05/09/2009

MEDITATION

EVANGILE de ce samedi, 5 septembre 2009


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Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs de blé ; ses disciples arrachaient et mangeaient des épis, après les avoir froissés dans leurs mains.
Des pharisiens lui dirent : « Pourquoi faites-vous ce qui n'est pas permis le jour du sabbat ? »
Jésus leur répondit : « N'avez-vous pas lu ce que fit David un jour qu'il eut faim, lui et ses compagnons ?
Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l'offrande, en mangea, et en donna à ses compagnons, alors que les prêtres seuls ont la permission d'en manger. »
Jésus leur disait encore « Le Fils de l'homme est maître du sabbat puisque le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le  sabbat. » (Selon Luc, 6: 1-5, texte lu dans les églises catholiques ce matin)

Ma réflexion: vous est-il arrivé de vous sentir épié, surveillé ? Jésus a dû sentir ce poids d’un regard qui tue, le regard des gardiens de l’autorité religieuse institutionnalisé. Oui, il a eu peur de ce regard inquisiteur mais il ne l’a pas évité. Il a prié tous les jours, sans parole peut-être, UN avec le Créateur et le nôtre. Il a prié. Il avait alors l’énergie de continuer l’œuvre de création inachevée, en son temps comme en notre temps et nous le faisons avec lui. Il a dit « Abba, pardonne-leur » et continue de le dire.

Quoi de plus naturel de plus naturel que de cueillir un épi tellement lié au goût du grain, de la farine et du pain! Mais pour Jésus, la « vidéo surveillance » fonctionnait dans la tête des pharisiens. Les pharisiens ont eu l’honnêteté de poser à Jésus – et pas aux disciples - une question directe et face à face :

« Pourquoi faites-vous ce qui n'est pas permis le jour du sabbat ? »

Ils questionnent en tant qu'experts de la Loi et de sa stricte observance, des légistes, des théologiens. Ils n’ont pas l’intention d’engager un débat avec Jésus puisqu’ils savent qu’ils ont raison. Jésus les connaît bien. Lui aussi a appris, lu et relu les rouleaux de la Torah. Il leur dit ce que David a fait et cite par coeur I Samuel 21 : 1-6. Les Pharisiens se taisent mais ils se sentent menacés et l’adrénaline monte. Bien pire encore lorsque Jésus tranquillement effronté dirait-on aujourd'hui, ajoute : « Le Fils de l'homme est maître du sabbat puisque le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le  sabbat. » Ils ont peur, furieux et incapables de dialogue, les pharisiens, ils cherchent à se débarrasser de cet homme qui libère les humbles et les humiliés, et fait sauter les chaînes institutionnelles. Ils réussiront à se défaire de lui. Jésus a payé le prix de son engagement envers l’AMOUR en murmurant dans un dernier soupir vainqueur: «... ils ne savent pas ce qu'ils font. »

Méditation et questions :

La messe du dimanche est faite pour l'homme et non l'homme pour la messe?

L’église est faite pour les fidèles et non les fidèles pour l'Église ?

L’institution est faite pour les membres et non les membres pour l’institution ?

Le parti politique est fait pour le bien commun des gens et non les gens pour le parti ?

N'est-ce pas un peu le monde à l'envers de ce que nous vivons? Cela rime à quoi, « suivre Jésus aujourd'hui ? » Dans un monde qui se déploie et nous avec, dans la méditation d'un samedi qui ne peut être qu'un MERCI en étant consciente qu'un « petit pharisien » peut se cacher au fond de moi!?

Voir aussi:

http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=1330

« L'extase divine crée le monde et l'extase du monde réalise le divin. Et vous, vous trouvez juste au milieu. » Béatrice Butreau

 

Sr Donna Geernaert, SC: la Terre et son caractère sacré in

http://www.uisg.org/French/PLENARIA%202007/calnewsfr-PLEN-Terra-fr.html

Bon dimanche! E001396_MED.gif



16:32 Publié dans Spiritualités | Tags : sabbat | Lien permanent | Commentaires (9)

Commentaires

Un jour de Sabbat, comme les sorcière, c'est encore aux cathos de changer l'orthographe, Shabbat prend un H après le S !
Compris ?

Écrit par : corto | 06/09/2009

Si même son nom à été travesti, que faut il dire du reste ?

Écrit par : corto | 06/09/2009

Hello Soeur bien que le texte nous est famillier c'est toujours avec joie et reflexion que nous le lisons..

je me demande si le Christ ne recherchai pas ce genre de confrontation en pretexte de confondre et d'expliquer les Ecritures dans le quotidien de tous ??

Ayez une bonne journee Soeur.

Écrit par : 100blagues | 06/09/2009

Corto, vous devriez boire du malt pour vous transformer en Corto Maltese, ce capitaine-poète bien-aimé. Votre manière d'agresser la parole de cmj est navrante. Jésus vous aurait déjà répondu du tac au tac: "Celui qui porte la fourche sur la langue est un serpent de Satan. Mais celui qui a la fourche dans la main pour récolter le grain, sera accueilli par Dieu". Oui, Soeur. Ce grain de blé récolté et mangé par un jour d'interdit montre bien à quel point le poids des institutions ressemblent parfois à une dictature de l'esprit organisée par les puissants. Cela me fait penser à notre conflit avec la Libye. Genève et sa police ont agi à la lettre de la République. Auraient-elles du agir en esprit et inviter les Kadhafi à passer spontanément au poste de police pour un interrogatoire librement consenti? Difficile à dire. Mais quand on voit le désastre humain et collectif actuel, on peut penser qu'un Jésus qui aurait mené l'opération dans l'hôtel des Kadhafi aurait eu quelques paroles sages et bienvenues pour éviter la montée des fiertés, la fièvre xénophobe de part et d'autre. Muammar Kadhafi est un chef d'Etat terrible. Mais sa terreur, il l'a construite sur les décombres des humiliations subies par lui et son peuple Berbère. Il sait le pouvoir de l'argent, le peu de cas que les Occidentaux font des affaires humaines quand des affaires commerciales sont en jeu. D'ailleurs le Royaume-Uni et Monsieur Merz, en plaçant en premier nos affaires commerciales et en deuxième le sort des otages, ont encore prouver que l'argent est prioritaire? Pour les Kadhafi, c'est net: mépris et déconsidération des interlocuteurs. Nous sommes des vendus, des gens qui nous laissons corrompre. Je veux prendre la place de nos deux Suisses s'ils ne sont pas libérés dans les prochains jours. Je veux prendre leurs place et aller dans une tribu berbère le temps que les Kadhafi l'imposeront au monde et aux Suisses. Pas pour m'agenouiller devant eux. Pour rendre la fierté et la dignité de la vie à chaque être humain. Mission impossible? A la politique de répondre, et à l'économie d'écouter pour une fois la valeur de l'être humain, de chaque être humain sur cette Terre. L'avenir des humains dépend de leur façon d'appréhender la globalisation, le droit des peuples à être respecter mais aussi leur devoir à écouter et à s'ouvrir à la démocratie, seul système (système de Jésus) qui permet à chacun et chacune d'exercer sa liberté et sa responsabilité de citoyenne et de citoyen.

Écrit par : pachakmac | 06/09/2009

@ Corto: Juste une explication

Yeshuah

@ Corto: Jésus-Christ ou Jésus de Nazareth (Hébreu: יהושע, Yehoshua; Araméen: ישוע, Yeshua; Grec: Ίησους, Iēsous, Latin Iesus,
Dans certain textes, c’est écrit Yeshoua ou encore Yechouah. Mais le théologien Neil Douglas-Klotz écrit : Jésus était un homme du Moyen Orient et dans sa région la langue était le dialecte araméen. Jésus s’est exprimé dans ce dialecte. Dans son très bon livre « The hidden Gospel » (1999 Quest books) Douglas Klotz précise qu’il emploie en alternance Jesus ou Yeshua. Selon ses recherches on est proche du vrai sens de Yeshua l’Araméen lorsqu’on dit le Notre Père en araméen : Aboun d'ouashmaya …
Sabbat s'écrit aussi Shabbat.
@100blagues: Merci, vous ne pensez pas que Jésus s'adresse directement à nous tous aujourd'hui?
@ pachakmac: Merci d'actualiser cet évangile d'aujourd'hui dans le contexte de l'actualité! J'aimerais arriver à le faire et vous m'y aidez vraiment!

Écrit par : cmj | 06/09/2009

Hello Soeur,exact a tous... mais il a aussi dit(si je ne m'abuse) : je ne suis venu que pour les brebis d'Israel ???

simplement expliquez-moi...

Écrit par : 100blagues | 07/09/2009

Au fond, des théologiens ont parlé, écrit de l'incarnation. En allemand, c'est bien plus simple et, pour moi, clair: c'est "Menschwerdunggottes", en anglais "God made man". C'est une naissance continue de notre créateur en nous dès avant que nous soyons nés. Mais j'ai l'impression qu'il est trahi par les "savants", ce Dieu-Amour qui fait que nous pouvons nous aimer les uns les autres.
L'envers de ça, la haine, la violence, tant et trop de souffrance qu'on ne peut nier, nous vivons au cœur de cette réalité aussi! C'est un mystère. Je ne sais pas. "Jésus est l'homme absolument humain et libre" (Edouard Schillebeecks) mais sa présence, son esprit est en nous (pas hors de nous) absolument libre et humain. Pourvu que les théories et les dogmes ne le tiennent "en cage"! Mais vous en savez plus que moi sur cette connivence avec l'amour tout simple.

Écrit par : cmj | 07/09/2009

Vous aussi vous m'inspirez, chère Soeur. La parole démocratique de Dieu passe à travers nos liens. Peut-être qu'à travers des mots, des chansons, des rythmes, Libyens et Suisses vont se reconnaître. Mais je n'en suis pas sûr. Dans l'Apoclypse, on parle de nations en guerre, de fin du monde horrible. Mais dans ce charabia métaphysique, on oublie une chose: la douceur du retour de la paix sur Terre. Nous sommes d'abord en guerre avec nos propres croyances, pas avec les êtres humains. Les dogmatiques s'attachent au port de leur naissance. Les hommes libres s'attachent d'abord à leur voilier et reviennent au port prendre les connaissances et l'état du monde. Ils seraient heureux que de plus en plus de dogmatiques construisent leurs voiliers et prennent le large avant de revenir au port faire leurs commentaires professoraux. Hélas, je crains qu'ils soient trop paresseux ou trop intéressés à asseoir leur pouvoir intellectuel et religieux sur les foules apeurées et déroutées par notre monde.

Écrit par : pachakmac | 08/09/2009

Oui, cher Pachamac, Nos propres croyances viennent de ce qu'on s'évertue à nous faire croire! Mais la foi en nous mêmes, en les humains, donc en Dieu-Amour, vient de nos expériences de vie avec eux! Entre nous. Dans les contradictions, les tensions, on s'aide à murir. Alfred Loisy: "Jésus avait annoncé le royaume, et c'est l'Eglise qui est venue". Jésus rêvait d'un mouvement si l'on ose dire, mais avec l'Empire, les pouvoirs, les dominations, son rêve semble être devenu cendres. Je suis convaincue que sous la cendre il y a le feu. Bien vivant. Dans l'Eglise Catholique, la rencontre Vatican II avec le prophète le bon Jean XXIII, a quasi fait revivre le mouvement, la Bonne Nouvelle. La masse. Vous, moi. Mais quand les racines bougent, le sommet est pétrifié... et la sève des racines ne passe pas. Cette espèce de peur généralisée fait que l'institution pétrifiée (les institutions) s'efforcent d'asseoir son, leur "pouvoir intellectuel et religieux" sur les racines. Là où l'homme libre et pleinement humain Jésus, vit et agit. Oui, les chansons, les rythmes, la poésie et le partage d'un repas quand c'est possible, c'est la prière sans charabia! Le feu sous la cendre. Les confrontations, les contradictions, les débats font partie de la vie et de l'exercice de notre liberté. Mais en respectant l'autre. La haine n'aura pas le dernier mot, ni la souffrance. Les Lybiens, les Suisses, (selon notre actualité) et tant d'autres se reconnaîtront et avancerons ensemble dans la même direction dans nos voiliers légers, heureux d'être profondément conscients du sens du voyage et de l'arrivée.

Écrit par : cmj | 08/09/2009

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