29/09/2008

Guernica et Things fall apart

guernica.jpg

  

 

« Soyez toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande la raison de l'espérance qui est en vous » (1Pierre 3 :15)

D’où vient « l’irréversible espérance enracinée dans notre être porteur de vie à travers et au-delà de la mort ? » Au bord du lac de Tibériade, j’ai  essayé de réfléchir à l’audace qui me permettait de dire que « l’espérance est irréversible » - aussi au-delà et à travers nos désespoirs - dans les réalités symbolisées magnifiquement et terriblement par Pablo Picasso dans « Guernica ».

 

« À Otto Abetz, l'ambassadeur nazi à Paris qui lui aurait demandé, indigné, lors de son exposition (en 1937), si c'était lui qui avait fait cela, Guernica, Picasso aurait répondu : « Non, c'est vous» . (Wikipedia).

Aujourd’hui en contemplant notre monde tel qu’il défile sur l’écran TV et dans les médias, en contemplant la société qui m’entoure, proche et lointaine dont je fais partie, en observant comment les étrangers, les réfugiés, sont traités alors que nous les côtoyons tous les jours – parfois sans les voir - et que le système agit plus efficacement que les groupes et organisations engagés à faire respecter la dignité humaine des humains…en Suisse et bien au-delà de nos frontières ! on a des senteurs de Guernica.

La globalisation de Guernica ressemble à une immense mosaïque ou patchwork sans soudure ni cohésion.

Guernica de l’artiste Picasso et Things fall apart (le monde s’effondre) du grand écrivain nigérien  Chinua Acheba sont comme des jumeaux qui « restituent dans la transparence le réel secoué par les tragédies de l’histoire ! » C’est la réalité qui défie notre espérance !

Le bouleversement de Wall Street et les bouleversements politiques en Afrique du Sud et au Zimbabwe des dernières semaines sont peut-être avant coureur d’un Guernica et d’un Monde qui s’effondre : Things fall apart. Ils sont vécus et ressentis différemment selon le lieu, les USA et l’Afrique australe ! Espérer sans mettre sa tête dans le sable ?

La raison de l’Espérance irréversible qui est en nous a sa source, je crois dans les gestes les plus petits de la vie quotidienne, ces gestes qui sont les même sur toute la terre. Pour construire ou pour détruire. Ou pour un mélange des deux ! Comme faire un téléphone ou écrire une lettre.

Savez-vous que Thabo Mbeki, après avoir reçu l’ordre de démissionner a téléphoné à sa maman ? Un petit geste de la vie quotidienne rapporté par le Quotidien « The Citizen ». Epainette Mbeki, 92 ans: « Nous avons eu une conversation brève et complète, la conversation d’une mère avec son enfant. Je lui ai dit ce que je pensais et nous étions d’accord…Lorsque quelque chose de la sorte arrive, la vie est trop courte pour s’adonner aux sentiments » (ma traduction).

Quelle force et quel respect !

Le 22 septembre 2008, Thabo Mbeki a remercié la Nation et Mandela de lui avoir permis de servir. Mandela est trop noble pour faillir de dire merci à Thabo Mbeki et aux ministres sortant.

Quant au président élu,  Kgalema Motlanthe, son premier petit geste a été de se rendre chez Madiba, sans doute « pour recevoir sa bénédiction ».

 Mais je ne peux résister à vous  citer la lettre de notre Mandela à tous les gens concernés au cœur de cette pénible réalité. Une lettre, une petit geste de la vie quotidienne :

«Vous êtes un dirigeant ferme, avec des principes, qui met la raison au-dessus des émotions et quelqu'un qui cherche à unir plutôt qu’à diviser. Nous savons que notre pays est dans de bonnes mains avec vous pour diriger le gouvernement ». L'ancien président sud-africain a aussi transmis ses félicitations au nouveau gouvernement : "Transmettez nos félicitations et nos meilleurs vœux aux membres de votre gouvernement".

Nelson Mandela a également rendu hommage à Thabo Mbeki … en disant que les accomplissements de ce dernier étaient impressionnants, et en lui adressant ses meilleurs vœux pour ses entreprises futures.

Mandela a remercié Kgalema Motlanthe d’avoir pris le temps de briefer et rendre une visite de deux heures à «un vieil homme retraité» mardi, ajoutant, avec une petite touche d’humour qu’il réalisait «qu’à partir de maintenant nous devrons écrire des lettres officielles si nous voulons avoir le plaisir de votre compagnie».

 

Je me dis qu’aux interstices de Guernica et de Things fall apart, suintent

goutte à goutte ces gestes les plus petits de la vie quotidienne : le fruit d’une espérance irréversible que Dieu à mis au cœur de tout homme.

guernica222.jpg

Les commentaires sont fermés.