31/05/2008

Etat et société civile

 

848750646.jpg
On ne peut pas se passer de Bonnes Nouvelles (Hebdo 30.05.08 Andrés Allemand, 24heures, Tribune de Genève).

(www.edicom.ch/fr/news/culture/)

« Une centaine de pays sont tombés d’accord pour bannir une arme particulièrement barbare: les bombes à sous-munitions…les grands pays producteurs refusent l’interdiction: Etats-Unis, Chine, Russie, Inde, Pakistan, Israël ».

La société civile : c’est quoi ?

La société civile est avant tout la totalité des citoyens engagés pour le bien commun de la société. Dans la pratique, ceux-ci n'agissent pas individuellement mais dans le cadre associatif. Ces Associations, groupes, Organisations non gouvernementales doivent être la résonance, elles doivent agir selon la volonté des membres. (selon Wikipedia).

En Suisse, ces Associations sont nombreuses et la coordination  est importante pour qu’elles soient efficaces. J’en nomme quelques unes : « Une Suisse sans armée », « Justice et Paix »

« La Déclaration de Berne » « Stop Renvois » etc.

 La Société civile en Afrique du Sud et au Zimbabwe

En Afrique du Sud et au Zimbabwe, la société civile est d’autant plus vibrante qu’elle se trouve en conflit frontal avec le Pouvoir et l’injustice. L’Apartheid serait encore en place sans l’engagement de la société civile représentant les exclus (United Democratic Front ou UDF : une coalition inter raciale  et anti-apartheid instituée en 1983, le soutien massif de 700 organisations et de plus de 3,000,000  jusqu’en 1991). (voir Wikipedia).  « Exclus, nous sommes unis ! » (Albert Nolan). Aujourd’hui, notre pays connaît une certaine « struggle fatigue » mais la solidarité avec la base de la société civile au Zimbabwe dans sa détresse actuelle, donne un élan puissant, bien que, plus les vestiges d’un changement approchent, plus  vulnérables sont les personnes engagées face à l’armée de Mugabe.

Le rôle des femmes africaines a rendu possible la lutte pour le déracinement de l’apartheid. “You touch a woman you have touched a rock” c’était le chant populaire des femmes, le poing levé en signe d’engagement. Combien en ont payé le prix.

L’Amour musclée des femmes au Zimbabwe (tough love).

 WOZA :  l’incroyable lutte des militantes du WOZA depuis 2003 au Zimbabwe

C’estun mouvement civique

En 2003. Une amie pasteure au Zimbabwe m’envoie une pièce jointe pour m’annoncer sa naissance.

« WOZA est l’acronyme de "Women of Zimbabwe Arise", ou "Des Femmes du Zimbabwe se lèvent". C’est aussi un mot en langue Ndebele qui signifie "avancer". Woza compte aujourd’hui 35 000 membres femmes et hommes à travers tout le pays pour, entre autres :

·        encourager les femmes à se lever pour leurs droits et leurs libertés.

·        défendre et plaider sur ces enjeux affectant les femmes et leurs familles.

La solution WOZA :  AMOUR & RESISTANCE (« tough love » ou un amour musclé)

S’appuyant sur les principes de la non-violence stratégique dans nos actions, le WOZA crée un espace où les Zimbabwéens sont invités à articuler ensemble des enjeux dont, par peur ils n’oseraient pas se saisir sinon individuellement. WOZA a conduit plus de 50 manifestations en trois années d’existence et plus de 2500 femmes ont été mises en garde à vue par la police, nombre d’entre elles plusieurs fois, et souvent pour 48 heures et plus. Ces femmes, impliquées au premier rang des droits humains, sont prêtes à endurer les coups et les conditions intolérables de la prison afin d’exercer leurs droits constitutionnels et leurs libertés fondamentales.

WOZA a été créé afin de prouver que le pouvoir de l’amour peut gagner sur l’amour du pouvoir. "Amour & Résistance" (tough love ou amour musclé) est notre arme secrète pour nos mobilisations de masse. Cet amour résistant est comme l’amour d’un parent, qui vous apporte par ce biais la discipline. Les femmes le pratiquent afin d’apporter et de reconquérir  la dignité chez les Zimbabwéens. Cet amour endurant est un instrument du "pouvoir des gens", utilisable localement et par tout groupe, pour exiger une meilleure gouvernance et la justice sociale, spécialement pour les Zimbabwéens. Les hommes entrent à leur tour…

En août 2006, lors de l’Assemblée nationale du WOZA, il fut décidé de créer le "MOZA" pour les hommes, "Men of Zimbabwe Arise" et cette aile du mouvement a constamment grossi depuis. Des hommes, le plus souvent jeunes, "avancent" à leur tour afin de rejoindre la lutte non-violente pour un Zimbabwe meilleur.

WOZA et la Justice Sociale

Durant l’année 2006, WOZA a organisé des consultations sur la justice sociale à travers le pays. En 284 réunions, près de 10 000 personnes rurales et urbaines nous ont dit ce qu’elles voulaient pour un Zimbabwe nouveau. Nous avons consigné par écrit ce qu’elles ont dit et le résultat est la Charte du Peuple.

Post-Scriptum : la Saint-Valentin du WOZA  , OUI ! la Saint Valentin WOZA organise par ailleurs depuis sa création une marche annuelle le jour de la Saint-Valentin au mois de février, illustrant le "pouvoir de l’amour"... Celle de 2006 était placée sous le signe "Du Pain et des Roses" ("Bread and Roses"), en mémoire de la grève nord-américaine des ouvrières du textile en 1912. Celle de 2007 (la cinquième édition !) a été violemment réprimée. Voir notamment l’article résumant cette histoire sur leur site de WOZA. Voir également Amnesty Internation, section irlandaise à l’adresse : www.ie.amnesty.org/amnesty/live/irish/action/article.asp?id=4716&page=4715 - 33k, les roses sont distribuées face à face au policiers et aux soldats !!! Faces aux fusils et aux machettes !

Ma question aux médias : pourquoi, en parallèle avec toute la violence, la xénophobie en Afrique du Sud et au Zimbabwe étalées dans les pages, nos journaux ne feraient-ils pas connaître aussi le courage héroïque de la société civile, y compris la lutte des femmes zimbabwéennes ? C’est, je crois, l’action de Jésus aujourd’hui dans cette « faille » si lente à guérir.

Commentaires

Je peux aisèment comprendre - et admirer - votre lutte contre l'apartheid. Mais au fil des années, il m'est venu une réelle antipathie face à la notion de "société civile". Alors quoi, si l'on est un syndicat, une ONG au statut complétement gauchiste (elles sont nombreuses en Suisse et je suis sûr que la plupart des gens qui leur donnent de l'argent ne s'en rendent même pas compte...), on est en résonance avec la société civile. Et avec votre bon esprit chrétien, vous tendez le bâton pour vous battre : vous citez "Suisse sans armée"...
Puis-je vous faire remarquer que la société civile, la vraie, pas celle imaginée ou fantasmée par les gauchistes, a voté sur ce sujet et qu'elle a décidé de conserver une armée pour ce pays ? Cela s'appelle la démocratie, soeur Claire-Marie, et ce concept pèse beaucoup plus que le vôtre.

Écrit par : Géo | 31/05/2008

Les commentaires sont fermés.