03/03/2009

Inspire la souffrance, expire la compassion

La globalisation de la souffrance et de la compassion

 

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Un titre qui répugne et je ne l'aime pas. La globalisation de la souffrance est pourtant une évidence. Le grand théologien allemand Jean Baptiste Metz a réfléchi sur l'Histoire de la souffrance.

« Les expériences chrétiennes ne sont pas d’abord la condition mystique et existentielle de l’individu chrétien, mais elles commencent à apparaître là où les chrétiens se laissent déranger par la souffrance des autres (Zechmeister M., « Karsamstag », op. cit., p. 76).

On a la triste habitude de se faire souffrir les uns les autres, presque par habitude, une espèce de globalisation banale qui va des simples querelles « pour rire » et finissent en pleurs et pire. Qui va des jouissances de l'amour aux passions jalouses et mortelles. Qui va des fraudes et corruptions des patrons au désespoir des ouvriers, des manœuvres, des petites mains. Qui va des taudis dissimulant la misère en Suisse aux abris-lapins des SDF, des paysans sans terre... Qui va d'un estomac creux au refus d'un achat à crédit! Qui va des viols aux maman malgré elles dont les seins sont secs pour le bébé...

Durant ces 40 jours, l'action de Carême suisse montre une Afrique étriquée et une Europe obèse. C'est trop simple. Ce n'est pas dans les largesses des œuvres caritatives que l'on appréciera l'étendue de la souffrance de l'espèce humain, c'est dans les efforts de partage du peu qu'on a avec ceux qui n'ont rien, proches et lointains. Matériellement, intellectuellement, affectivement!

Je n'aime pas ces crucifix sculptés, de Oberammergau (D) qui ornent les couvent et d'autres endroits. « Jésus est crucifié jusqu'à la fin des temps » disait B. Pascal. Ce sont des humains, pas des statues! Oh oui, c'est Jean Sébastian Bach qui dit le mieux la souffrance universelle.

La souffrance est soulagée, même si elle mène à la mort laquelle est aussi un soulagement, une libération ou l'on verra enfin l'enfantement. Les maman en savent quelque chose.

Paul de Tarse essaie d'en dire quelques mots, à sa manière, aux Romains de son temps: « La création elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. Car nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière gémit et souffre les douleurs de l'enfantement. Et ce n'est pas elle seulement; nous aussi, qui avons les prémices de l'Esprit, nous gémissons en nous-mêmes... »(Rm.8:22-23)

C'est peut-être à Gaza (grâce aux témoignages de ceux qui y sont allés et en sont revenus) que la concentration de la souffrance est la plus inhumaine! Insensée! Le Péché! On reste pantois face aux Quartette, Tony Blair en tête, se rendant sur place, dans les ruine de Gaza et donnant une conférence presse après le dîner. A-t-il entendu les Gazaouis dire, ce même jour: « On aura du pain ce soir? »

http://news.fr.be.msn.com/actualitebelge/Article.aspx?cp-documentid=14717563

La souffrance n'est pas seulement négative, comme les ténèbres, comme le chaos... c'est quoi d'autre alors? Trop facile de coller le mot de « mystère » à cette chose révoltante qu'est la souffrance... un mystère quand même! En fait y a-t-il un lien quelconque entre souffrance et amour? Entre ténèbres et lumière? Entre famine et gaspillage? Entre guerre et Paix?

Les institutions paraissent tellement vides de Jésus que, mentionner Celui qui est une personne présente et agissante ici et aujourd'hui-même paraît répétitif de ma part! Comme le vieillard Jean radotait au sujet de son Bien-Aimé sur l'île de Patmos! Mais Jésus vit dit-on, et clame-t-on, chaque Pâques! Alors? Sa présence est, quelle audace, plus que l'Amour, c'est la COMPASSIONIS mondialisée. Je ne veux pas dire « Compassion » (sentiment) dans le sens anglais du mot, mais je veux dire, comme J.B. Metz: « Leidenschaftliche Liebe zu den Menschen!!! » L'amour passionné pour chaque homme, avec chaque personne. La Compassion! Jésus souffre avec le monde qu'il guérit ...en souffrant avec justement. Il le fait avec un regard de bonheur contagieux! Je sais. Il le fait quand des prisonniers se solidarisent dans leur geôle, quand des passagers empêchent un réfugié Irakien d'être brutalement poussé dans un avion pour en débarrasser la Suisse, terre d'asile. Quand un ouvrier d'usine partage son snacks et ses soucis avec un autres ouvrier et je peux continuer! Quand un écrivain laisse courir sa plume pour dire ce qui est humain dans les relations entre les hommes, quand un accusé sort d'un tribunal pour un séjour en prison et qu'il rencontre des promesse d'amitié et de fidélité... Il me semble que c'est un peu comme ça que le monde se ré-construit sur les cendres du rêve de notre créateur...

 

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