23/09/2008

Zuma

Ces jours-ci, j’ai envie de partager quelques réflexions sur « ce qui se passe » en Afrique du Sud.

 

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  Il y a quelques deux mois, un ami m’avait offert « Un arc-en-ciel dans la nuit », récit, Dominique Lapierre chez Laffont 2008. Je l’ai lu d’un trait. Ma mémoire s’est « élargie ». L’influence calviniste, des réfugiés huguenots, des personnages : Paul Kruger, Christ Barnard, Frederik de Klerk, Helen Liebermann et son œuvre Ikamva Labantu (l’avenir de notre Nation), j’étais certes consciente de la valeur de leur engagement qui ferait germer l’espoir de la « Nation Arc-en-ciel », enfantée dans les cendres de l’apartheid en 1994. L’intégrité de notre Président Mandela devenait celle des gens de toutes les couleurs, de toutes les ethnies. Cinq années durant, avec une bonne volonté jamais égalée, une société civile fut reconstruite. Chacun pouvait donner son avis, ses conseils dans l’élaboration de la nouvelle Constitution, la meilleure au monde, dit-on, adoptée le 6 mai 1996. Depuis douze années donc, la Cour constitutionnelle a joué un rôle important dans la promotion d'une culture démocratique et d'État de droit. La Constitution reflète la Charte de la Liberté rédigée à Kliptown 1955 alors que Mandela était encore un homme « libre ».  C’était sans compter avec les contraintes économiques à l’intérieur du pays, et celles venant de l’extérieur. C’était sans compter avec « la lassitude de la lutte » (struggle fatigue), avec les nouveaux dirigeants africains qui n’avaient de loin pas le gabarit de notre Madiba, ni une once de sa sagesse ! En 1999, Mandela remet la gouvernance du pays à Thabo Mbeki qui s’efforce de poursuivre la reconstruction du pays. Thabo Mbeki ! J’ai sous les yeux « Africa -  Il est temps » (Thabo Mbeki Tafelberg 1998, je l’avais acheté en 1999). Sa vision est celle d’une Renaissance africaine, du Caire au Cap, ce n’est pas l’ambition d’un « nouveau parvenu », non, son livre contient les contours de sa philosophie empreinte de poésie anglo-saxonne, (il cite W.B. Yeats), mais c’est avant tout un politicien et un stratégiste, c’est le « designer » passionné d’une « Nation Arc-en-ciel » selon La Charte de la Liberté : « l’Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent » (all those who live in it !)

 

Nul ne peut lui ôter sa motivation ! Malgré ses erreurs et qui n’en fait pas ?

Grand Dieu que se passe-t-il donc ?

Pourquoi est-ce que j’écris ces choses ?

Parce que, il y a 2 jours, Thabo Mbeki, président d’Afrique du Sud depuis 1999, a été éjecté de son poste par le Congrès National Africain !

Parce que, hier, Thabo Mbeki a démissionné comme le NEC (National Executive Committee de l’ANC) le lui a ordonné !!! Derrière le NEC, un homme : Jacob Zuma !

Aujourd’hui, un autre homme - bras droit de Zuma - est placé à la tête du gouvernement en tant que président ayant les « pleins pouvoirs car un président par interim n'aurait pu qu'expédier les affaires courantes du pays. Avec les pleins pouvoirs de sa fonction, M. Motlanthe pourra constituer un vrai gouvernement de transition » dixit Zuma ! Jusqu’au prochain, en 1999 !

Cet homme est Kgalema Mothlante.

Il y a une semaine, Zuma avait pourtant déclaré que «le serpent mort» (Mbeki) resterait en poste jusqu’à la fin de son mandat, en avril 2009. Pourquoi ce changement ? Est-ce inscrit dans la Constitution ?

« L'archevêque Desmond Tutu, considéré comme une immense autorité morale dans le pays, a critiqué lundi la lutte politique acharnée qui a conduit au départ du président Mbeki.

Le lauréat du prix Nobel de la Paix en 1984 a concédé que Thabo Mbeki s'était créé de nombreux ennemis en raison de son intolérance et de l'atmosphère de discorde qu'il engendrait. Ses adversaires ont eu leur revanche, et se réjouissent en le traînant dans la boue, a néanmoins déploré le prélat sud-africain. Il n'y a rien de moral là-dedans, ce n'est rien de moins que le vieil adage: oeil pour oeil, dent pour dent ».

Je reviens à la lecture réconfortante de l’ « Arc-en-ciel dans la nuit ». NOIRE.

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