6,35).

 

Le royaume accompli

Le pain qui nourrit, avant d’être produit par le travail des hommes, est un don gratuit de Dieu pré économique, c’est la manne dans le désert, c’est le Royaume représenté par l’expérience de la nourriture, du rassasiement, de la satisfaction.

(http://saintebible.com/exodus/16-4.htm)

 

Et encore selon Enrique Dussel : Jésus dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps » (Mt 26,26), C’est détruire le pain, le mettre en miettes, le nier pour réaliser la Vie. La mort du pain est la Vie de la Vie. Le pain est comme une mort de l’homme dans son travail. « Mystérieuse et sacrée dialectique de mort-vie, de destruction-résurrection ! Il est certain que la Vie est la cause originaire du Pain. « Pain de Vie » qui nourrit et qui meurt en donnant la vie. »

 

Mais la réflexion va plus loin, et le texte biblique ne dit pas : « Le Pain est la Vie de l’homme, mais « du pauvre ». Hommes, nous le sommes tous. Les « pauvres », ce sont quelques-uns !

 

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Regard de Haïti.

Pour moi, aujourd’hui, quasiment hantée par l’actualité, proche et/ou lointaine, celle d’Haïti aujourd’hui, je me pose la question économique du Pain, comme Bartolomé de Las Casas qui se convertit dans cette même région de Haïti et de la république dominicaine en son temps. Les exploités, l’ont amené à se confronter à « la question économique du pain ». Il lui fut impossible de « célébrer l’Eucharistie » avant qu’il n’ait libéré tous ses esclaves, et en prenant le chemin ardu de lutter pour la justice !

En ce moment comment ne pas être hanté par le calvaire de Haïti ? Que signifient la Vie, le Pain, l’Eucharistie à Port au Prince ce soir ? Tragiquement l'archevêque de Port-au-Prince, Mgr Serge Miot, est décédé, son corps a été retrouvé sous les décombres de l'archevêché.

La Cathédrale, le Palais national, l’ONU, c’est un tas de ruine. Oui, c’est le résultat d’une catastrophe naturelle, il n’en reste pas moins que la majorité des haïtiens est affamée depuis des décennies, à l’ombre de ces prestigieux édifices aujourd’hui écroulés ! La majorité haïtienne a faim et soif du pain de la justice depuis des siècles. Sans ce pain de Vie quotidien, comment dire des messes ?

Je me permets d’ajouter l’excellente interview de P. Gilles Danroc, dominicain à l’adresse suivante :

 

http://www.la-croix.com/-Les-Haitiens-unissent-leur-force-a-celle-de-Dieu-/article/2410603/55352

 

Et j’ajoute sa réponse à la dernière question :

 

Comment, dans les prochaines semaines, les Haïtiens vont-ils relire ces événements ?

 

Trois symboles se sont écroulés. Le Palais national, l’ONU, et la cathédrale. Dans la mentalité haïtienne, lorsqu’ils feront une relecture de leur malheur, cela signifie que Dieu n’a pas protégé ces trois lieux, qu’il est en colère contre le pouvoir politique, les étrangers, et l’Église catholique. Une fois l’urgence passée, les Églises organisées auront un rôle important à jouer pour que soit enfin mise en place une politique cohérente de solidarité qui soit fondée sur l’écoute de ce que les pauvres ont à dire et non sur nos modèles, et apporter de la cohésion au sein de la société.

 

« Qu’il est précieux, le PAIN de VIE au quotidien ! »

 

 

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20/01/2010

INFRAROUGE HAITI

 

INFRAROUGE HAÏITI

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Le Christ haïtien
Le grand peintre haïtien TIGA (en bas de page)

« Qu’as-tu fait ? Écoute le sang de ton frère crier du sol vers moi » (Gn 4, 10).

Hier soir, j’ai regardé Infrarouge ( http://infrarouge.tsr.ch/) Esther Mamarbachi, l’animatrice n’avait pas la tâche facile à cause du nombre d’intervenants.

·       J’aimerais mentionner deux points qui m’ont impressionnée : c’est le fait que les premiers secours furent donnés aux blessés, aux mourants le furent par les Haïtiens eux-mêmes, qu’ils fussent membres d’une ONG ou non. Un humain qui voit un autre humain souffrir ou en danger ou mort, ne reste pas indifférent ! Est-ce que les médias ont rapporté cette solidarité haïtienne qui continue, qui n'est pas nouvelle et qui continue ? Non, une des premières choses, dès le premier soir, rapportée au télé journal tsr de 19h30 fut les émeutes et pillages, les machettes, la violence. La question qui vaut la peine d’être posée : est-ce que la Télé s’est efforcée de filmer ces actes de solidarité fraternels ? La Liberté, 24 Heures, l’ont-ils rapporté ? Ce qui fut rapporté et qu’il ne fallait pas manquer de voir, car c’était programmé dans le « show », c’est Bill Clinton offrant une assiette de nourriture à un affamé ! (Jésus aurait dit, « Ne le dis à personne, mais rend gloire à Dieu !) Il, Clinton, s’employa à la distribution de nourriture durant combien d’heures ? Le geste en soi est digne, mais dans ce contexte-là, n’est-il pas un peu artificiel ?

· Ely Thélot parle à partir du ressenti haïtien en Suisse. Il est soulagé que sa famille s’en est sortie et que ça va bien dans ce contexte d’une terre dévastée. La réalité lui arrive par les médias. « Et, dit-il, c’est un peu chargé ! Et ça fait mal, nous nous sentons impuissants. » On pouvait se demander pourquoi les horribles images sont répétées, comme du « sur place » durant de longues minutes dans une même émission.  Un autre intervenant, Philippe Desmangles, chirurgien orthopédiste en directe de Port au Prince, s’insurge avec raison, sur l’étalage de la misère d’Haïti sur les écrans des TV étrangères. « Y a-t-il eu des reportages du style de vie des fonctionnaires des ONGs travaillant à Haïti ? Pourquoi est-ce qu’on montre toujours la misère du pays, nous sommes pauvres, c’est vrai, nous sommes malheureux, c’est vrai, mais pourquoi le répéter sans cesse ? » Le conseil d’un Haïtien, Jean Wilder Derosier : « Pourquoi l’argent récolté ne peut-il pas être géré par des Haïtiens eux-mêmes ? Pourquoi le confier à des fonctionnaires étrangers qui aideront quelques temps et vivront, comme par le passé, des styles de vie bourgeoise ? » Et j’ajouterais, car je l’ai vu personnellement en Afrique australe, ce fossé existant entre les fonctionnaires, religieux, missionnaires, églises y compris, et la population dépouillée de tout, est un scandale pour ceux qui sont l’objet de « notre compassion financière.» La reconstruction et le développement doivent-ils nécessairement  construire une société de classes, de riches et de pauvres ? Ceux qui regardent d’en haut vers le bas et ceux qui regardent du bas vers le haut ? Et qu’une haïtienne de Suisse a taxé de « morts vivants » en osant s’imaginer que les morts à Haïti seraient ainsi, des  « sacrifiés » par le sort ou par la catastrophe naturelle, afin que « les autres puissent continuer à vivre ? »

 

« Au cœur de la nuit: silence sur Haïti, les morts sont avec nous (cm) »

« Tiga c’est la vie, il a donné vie à tous ceux qui l’ont accompagné, aux malades mentaux, aux handicapés, aux groupes les plus défavorisés et à tout le peuple haïtien »M. Pérodin

TIGA est décédé en 2006

 

Sur un des bouts d'une île de la Caraïbe dominée par la folie et le chaos, existe un artiste philosophe. Son rêve: faire que tous les habitants de cette terre trouvent le Créateur caché en eux et atteignent la liberté. Pour cela, il a pris à bras-le-corps la folie du pays. Il en assume les délires. Tiga l'un des plus grands peintres d'Haïti et des Caraïbes, se veut un artiste total. Son nom et sa vie sont intimement liés à toute l'histoire contemporaine de l'Art haïtien.

http://www.dailymotion.com/video/x31m0n_tiga-haiti-extrait


 

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19/01/2010

Sueur de ton front

 

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1. Le pain Eucharistique

 

Le pain est Vie

Le pain est vie des pauvres

Le pain de la célébration, de la fête,  est vraiment du Pain

 

La nature, les hommes, le travail, le pain forme un TOUT organiquement UN

 

Le besoin de Pain pour assouvir la faim et survivre

 

Hommes

Nature

Travail

PAIN

VIE

 

Le pain est détruit, la vie continue

 

Dieu a créé le monde, la terre

Les fruits de la terre

Le travail des hommes

Le pain

et la vie sont organiquement liés

 

Ce qui lie la terre, les fruits, le travail, le pain et la VIE

Est la lutte à « la sueur de nos fronts »

 

La sueur de nos fronts, c’est concret.

  • La lutte des classes ouvrières confrontées aux systèmes d’exploitation, de domination, pour le droit au travail, aux fruits du travail, au salaire, au PAIN, à la VIE.

  • La lutte des chômeurs, des « Paysans sans terre », des paysans forcés de vendre le lait des vaches à 55 centimes le litre !

  • La lutte des pères de famille qui voient leurs enfants marginalisés parce qu’ils n’ont pas l’apparence des nantis.

     

La lutte fondamentale, à la base, là où les racines humaines, dans l'humus de la Terre, sont prégnantes de la sève qui construit la famille de Dieu : le royaume.

Au cœur de cette lutte, on dit merci au Créateur, dire MERCI pour le Pain du labeur et des labours: c'est la foi des « petites gens », des pauvres: c’est l’Eucharistie : Jésus au milieu de nous qui a parfaitement incarné cette lutte « à la sueur de son front » et qui l’incarne avec nous aujourd’hui. Sur les chantiers du monde, sur le calvaire de Haïti, dans les gémissements de la mort et de l'enfantement d'une VIE en PLENITUDE, MALGRE TOUT!

Quelle audace, quel défi!

 

 

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Haïti: pour le Pain de VIE

Jésus a tant désiré que nous ayons la VIE et que nous l’ayons pleinement ! On ne peut pas faire « comme si ».

Les messes, sans cette profonde conscience de la lutte des plus pauvres, c’est quoi ?

 

 

10:42 Publié dans Spiritualités | Tags : haïti | Lien permanent | Commentaires (4)

14/01/2010

CONVERSION DE LAS CASAS

 

Je m’excuse de la longueur de cette note. Pour me faire pardonner, je vous avoue que réfléchir sur la conversion est ardu. On doit constamment remettre son propre ego en question. Dans plusieurs pays de l’Afrique australe où j’étais supposé enseigner, éduquer, convertir les « ignorants des valeurs occidentales chrétiennes », ce sont eux, ces « ignorants », qui m’ont convertie aux valeurs de l’Evangile.

Conversion de Las Casas

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Bartholomé de Las Casas, fils de noble, conquistadores, prêtre et propriétaire de terres volées et d’esclaves en pays envahi pouvait-il en tant que simple être humain, se sentir bien dans sa peau ? Etait-il assez systématisé et tordu pour s’aimer lui-même tel quel ? Aveugle, sourd, muet ?

La cour royale d’Espagne, ni les palais des papes, ne sont propices à la conversion. Ni même les universités, les noviciats, les séminaires ! Quels chemins alors mènent à la conversion ? Ceux de Damas comme pour Paul ? Rarement. Il me semblerait  que c’est une lente prise de conscience du sens de la vie. Et puisque nous sommes dans un monde effroyablement systématisé, c’est leur fonctionnement qui nous défie en tant qu’êtres humains ! Car, souvent, les systèmes déshumanisent les hommes, leur ôtent leur dignité propre, créent les pauvres et font souffrir les faibles. Jésus s’est trouvé face aux Institutions et systèmes politico-religieux de son pays natal et aux conséquences de leur fonctionnement, notamment :  l’injustice !

Jésus a été tenté d’employer les grands moyens pour changer les choses (Lc 4,1-13), par exemple :

  • "Ordonne à ces pierres de devenir des pains!", ... ce serait le messianisme de l'abondance.

  • "Tu auras la gloire de tous les royaumes!", ... ce serait un messianisme de puissance.

  • "Jette-toi en bas, les Anges te sauveront!", ... ce serait un messianisme de prestige.

http://pagesperso-orange.fr/j.leveque-ocd/lu040113.htm

 

  • Mais le Créateur avait mis au cœur de tout homme le désir et le besoin de partage,

  • de relations libres entre tous

  • de dignité de soi et des autres.

Une famille humaine.

Bartolomé de la Casas fut tenté, la tentation de se taire, de prier tout en restant en retrait, mais l’Esprit du Christ lui permis de lutter contre la tentation comme nous le disons lorsque nous prions le « Notre Père » !

Conversion

En 1514, à 40 ans, Bartolomé change brusquement sa manière de penser et son mode de vie. Il a raconte comment cela s'est passé :

"Un jour, je préparais mon sermon pour la fête de la Pentecôte, et je lisais la Bible. Je suis tombé sur ce passage : "L'offrande de ceux qui commettent l'injustice n'est pas agréable au Seigneur. Celui qui offre à Dieu ce qu'il a volé aux pauvres, c'est comme s'il sacrifiait un enfant sous les yeux de son père." Alors j'ai compris que le père Montesinos avait raison. Voler aux Indiens leurs terres, réduire ces gens en esclavage, c'était une grande injustice. Il ne servait à rien de faire des prières, de se confesser, d'aller à la messe et de communier, si l'on continuait à vivre dans ce grand péché d'injustice.

 

J'ai continué à réfléchir, pendant des jours et des semaines. Finalement, j'ai décidé d'annoncer à tout le monde que je rendais mes terres aux Indiens et la liberté à mes esclaves. Je l'ai annoncé au cours du sermon prononcé à l'occasion de la grande fête du 15 août. Et j'ai dit à ceux qui m'écoutaient qu'ils devraient m'imiter s'ils voulaient vivre en chrétiens. Ce fut un beau scandale. On aurait dit que je leur demandais de rendre la liberté à leurs animaux domestiques." http://yclady.free.fr/lascasas.html

À ce sujet, nous pouvons citer Enrique Dussel qui, parlant de la conscience de l’injustice qu’avait Bartolomé de Las Casas, dit : « Quand arriva Diego Velázquez à la ville d’Espiritu Santo, comme “il n’y avait dans toute l’île ni clerc ni frère”, il demanda à Bartolomé de célébrer l’eucharistie et de leur prêcher l’évangile. C’est pourquoi Bartolomé se décida “à quitter sa maison qu’il avait sur le fleuve Arimao” et “commença à méditer en lui-même sur quelques autorités de la Sainte Écriture”. Il est important le texte biblique qui servit de point d’appui à la conversion prophétique du grand lutteur du XVIème siècle : “L’autorité principale et première fut l’Ecclésiastique, chapitre 34 : ‘Les sacrifices de biens injustement acquis sont impurs, les offrandes des impies ne sont pas acceptées. Le Très Haut n’accepte pas les offrandes des impies ni ne leur pardonne le péché malgré leurs nombreux sacrifices. C’est sacrifier le fils en présence du père que de voler les pauvres pour offrir un sacrifice. Le pain est la vie du pauvre, celui qui le lui dérobe est homicide. Il tue son prochain celui qui lui prend son salaire, celui qui ne paie pas un juste salaire répand le sang du prochain’ ” ». Dussel continue : « Bartolomé, dis-je, commença à considérer la misère et la servitude que subissaient ces gens (les Indiens). Appliquant l’un (le texte biblique) à l’autre (la réalité économique caribéenne), il jugea en lui-même – convaincu que ce rapprochement énonçait la même vérité – qu’était injuste et tyrannique tout ce qui se commettait en Inde au sujet des Indiens. »

Bartolomé ne put célébrer sa messe, son culte eucharistique. D’abord il libéra ses Indiens (« il décida de tous les laisser libres ») et il commença son action prophétique, d’abord à Cuba, après à Saint-Domingue, puis en Espagne et après dans tous les royaumes des Indes, « laissant tous ses auditeurs étonnés et même effrayés de ce qu’il leur avait dit ».

Des hommes d’un même groupe, autour du même prêtre, peuvent offrir des pains semblables. Pourtant, l’un rendra son culte à l’idole et, en mangeant le pain, « il mangera sa propre perdition », tandis qu’un autre communiera à la vie de l’Agneau immolé. Quel est le critère qui permet de discerner la droiture de celui qui fait l’offrande ?

La conclusion est claire. Dieu ne peut recevoir le pain volé au pauvre, le pain de l’injustice, aussi bien personnelle que structurelle. »

Source : http://www.alterinfos.org/spip.php?article3039, AlterInfos - 1. Janvier 2009

 

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13/01/2010

HAITI

 

J’interromps pour aujourd’hui ma réflexion sur Bartolomé de Las Casas en raison de l’actualité de ce jour. cm

 

« En raison de notre commune humanité »

 

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·       La souffrance des "restaveks" (du créole)

 

Vers 16h00, j’écoute les paroles de Barack Obama au peuple haïtien frappé encore une fois par le sort ! Dans son message de 4 minutes environ, il a résumé l’engagement des USA pour soulager, unis à tous les pays, la  misère des gens  « en raison de notre commune humanité ».

Ma prière du soir silencieuse, sous le regard de Jésus, je l’ai faite « en raison de notre commune humanité ».

J’ai écouté l’ami Charles Ridoré au télé journal de 19h30, et la réalité de ses compatriotes – à lui et à sa femme – se lisait dans ses rides. Un peu de stoïcisme aussi dans l’intolérable douleur. On a beau crier « pourquoi ! ». Pas de réponse. Le silence ! Osons-nous prier face à la douleur humaine de gens innocents et pauvres parmi les plus pauvres : « La mort n’aura pas le dernier mot ? »

 

·       Inclue dans ma prière de ce soir aussi - « en raison de notre commune humanité » - une autre "restavek", c’est Susanna Maiolo et voici ce qu’annonce Radio Vatican aujourd’hui :La-femme-qui-a-agresse-le-pape-ne-voulait-pas-lui-faire-de-mal_img_125_94.jpg

« À l’issue de l’audience générale, Benoît XVI a brièvement rencontré Susanna Maiolo, la jeune femme suisse italienne qui avait escaladé les barrières et l’avait entraîné dans sa chute le 24 décembre dans la basilique Saint-Pierre, au début de la célébration de la nuit de Noël. La rencontre a eu lieu dans un petit salon attenant à la salle Paul VI. Dans un communiqué, le directeur du bureau de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a indiqué que Susanna Maiolo avait exprimé ses regrets au Pape ; le Saint-Père, de son côté, lui a fait part de son pardon, il s’est cordialement renseigné sur son état de santé. La jeune femme était accompagnée de deux membres de sa famille. En ce qui concerne l’instruction ouverte par la magistrature de l’État de la Cité du Vatican, la procédure se poursuivra comme prévu. »

http://www.oecumene.radiovaticana.org/fr1/Articolo.asp?c=348932

Ma réflexion:

Après avoir été traitée dans un hôpital psychiatrique, Benoît XVI la reçoit aujourd’hui même, pour quelques minutes, pour lui dire qu’il lui a pardonné.

Voir ma note dans Katutura du 20.12.2009 à l’adresse :

http://clairemarie.blog.24heures.ch/archive/2009/12/29/aucun-rapport.html

Et encore une fois je suis convaincue qu’il n’y a aucun rapport entre l’incident à la Basilique vaticane et Jésus ! Ni entre « l’instruction ouverte par la magistrature de l’État de la Cité du Vatican, et la procédure qui se poursuivra comme prévu » et l’amour privilégié et la compassion que Jésus avait pour les femmes de son temps, y compris et surtout, celles qu’on disait être déséquilibrées.

Dans ma prière ce soir, je souhaite que la jeune suisse italienne "restavek", parvienne un jour à pardonner, elle, à cette Institution et à ses chefs, en son nom et au nom de toutes les femmes.

« En raison de notre commune humanité »

 

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Bartolomé de Las Casas

 

Bartolomé de las Casas


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« Il est resserré, le chemin qui conduit à la vie » Mt 7. 6,12-14 .

Pour Bartolomé de Las Casas, j’imagine un processus agonisant, une succession de prises de conscience et de tentations, de « retour en arrière ». Ce serait tellement plus facile d'aller avec le courant... tout en faisant parfois des gestes pour apaiser sa conscience! Nous avons connu ça. Pour Bartolomé, il y avait la pression, le regard de l’entourage, et ce respect envers les autorités religieuses surtout ! Et la menace du péché de désobéissance envers l'autorité religieuse qui vient de Dieu!

Dès son enfance l’aura des autorités monarchiques  et ecclésiastes a dû le tourmenter, jusqu’à ce qu’il admette le fait que ces « trônes et dominations » étaient en fait, une trahison de l'Évangile ! Quand même! La voix prophétique de Montesimos lui paraissait d’abord exagérer. C’est vrai que les Conquistadores devaient mieux traiter les Indiens tout en faisant de bonnes affaires sur la terre qu’ils avaient découverte et qui était la leur, de Droit, selon le pape !  Et puis il y avait les paroles et les « bulles » (documents pontificaux qui approuvaient les agissements des colons catholiques) des papes ! Par exemple, moins d’une année après la découverte de Christophe Colomb, le 4 mai 1493, le pape Alexandre VI Borgia signe la bulle «Inter Caetera» qui partage les terres à découvrir entre l'Espagne et le Portugal. Grâce à cette bulle, les Portugais ont pu s'approprier le Brésil. «Inter Cetera» décrète aussi que  « Toutes Nations découvertes» soient converties à la foi catholique ». Selon ce décret colonial, toutes les terres non occupées par des chrétiens sont considérées inoccupées. Les Autochtones ne sont pas considérés comme étant des êtres humains… »

Puis cet extrait de la Bulle du Pape Nicolas V, Dum Diversis, juin 1452, et de Romanus Pontifex de 1455

http://www.reformation.org/bull-romanus-pontifex.html

"Nous avions jadis, par de précédentes lettres, concédé au Roi Alphonse, entre autres choses, la faculté pleine et entière d’attaquer, de conquérir, de vaincre, de réduire et de soumettre tous les sarrasins (c-a-d les Nègres), païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient, avec leurs royaumes, duchés, principautés, domaines, propriétés, meubles et immeubles, tous les biens par eux détenus et possédés, de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle (...) de s’attribuer et faire servir à usage et utilité ces dits royaumes, duchés, contrés, principautés, propriétés, possessions et biens de ces infidèles sarrasins (nègres) et païens (...) »

Consulter à ce sujet, l’excellent site de Sœur Joan Chittister à l’adresse suivante : http://ncronline.org/blogs/where-i-stand/past-very-living-thing-try-not-forget-it (24 avril 2009)

Et ici je dois dévier de Las Casas pour jeter un regard sur l’approche des autorités catholiques actuelles au sujet de ces crimes. Car comme le commente Sœur Joan, de telles déclarations marquent l’Histoire dans sa mouvance jusqu’à nos jours ! Selon moi, Joan a raison et même si Jean-Paul II - à l'occasion d'une assemblée de la Celam en 1992 - a demandé pardon aux peuples amérindiens pour le rôle joué par les chrétiens européens dans la conquête des Amériques, le retour de manivelle ne s’est pas fait attendre car Benoît XVI, le 13 mai 2007, a en effet affirmé que "l'annonce de Jésus et de son Évangile n'a comporté à aucun moment une aliénation des cultures précolombiennes et n'a pas imposé une culture étrangère". Devant la Conférence des évêques d'Amérique Latine (Celam) à Aparecida, au Brésil. Ces affronts à la vérité ne sont pas anodins !

Mais revenons à une grave erreur de Las Casas sur le chemin de sa conversion. Il ne pouvait supporter les souffrances des Indiens qui avaient touché son cœur, et, dans ses efforts pour assouvir leur sort, il finit par proposer comme alternatif à l’asservissement des amérindiens l’esclavage des nègres, « car ces derniers étaient considérés comme inférieurs aux amérindiens. » Le travail d’esclaves étant indispensable à la rentabilité de la terre volée! Las Casas regretta amèrement son erreur ! « Il a longtemps tardé à revendiquer l'abolition de l'esclavage des Noirs, lui qui s'est engagé avec vigueur en faveur de celle des Indiens ». ( Esprit et Vie Harmattan 2003)

Chacun de nous peut comprendre, chacun de nous, à travers nos propres lâchetés et trahisons, la dose d'humilité qu'il a fallu à Bartolomé de Las Casas, l’humilité, et oui, la grâce de Dieu, pour avancer sur le chemin de la conversion. La foi en sa dignité d’homme !

Mais nous avançons sur ce chemin rocailleux et serons bientôt à la veille la Pentecôte 1514.

 

10:49 Publié dans Spiritualités | Tags : esclaves | Lien permanent | Commentaires (2)

11/01/2010

BARTOLOME DE LAS CASAS

 

 

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Il n’y a, à ma connaissance, pas de conversions éclaires. C’est comme un mûrissement parfois très douloureux, selon les réalités où l’on se trouve sans l’avoir voulu. Il arrive que nos yeux se décillent. On voit notre propre ego et celui des autres, et l’ego collectif à la lumière de l'Évangile. C’est une prise de conscience d’une « chose importante » pour soi et pour  tous! Et l’honnêteté nous force à être conséquent. Ce n’est pas automatique. C’est un processus.

Bartolomé de Las Casas a été élevé dans la culture et la mentalité politique et  religieuse des « trônes et des dominations ».  Et le jeune clerc Las Casas dira plus tard de lui-même qu’à son arrivée en 1502 au port de Saint Saint-Domingue:

"Avant qu'aucun de nous ne rentrât à terre, des Espagnols accourus sur la plage nous annoncèrent : les nouvelles sont très bonnes. On a trouvé de l'or et nous sommes en guerre avec les Indiens, ce qui nous permettra de faire beaucoup d'esclaves ! Tout le monde en conclut que nous arrivons à un heureux moment".

Le temps passe et les colons et leur praxis sont rentables en or et en âmes à cette  monarchie catholique. « En 1513 le Pape attribue aux espagnols des droits et des normes sur la découverte du nouveau monde, c’est le «Requerimiento ». C’est-à-dire : les indiens doivent reconnaître l’Église. S’ils refusent on peut leur imposer cette reconnaissance par « le fer et le feu ». Des uns ont  bien senti les reproches de leur conscience, mais comme trop d’entre nous aujourd’hui, on « fait avec » en pensant qu’avec le temps, ça va changer sans faire de bruit. On a peur de protester, de descendre dans les rues et d’en assumer les conséquences. To stand up and be counted!

Las Casas prend conscience de l’absurdité qui crève les yeux et tente de s’y opposer. Mais c’est aussi s’opposer au Pape et à la monarchie qui le favorisent pourtant dans sa fonction cléricale et laïc puisqu’il possède des terres et des hommes. Cependant, la contradiction crasse entre l’institution royale-ecclésiastique, et l’humanisme le plus fondamentale, force Bartolomé à la conversion et à l'action! Dans un premier temps. Comme le grand  poète sud africain, Dennis Brutus (mort le 27 décembre 2009) disait que face à l’injustice, « il est impossible de ne pas s’engager ! »

Las Casas, le prêtre-colon confronte l’injustice et prend le chemin ambigü de la conversion. Il n’est pas difficile d’imaginer sa lutte intérieure face aux conséquences ! Et des tentations le tourmentent, comme pour Jésus ! Mais il avance, un pas à la fois ! La perspective de Bartolomé de Las Casas n’est pas celle de l'Église, c’est celle de Jésus. Celle de tout humain conscient de son humanité!

Son point de départ est l’Indien, la race méprisée, l’humanité exploitée. Les hommes sont différents, « mais cette différence n’exclut pas leur commune appartenance à l’humanité ». Etre conséquent provoque une lutte intérieure! Je peux être convaincue que Noirs et Blancs en Afrique du Sud sont destinés à vivre ensemble, à partager la vie, la terre et ses biens. Le vivre exige une conversion permanente des deux parties. C’est un beau défi. Et c’est une libération de son ego individualiste. Une libération d’un peuple.

Le 3ème dimanche de l’Avant 1511, Las Casas est frappé par le courage d’un prêtre dominicain qui, à la Messe, prêche aux colons catholiques espagnols et portugais, après avoir entendu ces paroles de Jean-Baptiste : « Je suis la voix qui crie dans le désert », continue :

« Je suis la voix de Celui qui crie dans le désert de cette île et c'est pour cela qu'il faut que vous m'écoutiez avec attention Cette voix est la plus neuve que vous ayez jamais entendue, la plus âpre et la plus dure… Dites-moi, quel droit et quelle justice vous autorisent à maintenir les Indiens dans une aussi affreuse servitude ? Au nom de quelle autorité avez-vous engagé de se détestables guerres contre ces peuples qui vivaient dans leurs terres d'une manière douce et pacifique, où un nombre considérable d'entre eux ont été détruits par vous et sont morts d'une manière encore jamais vue tant elle est atroce ? Comment les maintenez-vous opprimés et accablés, sans leur donner à manger, sans les soigner dans leurs maladies qui leur viennent de travaux excessifs dont vous les accablez et dont ils meurent ? Pour parler plus exactement, vous les tuez pour obtenir chaque jour un peu plus d'or (idolâtrie)… Ne sont-ils pas des hommes ? Ne sont-ils pas des êtres humains ? Ne devez-vous pas les aimer comme vous-mêmes ? »

On aimerait applaudir, mais vous trouvez les conséquences de ce cri prophétique à l’adresse : http://biblio.domuni.org/articleshist/lascasas/index.htm

A la cour d’Espagne, la monarchie catholique s’agite, s’indigne. Les autorités veulent chasser Montesimos, mais sa communauté et ses supérieures répliquent qu’il, Montesimos, a parlé en leur nom !

Las Casas, lui aussi, était à la Messe et il entendu le sermon de Montesimos, il est frappé, sa prise de conscience s’approfondit mais, est-il écrit : « Tout au plus il sera un peu plus attentif à traiter ses indiens avec quelque humanité. »

La conversion de Las casas avance, lentement, c’est un mûrissement, jusqu'au jour où, en 1514, alors qu'il préparait son sermon de Pentecôte…

(La suite demain, je m’excuse de mélanger l’Afrique du Sud au Nouveau Monde, c’est presque impossible de faire autrement, cm)

 

22:42 Publié dans Spiritualités | Tags : conversion | Lien permanent | Commentaires (6)

10/01/2010

BARTOLOME DE LAS CASAS

 

Les deux histoires

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L’histoire des peuple est souvent écrite par des gens qui ne l’ont pas vécue. Et cette histoire-là reflète davantage le point de vue des vainqueurs que celui des vaincus ou des défavorisés. Jésus, ce paysan juif, est un Journaliste-conteur qui dit les faits en donnant la parole aux sujets /acteurs de l’Histoire.

(Des volumes ont été écrits au sujet de l'histoire Jésus mais peu a été dit de sa motivation pour libérer ses compatriotes de la domination romaine et de celle des institutions religieuses)

En Afrique du Sud par exemple, l’Histoire des Noirs, dès l’implantation au Cap en 1652 de Jan Van Riebeeck, et écrite par des Blancs, sera rapportée et officiellement enseignée, d’une manière totalement étrangère à l’Histoire « inavouée par les autorités » mais vécue par les Africains ! J’en ai fait l’expérience directe ayant enseigné l’Histoire dans ce pays !

Parallèlement, « l’Histoire des Indes orientales et de Christophe Colomb » aura un contenu différent selon qu'il est rédigé par un historien mandaté par les autorités, ou par Bartolomé de Las Casas lui-même, comme c'est le cas dans son « L'Histoire des Indes ».

Qui était Las Casas ? Il vaut la peine de lire une brève présentation de Las Casas, publiée en 2004 à l’occasion du 530 anniversaire de sa naissance à l’adresse suivante :

http://209.85.135.132/search?q=cache:U9QQErie1WYJ:biblio.domuni.org/articleshist/lascasas/index.htm+l%E2%80%99Histoire+des+Indes+orientales+par+las+casas&cd=17&hl=fr&ct=clnk&gl=ch

Et c'est fascinant. Potentiellement un disciple de Jésus, Las Casas suit d’abord  l'itinéraire des nombreux Espagnols qui arrivent dans le Nouveau Monde pour y faire fortune : il reçoit une encomienda c’est-à-dire des terres et les esclaves qui y sont rattachés  « à soumettre, exploiter et évangéliser » ! Ces colons ont la bénédiction des autorités politiques, (Isabelle la Catholique et Ferdinand d'Aragon) et religieuses, lesquelles sont étroitement liées !

Dès 1510 Las Casas est prêtre en même temps que colon.

Sa prise de conscience de l’injustice ne vient pas d’abord de la connaissance des doctrines et des dogmes, mais du cri des indiens opprimés, exploités, voire exterminés par les colons, les marchands, et malheureusement des missionnaires aux des Indes orientales!

Bartolomé de Las Casas dit de lui-même : « Le prêtre Bartolomé de las Casas, était très occupé et très préoccupé de ses gains, tout comme les autres et il envoyait les Indiens de sa répartition dans les mines pour en extraire l’or et pour faire des semailles, et il profitait d’eux le plus qu’il pouvait. »

Dans son « Histoire des Indes » il veut y rétablir la vérité sur la conquête des Indes, « la colonisation des Indes dont l’unique objet était la conversion des infidèles, a totalement sacrifié cette fin spirituelle aux moyens temporels ». Convertir des opprimés et des esclaves signifie, selon moi, promouvoir leur prise de conscience de leur dignité humaine et participer à leur propre libération de l'opression et de l'esclavage!

Las Casas consulte les archives depuis Christophe Colomb et lui reproche, tout comme à lui-même, l’esclavage des indiens aussi bien que des noirs. Son ouvrage va de la découverte en 1492 jusqu’à sa conversion en 1522.

Et j’espère demain réfléchir sur la conversion de Bartolomé de Las Casas.

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08/01/2010

EUCHARISTIE FAMILIALE

 

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Fresque: une femme a le calice en ses mains lors de l' Agape dans la catacombe des Saints Pietro e Marcellino (Saints Marcellinus and Peter), Via Labicana, Rome, Italy.

Le pain: eucharistie familiale


Quand je vois des gens à l’église le dimanche, je me demande parfois quelle continuité il y a, depuis ce soir-là où Yeshua mangeait avec ses amis, en leur disant de faire de même en pensant à lui d'une part, et ces spectaculaires liturgies dominicales d'autre part. Des recherches historiques ont sans doute été faites sur cette « continuité », mais ce qui m’interpelle, c' est :

Cela veut dire quoi, le « curé dit la messe » « les pratiquants assistent à la messe », et « deux trois quatre curés concélèbrent » ???

C’est quoi, l'origine et l’essentiel de cette « continuité » ?

Il me semble qu’il s’agit avant tout de partage du pain entre ceux qui ont faim. Faim de nourriture, faim de dignité humaine.

Je crois que j’ai le mieux compris, par anticipation peut-être,  « l’eucharistie ou le partage du pain » lorsque, les enfants réunis autour de la table avec maman, papa prenait le pain, une belle miche ronde, en faisait des morceaux et nous les donnait. Quelques instants durant, nos espiègleries enfantines faisaient place à ce regard spontanément reconnaissant en recevant dans nos mains ce « pain de vie ». Puis, on mangeait en racontant la vie tout simplement, à la ferme, à l’école, au « caté », sur le chemin ; les parents discutant l’actualité rapportée dans le journal et radio Sottens et « comment cela nous concernait » !  Rien de solennel ni de triste. Du sérieux parfois et souvent, quelques batailles, des taquineries, des chansons et des choses pour rire. Tous reprenaient le travail et dépensaient l’énergie que nous avait donnée le pain partagé « fruit de la terre et du travail des gens ». Ce n’était pas dit. C’était vécu.

 

Selon moi c’était – pour employer des termes liturgiques – « l’eucharistie familiale ». C’était, si j’ose dire, le divin au cœur de l’humain, le « sacré animant le profane » comme les premiers chrétiens le faisaient « jour après jour, d’un même cœur ils (…) rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec joie et simplicité de cœur (Actes 2,46) ». Ils n’allaient pas à la Synagogue ni dans des temples.  Et ce pain partagé en famille au cœur de la vie quotidienne était le Pain de vie.

Mais la vie quotidienne implique l’économie, la finance, la politique, la culture, dans l’éternelle tension entre l’égoïsme qui capitalise plutôt que de partager d’une part, et, d’autre part, l’instinct de survie, donc de VIE, qui force celles et de ceux qui ont faim et soif de justice, de lutter comme Jésus l’a fait, pour renverser les trônes et les dominations. Selon moi, il me semble qu’une liturgie eucharistique répétitive et qui ne célèbre pas le dur labeur de la communauté présente, est anémique.

 

Je veux m’efforcer, dans les jours qui viennent, de raconter comment un homme, hélas trop peu connu chez nous, Bartolomé de Las Casas, à l’époque de la découverte des Amériques par Christophe Colomb, et comment lui, Las Casas, a découvert, le vrai pain partagé entre riches et pauvres, entre exploiteurs et exploités.

 

20:22 Publié dans Spiritualités | Tags : pain | Lien permanent | Commentaires (5)

06/01/2010

UN GRAND THEOLOGIEN

 

Edward Schillebeeckx

 

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Hommage à un grand homme (1914 - 2009)

Malheureusement pas très connu en Suisse

 

Edward Schillebeeckx

 

Hommage à un grand homme

Malheureusement pas très connu en Suisse

 

J’aurais voulu rendre hommage à des mentors et amis qui disparaissent sans crier gare et à qui je dois beaucoup, par exemple Edward Schillebeeckx, un vrai théologien qui a travaillé toute sa vie à arracher Jésus à la prison des dogmes et des doctrines pour lui permettre de vivre avec nous aujourd’hui.

 

Fin des années cinquante, donc avant Vatican II, un ami un ami m’envoie un livre de Schillebeeckx intitulé  « Christ the Sacrament » couv3821g_200.jpg(1959). J’étais occupée à la catéchèse écuménique et libératrice des populations de la péninsule du Cap. C’était une tension constante entre la prise de conscience émergente, et de son articulation face aux institutions. « Jésus, le Sacrement » le signe et la présence organiquement liés à l’homme, la femme, l’enfant dans sa réalité humaine. C’est ce Jésus vivant aujourd’hui au cœur de la société et de sa lutte pour la justice, que nous devons chercher, découvrir, pour prendre conscience de sa force dynamique dans le plus opprimé, des exploités, des pauvres, pas tellement pour nous consoler, mais pour permettre à son énergie en nous de construire la famille élargie des terriens. Une terre sans frontières, sans apartheid, sans classe, fraternelle et soudée par une solidarité existentielle.

 

Je trouvais que, à l'époque, former des catéchistes qui enseigneraient les dogmes, les doctrines, les liturgies compliquées des 7 sacrements, était un contresens dans notre réalité. Une lumière nous a aidés, celle d' un théologien érudit, Edward Schillebeeckx. Inspirés par sa pensée, nous nous sommes mis à l’écoute des gens et avec eux avons, nous avons trouvé Jésus, un Jésus humain et peu à peu extirpé des enseignements dogmatiques institutionnels; il n'était pas ressuscité pour ne rester qu'un acte de foi durant la saison pascale! Il devenait expérience de vie. nous sentions Jésus assis parmi nous dans nos multiples groupes de base.

 

Pour moi c’était très important de pouvoir m’en référer à un théologien « professionnel » !!! Nos examinateurs religieux ne le connaissaient -presque- pas et le cher Cardinal du Cap, Mac Cann (RIP) en connivence fraternelle me disait : « Je te soutiendrai dans ce que tu fais, mais ne me demande pas de permission ! »

 

C’était l'émergence d'une catéchèse de libération. Grâce à Edward Schillebeeckx OP, à qui je dis merci. Il est né en 1914 et il est mort le 23 décembre 2009. Ce qui ressort, en bref de ses œuvres:

 

·       Trouver Jésus avant le Christianisme (voir « Jésus avant le Christianisme » d’Albert Nolan, son confrère, et « Suivre Jésus aujourd’hui » également d’Albert).

·       Trouver et articuler des traces de l’action de Jésus dans l’Histoire de Dieu avec nous.

·       Exposer le rapport immédiat entre la vie de Jésus-sacrement et la souffrance des gens, au-delà des liturgies sacramentelles. L’Histoire du salut des gens, c’est là qu’on découvre Jésus vivant, le signe et la réalité de ce « qui est signifié ! »

·       La rencontre existentielle avec Jésus ressuscité actualisait les longues cérémonies de la semaine sainte et de Pâques dans la substance de la vie des petites gens ! 'ai des exemples concrets trop longs à raconter mais magnifique de vérité!

·       Il encourageait les petits groupes de base, il encourageait l’Eglise locale. Le Vatican se méfiait de cette voix prophétique ! Comme tant d’autres Schillebeeckx a fidèlement continué sa route à la suite de Jésus.

 

Merci Edward, merci pour moi, pour tous. Merci de ta vie, hier et aujourd’hui « Hamba Khahle», Porte-toi bien !

 

Quelques livres de Schillebeeckx chez CERF

 

·  Le Christ, sacrement de la rencontre de Dieu, Cerf, 1961, 1964 et 1970

·  Autour du célibat du prêtre, Cerf, 1967

·  Théologie d'aujourd'hui et de demain, 1967

·  La Théologie du renouveau, 1968

·  Plaidoyer pour le peuple de Dieu, Cerf, 1987

·  L'Histoire des hommes, récit de Dieu, 1992

http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/ficheauteur.asp?n_aut=574

 

Pour moi, je garde comme un trésor en mon cœur ces paroles d’ Edward Schillebeeckx : « Jésus est tellement, parfaitement humain, qu’il est Dieu ».

 

N’ayons pas peur d’être des humains ! Dieu est parfaitement homme en Jésus !

 

9782226191007m.jpgMais la réflexion continue et la pensée avance avec un confrère d’Edward dans le livre « Jésus, l’Homme qui évangélisa Dieu » de René Luneau OP. Chez Albin Michel 2009.

 

 

« Est-il un homme au monde sur lequel on ait autant écrit ? Peut-on encore découvrir du neuf dans les quatre Évangiles ? Si, pour la foi chrétienne, le mystère de Jésus Christ ne se révèle que dans sa mort et sa résurrection, les détails de sa vie « d’avant » sont-ils simplement anecdotiques ? René Luneau pense l'inverse. Il a voulu retrouver les paroles et les gestes de tous les jours, humains, simplement humains, de l'homme qui « évangélisa » Dieu, qui Lui donna définitivement un autre visage. La Résurrection n'a pas gommé les traits singuliers de l'homme qui aujourd'hui encore déconcerte et fascine. Jésus dit et montre Dieu autrement qu'on l'a fait avant lui et nous le restitue, libre des ambitions et des peurs. Il nous donne un « Dieu inattendu » – pour notre étonnement, notre joie et notre libération. »

http://www.albin-michel.fr/fiche.php?EAN=9782226191007

 

 

02/01/2010

EPIPHANIE

chers amis, allez dans Katutura english pour lire la note "EPIPHANY", s'il vous plaît 

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http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR

 

Lire ce rapport de Matthieu (2 : 1-12), est fascinant. Matthieu n’était pas un correspondant sur place,  il dit ce qu’il a entendu, compris, en s’appuyant sur les textes des « scribes d’Israël »  Mais le symbole est une leçon pour tous les temps, y compris notre temps 2010.

 

Comme un petit ver luisant! Il y a l’enfant. Tout enfant est le mien, je l’enfante à longueur d’années pour le meilleur ou pour le pire. Pour le meilleur : un homme debout, libre, qui « manifeste » la Liberté du Créateur au monde. Pour le pire : un homme « systématisé » et que les agents du système éduquent en vue de reproduire le système et ses agents.

 

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Au cœur de tout homme, l’étoile ne cesse de mettre en lumière l’enfant divinement humain en nous. Il se manifeste amoureusement quand on prend le temps de rester avec lui quelques minutes par jour dans un coin de la chambre bien plus présent que dans un temple ou une église ! Lui ne fait pas d’interprétation, pas de lavage de cerveau ni d’âme, Il libère et nous dit qu’on est responsable de notre liberté face aux trônes et aux dominations.

Donc, cette étoile, c’est un germe de contestation pour transformer la forme et le fond de la société. Le fond : « Je veux qu’ils aient la vie en abondance » (Jean 10 : 10). La Vie en abondance des affamés et des repus est le fruit de la lutte pour la justice, donc du partage des biens. Le plus grand bien pour le plus grand nombre. Chacun selon ses besoins. La forme : « L’envers du capitalisme occidental ». L’argent des ouvriers pour le pain de Vie, et le « surplus », s’il y en a, équitablement partagé pour nourrir les plus pauvres, ou, comme on dit, socialement ré-investi, et non pas renflouant les temples bancaires !

La merveille de ces Sages que guide une étoile est qu’ils mettent leur sagesse aux petits pieds du gamin. Lui, leur fait don de Sa sagesse hors système. Et c'est manifestement, comme sa vie le montrera, bien différent! Voyez ce que Jésus deviendra suite à sa lutte

Mais voilà, pour aujourd'hui, 3 novembre 2010, c'est toujours une « manifestation, une épiphanie » de la sagesse héritée de ceux qui s’en sont dépouillé pour mieux la révéler ! Exemple : Nelson Mandela.

 

Je prie pour que celles et ceux à qui nous donnons des responsabilités en les élisant à leurs postes de service puissent nous rendre compte de leur emploi ! De leur participation à la lutte pour la justice sociale. Pas dans les intérêts d’un parti ou d’un autre !!! Pas dans leurs intérêts individuels. Pas pour leur prestige éphémère et bling bling ! Mais qu’ils mettent les « trésors » qu’on leur  a confiés aux pieds des plus pauvres du monde entier !

 

(Voir au sujet de l'Épiphanie, « Histoire de Jésus ? » Étienne Nodet, Cerf, 2003 et un extrait à l’adresse :  http://www.1000questions.net/fr/ )

 

 

23:53 Publié dans Spiritualités | Tags : ver luisant | Lien permanent | Commentaires (0)