22/09/2009

INVITATION

 

Luce de Gruyère vous invite

 

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« La femme est le rayon de la lumière divine »

Djalal Al-din Rümi

 

Hier soir, j'ai découvert la beauté d'une Gruyère profondément humaine et de Gruyériens trop peu connus.

C'était à « Espace Gruyère » qu'était présentée la légende musico-théâtrale de Lucien Margot, « La belle Luce ». Cette bergère m'a émerveillée, sa beauté-nature, son sourire, et sa voix des montagnes était comme l'écho de l'âme féminine de ce beau pays de verdure, d'armaillis, de savants, de poètes, de musiciens. Une force d'âme profonde, généreusement honnête, impulsive, modeste et parfois timide et empruntée face aux inconnus et à l'inconnu.

 

Environ 2000 spectateurs remplissaient cette grande halle bondée bien avant le début du spectacle. Tous semblaient se connaître, se reconnaître, les handicapés, les ouvriers, les femmes et les hommes en costumes du pays, les « autorités » politiques et civiles assises parmi les autres. C'est familier, c'est bon enfant, revigorant.

Il faut voir ce spectacle et devenir acteurs avec les 250 actrices et acteurs qui entourent Luce, la soldanelle ailée qui chante son pays, ses moutons, son chalet, et Jean son Amour!

La légende s'est transmise oralement et ce n'est qu'en 1923 que l'œuvre est créée, mise sur papier, mise en scène par. La musique a « des pulsations contemporaines et le nouveau texte dû à Pierre Gremaud est plus adapté aux sensibilités actuelles et aux conditions festives de l'exécution à Bulle. »

 

L'intrigue est simple: la bergère Luce est la plus belle femme du pays/comté. Le comte Michel aime Luce et Luce finit par se laisser charmer. Il y a la nuit enflammée, scintillante, frémissante! Michel promet à Luce qu'elle sera comtesse! C'est sans compter avec le père de Michel, Jean qui ne peut accepter dans la lignée familiale une roturière et insiste pour que Michel épouse Blanche de Bresse. Lucie s'en retourne à ses moutons en chantant:

« Tache de sang

Miroir sans tain

Je m'engloutis!

Soleil éteint

Lune assombrie

J'ai le cœur en hiver »

Michel s'exile en France, et, dans une première version, retrouve Lucie qui est devenue l'Abbesse d'un monastère et lui présente Sœur Micheline qui, elle, est leur fille et voit, pour la première fois, Michel son père! Puis tout se termine par un acte de réconciliation et de pardon, et on n'en sait pas plus.

Alors que, dans la deuxième version, que j'ai donc vue hier soir, l'âme de la ravissante Luce apparaît, "corps nu" sur un écran. Un flash et Luce traverse la rivière du temps, et, du haut d'une tour, dans sa longue robe bleue-gentiane, annonce la venue de leur fils:

l'Armailli, l'enfant de leur nuit d'Amour.

Avec l'Armailli, le comté disparaît et la Gruyère apparaît comme elle est aujourd'hui. Accueillante quand on la connaît.

« L'espérance est pour nous la sève de la vie

Le muscle de l'effort et la source bénie

Du courage vaillant

Elle est à la fois créatrice et lumière

Et sa clarté luira même à l'heure dernière

Sur nos cœurs d'enfants »

(Paroles et musique de Lucien Margot)

http://www.lagruyere.ch/fr/le-journal/les-editions/2008/20081129/costumes-et-coutumes.html

On trouve tous les renseignements pour ne pas manquer une rencontre avec « Luce de Gruyère et son histoire » sur le site www.lucedegruyere.ch

 

Voir également l'Hebdo: http://www.hebdo.ch/web/culture/index.asp?search=true&...

 

09:37 Publié dans Culture | Tags : luce | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Ma soeur, vous confondez spiritualité et romance de goût douteux !

Écrit par : corto | 19/09/2009

Union du fils du comte de Gruyères avec Blanche de Bresse, cela rappelle les doux temps où le comte de Gruyères était vassal du comte de Savoie, où la Bresse et la Gruyères faisaient partie du même pays! Ce mélange entre romance et religiosité est d'ailleurs assez propre à l'époque médiévale. Selon les commentateurs, Claire-Marie, Calvin eût été particulièrement énervé par cette tradition qui ne doit sans doute que peu à la Bible, et est plutôt un reste probable de celtisme. Mais le cinéma actuel est rempli de cette tradition, de toute façon.

Écrit par : Rémi Mogenet | 19/09/2009

Celtisme et catholicisme se rencontrent? A la bonne heure! Nous sommes à une époque ou les sociétés s'ouvrent, où le multiculturalisme prend de la hauteur. Il est temps de laisser Calvin et ses énervements à son époque et de vivre à la nôtre! Très belle image. La bergère doit faire attention à tous les loups qui se promènent dans les parages...

Écrit par : pachakmac | 19/09/2009

Je pense que le catholicisme, structurellement, est d'abord lié à la romanité, au monde latin, mais que, après la chute de l'Empire romain, il s'est lié aussi à l'Occident en général, en particulier aux Celtes, et le rôle fondamental des Irlandais, dans les fondations monastiques, le montre assez. Mais au XVIe siècle, ces liens de l'Eglise romaine avec la latinité ont justement heurté le monde germanique: les Bernois appelaient explicitement le latin une "langue étrangère" - y compris au Pays de Vaud.

Écrit par : Rémi Mogenet | 19/09/2009

(Des Irlandais saint Colomban, saint Gall, etc.)

Écrit par : Rémi Mogenet | 19/09/2009

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