03/09/2008

Jésus aujourd’hui

Mettre le monde à l’envers ! Quelle audace pour Jésus en son temps, chez lui, et quelle audace pour nous ici, aujourd’hui ! Qu’est-ce que cela signifie en Europe ? En Afrique ? En Chine ? Aux USA ? En Inde ? En Amérique latine ?

Quelles sont nos valeurs communes ?

Seul au désert prégnant d’humains nés pour tendre vers le bonheur et qui ne savent comment s’y prendre dans une réalité politico religieuse qui les déshumanise, Jésus réfléchit avant d’agir.

La faim, la maladie. Il voit que l’économie est centrée sur le bien-être des riches au détriment des pauvres. Il est tenté de lutter pour faire évoluer ce système injuste. Il est tenté, oui, par la transformation de pierres en pain. Qui ne le serait face à la famine ? Se lancer dans l’économie, quel défi ! Il sera tenté toute sa vie.

L’impuissance des faibles : sa compassion lui fait désirer le pouvoir et l’exercice du pouvoir pour changer le monde. Qui ne le serait face à la domination religieuse et politique ? La tentation sera récurrente.

Les coups d’éclats, les démonstrations de force (type JO). Qui ne le serait face à l’apathie des masses ! La tentation reviendra, surtout chez ses disciples.

Non, pour lui, aucune des trois options, encore moins toutes les trois ensemble, n’est une solution. Il prie longuement, c’est-à-dire, il contemple le monde tel qu’il est et permet à la « primal vision », ce que la création est censée être. La réalité interpelle son immense compassion. Pas caritative en ramassant les pots cassés seulement. Autrement. En profondeur et à long terme. Comme l’évangile et toute sa vie le montre clairement.

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Le monde (occidental) chrétien est-il vraiment imprégné de l’Esprit de Jésus ? Qui est « Jésus avant le christianisme » (Jésus avant le christianisme, Editions de l’Atelier 1995, diffusion Cerf, A. Nolan). Qu’est-ce que le Christianisme a fait de Jésus qui s’identifie avant tout aux gens les plus vulnérables ? Qui est Jésus aujourd’hui ?  (Jesus today, Orbis books 2006, A. Nolan).

Je reviens à la remarque spontanée de mon ami Laurent : « Il y a une faille dans la création ». C’est là que Jésus se trouve. Là qu’il analyse les réalités socioéconomiques, religieuses et leur impacte sur les personnes , les « surplus people » du monde globalisé.  Là que, au désert avec qui veut bien, il prie, il réfléchit, il confronte les tentations face aux choix d’actions efficaces, il se lève pour avancer sur la route. Hors des murs et des systèmes. Y compris religieux.

La manière d’être et d’agir de Jésus est la solution divinement humaine au cœur de cette « faille » pour la « réparer », cher Laurent. 

Au soir de ma vie, à moi, bon gré mal gré, il n’y a pas de « large porte ni de chemin spacieux »… pour continuer de créer ce qui peut l’être selon la « vision primale » du divin architecte enracinée au cœur de chaque homme.

« Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mène à la vie, et il y en a peu qui les trouvent » (Nouveau Testament - Matthieu 7 - 13 à 14).

Les catastrophes, le sport, la politique, l’économie, la Bourse et les Banques, les scandales, remplissent les pages de journaux, font craquer les téléspectateurs et nous payons cher pour ça. NON et NON on pourrait trouver dans nos médias, tout ce qui est positif et que nos journalistes mettraient en exergue s’ils étaient libres : Les multiples gestes d’entraide, les nuits blanches pour sauver des vies ou soulager des malades, la compassion au ras des pâquerettes dans les maisons et hors des maisons, les bons samaritains sans diplômes, des millions d’actions naturelles, comme celle d’une idée (aussi politique) partagée, d’un bout de pain pour deux ou trois, d’un « lift » pour un bout de chemin, d’un livre donné ou prêté, d’une place cédée dans un transport public, d’une participation à une grève ou à une juste revendication pour le bien public.

Ne pourrait-il y avoir dans chaque journal télévisé, dans chaque quotidien, des endroits réservés à la publication des étincelles de Bonne Nouvelle dans notre « faille » ?

Imaginez que j’ai même rêvé que la blogosphère est  porteuse d’amitié, de solidarité, d’échanges qui nous font rêver qu’un autre monde est en train de se construire à partir des racines. Il n’y a pas d’orgueil à laisser brûler à tous les vents sa petite bougie :

 « On n'allume pas une lampe pour la mettre sous   le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans  la maison » (Mt 5 : 15).

 

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Commentaires

Quand je soulage un pauvre, on dit que je suis un saint. Quand je cherche à analyser les causes, on m'accuse d'être un communiste.

Don Helder Camara

Je t'embrasse soeur Claire-Marie

Écrit par : Josef Zisyadis | 03/09/2008

Merci, nous sommes en bonne compagnie.

Écrit par : cmj | 03/09/2008

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