20/01/2010

INFRAROUGE HAITI

 

INFRAROUGE HAÏITI

christtiga.jpg

Le Christ haïtien
Le grand peintre haïtien TIGA (en bas de page)

« Qu’as-tu fait ? Écoute le sang de ton frère crier du sol vers moi » (Gn 4, 10).

Hier soir, j’ai regardé Infrarouge ( http://infrarouge.tsr.ch/) Esther Mamarbachi, l’animatrice n’avait pas la tâche facile à cause du nombre d’intervenants.

·       J’aimerais mentionner deux points qui m’ont impressionnée : c’est le fait que les premiers secours furent donnés aux blessés, aux mourants le furent par les Haïtiens eux-mêmes, qu’ils fussent membres d’une ONG ou non. Un humain qui voit un autre humain souffrir ou en danger ou mort, ne reste pas indifférent ! Est-ce que les médias ont rapporté cette solidarité haïtienne qui continue, qui n'est pas nouvelle et qui continue ? Non, une des premières choses, dès le premier soir, rapportée au télé journal tsr de 19h30 fut les émeutes et pillages, les machettes, la violence. La question qui vaut la peine d’être posée : est-ce que la Télé s’est efforcée de filmer ces actes de solidarité fraternels ? La Liberté, 24 Heures, l’ont-ils rapporté ? Ce qui fut rapporté et qu’il ne fallait pas manquer de voir, car c’était programmé dans le « show », c’est Bill Clinton offrant une assiette de nourriture à un affamé ! (Jésus aurait dit, « Ne le dis à personne, mais rend gloire à Dieu !) Il, Clinton, s’employa à la distribution de nourriture durant combien d’heures ? Le geste en soi est digne, mais dans ce contexte-là, n’est-il pas un peu artificiel ?

· Ely Thélot parle à partir du ressenti haïtien en Suisse. Il est soulagé que sa famille s’en est sortie et que ça va bien dans ce contexte d’une terre dévastée. La réalité lui arrive par les médias. « Et, dit-il, c’est un peu chargé ! Et ça fait mal, nous nous sentons impuissants. » On pouvait se demander pourquoi les horribles images sont répétées, comme du « sur place » durant de longues minutes dans une même émission.  Un autre intervenant, Philippe Desmangles, chirurgien orthopédiste en directe de Port au Prince, s’insurge avec raison, sur l’étalage de la misère d’Haïti sur les écrans des TV étrangères. « Y a-t-il eu des reportages du style de vie des fonctionnaires des ONGs travaillant à Haïti ? Pourquoi est-ce qu’on montre toujours la misère du pays, nous sommes pauvres, c’est vrai, nous sommes malheureux, c’est vrai, mais pourquoi le répéter sans cesse ? » Le conseil d’un Haïtien, Jean Wilder Derosier : « Pourquoi l’argent récolté ne peut-il pas être géré par des Haïtiens eux-mêmes ? Pourquoi le confier à des fonctionnaires étrangers qui aideront quelques temps et vivront, comme par le passé, des styles de vie bourgeoise ? » Et j’ajouterais, car je l’ai vu personnellement en Afrique australe, ce fossé existant entre les fonctionnaires, religieux, missionnaires, églises y compris, et la population dépouillée de tout, est un scandale pour ceux qui sont l’objet de « notre compassion financière.» La reconstruction et le développement doivent-ils nécessairement  construire une société de classes, de riches et de pauvres ? Ceux qui regardent d’en haut vers le bas et ceux qui regardent du bas vers le haut ? Et qu’une haïtienne de Suisse a taxé de « morts vivants » en osant s’imaginer que les morts à Haïti seraient ainsi, des  « sacrifiés » par le sort ou par la catastrophe naturelle, afin que « les autres puissent continuer à vivre ? »

 

« Au cœur de la nuit: silence sur Haïti, les morts sont avec nous (cm) »

« Tiga c’est la vie, il a donné vie à tous ceux qui l’ont accompagné, aux malades mentaux, aux handicapés, aux groupes les plus défavorisés et à tout le peuple haïtien »M. Pérodin

TIGA est décédé en 2006

 

Sur un des bouts d'une île de la Caraïbe dominée par la folie et le chaos, existe un artiste philosophe. Son rêve: faire que tous les habitants de cette terre trouvent le Créateur caché en eux et atteignent la liberté. Pour cela, il a pris à bras-le-corps la folie du pays. Il en assume les délires. Tiga l'un des plus grands peintres d'Haïti et des Caraïbes, se veut un artiste total. Son nom et sa vie sont intimement liés à toute l'histoire contemporaine de l'Art haïtien.

http://www.dailymotion.com/video/x31m0n_tiga-haiti-extrait


 

23:05 Publié dans Spiritualités | Tags : tiga | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Mais, bon-sang, je vous dis qu'il s'appelle Joshua, c'est quand même pas compliqué, il fait partie du peuple Juif, vous n'avez aucun droit de le surnommé comme vous le faite, c'est comme si je vous appelait Clara Morgane.
Ça fait des siècles que l'église usurpe l'identité d'un fils du peuple d'Israël, le fait de travestir son nom est totalement vulgaire et obscène !
Ça a assez duré, c'est finit maintenant cette campagne anti-juive fabriquée sur des dénigrements et des mensonges !
Les temps ont changés, si les églises pensent encore pouvoir salir les noms des enfants d'Israël avec des sobriquets humiliants, vous vous mettez le doigt dans l'œil ma Sœur !
Un tout petit peu de respect pour les absents !
De plus, quand est ce qu'il a demandé à quiconque de vous changiez son patronyme ?

Écrit par : corto | 21/01/2010

Corto, vous êtes lourd, très lourd. Et vous ne rendez vraiment pas service à la cause que vous prétendez défendre.
Merci ma soeur de ce texte aussi humble que beau, dont, bien qu'incroyant, je partage l'essentiel: la fraternité et la nécessité de davantage d'égalité et de justice.

Écrit par : Philippe Souaille | 21/01/2010

Chère Claire-Marie, dans le mille! Il ne faut pas se leurrer. Toute cette solidarité, cela va d'abord aider les classes sociales aisées à reconstruire le centre urbain. Ils le disaient ce matin encore sur RSR1. Les pauvres d'avant resteront les pauvres d'après. Et plus grave, on ne s'occupera d'eux qu'une fois qu'on aura aidé les riches. Comment voulez-vous d'une humanité plus humaine avec un tel service à la prestation en fonction de votre statut social d'avant? Quand tout est rasé, quand vient le temps d'une tabula rasa, n'est-il pas venu aussi le temps de proposer une autre société, une nouvelle énergie, un lien sociale plus affermi entre nantis et laisser-pour-comptes? C'est le jour du don à la Chaîne du Bonheur. Peut-être une des chaîne de solidarité les plus sérieuses et les plus impartiales dans le choix de ses aides. Je propose aux personnes qui veulent aider, d'imaginer plutôt un parrainage durable pour un enfant pauvre de Haïti à travers une oeuvre caritative sérieuse qui s'occupe de cela. je crois que si nous voulons aider les pauvres, que leurs enfants soient scolarisés et en bonne santé, qu'un jour ils puissent gagner leur vie et avoir un diplôme, c'est la meilleure des façon d'aider d'abord les pauvres plutôt que les riches ne s'accaparent la plus grande partie des dons de reconstruction à travers des projets d'architecture coûteux qui n'aideront en rien les plus faibles. Ce n'est pas la lutte des classes. C'est juste une question d'équilibre. Donc, celles et ceux qui sont sensibles à cela, parrainez un enfant pauvre de Haïti!

Écrit par : pachakmac | 21/01/2010

Mercià tous.
Cher Pachakmac, ce que vous écrivez si bien rejoint "je partage l'essentiel: la fraternité et la nécessité de davantage d'égalité et de justice." L'aide "humanitaire et les ONGs, c'est très ambigu. Je l'ai vu en Afrique australe et, si on faisait un bilan honnête, aussi avec des exemples concrets, on rejoindrait votre réflexion.
Quand à l'adoption, c'est délicat, compliqué, difficile. Il faudrait qu'on en discute.
Merci encore
claire-marie

Écrit par : cmj | 21/01/2010

Je n'ai pas parlé d'adoption, chère Soeur. J'ai parlé de parrainage. C'est-à-dire qu'un enfant éduqué par ses parents se trouvant dans une situation difficile, ou un orphelin recueilli par la famille proche ou éloignée, soit aidé de chez nous par une somme d'argent mensuel, par exemple fr.50 jusqu'à la fin de ses études ou apprentissage. L'ONG chargé de faire suivre cet argent, est aussi chargée du bon usage de cet argent pour l'enfant et la famille. Si par malheur la famille ne respecte pas le contrat de parrainage, par exemple un père qui gaspille l'argent pour boire, le parrainage est retiré à cette famille pour en faire bénéficier une autre. Je sais que ce serait dramatique pour cet enfant mais de toute façon si cet argent ne lui parvient pas pour l'aider à se développer autant qu'une autre famille plus sérieuse et responsable de ses enfants en profite pleinement. Pour l'adoption, comme vous dites, c'est très délicat. Il vaut mieux épuiser toutes les autres possibilités avant de proposer un enfant orphelin à l'adoption.

Écrit par : pachakmac | 21/01/2010

Les commentaires sont fermés.