30/12/2007

2008

 

 

 

Une gamine de sept ans environ. C’est le temps de «faire les foins» au Clos-du Doubs, Jura. Assise sur tas de foins sec et parfumé, ses coudes vissés aux genoux, son visage d’enfant paysanne entre ses mains, elle contemple l’horizon: le Mont Terri d’où émerge le soleil, et la sentinelle des Rangiers. Par-dessus et bien au-delà du képi du Fritz aujourd’hui heureusement trépassé, la gamine s’évade par monts et par vaux, elle fait le tour de la terre en rien de temps. Elle est sûre que tout y est aussi beau et bon et bien qu’au Jura! Impossible de s’imaginer autre chose! Sa réalité est son rêve!

 

Les années passent sans faire grand bruit et la fillette découvre les aspérités, les contradictions dans la nature, chez les gens, en elle-même! Tout n’est pas beau ni toujours bien, ni toujours bon… Un frère bien-aimé malade, un poulain qui meurt en naissant, le peu d’argent pour huit enfants, les bruits de guerres au-delà de la frontière toute proche… Les écailles tombent des yeux, l’adolescente voit les choses autrement et elle demande: pourquoi? Où est le problème?

 

 

Elle réalise que la création du «Bon Dieu», comme on le nomme dans la famille, a une faille, quelque chose reste à faire et c’est à nous de mettre nos salopettes, de retrousser nos manches de chemise et de nous mettre au travail. La lutte pour la survie et la VIE n’est pas une théorie, c’est la réalité.

 

 

Du tas de foins tout sec et parfumé de l’enfance, le besoin de franchir les frontières, les continents mûrit dans le corps et le cœur de la jeune femme… l’envie, le besoin, l’appel presque, de partir lutter là où la «faille» crève les yeux: chez celles et ceux qui sont moins heureux que nous alors que, comme nous, ils sont nés pour le bonheur!

 

 

La jeune femme découvre que la «faille» n’est pas tout à fait la faute au Créateur, mais qu’il nous fait confiance pour parfaire sa création

 

selon le rêve de la petite fille sur son tas de foins: le bien, le beau, le bon. C’est l’énergie qui motive, soutient, propulse notre lutte vers un autre monde «tout à fait possible!» En 2008 et au-delà.

 

 

La gamine de sept ans est octogénaire aujourd’hui. C’est Claire-Marie, elle prie, elle invite tous les amis du monde entier à scruter l’horizon et, faisant fi de tous les «képis» du monde, à transformer obstinément «l’impossible rêve» en réalité.

 

 

Bon et bel an 2008!

 

 

 

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25/12/2007

Nativité en direct, décembre 2007

En cette nuit, des mamans enfantent. Comme nous, des enfants naissent sans l’avoir demandé! Ils commencent leur traversée! Vers l’autre rive. Et j’entends Khalil Gibran dire aux parents:

«Vos enfants ne sont pas vos enfants…

Même s’ils sont avec vous, ils ne vous appartiennent pas,

vous pouvez leur donner votre amour mais pas vos pensées

leurs pensées leur appartiennent…» (ma traduction)

Nativité en direct

une crèche d’aujourd’hui en Irak

une crèche au Darfour

une crèche au Bangladesh

une crèche en Europe

une crèche en Chine

une crèche au désert

une crèche dans la brousse

 

 

 

Lui qui est né sur la paille connaît tout ça, et il a même la chance d’être entouré d’un père et d’une mère, d’un âne et d’un bœuf dit-on… que les bébés du Darfour n’ont pas…

Mais il connaît tout ça, Il l’a dit: «les plus petits, c’est moi en 2007 aussi!» Pourquoi alors tous ces bébés en plastique dans nos crèches occidentales?

Pourquoi plastifier Jésus alors qu’Il VIT???

Sûrement qu’Il n’aime pas trop ça…

Quel mystère! Oui…

«Il continue de souffrir jusqu’à la fin des temps… ne dormons pas durant ce temps» (Blaise Pascal)

Il meurt avec nous jusqu’à la fin des temps… jusqu’à la victoire «hors espace-temps» sur l’autre rive.

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23/12/2007

Et si Jésus n'était pas venu?

  

 

Noël et la question:

 

 

2007 ans de chrétienté qu’est-ce que ça change?

 

Noël qu’on célèbre avec force encens, bougies, messes orchestrées, douce nuit, sainte nuit…

 

on met le bébé sur la paille…

 

on le réduit pour l’année suivante dans un carton alors que la «société ne change pas» d’un pouce! Ou guère…

 

Ou bien?

 

 

Et s’il n’était jamais venu, Jésus?

 

 

Si Jésus n’était jamais né, je n’ose même pas y penser… Jésus, ce paysan juif, cet homme si parfaitement humain, qu’il est Dieu. (Edward Schillebeecks).

 

Ce verbe du créateur fait homme.

 

Je n’ose imaginer la planète sans Jésus, je n’ose imaginer la Palestine en son temps sans lui! Aujourd’hui sans lui… Moi sans Lui! Vous sans Lui!

 

 

Je n’ose imaginer la terre sans son passage, son travail, son infinie compassion, sans sa présence aujourd’hui dans notre réalité.

 

 

Je n’ose imaginer un monde vide de son exemple, de sa vie, de son souffle, de son feu! De son amour contagieux! Pour les enfants, les femmes, les gens de partout et de toujours! Un monde sans les histoires qu’il a racontées, sans Marie Madeleine, sans les enfants ni les pauvres ni les riches…

 

 

Un monde sans Paul, ni Jean, ni Jacques… sans levain dans la pâte, sans sel dans la soupe…!

 

 

La pâte et la soupe, c’est la famille de Dieu en devenir. C’est «l’incarnation» pour employer ce mot difficile. C’est le rêve de Jésus brisé à longueur d’années!

 

 

De son rêve brisé naît un temps nouveau: hors crèche! Aujourd’hui Jésus et nous avec lui, sommes en train de naître… c’est la Nativité en directe! Oui ça vaut la peine de faire la fête! Oh! Merci d’être et de rester avec nous, cher Yeshuah!

 

 

13:11 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (4)

20/12/2007

Bon anniversaire Jésus! (2)

Qu’en pense Dieu?

 

Ecoutez:

 

"Mes yeux sont fixés sur Yahvé,
car il tire mes pieds du filet…" Ps 25: 15

 

"Notre âme, comme un oiseau,
s'est échappée du filet de l'oiseleur…
le filet s'est rompu et nous avons échappé…" Ps 124: 6-7

 

"Dégage-toi comme du filet la gazelle
ou comme l'oiseau du piège" Pr 6:5

 

"Lorsque j'aurai assouvi ma colère contre le mur
et contre ceux qui le couvrent de crépi,
je vous dirai: le mur n'est plus
on peut alors avoir des visions de paix…" Ez 13:15

 

"Par la force de mon bras j'ai agi…
j'ai balayé les frontières des peuples…" Is 10:13

 

"C'est pourquoi Jésus lui aussi, pour sanctifier le peuple…
par sa propre vie… a souffert hors de la porte.
Par conséquent pour aller à lui, sortons en dehors du camp
en portant son opprobre." Heb 13:11-14

 

"Moïse prenait la tente et la plantait pour lui
hors du camp, à bonne distance du camp.
Quiconque avait à consulter Yahvé devait sortir
pour gagner la tente de la réunion dressée hors du camp…" Ex 33: 7

 

"Le tombeau vide
vous cherchez Jésus… Il n'est pas ici…" Mt 28: 6

 

"Le tombeau vide… c'est Jésus que vous cherchez…
Il n'est pas ici…" Mc 16:6

 

"Le tombeau vide… pourquoi cherchez-vous
parmi les morts celui qui est vivant?" Lc 24:5

 

"Le tombeau vide… au tombeau vide… il crut…
Marie le reconnut…

hors du tombeau dans le jardin…" Jn 20:9 et16

.

 

Où trouver Jésus à Noël pour lui dire "Happy birthday to you?"
"Bon anniversaire Jésus!"

Où est Bethléem et où est l'étable?

.

 

 

 

La réponse est si simple qu'on l'ignore totalement
tant elle menace le chiffre d'affaires des supermarchés.

 

On trouve Jésus là où il a dit qu'il est:

 

Avec Marie de Magdala, amoureuse de Jésus, on le reconnaît hors du tombeau:

dans les jardins du monde, par exemple:

 

"J'ai faim… j'ai soif… je suis un étranger,
je suis nu, je suis malade, je suis prisonnier…"
et vous êtes avec moi… Matt 25: 35-37

 

Pas les autres seulement
Tour à tour chacun de nous a faim, soif,
chacun est étranger, nu, malade, prisonnier

 

Alors "Bon anniversaire et Joyeux Noël à nous tous…"

 

Et puis encore:
"Quiconque accueille un petit enfant…
c'est moi qu'il accueille." Matt 10:42
"Bon anniversaire et Joyeux Noël les petits!"

 

Jésus dit:
"Je vous le dis, retournez à l'état des enfants
pour être avec moi… qui se fera et qui se sait

le plus petit, il est le plus grand…" Matt 18:1-4

.

 

"Bon anniversaire" à nous tous…
puisque cet homme merveilleux, grand, beau, bronzé…
Jésus,continue sa route avec nous ici même
en ce Noël 2007

10:22 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1)

19/12/2007

Bon anniversaire Jésus!

  

 

 

 

 

Je suis heureuse que tu sois né, heureuse que tu sois parmi nous
depuis 2007 ans bientôt, dit-on,
sur la paille, sur les mers, dans les déserts
aux Golgothas de chez toi et de chez nous

 

et puis dans un tombeau dont tu t'échappes
pour habiter à tout jamais en liberté
dans nos cœurs, tu es chez toi chez nous, chez moi, Yeshuah!
tu as mon âge et tu connais la rage de vivre en liberté.
Je le crois.

 

Je relève donc à longueur d'années le défi de créer
avec toi un monde de liberté,
une grande famille humaine
où la seule et l'unique raison d'être des hommes
et femmes que nous sommes
est de s'aimer les uns les autres
du mieux que nous pouvons,
comme tu nous as aimés.

 

Mais tu nous connais, nous luttons obstinément, souvent
dans le brouillard et les orages, et nous défions
notre paresse, notre désir de sécurité
qu'offrent, toujours plus nombreux, les systèmes,
les camps, cages, murs, frontières, portes, temples et tombeaux,
quitte à s'y faire, à s'y complaire,
à les désirer même, ces prisons qui coupent nos ailes,
éteignent nos bougies à peine allumées, vident nos têtes
et dessèchent nos cœurs.

 

Alors, Jésus, le fait qu'à travers la planète résonne encore en 2007:
"Joyeux Noël et Bon anniversaire!"
renouvelle en nous tous, en moi,
la rage de créer la liberté comme tu l'as rêvée
en fuyant d'Egypte en Egypte, en nous hâtant, nous avec toi,
vers nos Galilées planétaires, annoncer l’urgence de créer une société hors systèmes,
hors camps, cages, murs, frontières, portes, temples et tombeaux
pour devenir une famille sans murs ni cage ni filet,
une famille où l'on essaye de s'aimer
Est-ce encore une utopie, cette vision hors cage?
Qu'en pense Dieu?

 

 

Bon anniversaire Jésus!

 

 

08:58 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3)

16/12/2007

Avent 2007

 

 

 

J’ai un problème avec le temps de l’Avent et avec Noël. Pendant l’Avent, la liturgie nous fait dire «qu’on attend, qu’on attend…», et puis «qu’il vient, qu’il vient, qu’il vient». Qui vient? Jésus. En fait avant qu’il ne «vienne au monde» à Bethléem, on nous dit que les prophètes l’avaient déjà attendu «durant plus de 4000 ans». Et puis, depuis cette première année (après sa naissance donc) et jusqu’à l’âge de 33 ans environ, il nous montre ce que c’est que d’être un homme: «Fils de l’homme». Le VERBE (la parole donc) de Dieu fait homme. En fait, c’est très concret, musclé, charnel: un verbe, ça fait quelque chose! Cela crée! C’est une personne! En fait Jésus n’a écrit ni livres ni encycliques ni sermons pour nous montrer son Abba et le nôtre! Il était et il est. «Qui m’a vu a vu mon – et votre – Abba». Les maîtres des systèmes, politiques, religieux ou autres, n’aiment pas trop que les «sujets, les fidèles» agissent librement, sans demander leur aval ou leur bénédiction. Jésus a eu l’audace de faire juste ça et de le dire: «On vous a dit et moi je vous dis!» Il a dit quoi? Qu’on est là pour être aimés et pour aimer! C’est tout. Jésus est aimé des petits et des marginaux. Ces petites gens comprennent facilement ce langage-là! Cela leur fait chaud au cœur! En ces personnes insignifiantes, Jésus est enraciné, il vit. Il n’est pas un «baby». Il est le serviteur souffrant et luttant pendant l’Avent… le «Menschwerdung»: le devenir homme de Dieu. (on dit aussi: incarnation). Mais les maîtres des systèmes ont eu peur de «l’Amour fait homme», ils l’ont tué… On ne tue pas l’Amour, Il continue de germer, de naître et d’agir avec audace dans, et par les hommes/femmes de partout et de tous les temps. Et quand les gens agissent comme Jésus qui est leur force, la famille humaine est en voie de construction… elle ne veut que la paix, la justice, et surtout elle ne veut plus tolérer, ni injustice, ni armes, ni guerres, ni prisons, ni pollution, ni lacs secs, ni forêts calcinées… Mais j’y pense: mon problème avec l’Avent, avec Noël, ce n’est pas tellement parce qu’on se fait des petits cadeaux, parce qu’on aime être «cadeaux les uns pour les autres». Non, mon problème, c’est plutôt le manque d’un Bilan sérieux de ces 2008 années de chrétienté… qu’en pense Jésus? J’essaie bien de faire une espèce de Bilan dans mon coin. Mais les institutions, du moins celles qui se disent «chrétiennes», est-ce qu’elles font un Bilan de leurs activités pastorales? Il ne s’agit ni de statistiques, ni de chiffres, ni de sous… il s’agit plutôt, comme Jésus et ses premiers amis l’ont fait, de la manière de vivre, de partager, d’aimer tout naturellement… de telle sorte que mêmes les «maîtres des systèmes» s’étonnent et pensent: «voyez comme ils s’aiment» (Tertullien, IIè s. Apologétique 39)…

L’Avent et Noël restent quand même un problème. Peut-être un beau mystère!

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09/12/2007

Jean-Baptiste, vêtu de poil de chameau...

 

Ce samedi 8 décembre est un jour férié dans le Canton de Fribourg. L’église y fête la mère de l’homme de Nazareth: Jésus Ben Joseph.
Demain, 2e dimanche de l’avent, Matthieu (3 :1-12) racontera que Jésus est venu se faire baptiser au Jourdain par Jean-Baptiste, et le Baptiste n’avait pas la langue dans sa poche. Voyez le texte, il n’est pas long…

 

Jean-Baptiste, vêtu de poils de chameau, d’une ceinture de cuir autour des reins et se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage… Il baptisait.
Au Jourdain, les gens de la région confessaient leurs péchés avant de recevoir le baptême alias l’absolution. Lisez ce que dit le Baptiste à la vue des pharisiens et des sadducéens: «race de vipères… produisez donc des fruits de repentance…» «la cognée est à la racine de l’arbre» et Jésus, selon Jean: «a son van à la main; il nettoiera son aire…»
Aujourd’hui, «son aire», c’est la société dont nous sommes membres. C’est nous dans nos contextes respectifs.

 

Je me demande ce que Jean-Baptiste et Jean diraient aujourd’hui à ceux qui, à la messe, récitent par cœur: «je confesse à Dieu tout-puissant… que j’ai péché en pensées, en paroles, par actions, par omissions… je demande pardon…» et qui reçoivent un pardon «hop! hop!» quasi automatique et instantané à travers quelques paroles prononcées plus ou moins rapidement… avant que continue la messe et qu’on écoute l’évangile et ce que le prêtre en dira… malheureusement, l’art d’édulcorer afin de ne pas «culpabiliser les ouailles» rendra, c’est possible et fréquent selon moi, neutre et quasi nul le message du Baptiste et de Jésus… pourtant clair comme l’eau de roche!

 

Que diraient-ils aujourd’hui dans les pays «aux valeurs occidentales chrétiennes?»

 

À ceux qui veulent à tout prix construire les plus beaux stades du monde pour les Coupes mondiales en Chine (2008), en Afrique du Sud (2010) tout en expulsant des milliers de gens redondants, «surplus people», vers les «déchetteries» périphériques?

 

A ceux qui flirtent avec les médias afin d’empoisonner de leur double langage les gens crédules, ceux qui ne cherchent qu’un peu de vérité?

 

A ceux qui acquittent les voleurs riches et condamnent les petits délinquants?

 

A ceux qui, au nom de Dieu imposent des fardeaux insupportables sur les épaules des fidèles, soit au niveau moral, doctrinal, financier tels les impôts paroissiaux à tous les niveaux: du fédéral au paroissial!?

 

A moi quand je n’ai pas le courage de mes convictions?

 

On peut continuer ainsi… car nous avons tous besoin d’être sur le chemin de la conversion permanente, pas tellement en se méprisant soi-même, mais plutôt en essayant de respecter les gens comme on se respecte soi-même… Jésus a dit ça un peu autrement!

 

 

 

 

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02/12/2007

Sida: un fait en Afrique du Sud

 

 

Le travail de ma consœur Rita consiste à visiter les écoles rurales dans la Province au nord de Johannesburg, une large étendue entre la capitale provinciale, Rustenberg et Sun City, bien connu des joueurs de sous, des organisateurs de concours Miss World, des amateurs d’or, de sexe et de roulettes… ignorants, semble-t-il, des milliers d’orphelins sidéens qui agonisent et meurent dans les villages et townships de la périphérie.

 

 

D’une école à l’autre, Rita rencontre les enfants et leurs parents, quand ils en ont encore, et les enseignants. Elle écoute, observe, essaye de partager son savoir-faire professionnel et son amitié. Enseigner, éduquer, s’affirmer face aux nombreux systèmes – toujours grevés d’injustices - en place sous le nouveau régime comme sous l’ancien.

 

 

On est loin de la parole de saint Augustin: «La gloire de Dieu est l’homme debout!»

 

 

Rita voit des milliers de petits orphelins sidéens rampant à même le sol, assis dans le sable des chemins, se traînant dans les huttes, hors des huttes, parmi les chats, les chiens, les chèvres et le fourmillement d’insectes. Ces petits agonisent dans d’atroces douleurs.

 

 

Mort, le petit cadavre, enveloppé d’un bout d’étoffe sera enfoui dans la terre où des milliers d’autres vont le rejoindre au fil des jours.

 

 

Rita a vu leur regard d’enfant posé sur la société.

 

 

Elle rencontre Nothombe (nom d’emprunt) une enseignante africaine, mère de famille qui, elle aussi a perçu ces regards insupportables des enfants agonisants. Où est la dignité humaine?

 

Nothombe a décidé de quitter l’enseignement, de renoncer à son salaire, de rassembler dans sa petite maison une vingtaine d’orphelins sidéens pour s’en occuper, sans faire de différence avec ses propres enfants non contaminés. L’approche est holistique, il s’agit d’atteindre le corps, le cœur et l’intelligence des petits orphelins. Chaque jour un peu de toilette, une natte propre, du porridge si possible sucré et quelques gouttes de lait pour le corps. Pour l’intelligence: des chansons, un peu de tam-tam, des mélopées africaines, des jeux, des crayons de couleurs et des bouts de papier, des petites pierres rondes. Pour la sensibilité: la tendresse, les caresses, un sourire pour un cœur d’enfant en dérive! Condamné à mort…

 

 

Rita revient trois semaines plus tard, elle trouve les petits sidéens, certes toujours malades, mais dignes et heureux, souriant même, en dépit des spasmes d’un corps qui s’effrite. Rita me dit: «Ils ressemblaient à des fleurs flétries que quelques gouttes de pluie auraient fait revivre!»

 

 

On sait que l’accès aux médicaments est quasi nul, on est au courant de la déplorable politique de la santé, d’autant plus que cette région se trouve dans une zone rurale particulièrement délaissée. La minivie des minisidéens s’éteint comme une petite bougie lumineuse consumée jusqu’au bout.

 

 

Nothombe, ses voisins, des amis font des miracles. On partage le peu qu’on a et on prolonge d’un mois, de six mois peut-être, le droit des enfants à mourir dans la dignité humaine.

 

 

Améliorer les méthodes et les campagnes de prévention de la maladie? Oui.

 

 

Prendre conscience du rôle des firmes pharmaceutiques d’une part, confronter la quasi-indifférence du gouvernement actuel face à la tragédie de son peuple d’autre part? Oui.

 

 

Créer un réseau de solidarité pour la vie des petits et leur droit à mourir dans la dignité? Cela se fait au ras des pâquerettes. Les médias n’en parlent guère.

 

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