25/09/2008

Démocratie

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Ce matin j’entendais Jacques Attali dire à la RSR 1ère « que la politique devrait reprendre son rôle prioritaire et que le marché lui redevienne « soumis » !  En outre J. Attali indiquait  que la mondialisation du marché sans la mondialisation de la démocratie est un contresens. On comprend mieux la raison de l’état actuel du marché aux USA mais aussi dans la confusion que nous vivons actuellement en Afrique australe.

J’essaie de comprendre ce qui se passe en Afrique du Sud.  Mandela l’avait pressenti et avait averti les responsables. Aujourd’hui, Madiba reste au-dessus de la mêlée. Il est trop fin politicien et sage africain pour croire que la construction d’une « Nation arc-en-ciel » naît d’un coup de baguette magique ! Qu’est ce que 14 ans dans l’éducation d’un peuple à la démocratie ?

Il me semble cependant que les événements en Afrique australe, tout pénibles qu’ils soient, montrent que, plus que partout ailleurs la maturité de la jeune démocratie en Afrique du Sud est un exemple pour le reste du monde.

Si la manière d’obliger Thabo Mbeki à démissionner paraît brutale, elle n’est pas un coup d’Etat. La transparence (malgré l’arrière-fond malsain de l’affaire Jacob Zuma), me frappe quand je compare avec des exemples dans d’autres pays, y compris en Suisse. On se souvient de la « Nuit des Longs Couteaux » en décembre à Berne, pour se débarrasser d’un Conseiller fédéral. Le symbole « Nuit des Longs Couteaux » reflète-t-il la démocratie et la non-violence ? Je ne sais pas. On ne pouvait s’y prendre autrement ?

En Afrique du Sud, afin de ressouder le Congrès National Africain, Mbeki devait quitter la présidence de l’ANC et la présidence du gouvernement. C’est fait et c’est accompagné de « démissions en cascade » dit-on. Cependant,  «tous les ministres ont exprimé leur disponibilité à aider la future administration dans le processus de transfert et toute autre forme d’assistance nécessaire. »

 

Et « Jeune Afrique » publie : « L'Afrique du Sud n'est pas sauvée. Mais le chemin parcouru relève déjà du miracle. Ici, sur ces terres australes se croisent le premier et le tiers monde, la plus grande richesse et la plus terrible pauvreté. Ici se croisent les couleurs de peau. Ici se construit, sur un passé tragique, une expérience unique de démocratie multiraciale. Un exemple pour le reste du monde, dans une époque marquée par les conflits ethniques et religieux… Hors d'Afrique du Sud, nombre d'Africains considèrent la démission de Thabo Mbeki comme un exemple de maturité démocratique ».

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_afrique...  

 

Le journal kenyan « The Standard » estime que "l 'Afrique du Sud a rendu l'Afrique fière" car "beaucoup redoutaient que le renvoi de Mbeki soit suivi de massacres et de destructions insensées qui sont devenus une manière de régler les querelles sur le continent". « Et certains soupçonnent que le plus grand choc, c’est  finalement que Thabo Mbeki soit parti sans opposer de résistance. » «Le départ élégant et discret du président, pourrait bien être la preuve de la maturité de la démocratie en Afrique du Sud Au Burkina Faso, L’Observateur Paalga note que «Thabo Mbeki sort grandi et drapé du manteau de démocrate. »

Commentaires

Ce que vous écrivez est la face claire de la question. Si Mbeki part, il laisse quelques casseroles assez redoutables, dont la pire est la criminalité galopante. Son attitude face aux sida et son refus de traiter les femmes enceintes touchées par cette maladie. Le long exil des Blancs qui continuent de fuir vers l'Australie, les USA ou dans la région australe, au Mozambique en particulier. Quand ils seront partis, j'ai bien peur qu'il en adviendra de la RAS ce qu'il est arrivé à tous les autres pays de ce continent.
Moralité : il faut laisser les Africains trouver leur voie. A ce jour, ce n'est pas ce que nous, nous appellons la démocratie.

Écrit par : Géo | 25/09/2008

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