13/07/2008

Méditation dominicale

 

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Le besoin intense d’une vie spirituelle est un signe des temps, de notre temps, en 2008. Nombreux sont les livres concernant la spiritualité ou les spiritualités, offerts dans toutes les librairies. Cette soif des « choses de l’esprit » n’a jamais été aussi intense qu’aujourd’hui, selon l’auteur de « Jesus Today » d’Albert Nolan, dont j’ai souvent parlé dans mon blog. L’urgence de la survie, pour tous, l’absence de pain, le réchauffement climatique, la flambée du fuel, le poids d’inertie d’un leadership mondial paralysé par la prise de conscience des masses est un signe des temps.

  Le vide de notre vie, collective et individuelle, demande un contenu, pas un contenu-objet, mais une Vie intérieure nouvelle et purifiée.  Conscients et malheureux face à cette vacuité spirituelle, nous cherchons dans nos trous noirs un souffle de vie, dans nos déserts une fleur.

Ce souffle, c’est, je crois,  « Jésus aujourd’hui ». Pas un paquet de dogmes, de connaissances théologiques, dogmatiques de Dieu. Nous sommes en manque d’une expérience de Dieu ! En nous, individuellement et collectivement. Cette expérience de Dieu s’offre à moi parce que Jésus m’habite et m’anime, Il nous habite et nous anime, que nous en soyons conscients ou pas. J’aimerais en être consciente. Lui permettre de sentir qu’Il nous aime, me permettre de me sentir aimée. C’est un peu comme quand, dans une expérience de désolation totale, apparaît une personne dont le regard dit « Je suis ici » cette présence me libère. Il te dit « debout » ! C’est une expérience de Dieu qui me fortifie pour avancer.

Pour s’ouvrir à cette prise de conscience grandissante, je réserve quelques moments d’intimité avec Jésus chaque jour comme le font ceux qui s’aiment, s’enlacent, ne disent rien – le temps qu’ils peuvent - et partent au travail.  Si je mets dans mon blog « une méditation dominicale », c’est pour dire que ça fait du bien, que c’est possible pour tous, surtout peut-être pour ceux et celles « hors systèmes et hors murs », c’est ma motivation.

  Il y a, comme dit plus haut,  une profusion d’écrits, d’études, sur la ou les spiritualités, autant d’efforts pour répondre aux signes des temps, mais parfois, Jésus est laissé à l’écart pour ainsi dire, d’autres enseignements et méthodes de spiritualité mettent Jésus au centre de leur intérêt comme un « objet », par exemple une hostie qu’on expose. Des adorations de la croix. D’innombrables cérémonies et sacrifices. C’est à chacun de voir. Il y en avait beaucoup du temps des prophètes.

Pour les milliards d’humains avec qui nous cheminons, une expérience de Dieu peut être accessible autrement. Simplement. Directement. Par exemple en contemplant le lac Léman, un visage, les fleurs et légumes au marché du samedi matin, en écoutant la musique, un chant d’oiseau, un concert, un chœur,  en rencontrant des vieux et des jeunes, des étrangers égarés, des mourants abandonnés … mais aussi dans un coin de prière dans ma chambre, là où m’est accordé le luxe du silence et de la solitude.

Comme je le ressens, après de longues années de faim de sens de la vie, je suis en train de découvrir enfin la spiritualité des petites gens ! La spiritualité de Jésus, au goutte à goutte, dans un émerveillement qui rend très petits, heureux, confiants. Pas pour somnoler ou s’assoupir… quoique cela puisse arriver ! Pour avancer avec et vers les autres.

« Il est impératif, dit Albert, d’approfondir la spiritualité de Jésus qui est la source de notre propre énergie pour la lutte (de survie) actuelle ». Qu’est-ce qui a permis à Jésus cette liberté de comportement, de parole totalement à l’envers des normes de sa société et de la nôtre. D’où lui venait ce courage, cette force ? Jusqu’à dire : « On vous a dit, mais moi je vous dis… » (Mt 5 :21,22 etc), dans la situation religieuse de son temps !!!

Jésus a très peu parlé de spiritualité ! Avare de mots sur lui-même, la construction de la famille humaine l’intéressait en priorité, chacun en est l’architecte et le constructeur. Surtout les plus petits sans exclure les grands. Il a déclaré publiquement : « Je te bénis, Père, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. » (Mat. 11 :25)

Cela, c’est quoi ? Je crois que c’est l’expérience de Dieu, l’Abba de Jésus et le mien, le nôtre ! Je le crois. Croire n’exclut pas le doute.

« …S’ils me demandent crois-tu en l’existence de Jésus Christ, je leur réponds : je n’en sais rien, peut-être que Dieu n’existe point. Tout ce que je sais, c’est que je l’aime. » (page 182 in Le Puzzle amoureux, Gilbert Salem, Bernard Campiche 2000). C’est exactement ça, l’expérience de Dieu !

Je me souviens d’avoir vu le film « Cries and Whispers » Cris et Chuchotements à Johannesburg dans les années septante. Ce film (image d’en haut)  d’ Ingmar Bergman dérangeait par cette condensation de douleurs jamais apaisées. Agnès, le personnage principale ne trouvait aucun réconfort de la part de ses 2 sœurs effrayées de son état. Puis apparaît au chevet d’Agnès, la servante aimante, Anna, qui ne dit rien, mais elle prend contre son sein nu la mourante, elle la presse tendrement contre son corps. Et Agnès murmure « C’est le plus beau cadeau que l’on m’ait fait (…), la grâce » : L’expérience de Dieu.

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