01/06/2009

LUTTE QUOTIDIENNE

 

Bread%20with%20Soup.jpg

 

Une maman de deux adolescents, épouse d'un ouvrier accomplissant de durs travaux sur des chantiers. Cette famille habite un immeuble. Le loyer est au-dessus des moyens financiers, même si l'appartement n'est ni beau ni même confortable! Impossible de trouver autre chose !

Les enfants aiment l'école (la fille, est au collège) et travaillent bien. Le garçon est un peu frondeur, mais il fait du foot. Toujours, il faut de l'argent, toujours de l'argent. Pour arrondir le salaire du mari et essayer essayer de tourner, la maman a trouvé du travail dans un EMS, deux ou trois jours par semaine. Les factures, les impôts qui viennent de partout, fédéral, cantonal, communal, ecclésiastique, les caisses maladie, le loyer, bouffent l'argent disponible.

Que reste-il pour une nourriture saine? Pour des vêtements simples, pour éventuellement un petit plaisir?

Finalement, comme nous en étions venus à parler de ce temps de crise et de récession, quasiment comme un mal nécessaire « car cela ne pouvait plus continuer comme ça ! », nous n’avons pu éviter le spectre  du chômage toujours menaçant, la perspective de 30frs de plus pour avoir accès à un médecin!!! De la froideur des ministres lorsqu’ils parlent de ce qui nous concerne !

Cette femme ouvrière, mon amie et avec qui j'ai longtemps collaboré dans la défense du droit d'asile dans les années 1980 et 1990 au Jura, me dit d’un ton humble et net: « Tu vois, Claire-Marie, c'est bien beau de dire que nous vivons une époque unique et qui est aussi une chance pour un monde plus juste! Entre temps et au-delà des rêves et des utopies, il y a la dureté du quotidien des ouvriers! Le Travail, le Pain quotidien, c'est pas évident, même si tu pries le Notre-Père!»

Elle m'a apporté un cadeau: six oeufs frais du Marché à Fribourg! J'ai eu le cœur serré d'émotion, d'irritation aussi contre les experts, les moralistes, les prêcheurs, les économistes, les politiciens. Leurs flots de mots ne nous remplissent pas nos assiettes! Pourquoi ne se serreraient-ils pas la ceinture pour que leurs théories aient un contenu?

 

22:35 Publié dans Economie | Tags : pain | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.