16/03/2008

Dimanche des rameaux

Doris Lessing ne me quitte pas. Son cheminement de Kermanchah, en Perse, aujourd’hui l’Iran, à la Rhodésie, aujourd’hui le Zimbabwe, puis en Afrique du Sud, et en de nombreux pays y compris la France qu’elle aime, elle poursuit son chemin en Angleterre que j’aime.

 

 

Sa pensée me réconforte car, d’une certaine manière, elle me libère de toute illusion qui pourrait m’habiter encore de vouloir obstinément faire avancer la transformation du monde du monde en un «lieu de justice et de paix pour tous». Et réussir (!!!).

 

 

Ce qui est sûr, c’est que Doris Lessing croit à la Vérité, elle croit en la dignité de l’homme tout court, et de tous les hommes, surtout de celles et de ceux des racines, le ras des pâquerettes, une mauvaise traduction de l’intraduisible expression Grassroots! Dont je crois faire partie depuis ma naissance au Clos-du-Doubs. On y reviendra.

 

 

Il arrive que des circonstances te placent dans un contexte qui n’est pas exactement le ras des Pâquerettes. Ce qui permet, comme une petite souris, de guigner à travers les trous d’un tapis rouge pour observer celles et ceux qui se promènent dessus, se demander ce qui les pousse vers la porte d’entrée ou de sortie d’un édifice souvent tout en hauteur… un édifice laïque ou religieux.

 

 

«L’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, ça rime à quoi?»

 

Le jour des rameaux, demain donc, de nombreux fidèles vont célébrer, rameaux-palmes, branches d’olivier, branches de buis en main, l’entrée de Jésus à Jérusalem. Et c’est bien ainsi. Des hosannas seront chantés, c’est aussi bien.

 

On trouve l’origine de cet événement dans le Lévitique (XXIII, 39): Bien avant Jésus.

 

 

«Le quinzième jour du septième mois, lorsque vous aurez récolté les produits de la terre, vous irez en pèlerinage fêter Yahvé pendant sept jours. Le premier et le huitième jour seront jours de repos.

Le premier jour vous prendrez de beaux fruits, des rameaux de palmier, des branches d'arbres touffus et de saules des torrents, et vous serez dans la joie pendant sept jours devant Yahvé votre Dieu.

Tous les habitants d'Israël habiteront sous des huttes, afin que vos descendants sachent que j'ai fait habiter sous des huttes les enfants d'Israël lorsque je les ai fait sortir d'Égypte.» Des huttes, pas des édifices. Des tentes.

 

 

Hoshanna et Yéshoua, quasi la même prononciation! (merci au site Lexilogos).

 

Etre délivré et sauvé de qui, de quoi en ce temps-là? De la domination romaine, de l’exploitation des Hérodes et des grands prêtres?

 

Etre libéré par qui et comment? Yéshoua! Sa personne égale: être libéré!

 

 

 

Pas de tapis rouge. L'âne sur lequel est assis Jésus est un ânon! Comme l’avait dit le prophète: «Voici que ton roi vient à toi; humble, il est monté sur une ânesse, sur un tout jeune ânon, petit d'une bête de somme»."(Zacharie IX, 9)

 

 

Quel sens, cette liturgie des rameaux dans notre actualité? Est-ce une répétition telle du copié-collé? Avec un sermon peut-être.

 

 

Jésus était menacé, il le savait, il a bien essayé de monter vers Jérusalem par un chemin moins dangereux. Mais il ne se dérobe pas des gens qui viennent. Il les prend comme ils sont. Ces mêmes personnes, dans un jour ou deux crieront leur furie «Tollé, à mort!»

 

 

Plus j’essaie de découvrir Jésus aujourd’hui dans les cérémonies liturgiques de la semaine sainte, plus cela me semble déconnecté de notre actualité. On le trouve ailleurs, Jésus et son ânon, peut-être de l’autre côté du mur qui sépare la Palestine d’Israël. En train de mourir de faim et de soif de justice! Ta terre natale, qu’en penses-tu Jésus? Aura-t-on l’audace de célébrer la semaine sainte en terre sainte? Je crois que ton refuge se trouve au cœur des «Grassroots». Toi et l’ânon. On essaiera de ne jamais dire «Tollé».

 

10:13 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

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