30/12/2008

Ondes de choc sur Bethléem

 

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« Rien n’a jamais été dit par les saints sur l'intimité divine,  qui n'ait été mieux chanté par le vent d'été dans les arbres »

Rien n'a jamais été écrit par les théologiens de la belle présence de Dieu,  qui n'ait révélé dans les cristaux d’un matin glacial sur la fenêtre

Rien n'a jamais été créé par les artistes sur l’incarnation de l'amour,  qui n'ait été plus humainement révélé sous les paupières assoupies du petit nouveau-né »

Des écoliers africains ont mis en scène ce conte d’un auteur centrafricain :

« Les mages dans leur attirail royal offrirent leurs précieux cadeaux  à Jésus et à ses parents. Peu après leur départ arrivèrent trois étranges individus à l’allure louche : l’un en haillons boitillant à l’aide d’une canne. Le deuxième, des chaînes aux poignets, était nu à part son zizi recouvert d’un short effiloché. Le troisième était blanc comme un cadavre, et il portait une perruque de cheveux gris en bataille et était recouvert d’un vieux tee-shirt africain. Lorsqu’ils virent approcher ces gens, un chœur de voisins spectateurs, hommes et femmes, se mirent à crier : « Joseph, ferme la porte, ce sont des voleurs et des vagabonds qui vont dérober tout ce que nous avons reçu ! »

Joseph répondit : « Tout le monde a le droit à cet enfant – les pauvres, les malheureux, les marginaux, les nuls. Nous ne garderons pas l’enfant pour nous seuls. Qu’ils entrent ! »

« Les trois personnages entrèrent et se mirent à contempler le bambin. Papa Joseph ramassa les cadeaux laissés là par les Rois mages. Il dit au premier : « Tu es pauvre. Prends cet or et achète-toi ce dont tu as besoin. Nous n’aurons pas faim .»

Puis Joseph dit au deuxième : « Tu es enchaîné et je ne sais comment te libérer. Prends cette myrrhe – cela peut guérir les plaies de tes poignets et de tes chevilles. » Puis Joseph s’adressa au troisième et dit : « Ton esprit est dans l’angoisse. Je ne peux te guérir mais l’arôme de la myrrhe soulagera ton âme douloureuse. »

Alors le premier des trois répondit à Joseph : « Ne me fais pas ce cadeau. Quiconque me trouverait le portant dirait que je l’ai volé. De plus, malheureusement, ton enfant sera aussi mis au rang des criminels ! »

Le deuxième dit : « Ne me donne pas cette myrrhe onctueuse ! Garde-là pour l’enfant car un jour il portera mes chaînes. »

Et le troisième dit : « Je suis un perdu. Je n’ai foi en rien. Dieu est absent du pays de mon esprit. Que l’enfant garde pour lui cet encens car il va perdre foi en son Père. »

Joseph et Marie se couvrirent le visage de leurs mains. Les trois hommes s’adressèrent à l’enfant : « Petit enfant, toi, tu ne viens pas du pays de l’or, de l’encens ni de la myrrhe. Tu appartiens à notre monde. Tu es un des nôtres. Tu viens du pays de la faim, de la soif, de la maladie. Laisse nous t’offrir ce que nous avons. »

Le premier ôta ses haillons : « Accepte ces haillons. Tu en auras besoin le jour où ils te dépouilleront de tes habits et te laisseront marcher nu vers l’échafaud. »

Le deuxième dit : « Quand je serai délivré de ces chaînes je les mettrai de côté pour toi, car tu les porteras un jour, et tu connaîtras vraiment la souffrance de l’humanité. »

Le troisième dit : « Je t’offre ma déprime, ma perte de foi en Dieu et en tout. Je ne puis plus porter ce fardeau. S’il te plaît, unis ma peine et ma misère à la tienne. »

Les trois s’enfoncèrent dans la nuit. Mais cette nuit était différente des nuits d’avant. Quelque chose s’était passé dans cette étable. La douleur insupportable des gueux semblait quelque peu soulagée… Espèce d’épiphanie hors temples et églises. La liturgie que Jésus souhaiterait voir célébrer dans les hauts lieux des pouvoirs religieux aujourd’hui !

La timide étoile s’aventurerait pour nous montrer le chemin où Dieu, tendre et fragile, habite : en chacun de nous.

 

(Source : Gérard, prêtre dans une township d’Afrique du Sud a assisté à la mise en scène de cette liturgie par les jeunes étudiants de sa paroisse. Il a rapporté ce fait à Daniel O’Leary et ce dernier l’a publié dans l'hebdomadaire « The Tablet » du 20/27 décembre 2008. Ma traduction.

www.thetablet.co.uk )

 

29/12/2008

J’ai fait un rêve et je me suis réveillée en souriant

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Je voyageais en train. La beauté du paysage, le rythme des roues lisses sur les rails, l’amitié discrète des passagers somnolents tempéraient le frémissement frileux des quelques flocons perdus papillonnent entre ciel et terre car on était en plein hiver.  Le train entre en gare impassiblement, et j’arrive à la maison.

- Y avait-il des contrôleurs dans les wagons ?

- Pour quoi faire ?

- Tu n’as pas entendu : « Présentez tous les billets s’il vous plaît ! » ?

Contrôleurs et billets ne faisaient pas partie du voyage, ni de mon rêve.

Un peu comme Jésus l’aurait souhaité pour les hommes engagés à vie dans la traversée de notre minuscule planète, notre maison de transit.

2008 – 2009

Voyageurs d’une année à l’autre, les titres de voyages sont inconnus, superflus. Nous sommes en compagnie de Celui qui ne met aucune condition à son amitié pour ses compagnons de voyage tout au long de notre irréversible traversée. L’Amour inconditionnel !

« Aimer signifie ne jamais devoir demander pardon » (“Love means never ever having to say you’re sorry”, in Love Story, Erich Segal, http://mlle-libellule.livejournal.com/11684.html)

« L’amour de Jésus est inconditionnel.»

Il le proclame. Il le vit. Il libère ses fellow-voyageurs : pas de titres de voyage, pas de contrôleurs. Il prend au sérieux la dignité de chaque personne.

C’était sans compter avec la « faille » de notre création commune inachevée et trop souvent inavouée… comme à Gaza en cet instant même.

Le rêve de ce matin ne germe-t-il pas du souhait de Jésus d’avant l’origine ? Qui fit rêver Isaïe « Le loup habitera avec l'agneau, Et la panthère se couchera avec le chevreau…, un petit enfant les conduira… la terre sera remplie de la connaissance de Dieu comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. » (Is 11 : 6-9)

Le train repart et nous continuons la traversée jusqu’à la halte prochaine !

Bonne route !

26/12/2008

Zimbabwe: Noël 1978 et 2008

 

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Il y a 30 ans, c’était en 1978 si je ne me trompe, j’étais arrivée à Salisbury – aujourd’hui Harare - par avion depuis Johannesburg, puis par « bus » jusqu’à Fort Victoria – aujourd’hui Masvingo. Les Freedom fighters étaient encore en action contre les Selous Scout de Ian Smit et notre Mission se trouvait dans une zone dite sensible.

Ma première impression quand Sr K., venue me chercher à Fort Victoria, stoppe la pick-up, m’intimant de rester tranquille à ma place pendant qu’elle allait au magasin juste en face, mon impression fut : « Il y a un peu de pain, ça sent le pain ! hey ! Jeeh !» Sr K. revient avec du pain enveloppé dans du papier de journal. Elle avait un sourire de pain tout frais, K. ! Pour nous à la Mission, on était gâté, mais eux, les Shonas du village où nous nous trouvions, feraient avec le maïs ordinaire et des branches de cane à sucre qu’on mâche et qu’on suce, et quelques chenilles rôties riche en protéine !

Toute cérémonie nocturne de Noël était interdite. D’ailleurs la moindre des lumières pouvait être prise pour un signal. De toute ma vie, je n’ai jamais vécu une nativité plus vraie, plus profonde. Plus paisible, nous sentions en nous la naissance d’un temps nouveau, d’un pain nouveau !

Source de ce qui suit et que je traduis librement:

http://www.sokwanele.com/thisiszimbabwe/archives/2961

« Les Zimbabwéens n’iront pas chez eux pour une fête quelconque ce Noël 2008, ni l’année passée, ni l’année d’avant et d’avant…les familles sont dispersées, pas d’argent, rien à manger, pas d’eau potable, pas de fuel…pas de médicaments, même pas une aspirine… le choléra, le SIDA HIV menacent les bébés et les jeunes. »

Les vieux meurent jeunes quoi qu’il en soit …ma consœur zimbabwéenne, Sr M. me dit – dans un contact court - que Sr K. a contracté le choléra en essayant de soigner les malades. Mais on espère fort qu’elle va s’en tirer !

Comme en 1978, aucune lumière en cette nuit, la violence rampante par les enfants de ceux-là mêmes que nous défendions il y a trente ans. Pire, les viols, les abductions, même de ceux et de celles qui prient pour que vienne le Sauveur les délivrer à Noël ! Prier est dangereux dans la réalité zimbabwéenne. Chanter le Magnificat vous garantit la taule !

24/12/2008

Retrouver Jésus

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Après que Jésus fut exécuté, je pense que ses amis, enflammés qu’ils étaient par leur prise de conscience toujours plus profonde que leur ami est "le Chemin, la Vérité, la Vie"» (Jn 14 : 6), ne pouvaient pas le laisser tomber ! Ils allaient prêcher Yeshuah, la Bonne Nouvelle, ils savaient qu’un autre monde est possible et qu’il est voulu par le Créateur ! A eux de faire naître un monde nouveau ! Les disciples de Jésus n’avaient pas le temps de célébrer sa naissance. L’important est qu’Il fut là, même après sa mort ! Qu’importe, pour eux,  le Où, le Quand, le Comment…

La société de Jésus et de sa famille a des ressemblances avec la nôtre, avec notre monde aujourd’hui, c’est de plus en plus clair selon moi.

Les gens avaient l’expérience des chemins tordus, des pouvoirs, des trônes, des dominations, des grands Prêtres, des Chefs de synagogues , des prophètes qu’on tue… les gens de tous les jours devaient courber l’échine, payer des impôts, pire, ils devaient croire ce qu’on leur faisait de croire. A moins d’être mis au rancart, des lépreux, des publicains, de la racaille. Une grande soif de délivrance les consumait ! Un sauveur.

Aujourd’hui, ce qu’on oublie de dire dans les Eglises à Noël, et c’est grave,  c’est que, alors qu’elle était enceinte, la maman de Jésus chantait avec ferveur et passion le chant le plus révolutionnaire de tous les temps  le Magnificat qu’elle savait par cœur, le cantique des pauvres et des opprimés. C’était l’idée première de Dieu, il fallait la concrétiser, cette idée ! Tous devaient s’atteler à cette tâche, y compris l’enfant qu’elle était en train d’enfanter. Pensez ! Jésus avait de qui tenir si son géniteur est le Dieu créateur ! Lui qui était sans doute l’auteur des paroles et de la musique du Magnificat !  

Je ne doute pas un instant que Marie et Joseph, qui étaient des humbles mais pas des mous, se sont mis à chanter en soignant leur nourrisson sur la paille :

 « Notre âme magnifie le Seigneur parce qu’Il est plus fort que les puissants de ce monde
Il est proche des petits,

Il bouleverse l’ordre social du monde. »

Ainsi dans cette étable, le contexte d’humiliation permettait à notre adorable Créateur de poursuivre son œuvre de création qui paraissait avoir raté au premier essai! Quel défi pour Jésus !

Avec cet enfant c’est l’embryon d’un monde à l’envers, un renversement total qui naît. « Dieu a renvoyé les riches les mains vides, et il a élevé les humbles.» « Il faut qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en plénitude ! Jn 10 :10 ». Il va le faire en direct, mais pas par magie, c’est pas un cadeau. Non ! Le Royaume se construit dans les larmes et dans le sang par la force de Son énergie et de Sa Vie chez les pauvres, assoiffées et affamés de tous les temps.

Je ne peux résister à l’envie de partager avec vous ce qui suit :

« Jean-Sébastien Bach : Oratorio de Noël (BWV 248) : L'œuvre est composée de six cantates. C'est la naissance dans un squat venteux en pleine campagne, d'un enfant juif et palestinien, futur agitateur révolutionnaire qui choisira le camp des pauvres, des SDF, et combattra toutes les formes de discrimination… Mais la joie est générale et la musique de Bach est magnifique. Ca se terminera mal pour lui, (Jésus) comme nous le verrons dans la « Passion selon saint Matthieu ».

Paule du Bouchet (192 pages, nombreuses illustrations, Editions Découvertes Gallimard. )Pour en apprendre davantage, il faut lire ce petit livre vivant et solidement documenté. (J’ai résumé, cm).

Avec la théologie du Magnificat natal, et sa résonance en mon cœur, je trouve la force de « faire avec » les cantiques doucereux, souvent niais, parfois drôles, qui endorment les chanteurs et les auditeurs (pas tous bien sûr).

Bon anniversaire, Jésus, et essaie de compter sur notre faiblesse pour construire ton royaume !

22/12/2008

Méditation avec Jésus

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Le silence est le nid et la musique est l'oiseau.
Dans le monde spirituel, la musique divine naît de l'âme même du silence. (Sri Chinmoy)

 

Jésus habite, vit en notre conscience profonde, l’écouter, n’écouter que lui alors que ma conscience profonde est une avec celle de l’Univers, c’est une musique, celle de l’Avant.  Avant que le mot Amour fût prononcé, il était, avant que le VERBE fût HUMAIN, Il est.

 

C’est un instant de bonheur pur, hors espace temps que je vis en cet instant.  Mais Yeschuah, cet homme parfait m’aime et, puisqu’il m’aime, il ne veut pas me posséder, donc notre étreinte amoureuse qui frémit des douleurs, des gémissements de  l’enfantement de son esprit, dans le monde de 2008, à trois jours de ce qui se dit être Noël, se relâche. Il me dit : partage notre cœur à cœur avec les autres.

Jésus me renvoie à ma propre responsabilité de partenaire à cette naissance du temps nouveau engendré dans la crèche du calvaire, la seule vraie, aujourd’hui comme hier : «La création tout entière gémit dans les douleurs de l'enfantement parce qu'elle a été soumise, malgré elle, par l'homme à la vanité. Et la création tout entière attend la révélation de la gloire des fils de Dieu» (Rm 8,19-22)

Dans notre monde, je crois à la globalisation de la compassion. Pas en mots ou en prières multipliées ou en longues et laborieuses liturgies « qui me donne un petit frisson dans le dos comme me disait ce jeune homme, mais sans plus ! » Non la Compassion, c’est d’abord, je crois, la conscience douloureuse, heureuse, de notre UNITUDE dans et avec un univers qui va se déployant !

Quel bonheur ! C’est la musique de l’Avant, celle de Jean-Sébastien Bach, celle de Dieu…dans le néant vibrant de l’avant big-bang qui fut et est, en cette nativité en direct.

20/12/2008

Depuis plus de quatre mille ans...

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Depuis plus de quatre mille ans…. Attendre…Attendre… 

« Attendre Godot c'est espérer que cela va changer et être pourtant totalement lucide sur le fait que cet espoir est absurde.» (Beckett) Le temps n’est plus à l’attente. Il est à l’action. Le nom de Jésus est AUJOURD’HUI !

Mon nom est : AUJOURD’HUI

Beaucoup de choses peuvent attendre

Pas l'enfant, pas moi !

Là, maintenant, mes os se forment

mon sang se fabrique

mes sens s'épanouissent

A moi, l’enfant, on ne peut pas dire demain

mon nom est : AUJOURD’HUI

(Gabriela Mistral) Jésus dit : « Mon nom est aujourd’hui »

De grâce, prenons conscience que c’est l’avenir qui structure le présent. Le nostalgique et incessant retour auprès des multiples crèches habitées d’objets sculptés, c’est bien, mais quid d’aujourd’hui ? Le Poverello, en son temps eut l’idée d’avoir « Jésus aujourd’hui avec lui » comme le rapporte Wikipedia : Il a créé en 1223 une des premières crèches vivantes en utilisant des personnages réels, dans son église à Grecchio en Italie. Ces personnages étaient des gens de son village. C’était Jésus aujourd’hui pour François. Je souhaite que notre adoration de « l’enfant divin » nous bouscule et nous propulse vers les divins enfants d’aujourd’hui !

Mon nom est aujourd’hui dit Jésus qui est en train de naître dans tous les pays du monde. Pour le meilleur et pour le pire !

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Des mangeoires, des crèches, des berceaux dans nos cliniques, dans la brousse, dans les camps de réfugiés, en Irak, au Darfour, dans les taudis de New York, de Paris… autant de « petites racailles » potentielles selon leur standing économique, social et politique et les chefs des états respectifs !

De grâce disons bien haut que Jésus s’appelle aujourd’hui et que notre joli folklore nous emmène aux failles, aux mangeoires actuelles de notre planète.

18/12/2008

Romainmôtier

   
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 - Cela vous ferait plaisir de visiter Romainmôtier ?  - Oui, bien sûr !

Je cueille au vol et avec reconnaissance l’idée de Sœur Marianne. Un saut de puce relie Saint Loup à Romainmôtier. Le jour baisse. Il fait nuit neigeuse lorsque je vois la forme de l’Abbatiale se dessiner dans un faisceau de lumière ambre qui s’étire bien au-delà de l’église. Comme pour éclairer notre arrivée.  J’ai l’impression d’avancer à reculons. Un aperçu succinct de l’Histoire de l’Abbatiale se trouve dans Wikipedia.

Et le Quotidien 24 Heures publie un excellent texte à l’adresse suivante : www.romainmotier.ch/contenu/index.php?option=com_content&view=article&catid=36:Abbatiale&id...104 - 45k  

L'Abbaye, aujourd'hui, vit à l'heure protestante et oecuméniste… en attente. Pendant vingt-cinq ans, quatre sœurs dont deux catholiques et deux protestantes ont vécu à Romainmôtier, animant la prière œcuménique. C’est une fraternité dont Sœur Simone qui m’accompagne aujourd’hui, est une des pionnières. Elle a donné ses forces, con cœur passionné et son âme de poète à la cause de l’UNITE des chrétiens. La petite fraternité priait quatre fois par jour, «fait suffisamment rare dans le protestantisme pour être souligné». Aujourd’hui, me dit tristement Sr Simone (diaconesse) les Sœurs catholiques sont parties et ne sont pas encore remplacées. Ce soir, je me sens un bien fragile minorité catholique dans mon exploration des lieux ! Nous nous rendons à l’Abbatiale pour la prière du soir : nous sommes sept en tout dans cette immense Abbatiale dont les murs millénaires semblent nous enfouir en son cœur douloureux. Les petites gens, je crois,  sont œcuméniques par nature, par solidarité ou par fraternité ! Les Institutions regimbent, serait-ce par nature ou par intérêts particuliers ? Ne sommes-nous pas en communion et enfants du même Père. Abba ! Une famille humaine ? Les vêpres débouchent sur un repas partagé. On apprend à se connaître par nom. Jean-Yves, Françoise, Simone, Ginette, Paul-Émile et j’en oublie malheureusement. Nous partageons la vie, le passé, le présent surtout,  et l’avenir dans l’espérance ! Comme si on s’était toujours connu !

Voici le témoignage du pasteur : www.romainmotier.ch/contenu/index.php?option=com_content&view=article&catid=36:Abbatiale&id...104 - 45k –

« Paul-Émile Schwitzguébel veille particulièrement à ce que l'Abbatiale reste d'abord une église vivante, lieu de prières. Qu'elles soient individuelles ou organisées, puisque de tels moments sont proposés deux fois par jour, en plus des cultes. Le lieu attire bien évidemment des touristes fascinés par des vieilles pierres, mais aussi et surtout des gens, comme le dit le pasteur " qui ont envie de s'arrêter, de chercher et de comprendre". Dans une des chapelles intérieures de l'Eglise (la chapelle St-Grégoire datant de 1445), un livre est ouvert permettant aux pèlerins d'y laisser leurs messages. Il se remplit avec une étonnante rapidité de messages de visiteurs venus des cinq continents. Le pasteur se dit frappé de l'attente des personnes qui s'arrêtent à l'Abbatiale. " Ce n'est pas une église comme les autres, mais un lieu de prière, de spiritualité et de silence. Nous devons répondre aux besoins spirituels des gens qui viennent ici. "  C’est un bonheur pour moi d’honorer mon blog de la présence animée et amicale de ce Milieu du Monde élargi, inoubliable souvenir de mes vacances à Saint-Loup.

17/12/2008

Le Milieu du Monde

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Le Milieu du monde, le Moulin Bornu :  commune de Pompaples  (1318)

 

 

 

 

A Pompaples est une fontaine qui coule du Rhône au Rhin, lorsque j'y vais conter ma peine, nord et sud savent mon chagrin.                                                                                                  Paul Budry

 


Je ne pensais jamais être si proche du Milieu du Monde ! Là « où les Vaudois ont trouvé leur nombril », et moi de même, grâce aux Sœurs diaconesses de Saint- Loup.  Elles m’informent, elles m’expliquent la réalité géographique, elles racontent, elles recommencent quand je questionne. Elles me montrent le Nozon que j’entends mais ne peux voir. Il me nargue du fond de son lit, juste en bas de la grotte de ce taquin de Saint Lupicin ! J’écoute, j’apprends, je palpe ce nombril de notre si petite terre et je vais d’étonnement à étonnement !

Il m’est revenu en mémoire le « Véritable Milieu du Monde » à la page 168 (texte Gilbert Salem et photographies Marcel Malherbe,, Slatkine 2007) :

 

« … Les vestiges du canal d’Entreroches : un défilé entre deux immenses pans rocheux et broussailleux … devait permettre de relier par voie navigable les eaux du Midi et les eaux du Septentrion, celles de la Méditerranée et celles de la mer du Nord. Le projet de ce canal, un des tout premiers de ce genre en Europe en 1635 fut abandonné avec l’avènement du chemin de Fer… » Musique d’avenir.

 

Le véritable Milieu du Monde aujourd’hui, les Sœurs me l’ont répété, se trouve  au « modeste Moulin Bornu, symbolique et poétique » depuis que le Nozon fut dérivé, formant un bief, pour que tournent les rouages du Moulin en son temps ! On sent une âme, un esprit vaudois souffler gentiment, siffloter,  presque, entre les branches sèches et grelottantes de givre, une invitation à l’écoute, à l’expérience, à découverte. Je joue le jeu sans le vouloir, j’ai presque envie d’ôter mes sandales.

 

 Depuis…  une partie des eaux du Nozon s'écoule vers le Talent, jusqu’au … Rhin, et à la mer du Nord et l'autre partie rejoint la Venoge, puis … le Rhône et la Méditerranée, donc le sud. L'endroit, où l’eau en passant,  donne tout son élan au Moulin, se sépare, s’enfante. Deux rivières surprises coulent désormais paisiblement du berceau qui a pris le nom de Milieu du Monde.

 

J’en tire une leçon de vie. Deux personnes se rencontrent, parfois par hasard, se reconnaissent en tant que sœurs ou frères humains, partagent un repas, comme plat de résistance, le partage leurs expériences de vie, leurs souffrances, leurs rêves et leur espérance, leur tête-à-tête, active les rouages des moulins à blé, de la farine, du pain de l’Amour. Le joyeux tic-tac des moulins quotidiens.  Cette rencontre, ce face à face, les yeux dans les yeux, les mains dans les mains si l’on peut, nous fortifient pour reprendre la marche, seuls chacun selon son destin,  vers le nord, vers le sud, vers la mer, vers l’origine de toute vie, là où souffle l’Esprit … à longueur d’onde ! Hors espace-temps !

 

16/12/2008

Amitié

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« Mes plus belles années ont été celles où j'ai servi de toit à une fourmilière. Ses habitantes étaient tellement persuadées que j'étais le ciel que je l'ai cru aussi. Aujourd'hui, je sais que je ne suis qu'une pierre, mais ce souvenir est mon secret. Ne le dites à personne." (p.186 I.G.)

Il nous arrive d’être persuadés que nous sommes vraiment ce que nos amis pensent de nous ! Généreux, attentifs, imaginatifs, infatigables, optimistes et je ne sais quoi encore ! Il y  a bien un petit malaise qui chicane notre honnêteté.  « On ne voit bien qu’avec le cœur » et tous ces amis-là nous regardent avec les yeux de leur cœur ». Ce n’est pas un acte de foi. C’est un bonheur de croire ceux qui croient en nous ! C’est un bonheur pour eux de nous voir avec les yeux de leur cœur et je voudrais ne jamais les décevoir. L’énergie de l’amitié devient dynamisme pour créer…collaborer… aimer !

 

Il arrive que le contexte change avec le passage du temps : « Quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » (Jean 21 :18) Jésus avertissait ainsi l’impétueux Pierre, premier pape, dûment marié,  très attentif à la santé de sa belle-mère en plus ! Après l’illusion du pouvoir de chef, il savait qu’il n’était qu’une pierre.  Beau souvenir, l’amitié de Jésus pour ce Céphas ! Outre la pierre, il a vu l’homme. Sans illusion. Les bons souvenirs, même un peu malicieux dans les bords, sont des trésors de bonne humeur ! D’humilité nature ! De confiance sans hypocrisie ni naïveté !

« Ne le dites à personne !» dit F.G. Lorca aux petits enfants.

 Moi, j’aimerais le dire! Et vous ?

 

13/12/2008

Méditation dominicale

Œcuménisme par immersion à Saint-Loup

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« Là-haut, taillée dans le roc, une grotte domine le plateau de Saint-Loup. Autrefois, elle servait de demeure à un ermite (Saint Lupicin dit Loup). Dès la plus lointaine Antiquité, des hommes venaient ici pour prier, adorer, servir Dieu et leurs frères. Un jour, Henri Juvet se promenait sur ce plateau en compagnie de Louis Germond, futur fondateur de la Communauté de Saint-Loup. En s'approchant de l'auberge construite alors en ce lieu, il lui dit : " Dieu aura pitié de ce coin de terre… La lumière qui jadis brilla ici se rallumera… Cette maison où l'on s'amuse aujourd'hui deviendra une maison de prière. Je ne le verrai pas, mais toi, Louis, tu le verras ! "

Dans cette mouvance, depuis plus de 160 ans, la Communauté des diaconesses de Saint-Loup exerce son ministère. Aujourd'hui, fidèlement, il prend une nouvelle forme : celle de la Montagne de prière. » ()

·         Un exemple d’œcuménisme en Afrique du Sud au temps le plus critique de la lutte anti-apartheid. Le gouvernement raciste blanc prêchait le « développement séparé » dont le but, avoué ou non, était de sauvegarder ce « dernier bastion de la civilisation occidentale chrétienne » ! Cela voulait dire quoi ?

L’Organisation des Nations Unies déclarait : L’apartheid est un crime contre l’humanité, (Résolutions 2184 et 2202 de décembre 1966). En 1980, les Eglises réformées déclaraient : l’apartheid était une hérésie. (Les autorités catholiques s’étaient abstenues)

Ceux et celles engagés dans la lutte anti apartheid formaient des groupes solidaires. Les membres ne se sont jamais posé la question : qui est quoi ? Nous étions unis par l’action. Il allait de soi qu’il fallait vivre l’UNITE avant de le prêcher !

·         Année 2008. De Bulle j’ai demandé et obtenu l’hospitalité à la communauté des diaconesses de Saint-Loup, à Pompaples, canton de Vaud, du 22 novembre au 7 décembre.  Une expérience de vie qui m’a aidée à voir plus large et plus loin.

 

 Les diaconesses des Eglises protestantes, vivent en communauté, soignent les malades et s'occupent de problèmes sociaux, des chômeurs, des demandeurs d'asile, des mères élevant seules leurs enfants, des vieillards et des mourants. En 1842, le pasteur Louis Germond fonda, d'après le modèle de Kaiserswerth, la première maison de diaconesses de Suisse à Echallens, transférée à Saint-Loup en 1852. Les malades les plus pauvres premiers servis !

J’ignorais presque tout des Diaconesses sinon qu’elles travaillaient dans les hôpitaux et étaient aussi activement présentes à Lausanne.

Les deux semaines de vacances à Saint-Loup m’ont permis, dans la mesure de mes possibilités, d’en percevoir et d’en partager l’Esprit. Le courage d’un passé dur et sans concession, et une vision d’avenir défiant les signes des temps.

Ces vacances, en un lieu si  proche du Milieu du Monde, fut une immersion œcuménique. Partageant la même table, c’était normal, logique, de partager le repas eucharistique dans la chapelle provisoire des Sœurs Diaconesses.

 

http://mediatheque.epfl.ch/modules.php?include=view_photo.php&file=index&name=gallery&op=modload&id=wIMG_5027_DxO&set_albumName=albuq63

Les structures architecturales sont inspirées de l’origami, art japonais du pliage de papier  La première construction réalisée a été inaugurée le 20 juillet 2008. Economique et écologique, elle est entièrement constituée de panneaux de bois massifs.

 

Le dépouillement est total, ni images, ni statues. Une croix nue. Le Christ, pas pendu à la Croix, mais ressuscité, activement présent avec nous aujourd’hui en ce lieu saint comme dans la rue. Il me semblait que le Bon Dieu pouvait y respirer l’épaisseur humaine des participants. Une immersion œcuménique libératrice et ouverte sur des horizons nouveaux.

On m’invita à Romainmôtier, où une communauté de 2 sœurs diaconesses et de deux sœurs catholiques, a vécu l’œcuménisme durant 25 années avant d’en débattre. Je ne savais rien de cela ! C’est dire si je connais peu mon pays natal ! (Je reviendrai à Romainmôtier dans mon blog)

L’excellent article de Marie-Christine Petit-Pierre, publié le vendredi 21 juillet 2000 dans le Temps qui éclaire aujourd’hui ma lampe :

(http://www.letemps.ch/dossiers/dossiersarticle.asp?ID=47596)

La journaliste donne la parole à l’homme à tout faire des Diaconesses de Saint-Loup et sa pensée rejoint la mienne : 

 

« Il se présente comme l'homme à tout faire des diaconesses. Le seul représentant du sexe masculin de leur entourage, excepté le pasteur. L'image l'amuse. «Elles m'ont accepté il y a presque dix ans car elles me connaissaient bien, je travaillais à l'hôpital.» Du regard il suit l'avancée des travaux.

«Vous êtes Italien?

– Oui.

– Catholique?

– Oui.

– Et ça ne pose pas de problème?

– Vous savez, répond-il en jetant un regard expressif sur les tombes, on finira tous au même endroit. Les sœurs servent Dieu, je sers les sœurs, c'est ma façon de Le servir. Mon cœur est fait comme ça. Je ne suis pas homme à fréquenter l'église.»

Œcuménisme par immersion à Saint-Loup

« Là-haut, taillée dans le roc, une grotte domine le plateau de Saint-Loup. Autrefois, elle servait de demeure à un ermite (Saint Lupicin dit Loup). Dès la plus lointaine Antiquité, des hommes venaient ici pour prier, adorer, servir Dieu et leurs frères. Un jour, Henri Juvet se promenait sur ce plateau en compagnie de Louis Germond, futur fondateur de la Communauté de Saint-Loup. En s'approchant de l'auberge construite alors en ce lieu, il lui dit : " Dieu aura pitié de ce coin de terre… La lumière qui jadis brilla ici se rallumera… Cette maison où l'on s'amuse aujourd'hui deviendra une maison de prière. Je ne le verrai pas, mais toi, Louis, tu le verras ! "

Dans cette mouvance, depuis plus de 160 ans, la Communauté des diaconesses de Saint-Loup exerce son ministère. Aujourd'hui, fidèlement, il prend une nouvelle forme : celle de la Montagne de prière. » ()

·         Un exemple d’œcuménisme en Afrique du Sud au temps le plus critique de la lutte anti-apartheid. Le gouvernement raciste blanc prêchait le « développement séparé » dont le but, avoué ou non, était de sauvegarder ce « dernier bastion de la civilisation occidentale chrétienne » ! Cela voulait dire quoi ?

L’Organisation des Nations Unies déclarait : L’apartheid est un crime contre l’humanité, (Résolutions 2184 et 2202 de décembre 1966). En 1980, les Eglises réformées déclaraient : l’apartheid était une hérésie. (Les autorités catholiques s’étaient abstenues)

Ceux et celles engagés dans la lutte anti apartheid formaient des groupes solidaires. Les membres ne se sont jamais posé la question : qui est quoi ? Nous étions unis par l’action. Il allait de soi qu’il fallait vivre l’UNITE avant de le prêcher !

·         Année 2008. De Bulle j’ai demandé et obtenu l’hospitalité à la communauté des diaconesses de Saint-Loup, à Pompaples, canton de Vaud, du 22 novembre au 7 décembre.  Une expérience de vie qui m’a aidée à voir plus large et plus loin.

 

 Les diaconesses des Eglises protestantes, vivent en communauté, soignent les malades et s'occupent de problèmes sociaux, des chômeurs, des demandeurs d'asile, des mères élevant seules leurs enfants, des vieillards et des mourants. En 1842, le pasteur Louis Germond fonda, d'après le modèle de Kaiserswerth, la première maison de diaconesses de Suisse à Echallens, transférée à Saint-Loup en 1852. Les malades les plus pauvres premiers servis !

J’ignorais presque tout des Diaconesses sinon qu’elles travaillaient dans les hôpitaux et étaient aussi activement présentes à Lausanne.

Les deux semaines de vacances à Saint-Loup m’ont permis, dans la mesure de mes possibilités, d’en percevoir et d’en partager l’Esprit. Le courage d’un passé dur et sans concession, et une vision d’avenir défiant les signes des temps.

Ces vacances, en un lieu si  proche du Milieu du Monde, fut une immersion œcuménique. Partageant la même table, c’était normal, logique, de partager le repas eucharistique dans la chapelle provisoire des Sœurs Diaconesses.

 

http://mediatheque.epfl.ch/modules.php?include=view_photo.php&file=index&name=gallery&op=modload&id=wIMG_5027_DxO&set_albumName=albuq63

Les structures architecturales sont inspirées de l’origami, art japonais du pliage de papier  La première construction réalisée a été inaugurée le 20 juillet 2008. Economique et écologique, elle est entièrement constituée de panneaux de bois massifs.

 

Le dépouillement est total, ni images, ni statues. Une croix nue. Le Christ, pas pendu à la Croix, mais ressuscité, activement présent avec nous aujourd’hui en ce lieu saint comme dans la rue. Il me semblait que le Bon Dieu pouvait y respirer l’épaisseur humaine des participants. Une immersion œcuménique libératrice et ouverte sur des horizons nouveaux.

On m’invita à Romainmôtier, où une communauté de 2 sœurs diaconesses et de deux sœurs catholiques, a vécu l’œcuménisme durant 25 années avant d’en débattre. Je ne savais rien de cela ! C’est dire si je connais peu mon pays natal ! (Je reviendrai à Romainmôtier dans mon blog)

L’excellent article de Marie-Christine Petit-Pierre, publié le vendredi 21 juillet 2000 dans le Temps qui éclaire aujourd’hui ma lampe :

(http://www.letemps.ch/dossiers/dossiersarticle.asp?ID=47596)

La journaliste donne la parole à l’homme à tout faire des Diaconesses de Saint-Loup et sa pensée rejoint la mienne : 

 

« Il se présente comme l'homme à tout faire des diaconesses. Le seul représentant du sexe masculin de leur entourage, excepté le pasteur. L'image l'amuse. «Elles m'ont accepté il y a presque dix ans car elles me connaissaient bien, je travaillais à l'hôpital.» Du regard il suit l'avancée des travaux.

«Vous êtes Italien?

– Oui.

– Catholique?

– Oui.

– Et ça ne pose pas de problème?

– Vous savez, répond-il en jetant un regard expressif sur les tombes, on finira tous au même endroit. Les sœurs servent Dieu, je sers les sœurs, c'est ma façon de Le servir. Mon cœur est fait comme ça. Je ne suis pas homme à fréquenter l'église.»

Et je conclus ma méditation dominicale œcuménique avec Roger  Schutz :

“On pense ne pas savoir prier. C’est dans le fond sans importance, car Dieu entend nos soupirs, connaît nos silences. Le silence est le tout de la prière et Dieu nous parle dans un souffle de silence, il nous atteint dans cette part de solitude intérieure qu’aucun être humain ne peut combler.” Frère Roger Schutz (Taizé)

11/12/2008

Réflexion sur les droits humains

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Le 10 décembre 1948, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme. Cette année, la Journée internationale des droits de l'homme célèbre le 60e anniversaire de la Déclaration. Bilan ? Certainement ici et là, des développements positifs doivent être reconnus, par exemple le droit de vote pour les femmes en Suisse ou encore l’éradication de l’apartheid primaire en Afrique du Sud.  Ma question : ces droits durement acquis sont-ils insérés dans des systèmes recréés permettant leur exercices à long terme ?

 

DUDH : Article premier

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Pour Jésus – et Jésus est universel – l’application de cette Déclaration pourrait être la préface de l’Evangile y compris certains passages de Saint Paul : « Il n’y a plus ni juif, ni grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car vous n’êtes qu’Un dans le Christ » (Gal. 3,28). Le système ecclésiastique est en contradiction avec les paroles de Paul aux Galates et à nous. Si les droits de tous étaient universellement respectés, les systèmes disparaîtraient, et la « famille humaine serait en construction » .  « Le défi des droits de l’homme n’est-il pas de permettre aux familles et populations les plus pauvres d’être responsables d’elles-mêmes, co-responsables de l’avenir de la communauté nationale et internationale ? » (Joseph Wresinski (1917-1988) J’écoutais « Hard Talk » et Steve Sackur, interrogeant Martti Ahtisaari , qui a reçu le prix Nobel de la Paix : les négociations d’un conflit  peuvent-elles  aboutir à une alliance Paix et Justice ? Une réponse fulgurante de Ahtisaari à une à une question provocante de l’excellent journaliste Sackur : « Il est temps de prendre les rencontres et négociations au sérieux… et de ne pas se contenter de « frozen conflicts » conflits gelés parce que c’est plus pratique ! » (ma traduction) http://news.bbc.co.uk/1/programmes/hardtalk/ Un grand homme, Martti Ahtisaari ! Encore une question : l’égalité des chances, c’est quoi quand on est pauvre, bronzé, femme, handicapé… ou quand normalement honnête dans un contexte social donné ? En ce 10 décembre 2008, il me semble que respecter les droits humains dans les négociations,  les élections (au Conseil fédéral), les rapports au sujet du Krach du libéralisme, c’est aussi respecter le droit à la vérité !!! Nous en sommes loin !

09/12/2008

Une année de blogosphère heureuse

 

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Comme je suis partie en vacances pour deux semaines, cet anniversaire arrive avec un peu de retard, mais le temps qui passe, c’est quoi face au bonheur d’un seul instant de plénitude ?

Grâce à un ami au cœur et à la vision universels, Katutura.blogspot a enfanté http://clairemarie.blog.24heures.ch,   il y a juste une année (22 novembre 2008). Katutura fut dès lors membre d’une communauté virtuelle et assuma de son mieux et avec bonheur la responsabilité que lui donnait ce privilège.   Le premier billet : « Quand on a que l’amour » (paroles et musique de Jacques Brel  www.youtube.com/watch?v=wZHg6AUXTKw)  donnait le « la » du blog.  Interprétation !

 

La conscience d’être UN (comme dit Albert Nolan) avec l’univers en plein déploiement, UN donc avec les humains, la nature, les animaux, la mer, le désert, le firmament, le Doubs, le lac Léman, garde le regard rivé sur l’actualité. Chercher le sens de l’actualité à la lumière de la Bonne Nouvelle de Jésus seul dans le désert vibrant, prégnant de toutes les possibilités et de tous les dangers - c’est selon - de notre petit monde ! Jésus n’est qu’AMOUR. Rien d’autre, sa faiblesse, sa force. Il nous ressemble dans la faiblesse et notre force brûle de la Sienne en nous. Laborieusement. L’espoir et le désespoir  s’enlacent. Paul deTarse, « ma force se déploie dans ta faiblesse » (2 Co. 12,9). » Accepter faiblesse et force dans la faille de notre société, c’est un défi. Il faut être un peu fou pour y croire. Durant une année, j’ai surfé sur les vagues, d’une à l’autre comme un cheval blanc,  laissant des bouffées d’écumes gicler dans mes petits billets.

 

  Par exemple le 9 et 16 décembre 2007 :
  • Que dit Jean-Baptiste de la liturgie aux formules répétitives de l’Eglise catholique ?
  • Noël : le « devenir Homme de Dieu » aujourd’hui, quel lien ?
Quand on n'a que l'amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d'y croire toujours

Le 25 janvier 2008 : Le Forum de Davos :

·         Climat, terrorisme, finance: le WEF 2008 se fait peur ?

Quand on n'a que l'amour
Pour habiller matin
Pauvres et malandrins
De manteaux de velours

Le 11 février 2008 :

·         Le Carême, le Ramadan et les Musulmans. C’était le temps du Ramadan et nos voisins musulmans jeûnaient consciencieusement (voir Sourate 2, Versert 177).

Quand on n'a que l'amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
A chaque carrefour

Le 27 juin 2008 :

·         Etre conscient, être solidaire, être à longueur d’onde de l’agonie des millions de petites gens qui souhaiteraient que le soleil ne se lève pas demain…au Zimbabwe »

Quand on n'a que l'amour
Pour parler aux canons
Et rien qu'une chanson
Pour convaincre un tambour

Le
29septembre 2008 :

·         Prier au bord du lac de Tibériade et le veau d’or qui s’effrite, les larmoiements de Bush et consort

Quand on n'a que l'amour
Pour unique raison
Pour unique chanson

Le 29 octobre :

·         Nourrir les banques affamées… le retour du Zimbabwe. Nourrir les banques et nourrir les enfants au Zimbabwe.

Quand on n'a que l'amour
A offrir à ceux-là
Dont l'unique combat
Est de chercher le jour

Voilà pour l’année écoulée. Je remercie de tout cœur pour l’aide pratique et les encouragements. Et je salue cordialement tous mes fellow blogueurs !

Mes lectures

Federico Garcia Lorca

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Complicité à deux… ou trois

"Les vagues riment avec le soupir

Et l'étoile avec le grillon

Frissonne sur la cornée tout le ciel froid,

 Et le point est une synthèse de l'infini

Mais qui unit les vagues aux soupirs

Et les étoiles aux grillons?

 Attendez que les génies

Aient un moment d'oubli:

Les clés flottent parmi nous." (Harmonie: de F.G. Lorca)

 

Un jour, des enfants donne à F.G. Lorca une pierre à lire: et il improvise:

" Chers enfants, je suis ici depuis longtemps, très longtemps. Mes plus belles années ont été celles où j'ai servi de toit à une fourmilière. Ses habitantes étaient tellement persuadées que j'étais le ciel que je l'ai cru aussi. Aujourd'hui, je sais que je suis qu'une pierre, mais ce souvenir est mon secret. Ne le dites à personne." (p.186 I.G.) "Spirale Mon temps avance en spirale La spirale limite mon paysage Et me fait cheminer plein d'incertitude.

O ligne droite!

Pure

Lance sans cavalier,

 Comme rêve de ta lumière

Mon sentier tournant! (p 202 I.G.)

"Ce paysage nocturne où les insectes parlent entre eux et cet autre panorama, ou ce qu'on voudra – je n'ai cure ni besoin de le savoir – sont sur le point de n'avoir pas existé. Ils viennent de l'âme, là où soufflent des brises incroyables aux sonorités lointaines." (p 220 I.G.)

"F.G. Lorca est le poète des horizons universels, mais il reste profondément grenadin"

(p 232 I.G.)

 

Qu'est-ce que la vie? Quel sens a la vie?

Lorca: " Félipe, la vie, c'est le rire au milieu d'un rosaire de morts; vivre, c'est regarder, au-delà de l'homme qui brait, l'amour dans le cœur des gens. C'est être le vent et dessiner une risée sur les eaux du ruisseau. C'est venir de nulle part, aller nulle part, en étant partout entouré de larmes."(id p 235)